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Géométrie dynamique et outils de géométrie

Bonjour,
Lors de mon inspection de titularisation, mon inspectrice m'a reproché d'utiliser les outils de géométrie (la grande règle, l'équerre, le compas et le rapporteur, c'est sûr que ça ne fait pas de jolies figures...). Je me suis justifié en disant que je voulais montrer aux élèves comment utiliser le matériel mais elle m'a rétorqué qu'il y avait de nombreux logiciels de géométrie dynamique qui permettaient de le faire avec des protocoles de construction puis elle a changé de sujet.
Je ne vois pas comment expliquer aux élèves de 6ème et 5ème le positionnement du matériel de géométrie sur leur feuille avec Géogébra par exemple. Je ne dispose pas de TBI, j'ai juste un vidéo projecteur.
Avez vous des idées de logiciels ou sites internet pratiques à utiliser qui permettraient de faire des figures sur l'ordinateur en montrant l'utilisation du matériel de géométrie ?
J'ai fait des recherches sur internet, j'ai par exemple trouvé geodyn mais il n'est pas du tout pratique à utiliser.
Comment faites vous dans vos classes ?
Merci d'avance pour votre échange pédagogique.
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Réponses

  • Bonjour,
    De mémoire, il y a des petites animations sur math en poche comme celle-ci .
    Mais ce n'est pas un logiciel de géométrie dynamique et je ne sais si c'est cela que tu cherches.
    Pour moi, ce sont deux "savoir-faire" différents.
  • Salut,

    Il y a la bibliothèque Instrumenpoche montre des constructions pas à pas.
    Tu es titulaire maintenant, cela se passe bien ?
  • Bonjour,

    c'est toi qui a raison,
    les élèves comprennent mieux en voyant les vrais instruments au tableau,
    plutôt que des outils virtuels.

    Tu as bien fait de ne pas la contredire pendant l'entretien,
    mais sur ce point, continue comme avant.

    Amicalement,
  • Tu peux aussi utiliser une visionneuse : la visionneuse projette une feuille de papier, ou tu traces au fur et à mesure.
  • Entièrement d'accord avec mateo.
    Les logiciels c'est pour après avoir compris avec des outils physiques.
    Surtout avec des petites classes de 6e ou 5e.
    Faut arrêter de mettre de l'informatique là où il n'y en pas besoin.
  • Tout à fait. Quand ils sauront faire des figures correctement, on verra pour les logiciels.
  • omegathetaphi a écrit:
    Lors de mon inspection de titularisation, mon inspectrice m'a reproché d'utiliser les outils de géométrie (la grande règle, l'équerre, le compas et le rapporteur, c'est sûr que ça ne fait pas de jolies figures...).

    Quelle honte !!!!!
    Liberté, égalité, choucroute.
  • Si tu as été titularisé, tu peux dorénavant pour ta santé mentale oublier tout ce que l'on t'a dit pendant les "visites".
  • Bonjour,

    Je ne pense pas qu'un élève puisse vraiment saisir ce que sont une bissectrice, une hauteur, une médiatrice avant d'avoir lui-même procédé au tracé de ces objets, à la règle et au compas.
    Et des remarques similaires peuvent être faites concernant par exemple la résolution d'équations simples: premier et second degré.

    Vouloir utiliser des outils informatiques pour procéder à ces apprentissages me semble relever de l'escroquerie pédagogique.

    Ensuite, quand on a compris et qu'on a dépassé la phase des apprentissages premiers, cet outil peut effectivement se révéler utile dans certains cas.(conjectures, aide à la preuve, etc...)

    PG
  • Bonjour.

    Les plus belles figures que j'ai vues tracées au tableau étaient issues de la mécanique analytique et tracées à main levée.

    Il va sans dire que si ce genre de compétence jugée inutile actuellement n'est plus trop enseignée, le tracé de figures aux instruments est essentiel pour la formation des jeunes.

    À noter aussi que la plupart des élèves se complaisent à suivre les tracés rectangulaires ou carrés de leurs feuilles, il est indispensable qu'ils soient mis en situation similaire, soit feuille blanche, soit tableau, ce que je trouve même intéressant pour les études de fonctions avec tracé du graphe sans le soutien du quadrillage.

    C'est peut-être désuet.

    À bientôt.

    Cherche livres et objets du domaine mathématique :

    Intégraphes, règles log et calculateurs électromécaniques.

  • C'est une vraie calamité que j'avais déjà repérée ça dès la 6e, je me doutais bien que les ordres venaient d'en haut.
    On n'apprend absolument rien comme ça.

    Si vous avez ou connaissez des enfants exposés au "numérique" à outrance, ce qui marche bien :
    - interdire d'utiliser Geobebra,
    - s'en servir uniquement pour "recopier" la figure après l'exercice fait sur papier,
    - argumenter auprès de l'enfant que finalement ça sert à rien Geogebra et rendre les feuilles papier dessinées à la main,
    - en cas de remarque désobligeante de l'enseignant(e)prétexter que Geogebra ne fonctionne pas bien sur des ordinateurs vieux, ou sous Linux ou n'importe quoi, et donc qu'en classe pour ne pas discriminer l'enfant il faut le laisser faire sur papier, crayon, règle, compas etc.

    Geogebra c'est bien quand on a déjà de bonnes bases en géométrie. Le parallèle que je ferais, ce serait que c'est aussi con que d'essayer d'apprendre l'écriture et la calligraphie en n'utilisant que l'ordinateur.
  • Possible en effet qu'un élève de sixième comprenne mieux ce que sont deux droites perpendiculaires en construisant deux telles droites grâce à une équerre. Mais encore faut-il qu'il ait saisi, par exemple, que les deux côtés de l'angle droit de l'équerre sont... perpendiculaires. Sinon il ne fait que reproduire mécaniquement un protocole.

    Vous insistez avec force sur ces manipulations physiques, indispensables selon vous à la compréhension. Je serais plus partagé. Car que dit-on à un élève une fois qu'il a terminé sa construction ? Voilà, ces deux droites sont perpendiculaires ? Voici la représentation de deux droites perpendiculaires ? Qu'a-t-il finalement compris cet élève ? Car il est délicat d'insister sur une manipulation physique en même temps que de parler de façon abstraite (notez ici que les propriétés classiques comme $d \perp e$ et $e$ // $f$ implique $d \perp f$ sont toutes admises), et il y a tout lieu de penser qu'un élève sixième lambda s'y perde facilement.

    L'avantage dans l'utilisation d'un logiciel de géométrie est justement de se libérer de ces contraintes matérielles. Partiellement en fait car il faut bien manipuler la souris, mais ces actions, un clic sur l'icône "perpendiculaire" par exemple, ont l'avantage de se rapprocher d'une action symbolique : tous les clics ou déplacements de la souris se valent, il n'y pas de différence, contrairement aux déplacements d'une règle graduée ou d'un compas. Seule compte la sélection de l'icône.
  • Sur le même sujet j'ai retrouvé un petit texte que j'ai écrit il y a plus de 10 ans et qui est l'exact contrepied de mon post précédent :-D
  • Bonjour.

    Comment un tel changement de point de vue a-t-il pu se faire en si peu de temps ?

    C'est dû à la confrontation avec de vrais élèves ?

    À bientôt.

    Cherche livres et objets du domaine mathématique :

    Intégraphes, règles log et calculateurs électromécaniques.

  • Au titre de la culture générale, prendre une règle, appuyer une équerre contre cette règle, tracer une droite, faire glisser l'équerre, toujours le long de la règle, et tracer une autre droite, parallèle à la première, ça me paraît au moins aussi pertinent que d'apprendre par coeur une fable de La Fontaine.
  • Au compas je préfère la ficelle, bien plus pertinente pour faire comprendre la notion de cercle.
  • Pourquoi plus pertinente ?
  • Ton témoignage est affligeant, évidemment qu'il faut travailler d'abord avec les mains, il faut être fou pour affirmer le contraire, mais l'éducation nationale n'a-t-elle pas dans son ensemble perdue la raison:-S. Vu son manque de bon sens, peut-être il faudrait offrir à ton inspectrice la fabrique du crétin digital
    "Il faut vivre, nous dit-on, avec son temps. Mais le cerveau n’est pas fait pour ce temps [celui de la réalité virtuelle]. Il est génétiquement façonné pour l’humain. Le chercheur italien Pier Francesco Ferrari l’a montré en travaillant sur les neurones miroirs. Ce sont des neurones qui s’activent quand vous effectuez ou observez une même action : par exemple, si vous souriez, les neurones qui me servent à sourire vont s’activer. A un moment, Ferrari en a eu assez de faire des grimaces aux singes. Il a décidé de tourner une vidéo et de la mettre devant l’animal. Sauf que les neurones qui répondaient « en vrai » ne répondaient plus – ou bien très mal. C’est pareil chez l’homme. Un enfant qui entend deux ou trois fois un mot le retient. Avec la vidéo, il faut 30, 40, 50, 60 répétitions !" (Michel Desmurget interview au journal Le Point)

    Courage !
  • Aujourd'hui, mes élèves de 5ème ont travaillé une demi-heure avec un compas ... Pire, aucun ne s'en est servi pour planter son voisin ou sa voisine. Et en plus, ils ont fait plusieurs fois la même figure (des symétries de segments).

    Pour aggraver mon cas, les élèves de 4ème ont fait des démonstrations ... et la rédaction n'est pas une option.

    Je suis manifestement un mauvais prof !!!... et je le vis très bien !!!
  • En effet, il n’y a aucune contestation possible et imaginable pour l’utilisation des outils du profs.
    Éventuellement je m’attendrais à la phrase « vous avez utilisé le matériel, c’est très bien, et utilisez-vous parfois un logiciel de géométrie dynamique ? ».

    Une idée : on peut incorporer un rapporteur scanné (finement !) dans GeoGebra.
    Avantage : on peut générer des angles aléatoirement.
    Idem avec une équerre et on génère des droite-point aléatoirement.

    Aussi, on peut ajouter encore les documents élèves (le poly avec les figures qu’ils ont sous les yeux, l’exercice du bouquin etc.).

    On manipule sous les yeux des élèves un rapporteur qui ressemble aux leurs.
    On peut zoomer, et d’ailleurs mieux faire passer l’idée que la mesure n’est qu’approximative.

    Ça fait « bien » pour l’inspecteur (tant mieux pour lui…) mais ça apporte une plus-value que le traditionnel matériel du prof, je pense.
  • Dom a écrit:
    Avantage : on peut générer des angles aléatoirement.
    Ils sont nombreux, les êtres humains qui ont cette avantage sur le papier.
  • Bonjour
    Mon souhait en créant cette discussion n'était pas de savoir si mon inspectrice avait tort ou raison. D'ailleurs, elle ne m'a jamais dit de ne pas montrer aux élèves comment utiliser le matériel de géométrie et elle ne m'a pas non plus dit de ne plus faire travailler les élèves avec leur matériel de géométrie...
    Merci @VDM et @zestiria pour les vidéos de maths en poche mais malheureusement je ne peux pas construire les figures qui correspondent aux exercices des élèves. Mais je garde ces vidéos sous le coude, je peux les montrer aux élèves pour leur apprendre la méthode générale.
    Merci @Dom, je vais me renseigner sur comment incorporer le matériel de géométrie sur GeoGebra car c'est cela que je cherchais à faire.
    Bon weekend.
  • @omegathetaphi
    Bonjour
    Mon souhait en créant cette discussion n'était pas de savoir si mon inspectrice avait tort ou raison.
    Au contraire, c'est LE problème. Sans cette remarque de l'inspectrice, aurais-tu eu l'idée de le faire avec un logiciel? Tout cela va prendre du temps (prise en main du logiciel, visionnage des vidéos, tests + temps de préparation dans la salle de classe). Ce temps, tu aurais pu le consacré à d'autres choses...

    @Ludwing
    Sur le même sujet j'ai retrouvé un petit texte que j'ai écrit il y a plus de 10 ans et qui est l'exact contrepied de mon post précédent
    On a le même problème avec les fonctions et l'utilisation de la calculatrice pour tracer la courbe. Les élèves ne savent plus le faire à la main et ne saisissent plus les nuances.
  • Ludwig a écrit:
    Pourquoi plus pertinente ?

    Tout simplement parce que cela matérialise le rayon, et donc que l'ensemble des points situés à égale distance du centre devient beaucoup plus visuel.
  • Oui d'accord Soc, bien sûr. Je ne sais pas pourquoi mais cette ficelle tendue m'a fait penser au Tamographe, un outil inventé par un prof de maths. Je m'en suis procuré un il y a quelques années et c'est pas mal du tout. Mais bizarrement je l'utilise rarement, une affaire d'habitude sans doute. Quelqu'un l'utilise-t-il avec ses élèves ?
    La vidéo où il trace un triangle c'est épatant, mais du coup ça oblige à revoir toutes les protocoles de construction. Et il me semble que cette façon de faire demande une plus grande dextérité dans les manipulations non ?
  • PetitLutinMalicieux,

    Ils sont très peu nombreux les élèves qui ont des dizaines de feuilles pour tracer des angles et les mesurer.

    Avec un PC à disposition : l’élève peut générer, mesurer, vérifier et s’auto-corriger.
    En classe : idem. Ça évite de tracer un angle, de mesurer puis d’effacer etc. Bref aucun temps mort, la touche F9 est ton ami.
    Ça n’empêche pas d’ailleurs de mesurer avec le rapporteur du prof.
    L’avantage est l’instantanéité. On peut même inviter les élèves à mesurer, etc.
  • Mon expérience ne vaut que pour présenter un exemple de comportement moins binaire que certains des témoignages précédents.

    Dans un exercice donné à des élèves en première année après le bac, je propose aux étudiants de mettre essentiellement en oeuvre les théorèmes de Thalès et Pythagore en leur demandant de construire $\frac{1}{3}$, $\sqrt{2}$, $\cos\frac{2\pi}{5}$ à la règle (non graduée) et au compas seuls. Puis d'en déduire la construction règle et compas d'un pentagone régulier.

    Les étudiants disposent d'une feuille blanche, d'une règle et un compas.

    A leur âge, je leur rappelle qu'une figure n'est pas un dessin mais une suite d'instructions (un algorithme) permettant de représenter la figure sur du papier ou tout autre support. D'ailleurs, ce que sauvegarde Geogebra c'est bien cette liste et non un fichier jpg. Je trouve que cette remarque a priori anodine est en fait très porteuse de sens.

    Pendant qu'ils construisent règle et compas, je prépare une feuille Geogebra vidéo projetée.

    Je passe voir les tentatives de construction de mes étudiants. Quand l'un d'entre eux veut proposer sa solution (nécessitant parfois plus de 20 coups de règle et compas), je demande que l'étudiant décrive sa figure comme une liste d'instructions geogebra (très intuitives pour le coup). La liste de ces instructions apparaît clairement à gauche de la représentation.

    Cela a de nombreux avantages:

    - ils ne disent rien d'approximatif ou d'incompréhensible car ils sont contraints par le format de la requête
    - ils décrivent leur figure pas à pas, rapidement, et j'exécute leur construction en utilisant uniquement la ligne de commande de Geogebra
    - cette liste apparaît, tout le monde voit le scénario, personne ne dit "je suis perdu après le 10ème coup de compas" car l'algorithe de la représentation est sous leurs yeux.
    - beaucoup d'étudiants peuvent proposer leur solution sans qu'on ne bouffe une heure par tentative.
    - on compte vite le nombre de coups donc la complexité/simplicité de la figure
    - on peut zoomer, cacher des traits de constructions qui ne font que polluer la figure, déplacer des points libres et constater les invariants
    - les étudiants manipulent leur compas et leur règle pour tracer leurs figures

    Cette activité, je la faisais avant d'avoir Geogebra, et c'était tellement moins bien ! Activité trop lourde, trop longue, élèves perdus dans la construction, ça ralait, bavardait, beaucoup moins d'idées abordées, beaucoup moins de propositions d'étudiants vérifiables rapidement et proprement. Dans ce genre de situation, un logiciel de géométrie dynamique est très appréciable. Tout comme il est agréable d'avoir un compas pour tracer un cercle, ou d'une règle pour tracer une droite, il est très appréciable d'avoir d'autres outils pour faire d'autres choses.

    Je trouve les points de vue souvent très binaires (!) concernant l'utilisation d'outils informatiques.

    Plus grénéralement, je voulais dire qu'il ne s'agit pas, à on sens, d'utiliser tout le temps, dogmatiquement, une calculatrice ou python ou geogebra mais d'avoir un but pédagogique à le faire ou, au contraire, avoir un but pédagogique à ne pas les utiliser sur telle ou telle activité précise. Il n'y a pas de combat à mener contre qui que ce soit (inspecteurs et autres chercheurs en pédagogie très vite caricaturés) dès lors qu'on utilise tel ou tel outil pour enseigner des mathématiques dans le but de montrer des concepts, de faire passer ces concepts le plus justement et clairement possible.

    Les étudiants apprécient qu'on explique pourquoi, aujourd'hui, on va utiliser une machine pour conjecturer la complexité de l'algorithme d'Euclide étendu en fonction du nombre de chiffres des arguments, pourquoi c'est intéressant d'avoir recours à une machine à ce moment de la découverte, et ils apprécient tout autant pourquoi, le lendemain, on proscrira la machine quand on voudra démontrer notre conjecture pendant le cours (magistral ou non). J'avoue parfois être un peu surpris par les positions à l'emporte pièce de certains intervenants sur ce forum au sujet des outils utilisables dans une séance de math. On dirait que certains sont davantage mus par l'envie d'en découdre contre X ou Y qui les brimeraient, que de faire passer, avec plaisir et passion, de jolies choses. Bref...
  • PS

    Geogebra est un logiciel libre et comme quasiment tous les logiciels libres, il est installable "sous" Linux. Il est packagé (donc testé et entretenu) depuis sa création dans toutes les distributions GNU/Linux grand public.

    Parfois, avec quelques remarques de certains qui, étonnamment se reconnaîtront instantanément, on comprend pourquoi finalement l'outil est décrié avec si peu d'arguments pertinents : il est si peu maîtrisé, si peu compris, de sa conception, jusqu'à sa philosophie de distribution en passant par les fonctionnalités qui en font son/ses intérêt(s) pédagogique(s), comment cela pourrait-il en être autrement ?

    Un outil n'est ni bon ni mauvais, tout dépend pourquoi et comment l'on s'en sert.
  • Les logiciels de géométrie dynamique sont en réalité des logiciels de dessin pour matheux; ils sont pour ce public plus pratiques que la suite "paint" d'une certaine entreprise célèbre. Récemment ils ont dépanné plus qu'utilement votre serviteur lorsqu'en raison d'un diktat administratif absurde il était contraint de s'adresser à son public depuis son domicile au lieu de son lieu de travail habituel.

    Cependant ces outils n'ont aucun intérêt pédagogique. Des nonnes enseignent plus efficacement les mathématiques dans des maisons en paille au tiers monde avec très peu de matériel (et sans ces gadgets) que des profs français soumis aux caprices égalitarodidactiques des inspecteurs.
  • J'ai vraiment du mal à comprendre comment on peut avoir un avis aussi catégorique après l'avoir soi-même utilisé...
  • .... et on peut aussi vouloir tracer des cercles sans compas, et des droites sans règle, ce ne sont que des gadgets inutiles pour profs français soumis aux caprices égalitarodidactiques des inspecteurs.

    Dans le tiers monde, beaucoup n'ont même pas de règle ni de compas (bonjour les stéréotypes au passage), ils utilisent des vieux pneus pour tracer des cercles pendant qu'on est dans la caricature...

    On peut aussi faire des maths sans calculatrice, sans boulier, et même, tant mieux, pour les manchots, on peut aussi faire des math, sans doigt, ce ne sont que des gadgets inutiles pour profs français soumis aux caprices égalitarodidactiques des inspecteurs.

    Quand l'idéologie façonne les choix pédagogiques ça devient ridicule, de part et d'autre, un véritable miroir.

    J'entendais récemment que dans les lieux d'expression virtuels les points de vue défendant des idéologies extrêmes étaient systématiquement sur-représentés. Sûrement par lassitude des autres à combattre...enfin je l'espère.
  • Mais si la géométrie dynamique à des intérêts pédagogiques. Au collège, par exemple : beaucoup d'élèves n'arrivent pas à se détacher d'une figure et disent "ça se voit" pour expliquer par exemple que deux droites sont parallèles. Combien font ça ? Les trois quarts ! Or il est facile de construire des exemples où en dézoomant on voit à l'écran qu'en fait les droites supposées parallèles ne le sont pas. Certes c'est toujours un "je vois" donc ça ne vaut pas grand chose, mais cela a le mérite de casser une idée des choses, ou au moins d'installer le doute. C'est quand même un pas de plus.
  • Bonjour

    Et si on veut déplacer un point et en voir les conséquences sur la figure,
    comment fait-on avec papier, crayon règle, compas ? On fait $50$ dessins ?

    Cordialement,
    Rescassol
  • On peut aussi exiger des élèves qu'ils tracent avec leurs outils systématiquement ET leur montrer ce qu'on peut faire avec d'autres outils en vidéoprojetant, une figure claire, référente, sur laquelle on peut revenir en arrière, en avant comme on veut, cacher momentanément tel ou tel objet, sans effacer par erreur avec le chiffon la moitié de la figure.

    Pourquoi l'utilisation de Geogebra par le prof devrait dispenser les élèves de tracer, avec leurs outils, des figures ?

    Comme si les outils devaient toujours s'opposer les uns aux autres, comme si les outils étaient connotés idéologiquement et qu'utiliser tel ou tel outil promu par ou tel ou tel inspecteur c'était passer du côté obscur de la force...
  • Quand on subit année après année la stupidité des consignes inspectorales, on finit par développer une aversion sévère, voire sans doute irrationnelle, à tout ce qui y ressemble. On s'auto-prive donc peut-être d'outils potentiellement utiles, mais soyons honnêtes, on s'en passe facilement sans que l'enseignement en souffre et un collègue dévot finira bien par compenser ce manque, si manque il y a.
  • rescassol a écrit:
    Et si on veut déplacer un point et en voir les conséquences sur la figure

    Et avant, au XXème siècle, comment faisait-on ????

    On apprenait [size=large]la vraie géométrie[/size], c'est-à-dire à faire des [size=large]démonstrations rigoureuses.....[/size] et non pas un simulacre sur ordinateur.....
    Aujourd'hui, on privilégie le cache-misère (une heure de glandouille sur Geogebra en salle informatique dans un brouhaha indescriptible) au détriment de l'essentiel (apprendre à raisonner et à rédiger une démonstration structurée....c'est tout de même cela les maths, si je ne m'abuse....)

    Aujourd'hui, de nombreux élèves de lycée sont persuadés que l'on a AB+BC=AC dans un triangle ABC rectangle en B.....alors ne parlons même pas de Thalès...quant à Euclide, il est définitivement tombé dans les poubelles de l'Histoire.....(de toutes façons de bonnes zâmes vous diraient que ces méchants mâles blancs avaient des esclaves....).

    Beaucoup d'élèves de première ou de terminable ont du mal à concevoir qu'un rectangle est un parallélogramme, qu'un carré est un losange, qu'un triangle équilatéral est isocèle und so weiter...j'arrête là le massacre à la tronçonneuse.

    Concernant les maisons de paille en Afrique, @Foys a (une fois de plus) raison....ceux qui y travaillent dans des conditions pourtant très difficiles, y accomplissent des miracles !!!!!
    Voici une maison de bois, à Samburu au Kenya où cette institutrice faisait cours dans un silence de cathédrale à une cinquantaine d'enfants en leur apprenant les bases de l'anglais...Point d'ordinateur ni de videoprojecteur....encore moins de Geogebra ou de Xcas....127972
    ....JPG 239.1K
    Liberté, égalité, choucroute.
  • Ramon : c'est ton boulot de leur faire faire des démonstrations. J'ai enseigné pendant une quinzaine d'années en collège, on a toujours fait de la "vraie" géométrie avec mes collègues. Utiliser des logiciels ne dispense pas de faire toutes les figures à la main ! Sérieusement, Ramon, je ne pensais pas que tu te couchais ainsi devant les IPR... Je suis déçu...
  • kioups a écrit:
    Ramon, je ne pensais pas que tu te couchais ainsi devant les IPR... Je suis déçu...

    Je rappelle à @Kioups que le pronom "on" est [large]impersonnel[/large].....
    Liberté, égalité, choucroute.
  • Bonsoir,
    Ramon a écrit:
    Et avant, au XXème siècle, comment faisait-on ????

    Il fut aussi une époque où on n'avait pas inventé le feu ni la roue, ce n'est pas une raison pour ne pas les utiliser si on en dispose.
    La bonne attitude consiste à utiliser ce dont on dispose, mais à bon escient.
    Il n'y a pas de mauvais outil, tout dépend de ce qu'on en fait.
    Bon, évidemment, entre Scratch et Géogébra, par exemple, il n'y a pas photo.

    Cordialement,

    Rescassol
  • [*** modéré, hors sujet. AD]

    Oui Ramon tu as raison sur nos anciens, qui n'avaient pas GGB, et qui pourtant faisaient des miracles. Comment traçaient-ils par exemple les lieux de points aussi précisément ? J'avoue que je me suis souvent posé cette question, moi prof de maths naïf et très ignorant. Ok : points particuliers, allure de la courbe.. mais j'ai parfois le sentiment qu'aujourd'hui notre compréhension de la géométrie est inversement proportionnelle à notre maîtrise de GGB.
  • La géométrie dynamique apporte un atout majeur.
    Comme le dit Rescassol, le déplacement d’un point et les conséquences, par exemple.
    J’ajoute la possibilité de zoomer, pour les problèmes de concours « ça a l’air concourant ou ça l’est vraiment ? ».
    Autre paradigme : le marquage des angles dans Geogebra ne se fait pas si simplement pour un écolier-collégien. Il faut tourner dans le bon sens pour le saillant et dans l’autre pour le rentrant.
    Etc., etc.
  • En général, une innovation technologique est source de progrès....avec Geogebra, Xcas, scrach und so weiter....le niveau mathématique des lycéens devrait être stratosphérique.....or toutes les personnes sensées constatent un effondrement.....
    Comment est-ce possible ????
    Liberté, égalité, choucroute.
  • Salut,

    Un petit verre en passant au bar pour raconter une anecdote - j'offre ma tournée à Ramon. Extrait lu dans une copie de PCSI - certes au crayon à papier : "donc cela forme bien un triangle isocèle et un rectangle, c'est un losange".
  • C’est une confusion Ramon.
    L’effondrement de l’école n’est pas « la faute aux logiciels ».
    Il n’y a pas de d’implication, ni dans un sens, ni dans l’autre.

    Bien utilisé, c’est un atout.

    Un autre exemple : quand la figure est complexe, on peut masquer certains objets pour faire apparaître les seuls points importants (Pythagore et Thalès, par exemple).
    Autre chose rudimentaire : une droite, quatre point dessus, nommer si possible les demi-droites représentées.
    Là encore, on les nomme, mais on les montre aussi alors que sur un simple tableau, c’est assez difficile de les montrer. Pire, les implicites du discours du prof dans ces cas là sont dévastateurs. Alors que là, les objets sont explicitement montrés et nommés.
  • J’ai mieux mais c’est indépendant des logiciels.
    Un élève de 4e des années 2000 : « un triangle est rectangle quand l’équerre passe bien dedans ».

    C’est presque vulgaire.
  • @ Ramon : les logiciels de géométrie dynamique sont rarement utilisés comme ils le devraient. La plupart du temps c'est pour dessiner de jolies figures qui en mettent plein les yeux, pas pour aider à comprendre.
  • Mais noooon SchumiSutil !!! Puisque l'on te dit que Geogebra est un P-R-O-G-R-È-S !!!!!!

    Pourquoi ne pourrait- on pas être à la fois un triangle, un losange et un rectangle ????
    C'est de la géométrie INCLUSIVE !!!!!

    Un petit retour en 4ème ZEP au contact des masses populaires te ferait le plus grand bien......
    Liberté, égalité, choucroute.
  • « On » ne dit pas que c’est un progrès. Mais quand « on » ne veut pas assumer ses propres lacunes, « on » préfère rejeter la faute sur d’autres…

    Tiens, j’ai récupéré des copies de L1. Pas brillantes évidemment. Le prof m’a dit : « ne t’inquiètes pas, c’était la même chose quand tu étais étudiant il y a 20 ans »… comme quoi…
  • La connerie est de faire du Geogebra parce que les programmes le disent.
    Ça évidemment…

    Ou de montrer un pauvre cercle sans rien en faire.
    Ça évidemment…

    Mais nier les plus value possibles et surtout dénigrer le fait qu’un prof peut se l’approprier, je trouve ça va assez peu pertinent.
    Ça sent la critique gratuite et peu fortuite.
    Attention, la démagogie existe chez les pédagogistes mais aussi chez les anti-pédagogistes.
  • Dom a écrit:
    nier les plus values possibles

    Mais dans la vraie vie, où donc est passée la plus value @Dom ?????

    Les élèves comprennent mieux la géométrie qu'il y a 30, 40 ou 50 ans ????
    Les élèves savent mieux raisonner et démontrer qu'il y a 30, 40 ou 50 ans ???

    Sincèrement, permets moi d'en douter....
    Je ne prétends pas que Geogebra est la cause du désastre mais son emploi compulsif n'a néanmoins entrainé aucun progrès, loin de là.....

    PS:
    Je trouve regrettable d'avoir tronçonné le message de @Ludwig évoquant un célèbre film d'horreur....Ce passage était très drôle et ne contenait rien de choquant ni d'offensant pour quiconque....
    Liberté, égalité, choucroute.
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