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une statistique qui semble assez sérieuse

Mode TROLL ON

J'ai déjà signalé cet exemple dans le cadre de débats ici même, mais au milieu de plein d'autres. Je mets un fil pour lui tout seul. J'ai commencé à enseigner il y a très longtemps d'abord sporadiquement , puis j'en vis depuis 1995 (facs, lycée, collèges).

Il m'arrive de signaler des exemples tirés d'échantillons de quelques dizaines de personnes (rarement, mais bon)

Là, l'exemple** qui suit est, me semble-t-il, vraiment tiré d'un large échantillon, les pourcentages que je donne portent sur des milliers d'élèves. Même récemment, j'ai pu augmenter l'échantillon du constat à 200 de plus, via un contrôle commun, etc

Au début des années 2000, l'exercice** était réussi par environ 40/100 des lycéens (peu importe si c'était bien ou pas, je m'intéresse à l'évolution). Actuellement, il est réussi par 4/100 à 7/100 des lycéens. Il faut bien noter que ex** part1 continue d'être réussi par un gros pourcentage (environ 50-60/100) et que c'est exo**part2 qui est raté par presque tous

A noter qu'il n'a rien d'exotique (il est même "brevet-type") et le test porte autant sur "rentrée de septembre en seconde qu'autre date, autre classe"

Attention, il n'y a PAS UN MOT à changer à la consigne

**

Exercice:
part1) Démontrer que pour tout nombre $x$: $7(x-2)(x+5) = 7x^2 + 21x - 70$
part2) En déduire les solutions de l'équation (inconnue $x$) : $7x^2 + 21x - 70 = 0 $


Ce phénomène est édifiant, quelles propositions sociologiques sur le crash peut-on proposer pour expliquer ce passage de 40/100 de réussite à 5/100 de réussite, en n'oubliant pas que la réussite à part1 seule est restée plus ou moins à peu près stable (petite dégradation tout de même m'a-t-il semblé constater) ?

Merci aux enseignants qui passeront par là de ne pas "enseigner une solution toute faite" à la suite de la lecture du fil (inutile de mettre des glaçons sur les fragiles thermomètres dont on dispose encore de temps en temps)
Mode TROLL OFF
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Réponses

  • enseigne-t-on suffisamment
    - le champ sémantique (ou champ lexical) des équations: solution d'une équation, équations équivalentes si elles ont les mêmes solutions, inconnue versus variable, équations versus identités remarquables
    - les propriétés de l'égalité, en particulier la transitivité et le fait qu'on est égal qu'à soi même

    il faut bien se dire qu'une inconnue a un statut particulier, à côté de la variable et de l'indéterminée.

    j'ai constaté pas plus tard qu'hier, que des difficultés à résoudre des inéquations en troisième provenaient d'un manque d'heuristique, de la part d'élèves, de la relation d'ordre, manque qui peut être corrigé par des activités type "translation ou symétrie par rapport à zéro" sur l'axe réel, des activités de 5ème ou d'école élémentaire, , de droite graduée, qui n'ont pas été pratiquées ou oubliées par la suite.
  • La période d'évolution que cite CC ne correspond pas, par hasard, à l'introduction de l'évaluationnite par compétences au collège ? Simple coïncidence ?
  • Donc si j'ai bien compris sebsheep, c'est le thermomètre qui est responsable de la maladie ?
  • ces dernières années, ce type de question faisait moins systématiquement l'objet d'une question au Brevet. Faut-il le regretter?

    Enseignant en collège, je demandais que le "théorème de la nullité d'un produit" soit énoncé ou mentionné chaque fois que l'on rencontre une équation du type A(x).B(x)=0
    Je ne sais pas dire, pour autant, quel est le pourcentage d'élèves qui comprenaient réellement ce qu'il faisaient, lorsqu'ils présentaient joliment les résolutions des équations A(x)=0 et B(x)=0 sur deux colonnes selon mes exigences.
    Les autres faisaient à l'identique comme des automathes.

    Aux alentours de l'an 2000, la lecture des sujets de Brevet (et de Bac?) était assez consternante:
    Développer, puis réduire le machin, factoriser le machin (le travail était déjà à moitié fait (mise en facteur du binôme)
    en déduire les solutions...

    Les dernières années, j'avais remarqué que beaucoup délèves pensaient alors qu'il fallait faire une soustraction, comme pour les charges déductibles aux impôts...
  • @ RC : pour rester dans la joute verbale stérile, je pourrais arguer que l'on a bien changé le thermomètre dans le but de soigner la maladie.

    Pour apporter un peu de sens à mes sous-entendus, je rajouterai que cette évaluation par compétence s'accompagne de toute une idéologie bien particulière (développement des compétences "transversales" au détriment de l'acquisition des savoirs fondamentaux, nano-découpage des compétences, ...). Why not après tout, il faut bien essayer pour voir si ça marche ou pas.
  • Changer la méthode d'évaluation change également la méthode de travail de ceux qui sont évalués (et, dans le cas présent, de ceux qui font travailler ceux qui sont évalués). La proposition de sebsheep ne me semble donc pas à éliminer pour des raisons triviales. Je ne sais pas si c'était ce que sous-entendait RC.
  • @ jacquot Compte tenu du contexte, je trouve génial automathes ;)
  • Rendons à Stella ce qui est à Baruk.;)
  • "automathes" est une trouvaille de stella Baruk, me semble-t-il, qui avait écrit un livre très célèbre de pédagogie "échec et maths" (1977) :-) [édit: grillé par jacquot]
  • Merci, j'ai appris quelque chose!
  • Déjà que tu avais appris que les singletons muni de n'importe quel topologie étaient tous métrisables :)
  • Eh oui... je fais des progrès! :)
  • Why not après tout, il faut bien essayer pour voir si ça marche ou pas

    :D Bin now, on sait que ça marche pas
    Aide les autres comme toi-même car ils sont toi, ils sont vraiment toi
  • christophe c écrivait:
    > :D Bin now, on sait que ça marche pas


    C'est donc pour ça que la refondation de l'école va complètement supprimer tout ça. Et rendre les programmes cohérents. Et intelligibles. Et les bisounours envahiront le monde.
  • Je suis sûr que sur le lot il y en a pas mal qui calculent le $\Delta$ et en déduisent les solutions de l'équation. C'est certes un mauvais automathisme, mais ce n'est pas faux. Il serait plus parlant de faire une interro comme ce qui suit :

    1) Montrer que $(x+2)(x-3)(x+7)=x^3+6x^2-13x-42$.

    2) En déduire les solutions de l'équation $x^3+6x^2-13x-42=0$.

    Dans ce cas, quel pourcentage d'élèves serait capable de résoudre les deux questions ?
  • Bonjour Christophe, tu as effectué tes tests en classe de seconde?
    Lycée de banlieue? Centre ville?
  • Et alors je ne vous raconte pas quand on rajoute un paramètre dans l'affaire. Un lycéen capable de calculer en fonction de paramètres est devenu une bête de foire.

    Compétences, quand tu nous tiens.

    Mais bon, la réforme du lycée a dit : on arrête l'algèbre, on arrête la géométrie, surtout pas de démonstration et on apprend ses formules par cœur.
  • @JLT et pacotille

    le plus gros de l'échantillon est composé de secondes**. Quand je fais ce test post secondes, j'interdis dans la consigne d'utiliser l'algorithme "delta" (et c'est même marquant car la consigne est "Sans utiliser le discriminant, peut-on déduire de la question précédente...", ce qui montre que le renvoi à la "question précédente" est plus que proposé avec de gros sabots)

    ** par exemple un contrôle commun de tout un lycée all classes de secondes il y a 10jours

    Les lycées que j'ai vus sont plutôt "classes moyennes" (classes un peu défavorisée cette année, classe moyenne avant 2008, une tournée en 2000, et un lycée "exotique" (avant dernier de l'académie et qui s'en vantait, mais qui tourne à 75-80% au bac) il y a 2ans, classes financièrement favorisées, mais pas "intellectuellement" (euphémisme) disons
  • le souci et les limites du notationnisme (de l'évaluationnite si l'on préfère), c'est qu'avec les notes et notations au collège, on est dans l'irrationnel: on change $x$ en $t$ , les moyennes dégringolent,car les sondés ne reconnaissent plus l'inconnue.

    est ce plus facile si l'on change
    1) Montrer que $(x+2)(x-3)(x+7)=x^3+6x^2-13x-42$.
    en
    1bis) Montrer que $x^3+6x^2-13x-42=(x+2)(x-3)(x+7)$ ?
  • Sans préciser exactement les échantillons, j'ai quand-même un peu l'impression qu'en plus du crash bien connu, il s'est encore passé des choses supplémentaires entre 2003-2004 disons et 2012.

    Est-ce que j'ai déjà raconté:

    1) un débat de 8 à 10mn entre deux groupes de lycéen(ne)s pour aboutir sur: 40+1 vaut plutôt 50 ou plutot 41? (donc pas une simple étourderie)

    2) 3×1 = 4 est devenu par exemple "l'étourderie" (soit disant) incontournable (3/5 des lycéens je pense).

    3) 10 à la puissance 18 = 180 (toute une classe sans plus de 3 ou 4 exceptions)

    4) si 5 fois toto =2 alors toto =-3
    5) Quasiment plus aucunes parenthèses mises correctement (et pourtant un genre de formes de polices manuscrites qui laisse à penser que les élèves "voudraient" les mettre mais... "hésitent" (écriture plus petite à tel endroit, etc)



    A côté de ça, une très très forte tendance à connaitre "plutôt bien" toutes les formules exigées (cette tendance m'a souvent surpris, mais je la constate sans cesse, au moins depuis 2008: par exemple, 40mn suffisent souvent à apprendre à 4/5 des pires lycéens à dériver parfaitement) même s'il y en a des centaines

    D'une certaine façon, sur la période 2000-2012, à confirmer, j'y réfléchirai, je dirais qu'en 2000 je voyais des trucs qu'on trouve dénoncés aujourd'hui d'une manière régulière et un peu partout (dont le forum) et que je pouvais disons expliquer (voire mes anciens posts) plus ou moins par la débilité de l'enseignement dispensé, mais débilité en quelque sorte "choisie" (le refus de donner des corrections correctes d'être logique, etc, d'enseigner le langage, etc, dans le secondaire**). Aujourd'hui, je ne cesse de voir des trucs qui ne sont jamais dénoncés et qui me semblent constituer une nouvelle couche de bugs que j'aurais eu du mal à imaginer (je n'ai pas le temps de donner d'autres exemples, car il faudrait que je tape les énoncés qui vont avec, j'essairai de le faire)

    ** j'ai déjà parlé par exemple de l'exemple suivant, que je fais tout le temps et qui du coup est éculé (mes élèves ne se font plus avoir, donc, je ne peux voir le truc que testé sur les autres): je copie-colle l'énoncé
    Réflexion 4points

    On trouve un papier sur la plage. Il a été déchiré. Dessus est écrite une liste de nombres séparés par des points virgule: {\it 5;9;13;17;21}. Après le nombre $21$ la déchirure empèche de voir la suite. Existe-t-il { un moyen mathématique de découvrir le nombre qui venait après $21$ sur la liste et si oui, dire quel est ce nombre et justifier votre réponse. Indication: pensez au numéro de téléphone $060708....$

    où seuls les élèves pas encore trop détruits répondent correctement (la tableau excel que je fais de correspondance entre noms et bonnes ou mauvaises réponses a donné: 2 élèves seulement "non corrélés" (entre être "un peu bon" et réussir cet exo) en début d'année

    Bon, sans plagier une pub, ça "c'était avant", et je pensais qu'on avait touché le fond. Today, je ne les ai pas encore analysés, mais plein de nouveaux bugs arrivent en masse, dont je n'arrive même pas à expliquer ce qui a pu les causer.

    Encore une fois, j'insiste, je ne parle pas des erreurs elles-mêmes (tout le monde en commet), mais des taux (par exemple le fait que 97/100 ratent l'exo totalement trivial d'intro du fil)
    Aide les autres comme toi-même car ils sont toi, ils sont vraiment toi
  • On paye les fruits de l'axiomatisation à outrance. si on avait copié le pragmatisme anglo-saxon, l'algèbre serait rentré à l'école par la grande porte de la géométrie.
  • Christophe, je reconnais tout à fait mes secondes arrivant du collège. Tous les ans ça devient plus dur, tous les ans, il faut repartir de plus bas. Il faudra que j'essaie ton test en fin d'année sur mes élèves.
  • CC a écrit:
    un débat de 8 à 10mn entre deux groupes de lycéen(ne)s pour aboutir sur: 40+1 vaut plutôt 50 ou plutot 41?

    Et quelle fut la conclusion du débat ?
  • 45,5 ?
    Ou bien puisque l'école est faite pour former le bon citoyen idéal que veut M. Peillon, on pourrait mettre la réponse aux voix ...
    Bonne journée quand même ...
    RC
  • Je vois plusieurs explications possibles :

    1) La sélection naturelle

    http://www.dailymotion.com/video/x3ot5h_idiocracy_fun

    2) Les méthodes pédagogiques

    Méthode traditionnelle (élitiste et réactionnaire) : le prof explique le cours puis les élèves font plein d'exercices de difficulté variée.

    Méthode moderne (égalitaire et innovante) : activités au moyen desquelles les apprenants "construisent leur propre savoir" (de préférence en utilisant les TICE parce que les TICE c'est bien), synthèse par l'enseignant (de préférence au vidéoprojecteur), puis, s'il reste du temps, quelques exercices-types dont on sait qu'ils tomberont au brevet ou au bac.

    La massification de ces méthodes a débuté en 1989 avec la création des IUFM. On peut considérer aujourd'hui qu'elle sont largement employées - à part par quelques vieux ronchons proches de la retraite et quelques jeunes rebelles que les inspections se chargent de mater. On peut donc juger de leur efficacité.

    3) La quasi-suppression de l'enseignement scientifique dans le secondaire

    - Le bac S devenu dans les faits un bac général.

    - La diminution systématique des horaires des matières scientifiques.

    - L'enseignement même de ces matières qui est aujourd'hui plus culturel que réellement scientifique (voir les programmes de physique de terminale totalement démathématisés).

    Repenser également aux propos de la doyenne de l'IG de maths qui, quand elle avait essayé de supprimer les vecteurs en seconde, avait affirmé qu'il était inutile d'enseigner aux élèves des choses qui ne serviraient qu'à 10% d'entre eux.

    4) Les réformes successives de l’Éducation Nationale

    Le schéma est toujours plus ou moins le même :

    a) Un nouveau ministre arrive, avide de laisser une trace dans l'Histoire.

    b) Il connaît la méthode miracle pour résoudre tous les problèmes de l'EN. S'il ne la connaît pas, les hauts fonctionnaires du ministère, qui sont là depuis vingt ans et résistent à tous les changements de majorité, lui en donnent une.

    c) Un projet de réforme est écrit.

    d) Un débat/concertation nationale/consultation des experts de l'éducation est organisé (parmi ces experts on trouve des "scientifiques de l'éducation", des inspecteurs, des hommes politiques, des élèves, des parents d'élèves, des journalistes, des chefs d'entreprise, etc., mais bien entendu aucun enseignant).

    e) Un rapport du débat est publié : il correspond pile-poil au projet de réforme. Ça tombe bien.

    f) Malgré un vote négatif au CSE et l'opposition des syndicats, le projet est présenté à l'Assemblée Nationale et voté.

    g) La réforme est mise en place (sans les crédits nécessaires parce que c'est la crise). Les hauts fonctionnaires du ministère transmettent leurs consignes aux recteurs, qui les transmettent aux directeurs des services académiques, qui les transmettent aux chefs d'établissement. Les IG transmettent leurs consignes aux IPR-IA-IEN, qui les transmettent aux enseignants. Des tas de réunions sont organisées. Les enthousiastes sont récompensés, les réfractaires sont punis.

    h) Les résultats sont au mieux nuls, au pire catastrophiques. Trois possibilités :

    - Aucune évaluation de la réforme n'est réalisée.

    - Une évaluation est réalisée par l'Inspection Générale et affirme que la réforme a eu des effets globalement positifs.

    - Une évaluation est réalisée par l'Inspection Générale et montre que la réforme n'a pas eu les effets attendus à cause des enseignants qui ne l'ont pas comprise/mal appliquée car ils sont trop cons.

    i) Reprendre à a).
  • "Méthode traditionnelle (élitiste et réactionnaire) : le prof explique le cours puis les élèves font plein d'exercices de difficulté variée. "

    Merde, je suis élitiste et réactionnaire !

    "quelques jeunes rebelles que les inspections se chargent de mater."

    Que l'inspection s'accroche, je ne suis pas facile à mater B-)- .
  • Juge Ti (tu)(tu)(tu)

    Pour 4.(d), je nuancerais en disant que si, les enseignants sont bel et bien consultés. Mais peu importe, puisque de toute façon, on n'en tient pas compte (ou sur des miettes, en marge de la réforme, histoire de dire "mais si, vous voyez qu'on vous écoute")
  • Bizarrement, les élèves victimes de méthodes élitistes et réactionnaires* s'en sortent mieux dans le supérieur.

    C'est à n'y rien comprendre.


    *Des méthodes fascistes consistant à écrire un cours structuré sur un tableau pas interactif, avec une craie. Pouah.
  • Un lien sur l'évolution du système éducatif français sur les 30 dernières années : Le Bac S de 2013 sera un sous-Bac D de 1993
  • Bonjour,
    Pacotille a écrit:
    Le Bac S de 2013 sera un sous-Bac D de 1993
    Bien sûr, mais tout dépend de la relation d'ordre utilisée.
    Si on classe par "nombre de bacheliers" ou même par pourcentage de la population on peut faire dire le contraire aux mêmes statistiques.
    Que dirons nous quand les grands chefs de l'état imposeront à 50% des français d'avoir en poche un diplôme de l'enseigement supérieur (et le salaire qui devrait aller avec sans doute)?
    Que la France est une grande nation ou un peuple d'intellectuels pédants?
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