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Rentrée en mpsi

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Réponses

  • Laisse toi porter par la prépa c'est juste génial.
    Trouve du temps pour souffler, marcher, dormir, faire un peu de musique.
    Et la pression en prépa, de mon expérience de taupin ou de colleur, jamais vu, c'est plutôt des classes bon enfant et solidaires, tant que l'enseignant est empathique.
  • Quand je lis les interrogations ou après les témoignages des copains qui sont passés par là, ce qui me fait le plus tiquer c'est que j'ai le sentiment que tout ce cirque est basé sur un non-dit de chasteté plus ou moins imposée par les circonstances.
    Entre 18 et 20 ans ce doit être atroce à vivre. Il n'y a pas d'autre exécutoire que de se réfugier dans le travail pour éviter de devenir fou.
    C'est bien pensé en terme d'efficacité par contre.
    "J'appelle bourgeois quiconque pense bassement." Gustave Flaubert
  • Au delà des impressions des uns ou des autres, plus ou moins objectifs, il faut lire le livre de Muriel Darmon: classes préparatoires, la fabrique d'une jeunesse dominante.
    Muriel Darmon est sociologue, directrice de recherche au CNRS, ancienne élève d'Ulm.
  • @xax : Je ne compte pas le nombre de petits couples que j'ai vus se former pendant mes années de prépa (certains ayant débouché sur des mariages et des gamins quelques années plus tard, d'ailleurs).
  • xax a écrit:
    Quand je lis les interrogations ou après les témoignages des copains qui sont passés par là, ce qui me fait le plus tiquer c'est que j'ai le sentiment que tout ce cirque est basé sur un non-dit de chasteté plus ou moins imposée par les circonstances.
    Entre 18 et 20 ans ce doit être atroce à vivre. Il n'y a pas d'autre exécutoire que de se réfugier dans le travail pour éviter de devenir fou.
    C'est bien pensé en terme d'efficacité par contre.
    Pourquoi on ne dit jamais ce genre de choses au sujet de la première année de médecine, où les étudiants ont facilement un volume de travail qui est le double de celui des étudiants de prépa?

    J'ai été taupin avant. Comme beaucoup des copains de la même terminale que moi sauf un qui avait fait médecine. Il est le seul à avoir refusé de fêter le nouvel an avec nous pour réviser. Je n'ai rien vécu de ce qui est martelé allègrement dans les clichés anti-prépa habituels. Ce n'était pas la même époque et peut-être que ça a changé? Je ne sais pas au fond.
    aléa a écrit:
    Muriel Darmon est sociologue, directrice de recherche au CNRS, ancienne élève d'Ulm.
    Impressionnant ce cv. Donc si cette personne déclare qu'il est démontré scientifiquement que le ciel est rouge (et que moi je lève les yeux benoîtement et constate qu'il est bleu) bah je ferme ma gueule et le ciel est rouge.
  • Je n'ai pas souvenir de ce passage dans le livre.

    Mais, bien sûr, c'est beaucoup mieux de se faire une opinion avec les souvenirs de soi et de ses copains que de lire l'ouvrage d'une sociologue qui a interrogé des profs et des élèves d'un établissement pendant plusieures années.
  • @Foys il y a une différence de taille entre une prépa scientifique et la 1ere année de médecine : pour cette dernière c'est tout ou rien, avec un taux d'échec de 90%, alors qu'en prépa scientifique c'est l'inverse en plus favorable même.
    "J'appelle bourgeois quiconque pense bassement." Gustave Flaubert
  • Je voulais des témoignages de débouchés et des professions que vous avez maintenant...8-)
  • @Aléa merci, très très intéressant; je signale deux résumés assez complémentaires
    https://journals.openedition.org/lectures/12566
    https://journals.openedition.org/rfp/4263

    Un point important à retenir pour notre jeune ami qui veut intégrer l'X : dans ce genre de boulot le rapport au temps est fondamental - avant même d'envisager la gestion du temps proprement dite.

    La dialectique de schème est aussi quelque chose d'important.

    Cette étude me parait très fine, met en évidence certains mécanismes connus mais peu mis en perspective dans le cadre d'une enquête sociologique. Le tout avec une plume légère de mépris envers les épiciers, l'air de ne pas y toucher tout dans l'implicite, ça m’apparaît très élégant.

    Ça donne envie de le lire en entier.
    "J'appelle bourgeois quiconque pense bassement." Gustave Flaubert
  • xax: le taux d'échec en fac de médecine est à relier aussi au fait que nombre des étudiants qui s'y inscrivent ont un bac des fois même non scientifique et pas toujours avec mention.

    Alors que les cpge ont déjà fait un tri à l'entrée. On ne peut pas comparer les deux en terme de travail car clairement ce n'est pas la même façon de bosser.
  • @parisien75 : tu es sur un forum fréquenté majoritairement par des enseignants.

    Pour répondre à ta question, la classe préparatoire ouvre la porte de grande écoles, de niveau BAC+5, qui elle-mêmes ouvrent sur différents horizons : travailler et t'insérer dans le monde économique, poursuivre ses études en faisant un doctorat ou même compléter sa formation par un master dans un autre domaine (business, droit, finances). En France ou à l'étranger. Ce n'est pas tant le label "grande école" qui compte que la qualité de la formation, la renommée et l'ouverture d'esprit. De manière générale, ce qui est très recherché par les entreprises, ce sont les doubles diplômes.

    Un exemple, tu peux lire le profil de Nicolas Laczny, un ingénieur, reçu major à l'Ecole Nationale de la Magistrature (ENM) :
    https://www.enm.justice.fr/actu-07fevrier2017_Nicolas-Laczny-major-du-3e-concours-d-acces

    Son profil et son parcours professionnel sont visibles sur Linkedin : prépa, grande école, licence de maths, réorientation vers des études de droit puis ENM. Il a travaillé en France puis aux Etats-Unis.

    J'admets : c'est un profil atypique.
  • @Marin901 je compare pas puisque c'est l'inverse, j'en ai bien conscience, je suis d'accord avec ce que tu dis, c'était juste un remarque pour Foys, l'environnement prépa scientifique étant bien moins stressant que médecine :
    - en bossant tout le monde arrive à quelque chose,
    - ambiance bisounours.
    "J'appelle bourgeois quiconque pense bassement." Gustave Flaubert
  • @montesquiou pourquoi les ingénieurs se reconvertissent dans l'enseignement?
    Je ne connais pas bien cet aspect.
    "J'appelle bourgeois quiconque pense bassement." Gustave Flaubert
  • xax
    Moi non-plus, désolé. Si je parlais de mon cas, mon profil étant très atypique, j'ai peur d'être reconnu et je préfère ne rien écrire.

    [Inutile de reproduire le message précédent. AD]
  • @xax: je suis d'accord avec toi, le stress est plus fort en médecine car le concours se fait au niveau de la fac.
  • La 1ère année de "médecine" n'existe plus depuis quelques années dans de nombreuses facs. C'est santé maintenant, avec orientation à la fin de la 1ère année, puis éventuellement réorientation en fin de 2ème.
  • N'exagérons rien concernant l'épreuve de mathématiques de l'ancien concours de médecine.
  • @kioups ça ne change pas grand chose, à part peut-être plus de facilité pour embrayer en paramédical pour les 90% qui ne passent pas en 2ème année de médecine. Il est aussi question à court terme de "supprimer" le numerus clausus, c'est à dire de le laisser à l'arbitraire des chefs de services hospitalo-universitaires.
    "J'appelle bourgeois quiconque pense bassement." Gustave Flaubert
  • Exact, la fin des concours, c'est le danger d'un certain arbitraire.
  • xax : certes mais contrairement à une prépa maths, c'est clairement du bachotage pur et dur. Quasiment que des QCM.
  • montesquiou a écrit:
    N'exagérons rien concernant l'ancien concours de médecine. Ma nièce, qui a raté la première année et réussi la deuxième année de médecine, est venue nous rendre visite en 2016 (de mémoire) pour un diagnostic en mathématiques et en physique. Avec ma femme, on a trouvé les épreuves très simples. C'est long, mais simple. Rien à voir avec une prépa scientifique ou même une prépa HEC.
    Sont-ce les seules matières qu'elle a eu à passer ;-)?
    En maths on peut s'en sortir par le bon sens. Pour les matières basées sur l’ingurgitation d'une grande quantité de données, non.
  • @Foys, Oui, comme l’anatomie par exemple.
  • Bonjour,
    Puisque le fil nous y invite, voici quelques souvenirs qui remontent aux années 80.

    1° Je n’ai pas senti de stress particulier en prépa, le stress n’existe que durant les concours.
    Ce qui est notable en revanche, c’est la quantité de travail demandée.
    Quand vous avez chaque semaine, 15 pages de cahier grand format à petits carreaux, de cours de maths à apprendre et surtout à bien comprendre, quand vous avez une colle hebdomadaire d’1heure sur ce programme qui vous empêche de prendre du retard, quand vous avez un DM copieux tous les 15 jours et un DS de 4h (voire 6h) en plus des heures de cours (14h de maths en sup), le samedi matin tous les 15 jours également, vous comprenez vite que vous devez passer à la vitesse supérieure en intensité de travail.
    Durant 3 années, j’ai cessé de regarder la télévision (je suis d’une génération où on la regardait beaucoup), par simple manque de temps.
    Mon cerveau s’est révélé capable de choses dont j’ignorais qu’il le fût. C’est comme un entrainement sportif de marathon, tant qu’on ne l’a pas fait, on ignore le pouvoir.

    En retour, l’attrait intellectuel était pour moi considérable, je découvrais des choses passionnantes qui me paraissaient fondamentales et dont j’ignorais tout préalablement. J’étais vraiment sur un petit nuage, me sentant « roi du monde ». Bien sûr il faut aimer les maths et la physique !
    En revanche la frustration sexuelle est fréquemment (mais pas toujours) réelle. Il faut aussi pardonner les « cris de taupins » pas bien méchants qui viennent égayer les cours.

    2° Concernant les avantages « indus » de certaines prépas.
    J’ai eu le privilège de passer par deux lycées différents :
    - Un très excellent en sup HX (MPSI et PCSI confondues à l’époque)
    - Un simplement bon en spé P’ (PC) durant deux années (situé juste à côté du premier)
    (j’étais admis en spé M (MP non étoilée), dans le premier, mais j’y ai renoncé par suite d’une mauvaise réputation de la classe (justifiée ou pas)).

    J’ai pu constater les différences entre les deux lycées :
    - Le niveau des élèves : j’étais 30ème sur 45 dans ma classe de sup, je survolais quasiment ma classe en spé.
    - Le niveau des cours des profs. C’est un point qui n’est pas assez souligné : les cours ne se valent pas. J’ai eu en maths un prof de sup au cours remarquable (en revanche pas très agréable avec les élèves) : structuré, précis, ambitieux. Je ne peux pas dire la même chose de mes profs de maths de spé (bon pour l’un c’était sa dernière année, pour l’autre sa première, cela n’aide pas). En revanche les cours de physique et de chimie de ma spé étaient d’un très haut niveau, bien supérieurs à ceux de ma sup.
    - L’ambiance de la classe, c’est à mes yeux le plus important sur deux points : la solidarité et la confiance en soi. En sup la solidarité était très importante de par la présence d’un fort contingent d’internes (venant de province) ; en spé la part de banlieusards vivant chez leurs parents était prépondérante, cela ne fait pas du tout la même ambiance. En sup la confiance en soi était impressionnante, on était « les meilleurs », on allait « tous les bouffer », Ulm c’était « du gâteau » (de fait cette confiance en soi s’est révélée justifiée) ; en spé c’était beaucoup plus hésitant, en retrait, la part de 5/2 (la moitié de la classe) y était aussi pour beaucoup, les élèves croyaient nettement moins en leurs chances (à juste titre également).

    Aussi ceux qui évoquent une inéquité par suite de la préconnaissance des sujets de l’oral (je ne nie pas que Ginette ait pratiqué un recensement systématique des sujets tombés), se trompent de combat à mon sens. C’est comme si on comparait en football le PSG avec un club de D2 : la différence existe dés l’origine.

    3° concernant le bizuthage en prépa ou en école :
    J’ai eu finalement en 5/2 l’école que je visais, grâce au français et à la chimie (surtout et malgré les 75 points de handicap des 5/2).
    Pas de bizuthage en prépa. En école, le seul que j’ai connu est celui à mon arrivée en régiment : boire du café salé (c’est très mauvais, mais ça ne va pas loin) et puis bien sûr supporter les blagues des st cyriens qui remettaient en doute notre engagement pour la chose militaire …

    Voilà ce dont je peux témoigner, ce n’est qu’un exemple isolé.
    Cordialement
  • @Mathurin merci pour ce beau témoignage !

    La Sup HX c'était une sup spécialisée X je suppose?

    La frustration exprimée c'était terrible, j'avais quelques copains taupins qui venaient boire un coup occasionnellement chez moi, une fois ils se sont rendus compte que j'avais du remplacer les lattes de mon lit par des madriers, ça leur a fichu un coup un moral. C'est le seul point vraiment négatif que j'avais relevé à l'époque, c'est pour ça que je me suis permis de l’évoquer.
    Sinon ils étaient plutôt contents comme toi.

    La méthode de préparation de ginette, en fait elle est subtilement décrite dans l'article de François et Berbouk, c'est assez convaincant, si tu as le temps de lire. À l'intérieur de la même division ça peut jouer pas mal je pense. Il y a un intérêt sociologique.
    "J'appelle bourgeois quiconque pense bassement." Gustave Flaubert
  • HX était le terme générique pour désigner l'hypotaupe naguère (avant la scission MPSI/PCSI).
  • Vous travailliez beaucoup anglais et français en sup ?
  • Il faut lire les livres de français et surtout comprendre les méthodes de dissertation, résumé de texte durant l'année..puis apprendre son vocabulaire pour les colles..
    Ça prend pas beaucoup de temps et en plus c'est pas hebdomadaire comme les maths.
  • Comme lecture, je te recommande "Jonathan Livingstone le Goéland". C'est un ouvrage commercialisé à destination des enfants en France, mais un best-seller reconnu aux Etats-Unis, en fait un livre d'adulte. Penche-toi sur la personnalité et le parcours de Jonathan Livingstone, tu y découvriras les secrets pour repousser tes limites.

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  • "La classe prépa est école de gladiateurs et le concours son arène" tu as un début de weekend de relaxation oenologique? et chargé :-) ?
    "J'appelle bourgeois quiconque pense bassement." Gustave Flaubert
  • Tu peux lire des articles de journaux/magazines en anglais pour t'habituer au vocabulaire.
  • addendum (après avoir recueilli des avis d'enseignants "anciens") : les prévention d'ev sur l'opportunité ou pas de travailler en autonomie le programme sont justifiées par le fait qu'il y a une rupture bien plus importante qu'avant entre le lycée (programme délabré, niveau effondré, moins de démonstrations) et la prépa.

    Dans ces conditions le travail en autonomie n'est vraiment profitable qu'aux jeunes qui ont bénéficié tôt d'enseignements parallèles en maths (lycées spéciaux, clubs de maths, environnement familial etc.). J'ai cru comprendre que la partie d'entre eux qui va faire taupin se débrouille évidemment très bien.

    Par contre je suis convaincu que travail et régularité permettent d'être un très bon taupin même sans cela.
    "J'appelle bourgeois quiconque pense bassement." Gustave Flaubert
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