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Orientation : Les métiers des mathématiques

Bonjour, j'entre actuellement en troisième année d'une école d'ingénieurs "généraliste" i.e. je n'ai pas fait beaucoup de maths interessantes depuis longtemps. Et je me spécialise (enfin) en Maths appliquées au Traitement du Signal. J'adore les maths depuis la terminale et je voudrais si ce n'est en faire mon métier ((enseignant en grandes écoles ou classes prépa)mais cela mes semble difficile vu mon niveau actuel très éloigné de celui que j'avais en maths spé), du moins avoir un métier à forte dominante mathématique.
Je me demandais au vue de votre expérience quels sont les métiers que vous me conseilleriez, appuyés par des exemples précis.
Modélisation mathématique avec résolution d'équation aux dérivées partielles par éléments finis ou autres, Finance Quantitative: delta edging, résolution d'équa diff stochastiques, Physique des particules: MonteCarlo pour simuler des trajectoires de particules (jets), Recherches diverses et variées, Autres...Je suis interessé par tout ce qui touche de près au domaine des mathématiques.
Et suivant tel ou tel métier, par quel parcours je dois passer pour y arriver (masters spécialisés, stages,...).
Merci encore.

Réponses

  • Pour un enseignant en grande école, le recrutement n'est pas corrélé à ton niveau mathématique général, mais théoriquement aux besoins de l'école , tes compétences dans un domaine spécialisé et éventuellement le piston... un peu comme à la fac, quoi.
    On connaît tous des enseignants en école ayant échoué à l'agrégation mais qui avaient les bons réseaux et avaient fait une thèse dans un domaine porteur. Donc c'est loin d'être exclu si tu es bon dans tes spécialités qui intéressent plus les grandes écoles que certains autres domaines.

    En effet, Avoir un poste en prépa nécessite raisonnablement un bon classement à l'agreg et donc un bon niveau en maths généralistes.
  • Bonjour,

    tu as la possibilité de te spécialiser en faisant un M2 de mathématiques appliqués soit en parallèle de ta troisième année, soit après.
    L'idéal pour faire un métier "à forte dominance mathématique" est de t'engager dans une thèse (ce qui passe souvent par un stage en labo de recherche / en R&D). Sache qu'il existe des thèses CIFRE qui se déroulent en entreprise (et donc te garde un lien avec le monde du travail typiquement).

    Quelques domaines qui offrent des postes en R&D (non exhaustif):
    - simulation numérique (toutes les entreprise faisant des simulation de mécanique des fluides par exemple -- avion, voiture, météo...)
    - statistique / traitement de donnée (beaucoup de buzz autour du "big data" en ce moment)
    - optimisation / Recherche Opérationelle (toutes les entreprises ayant à optimiser leur gestion de "stocks"/"circuit" au sens large, revenu management etc)
    - mathématiques financières (banque, boite de production de logiciels)
  • Merci beaucoup pour vos messages !
    edp2 si je comprends bien passer l'agreg ce n'est pas donné à tout le monde... C'est peut-être pour cela que je trouve les profs de prépa bien au dessus de mes professeurs en école (en moyenne je ne cherche absolument pas à créer de polémique). On peut donc enseigner en école sans agreg c'est déjà cela de pris pour moi par contre dans quel domaine se spécialiser ?
    Et est-ce qu'enseigner en école est vraiment un boulot à temps plein ?
    Plusieurs de mes enseignants cumulent les jobs. Les seuls, qui travaillent uniquement pour l'école font de la recherche, ce que je trouve extrêmement intéressant en physique. Mais je me vois mal faire de la recherche en mathématiques pures... Peut-on vraiment trouver quelque chose d'important sans être un génie lorsque l'on fait de la recherche en mathématiques ?
    Sylviel malheureusement mon école refuse (seulement pour la majeure Maths appli que j'ai choisie), que je fasse un autre master en parallèle qui n'ait pas des horaires calés avec les cours. Du coup si je fais quelque chose ce sera forcément après mon master 2. J'avais pensé à un master en physique des particules (le NPAC est pas mal il parait) ou en mathématiques financières (el Karoui, Lamberton, etc.). Le problème c'est que je n'ai pas encore eu vraiment d’échos.
    La modélisation (simulation, optimisation) me semble être vraiment sympa mais c'est pareil as-tu des exemples précis ?
    J'ai beaucoup entendu parler du big data et des statistiques en général mais j'aimerais en savoir plus sur ce qu'on fait réellement là bas.
    Pour finir j'ai une opinion vraiment mitigée sur la thèse car j'aimerais devenir indépendant le plus vite possible et je ne pense pas qu'un bac+8/+9 fasse vraiment une différence dans mon cas et me permette de me démarquer, j'ai peur d'avoir l'effet inverse de plus travailler 3ans sur un sujet en particulier apporte sûrement une énorme expérience sur le sujet en question mais aux dépends des autres il me semble. Se pose donc la question du choix du sujet de thèse. Que choisir et pourquoi ? Bref si vous pouviez me parler de vos expériences cela m'aiderait beaucoup je pense. Merci encore !
  • Si tu veux faire de la recherche la thèse est indispensable. Si tu veux travailler en R&D plutôt amont la thèse est souvent très bien vue. Pour mémoire une thèse c'est (mal) payé. Donc tu auras ton indépendance financière (sans rouler sur l'or). Et pour conclure c'est une erreur de penser qu'une thèse "une énorme expérience sur le sujet en question mais aux dépends des autres": elle te donne non seulement une vraie compétence sur un domaine précis mais aussi la capacité à intéragir avec la recherche, à mener un projet de longue haleine, et dans bien des cas à écrire des milliers de lignes de code (sur le marché du travail savoir coder est un vrai atout). Elle t'apprend à présenter devant auditoire aussi... Bref, il y a pas mal de savoir faire valorisable. En revanche c'est vrai qu'elle est aujourd'hui encore peu valorisé pour l'industrie en général. Mais si tu veux faire un métier "proche des maths" ce sera un plus...

    Recherche : en école d'ingé il y a des postes d'enseignant-chercheur et des vacataires qui interviennent dans les cours. Les vacataires le font en plus d'un boulot "à temps plein". Il me semble peu probable, au vu de ton parcours et de ce que tu dis de toi, que tu puisse trouver un poste d'enseignant chercheur en math "pure". Un peu plus probable en math "appliqué" (traitement du signal par exemple), et surtout avec plus de voie de sortie vers l'industrie.

    Math Fi : tu peu bosser en banque (en tant que quant) après un M2. Tu as intérêt à savoir bien coder (C++, visual basic, ...). Le master El Karoui est plus exigeant que le master Lamberton (et mieux valorisé). Ce sont tout deux de bons masters. Si tu te dirige dans cette branche candidate et tu verras bien.

    Physique : je ne sais pas quel métier tu peux briger avec un master de physique des particules... Il y a quelques postes d'ingé de laboratoire mais à ma connaissance ils ne sont pas nombreux.

    Optimisation : quelques exemple que j'ai en tête : trouver les parcours des google cars pour couvrir le territoire a trajet total minimal, choisir quel avion va sur quel ligne pour offrir le bon nombre de place au bon endroit tout en respectant les contraintes de checking d'avion etc, trouver la trajectoire optimale que doit faire un avion, evaluer la réserve d'énergie nécessaire pour que le réseau électrique ne se plante pas lors du pic de consommation, définir l'ordre de chargement des containers dans un paquebot...

    Simulation numérique : tout ce qui est étude numérique d'ingénierie par exemple (résistance d'un pont, coefficient de frottement d'un avion, efficacité d'une turbine à gaz...)
  • Bonjour,
    Comme toi,je m'étais posé beaucoups de question de ces genres.Je me suis maintenant arriver à fixer mon choix en probabilité et finance.
    Il me semble qu'un master probabilité appliquée à la finance est trés important et ce qui motive ,de plus,est qu'on se décolle pas de la mathématique,car ce master nous demande une connaissance au moins en probabilité,calcul stochastique,EDP,et puis certains la connaissance de certains instruments financiers si tu n'as jamais fait un cours de la finance.En effet,aprés untel master,on est capable comme disait @Sylvie,de travailler dans une banque ou une maison financière ,sous forme de quant.
    Je vous demande si vous savez là où l'on peut télécharger le libre de Nicole El Karoui institulé "]
    Les outils stochastiques des marchés financiers ".La version qui est mise en ligne est incomplète et sans aucune figure.Et bien,tous les documents en lignes ,et sistes internet qui en parle.
    Merci,reposez-vous ,bien, mathématiquement.
  • @ edp2 : voilà bien un discours stéréotypé qui respire la frustration...

    Et le piston comme tu dis est également appréciable pour obtenir un poste en classe prépa (l'obtention dudit poste étant parfois décorrélée du classement à l'agreg).
    Et enfin, tout le monde sait également qu'en ce moment, il n'est pas très ardu d'obtenir l'agrégation.
  • Merci Sylviel une fois encore pour ces exemples !
    Oui malheureusement maintenant dans tous les métiers un peu mathématiques il faut savoir coder. Depuis le début de cette année j'ai fait beaucoup d'effort dans cette direction là et maintenant je connais pas mal (c'est un grand mot je me débrouille quoi) le C++, java et Matlab (en plus de Maple) et j'ai commencé à apprendre le Python et le R.
    Je ne dis pas encore que j'adore écrire du code mais l'aspect algorithmie n'est pas inintéressant et souvent la puissance d'une machine est nécessaire pour "casser" une équation ou résoudre un problème complexe (éléments finis, moindres carrés, etc.)
    Je me pose toujours la question de la thèse mais tu es le deuxième aujourd'hui à m'en dire énormément de bien. L'aspect apprentissage de la pédagogie est un de ceux qui me motiverait éventuellement à m'engager dans une thèse.Je prendrais ma décision dans les mois qui viennent.
    A Ilyo d'après ce que je comprend de ton message tu es en maths fi, les outils dont tu parles je les verrai l'année prochaine (en introduction bien sûr) car ils sont prévus dans le cursus. Tu as l'air d'apprecier ce que tu fais mais peux tu m'en dire plus : quel master tu as fait ?EK ? Est ce que tu travailles dans une banque maintenant ?Aimes tu ton boulot ?As tu galéré avant de trouver ?Par contre je n'ai aucune idée d'ou trouver le livre de Nicole El Karoui je suis désolé...
    A franz les pistons existent partout c'est la triste réalité, trouver un stage sans piston relève d'une gageure il m'a bien fallu un an et des dizaines et des dizaines de CV pour finalement parvenir à être pris dans un stage de deux mois.
    L'agrégation ne me semblait pas être facile justement d'après les échos, que j'ai pu en avoir même si , d'après nos ainés, la baisse du niveau général en France tend à rendre toutes choses plus faciles.
    J'attend encore d'autres commentaires et expériences !Merci beaucoup.
  • Bonjour,
    @juanto, je ne l'ai pas fait, mais je suis en train de le faire. Je n'étudie pas en France, mais ce que j'ai appris m'a convaincu que le master EK reste incontournable par rapport aux auteurs. Et environ "Un quant sur trois dans le monde est français", d’après ce qu'affirmait le Wall Street Journal en Mars 2006, ou bien voir http://www.lemonde.fr/planete/article/2006/05/15/nicole-el-karoui-la-boss-des-maths_771841_3244.html .

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  • 2006 c'était y'a longtemps... Depuis les formation math-fi pullullent. Le master EK reste très connu (car historique) et de très bon niveau. Mais il n'est plus le seul... Le Lamberton c'est formé avec une partie non négligeable des enseignants de l'équipe originel du master EK.
  • En huit années, il peut s'en écouler des évènements autant interprétés par ceux qui les expérimentent que ceux qui les infligent. Mais la côte en 2014 des $M-\Phi$ est publiée.
    Sylviel a écrit:
    Si tu veux faire de la recherche la thèse est indispensable. [...] Pour mémoire une thèse c'est (mal) payé.

    J'ai du mal à joindre les fichiers word et pdf, qui se téléchargent ailleurs hors de ce cadre imparti, mais c'est doublement faux : la thèse se vend bien...
  • @franz : je ne suis pas frustré outre mesure, je suis universitaire (mais c est vrai que je ne suis pas dans un domaine à postes, le coup du poste de prof fléché stat à clermont ferrand où il y avait une seule candidate sur le poste je ne connais pas) ; et quant à l agreg je l ai eue dans les 20 premiers à une époque plus délicate qu aujourd hui préparant simultanément ma thèse et me consacrant pas mal a des loisirs cette année ci. Bref pas trop mauvais rendement par rapport au temps consacré ! Je me limite à des observations générales certes un poil simplistes.

    Un exemple de piston : savez vous par exemple que cette année le CNU 26 a qualifié une candidate qui a fait un DEUG de sciences économiques, un magistère d économie, un M2 dépendant d une UFR d économie et dont le directeur de thèse principal est en section 61 ? Des étudiants se sont plaints d elle car elle trouve des variances négatives dans des exos de probas. Pour elle l indépendance et la non corrélation sont équivalentes ! Dur pour quelqu un dont les soi disant spécialités sont les stats en premier - d où la qualif- et les probas en second ! Avec son cursus je ne la vois pas enseigner des maths générales de L1. Typiquement la personne qui n a aucune chance d avoir l agreg ou le CAPES mais qui est en vue sur un poste de MCF auprès de personnes qui l ont fait qualifier avec un tel dossier.

    @ juanito : désolé si je n étais pas clair : avoir l agrégation actuellement ce n est pas nécessairement le bout du monde, mais l avoir dans un bon rang , ce qui est important pour avoir une prépa, est une autre paire de manches
  • Je retire ce que j ai dit comme exemple de piston : cette info m avait été donné par un collègue atterré, mais je ne vois pas la candidate dans la liste ; à moins que cette dernière ne se soit mariée et du coup aie changé de nom , auquel cas l information serait exacte. Mais je ne suis pas en mesure vérifier donc je retire ...
  • Ok, même si vos messages sont interessants en eux-même j'aimerais recentrer un peu le sujet et relancer le débat.
    Quels sont les métiers des mathématiques ? Donnez des exemples précis si vous pouvez ! Je comprends bien que ces master de maths fi sont de très bon niveau mais y a-t-il des gens ici qui les ont fait ou connaissent des personnes les ayant fait et qui peuvent témoigner de leur expérience ? Les masters de finance mènent-ils à des métiers "amusants" en plus d'être bien payés ?
    Par amusant j'entends un boulot complet, dans lequel on est amené à étudier différentes questions mathématiques au cours de sa carrière? Ou s'agit-il, après avoir passé de longues années à comprendre la logique des marchés, d'un travail sans âme consistant à simplement suivre l'argent ?
    Iliyo, puis-je te demander ce que tu fais comme job même si ce n'est pas en France ?
    Là encore je ne critique rien, je pose des questions, qui révèlent mon manque de connaissances sur le sujet à part un projet de 6 mois et beaucoup de lecture de vulgarisation.
    De plus il ya beaucoup de messages sur ce fil parlant de master de finances N'y a -t-il pas d'autres métiers contenant une bonne part de math pratiqués par les gens cotoyant ce forum ? Je suis perplexe ...
    Encore merci pour vos réponses, particulièrement Sylviel, iliyo et edp2.
  • Voici des exemples de choses soit que j'ai faites à l'armée, soit pour lesquelles on m'avait proposé un emploi :

    - études statistiques d'enquêtes
    - prévisions macro des effectifs de l'armée en améliorant la technique de CVS par moyenne mobile qui n'était pas adaptée à l'armée
    - gestion optimale du personnel naviguant et du matériel pour une compagnie aérienne
    - modèles de gestions de crise sur un réseau saturé, typiquement le réseau SNCF en IDF.
  • J'ai fait le Lamberton et connais du monde ayant fait le El Karoui. Les maths sont "amusantes". Les métiers derrière (de discussion avec des amis) c'est beaucoup de code, de manière plus ou moins sale, sous pression, dans le but de sortir un chiffre (et éventuellement de le défendre un peu). Il y a des gens qui doivent mener des calculs "au plus vite", d'autres qui bossent à développer des logiciels plus pérenne.
  • edp2 merci !!!Ca c'est des maths applis !
    Lesquelles de ces missions as tu preferé ? Conseillerais tu l'une ou l'autre à l'un de tes amis ? Lesquelles t'ont marqué au point de vue interêt, ambiance,...salaire ?J'ai un ami qui a fait de la CVS par moyenne mobile pour edf ca avait l'air bien marrant tu l'as fait en Python aussi ?La gestion de crises sur un réseau a l'air vraiment sympa aussi mais tu peux expliciter en deux mots quels algos t'as utilisé et quels problèmes t'as rencontré?
    Sylviel je dois t'avouer que je considére vraiment la possibilité de faire le Lamberton (EK est hors de portée pour moi je pense) et j'ai un ami qui l'a fait aussi et qui a vraiment bien aimé mais lui par contre n'a pas vraiment accroché au métier en lui même et il fait maintenant de la recherche en maths/info processus stocha et ML.
    J'ai l'impression que tu as vraiment aimé ton année au Lamberton en te lisant, c'est le cas ?
    Est ce que je peux te demander sans être indiscret ce que tu fais maintenant ?(sans le nom explicite des boites si tu veux)
  • J'ai bien aimé mon année au Lamberton mais c'était dans des conditions très spéciales
    (sur deux ans, en parallèle d'autre chose) et j'avais déjà abandonné le projet de faire des
    maths fi par la suite. Maintenant j'ai terminé ma thèse et je continue une carrière académique.
  • Bah en fait moi je n'ai fait que les deux premiers et j'avais un peu suivi la partie qui a été visiblement amputée de mon message car c'était (à l'époque) un bon copain qui s'y est collé.

    De ce fait, je ne vais pas te parler de ce qui a été amputé et c'est dommage, c'est là que j'aurais eu le plus de choses à dire. Notamment je ne peux pas te parler en détail de ce que j'ai fait pour l'armée, c'était classé confidentiel défense (!!) bien que ce soit simplement de l'optimisation pour choisir les coefficients optimaux tenant compte des spécificités des recrutements de l'armée). Quant aux études statistiques, il s'agit de choses assez classiques. Le principal problème était d'être prudent dans l'interprétation pour ne pas tomber dans les effets de données agrégés (paradoxe de Simpson si j'ai bonne mémoire du nom). Mais c'est inhérent à beaucoup d'interprétations des statistiques de toutes façons.

    Sur les autres sujets, la compagnie aérienne qui souhaitait m'embaucher souhaitait avoir quelqu'un pour faire des modèles mathématiques pour tenir compte des différentes contraintes de repos du matériel, du personnel, et que cela lui coûte le moins. C'est de l'optimisation et/ou de la RO. Il y avait une partie math puis une partie programmation. Ayant décliné l'offre, je n'en sais pas plus.

    Le dernier problème était de proposer un modèle basé sur des EDO ; en gros de voir le problème de trafic comme un système dynamique et d'étudier comment intégrer les perturbations afin d'avoir un système (asymptotiquement ?) stable. Ils y allaient pas mal à coup d'outils stats mais visiblement c'était davantage basé sur de l'expérience, ils auraient aimé avoir un modèle optimisé et le voyaient comme un système dynamique. Pareil, je n'ai pas donné suite donc ne peux pas t'en dire plus.
  • Je ne t ai pas répondu sur l ambiance et les rémunérations.

    A l armée l ambiance était en fait très sympa ; je me surprends à l écrire, moi qui n avait pas passé l X pour raison antimilitariste à l époque, mais c est vrai que mon service militaire m a bien plu. Ils souhaitaient embaucher un ENSAE pour nous remplacer et le payer en tant que civil sur un grade de commandant en début de carrière (voir les salaires sur emploitheque.org)

    Les autres ambiances je ne peux pas en parler, n y étant pas allé. Je neme souviens plus des ordres de grandeur des rémunérations, à quoi il faut aussi ajouter certains avantages spécifiques, mais l idée qu on se fait de la hiérarchie financière entre quant, chercheur à Air France, ingénieur de recherche à la SNCF et universitaire est tout à fait respectée.
  • Ok merci Sylviel et edp2 !
    J'envisage sérieusement le Lamberton maintenant quitte à reprendre la recherche après si le job de quant ne me plait pas.
    Edp2 grâce à toi je me rend compte qu'il peut exister des métiers en maths apps ou tu te sers de ton cerveau ! Je ne connaissais pas le paradoxe de Simpson j'adore le fait de travailler dans une certaine direction et puis de réaliser qu'il ya un paradoxe ou que justement on a oublié un paramètre ou qu'on regarde les choses de la mauvaise manière pour moi c'est l'essence même des maths.
    Il faut absolument que j'apprenne les sytèmes dynamiques un jour j'ai fait pas mal d'automatique mais les démonstrations de beaucoup de propriétés étaient données du coup je n'ai pas tellement compris l'interêt de ce que je faisais. Travailler pour l'armée ne me dérangerait pas mais j'aimerai à un certain point m'installer dans un pays étranger.
    Merci Sylviel encore une fois pour toutes ces réponses puis je te demander une dernière chose à savoir que vas tu faire comme carrière maintenant que tu as finis ta thèse, quelles sont les options que tu envisagent ?
    Si d'autres membres du forum peuvent réagir aussi ce serait vraiment génial !
  • Après, il faut bien se rendre compte que les quelques exemples simples dont je t'ai parlé correspondaient à des demandes vraisemblablement ponctuelles, je ne sais pas comment aurait évolué l'emploi ensuite (bien que ce soient des CDI). Clairement la CVS pour l'armée une fois les coefficients calculés, on utilise le truc une fois pour toutes, les maths sont moins sexy ensuite ! Il ne reste que l'interprétation et le cadrage que l'on peut proposer aux grands décideurs.

    Renseigne toi bien sur le métier de quant. Plusieurs de mes copains y sont allés, puis y ont déprimé en raison de l'ambiance, du stress, du peu de maths (en regard de la partie info) qu'ils y faisaient et surtout des conséquences "humaines" de leurs actes. C'est un métier où il faut davantage être attiré par l'argent (qui s'est vrai peut être énorme, je suis parti une fois en vacances avec des copains de promo, moi l'avion c'est en classe éco à 500€ eux ça ne les dérange pas de prendre la first à 8000€) que par des motivations altruistes. Je n'en dirais pas plus.
  • Toujours pas d'autres feedbacks ?
  • Salut Juanito,

    Pour changer de la finance, je vais parler du domaine de la sécurité informatique où les profils de mathématiciens sont en ce moment assez prisés.

    En particulier, la cryptographie est un domaine qui recrute beaucoup surtout dans le public : ANSSI et Ministère de la Défense ( DGA et Services) en tête.
    Mais le privé recherche également pas mal de compétence sur ce sujet (milieu de la défense mais aussi de la finance).

    La plus part des math impliquées dans ce domaine est l'arithmétique et de l'algèbre booléenne : rien de très violent en soi, même si derrière, il y a moyen de se faire plaisir avec des choses plus "complexes" (cryptanalyse algébrique, GNFS, etc.)

    Si tu es une quiche en info, ce ne sera pas un problème : des exemples que je connais : un tête bien faite sera entouré de 1 ou 2 codeurs fous qui s'occuperont des implémentations.
    (Pas plus tard qu'il y a 15 jours je discutais avec un étudiant de l'X qui me racontait que les services étaient passés faire leur pub expliquant chercher des étudiants forts en math avant tout (meme si ce sont des quiches en info).)

    Il existe de plus en plus de Master sur le sujet (USQY, Rennes, etc.): je connais des profils M2 recherche crypto qui sont dans l'industrie (ex: GIE cartes bancaires) depuis toujours et qui y sont appréciés.

    La modélisation/statistique également est un sujet sur lequel un profil math pur est intéressant : les applications sont variées (vous avez déjà beaucoup parler de la finance) mais en sécurité, c'est un domaine assez novateur et ils recherchent des profils pour la détection et l'identification d’événements.

    Là aussi, un petit M2 tagué modélisation ne pourra que bonifier ton CV.

    Ce sont vraiment les deux domaines de sécurité info où tu peux faire des maths "pures" (comprendre sans trop d'info), après bien sur il y a d'autres sujets plus appliquées (notamment en traitement du signal)

    Voilà, il y a beaucoup de grosses boites qui ont une capacité de R&D et des labos qui font des choses sympas... Mais si tu veux vraiment t'éclater en cryptographie, les administrations citées plus hauts ont de gros budgets et pas vraiment de contraintes.

    Mes 2 centimes.
  • Merci foufoux! je n'avais pas beaucoup pensé à ça je dois dire. Je connais à peine le principe de clé publique RSA je dois dire mais c'est vrai que le lien avec la théorie des nombres a l'air intéressant. L'informatique me rebute de moins en moins même si je sais que je suis loin du niveau des vrais développeurs. J'essaye de visualiser ce que l'on peut faire réellement dans le boulot mais je ne vois pas trop... On te demande d'inventer un système pour crypter des données ou de décoder quelque chose ? As tu des exemples de missions que tu as réalisé ?
    Ton deuxième choix m'intrigue énormément il parait que la biostatistique est un peu l'avenir de la biologie et cela me plairait énormément de faire partie de cette modernisation (dans une moindre mesure bien sûr).
    Sais tu comment on rentre dans ce boulot ? Peut on le faire avec des connaissances de bio de niveau terminale (et inférieures...). Connais tu des gens travaillant là bas ?
    Merci pour totes vos réponses j'en attend toujours d'autres !
  • Salut,

    Pour voir ce qu'on peut faire en crypto à un haut niveau, je te laisse consulter les pages des labos de JC Faugeres, Antoine Joux et Jacques Stern : cela te donnera une idée précise de ce qui se fait en partie théorique.

    La plus part des boulots est liée à la cryptanalyse : par exemple, tu citais RSA, le casser efficacement dans le cas général est a priori NP, donc les recherches se font notamment sur les attaques dites "spécialisées", pour un entier d'une forme particulière on va tenter de le factoriser (voir attaques de Wiener, Lehman (généralisation de Fermat), Coppersmith, p-1 de Pollard, polynôme cyclotomique (généralisation de p+1 de Williams) etc.)

    En modélisation mathématique, il s'agit avant tout de modéliser (du coup, avoir des bonnes bases dans le domaine permet de mieux appréhender certains concepts, mais ce n'est pas nécessaire). Prends le cas de la mécanique des fluides, les équations de NS (dans les 7 pb du millénium) "peuvent être résolues" en mathématiques pures ...

    Mais c'est comme pour les quants, certains n'ont pas ou très peu étudié la finance dans leur cursus (par ex: j'en connais un à Londres : Master en mécanique des fluides) voir aussi http://chemjobber.blogspot.be/2009/08/25-of-harvard-phd-chemists-go-to-wall.html

    Sinon plus précisément pour la partie BioStatisque, les connaissances en bio ne sont pas strictement nécessaires, mais il faut probablement (comme dans bcp de boulot) tomber dedans étant petit (donc commencer par des stages en labo a : ceux que je connais ont fait comme ça (avec une année d'études taguée bio-informatique à l'ENSIMAG).

    Mes 2 centimes
  • Un grand merci foufoux je vais regarder tout ça !
    Merci encore a tout ceux qui ont participé, à tous les autres il n'est pas trop tard pour faire part de vos expériences dans les métiers des mathématiques !
  • Si tu as l'occasion de venir sur Paris : il y a le Forum Emploi Maths.
  • C'est génial ce truc clemclem !!!
    Je me suis inscrit si j'ai pas trop de cours j'y vais à coup sûr !
  • Bonjour,

    Un sujet qui sort du fil,...
    Je suis cette année fonctionnaire stagiaire agrégé et doit faire un service entre 7 et 9 heures.
    On me donne 11/12 heures, donc 2 questions:
    1) Puis je refuser les heures en trop?
    2) Comment me seront rémunérées ces heures?
    ou pas du tout?
    Merci
  • Au gré de mes lectures syndicales et en considérant que le stagiaire est un salarié ayant quasiment les mêmes droits que le prof non stagiaire, je pense que :
    1/ Tu peux refuser toutes les heures au delà de la 1ère heure supplémentaire, mais tu ne risques pas de faire de ton chef d'établissement un copain puisque les emplois du temps ont été bouclés depuis quelques semaines...

    2/ Elles te seront rémunérées normalement en HSA taux agrégé. http://www.snes.edu/IMG/pdf/Page6.pdf
  • Merci!
    Mais dans les papiers qu'on m'a fait signer c'est écrit 9 heures!
  • Demande, demain, à un délégué syndical de ton bahut de se pencher sur ton cas.

    Bonne rentrée
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