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Je ne sais plus quoi faire

Bonsoir à tous.
Je suis à la recherche de conseils pour m’aider à progresser parce que je suis au bord de la dépression.
Je pleure tout le temps je me sens nulle.
Bref je suis en L1 de math à Dauphine, étant une bonne élève durant mon parcours j’étais habituée à avoir de bonne note (17-20 de moyenne).
J’avais des facilités et j’assimilais le cours en classe.
Mais depuis mon entrée à la fac c’est un autre monde je ne sais plus comment réviser je ne sais pas si je le fais correctement je me ramasse des mauvaises notes que je n’aurais jamais imaginé avoir.
J’ai l’impression que je travaille pour rien et mon anxiété ne m’aide pas du tout et ne fait qu’accentuer ce mal être.
Je pense que je vais finir par reprendre mon année aidez-moi s’il vous plaît

Réponses

  • Bonsoir Phoenix,

    Le phénix de la légende ne renaît-il pas de ses cendres ? Le travail à la fac est différent du lycée mais pour la seule raison qu'il demande plus d'efforts : tu n'as pas cessé d'être la bonne élève que tu es, mais il va falloir cravacher plus dur et avec de la patience tu réussiras. Il est parfaitement normal que les résultats ne viennent pas tout de suite, ce n'est pas l'enseignement de la fac qui est spécial mais le lycée qui est de moins en moins adapté à la fac - en France, avec toutes ces suppressions programmées de notions en maths, voire de la notion même de rigueur mathématique. La solution consiste donc simplement à rehausser drastiquement ta quantité de travail à la hauteur des exigences de la fac. Ne t'inquiète donc pas. Vois seulement la fac comme un lycée plus sérieux et plus gourmand en efforts de la part des élèves, mais également plus gratifiant avec ses diplômes universitaires internationalement reconnus en bout de piste.

    Courage, courage. On est tous passés par là.
  • Bonsoir,

    Raconte nous un peu comment tu travailles.
    Est ce que tu trouves du plaisir à faire des mathématiques, ou bien tu le fais juste pour encaisser des bonnes notes ?

    Edit : Pardon. Croisement avec le message de Lltav. Bonsoir Lltav. :-)
  • Quand je rentre chez moi je relis mon cours, j’essaye de refaire les exercices qu’on fait en TD.
    Oui j’aime les maths, c’est juste que avant je trouvais ça facile et maintenant c’est un peu plus complexe à voir et j’ai l’impression de tourner et rond des fois je n’arrive pas à faire des exercices je sèche complètement je ne sais pas par où commencer ou quoi faire.
  • Merci beaucoup je vais essayer de m’accrocher.
    Mais je pense c’est moi le problème tout le monde me dit ça va aller et que je verrai le bout du tunnel bientôt mais moi je suis impatiente. J’ai l’impression que mon travail ne paye pas
  • Tu te sens un petit peu blessée dans ton amour propre après avoir subi cette chute à pic : De 17/ 20 à ... 2 ou 3/20 ? :-)
  • Il n'y'a pas de recette miracle pour s'améliorer. Parfois, il faut apprendre à faire des concessions.
    Par exemple, qu'arriverait-t-il si jamais, tu ne réussis pas tes études ? Que tu n'obtiens pas ton diplôme ? que tu abandonnes meme tes études ? Est ce à ce point catastrophique pour subir une dépression ? ... A moins que tu sois blessé dans ton amour propre comme je t'ai expliqué.
    Il faut que tu te convaincs dès maintenant que rien de catastrophique ne se passera si tu subis un ... échec ... Tu es dans l’échec ... et après !?! Quelqu'un te menace avec un couteau sur ton cou ?
  • Oui mais pas dans mon amour propre
  • Bonjour,

    Je te conseille le travail de groupe à deux ou trois. L’effet groupe est utile à se rassurer sur la méthode et à calibrer l’effort de travail.
    Sur des exos ou des cours tu expliqueras aux autres et tu recevras les explications pour avancer ou mieux comprendre.

    Il faut prendre du recul. Tu vas étudier pour les 5 ans qui arrivent et peut être faire une thèse. Il faut donc rigoler des notes basses. Quand on apprend à faire du vélo, on se ramasse. Puis tout le monde sait faire du vélo. Tu es comme une jeune fille qui refuse te tomber de son petit vélo alors qu’elle commence à peine. Amuse-toi des notes basses. Ça ne durera pas longtemps...
  • SI tout ton divertissement et toute ta passion sont pour les mathématiques, tu trouveras toute seule ton chemin de réussite sans l'aide de personne.
    Maintenant, si tu voudrais passer à une étape plus concrète, et à de la pratique.
    Raconte nous combien de modules par semestre tu as en programme pour essayer de contourner ta méthode de travail.
    Un cours complet combien compte-t-il à peu près en pages ?.
    Moi, à titre d'illustration, j'arrive à terminer un cours ( un module ) de $ 100 $ page en une journée. Toi aussi, tu dois être capable de le faire. Avant c'était un truc inconcevable à réaliser parce que je ne connaissais pas les méthodes d'apprentissage. Mais, au fur et à mesure, en essayant de suivre comment travaille des gens forgés et plus expérimenté. Tu n'auras aucun souci d'adopter ce rythme de travail. Il suffit juste de saisir la subtilité. ça ne demande aucun effort, juste de la passion que tu as vis à vis des maths, et en fonction de ta motivation, et de ton degré de curiosité à explorer des choses nouvelles. Il n'y'a que ça comme règle du jeu.


    Edit : Je n'ai pas vu ton message Yves au début.
  • Merci pour tous vos conseils ! Je vais essayer de les appliquer au maximum je vous donnerai de mes nouvelles bientôt
  • Phoenix, je confirme ce que te t'ont dit les autres intervenants. Nous sommes quelques rares veilleurs à être réunis ici cette nuit avec toi, en toute sincérité, sans le bruit du quotidien, sans esprit de concurrence. C'est le cœur qui parle en cette heure nocturne où même la douleur devient sage.

    De mémoire, je cite le poète :

    Sois sage ô ma douleur et tiens-toi plus tranquille
    tu attendais le soir, il descend, le voici,
    Une nuit épaisse se répand sur la ville
    Portant aux uns la paix, aux autres le souci.


    Pour paraphraser Pablo (que je salue bien amicalement), fais comme si tu n'avais rien à perdre : qu'est-ce que tu contrôles dans ta vie au point d'être aussi stressée...? Qu'est-ce qui t'appartient vraiment en ce monde ?
    Phoenix a écrit:
    Merci beaucoup je vais essayer de m’accrocher.
    Mais je pense c’est moi le problème tout le monde me dit ça va aller et que je verrai le bout du tunnel bientôt mais moi je suis impatiente. J’ai l’impression que mon travail ne paye pas

    Je ne dirais pas ça exactement. Tu es impatiente parce que tu penses trop au bout du tunnel, tu es trop projetée dans l'avenir à te demander "comment tout ça va finir". Et c'est comme ça que la route paraît horriblement longue. Change donc de perspective : prends plaisir au voyage. Ne te vois plus dans un "tunnel" sombre mais sur les rails d'une expédition de montagne ou l'aventure dans une nouvelle jungle des maths. Ne fais pas "semblant" de travailler en ne pensant qu'à la paie de fin de mois ("mon travail ne paie pas") ou la "fin du tunnel". Au contraire, amuse-toi tellement à faire des maths que tu ne vas même pas entendre le sifflet annonçant la fin du voyage. On ne fait jamais de vraies études en commençant par la fin.

    Mais d'un autre côté, tout le "problème" ne vient pas de toi, mais de la façon dont le système éducatif est mal fichu : il n'a pas su gérer la fracture entre enseignement secondaire et supérieur. C'est lui qui est réellement en échec, pas toi. Donc ne cherche pas à tout prix une logique cachée derrière tes notes : l'évaluation scolaire est en général un véritable cancre pour mesurer le niveau de l'élève. Fais confiance à ton estime, ta fierté intérieure, à ce que tu penses vraiment de toi-même. Déjà au lycée, tu as dû comme beaucoup de tes camarades accorder trop d'importance aux notes dans l'appréciation de ta valeur personnelle. Aujourd'hui, ça fait mal parce que tu ressens combien ce système est artificiel et décalé de la réalité. Or, tu sais qui tu es et de quel génie tu es capable mieux que tes notes, tes professeurs, mieux que quiconque.

    Je comprends donc ton sentiment d'être blessée, une fois arrivée à la fac, par ta confrontation avec une mécanique de notation aussi ingrate que totalement déconnectée du système précédent qui t'allait si bien. Mais c'est ce système qui "a tort", il n'est tout simplement pas capable de mesurer ta progression mathématique en cohérence avec tes notes du lycée, encore moins tes vraies potentialités (qui se révéleront plus tard lorsque tu feras de la recherche). Il fonctionne juste différemment, avec une unité de conversion travail/points différente : 1 point sur 20 représente désormais peut-être 2h de travail au lieu d'1h (je dis n'importe quoi). Mais tu vas finir par maîtriser ce système à son tour une fois acceptés ses nouveaux critères en lieu et place des anciens.

    J'insiste sur le fait qu'il ne s'agit que de quantité de travail : les maths en fac ne sont pas des maths extraterrestres, tu n'as pas changé de planète depuis le lycée. On vous a simplement fait moins travailler et mieux gratifiés. Dans les très anciens programmes du secondaire, il y avait d'ailleurs une continuité technique parfaite entre maths du lycée et maths de la fac et les notes n'avaient aucune raison d'avoir un si grand décalage. Vois en fait le lycée et la fac comme deux "pays" avec des monnaies différentes ou bien la même monnaie mais des niveaux de vie ou de salaire différents (pense à la zone euro par exemple). Tu es simplement passé d'un pays qui "paie plus" à un pays qui "paie moins", mais rien n'empêche de t'enrichir dans ce nouveau pays en y adaptant ta quantité de travail. Il faut déjà faire l'effort mental de penser dans ta nouvelle unité de conversion travail/salaire.

    A bientôt. Passe cette nuit dans la paix.
  • Si je peux donner un conseil, je pense que beaucoup d'élèves favorisent l'apprentissage par cœur, pratique qui vient souvent d'un lycée car elle fonctionnait bien. Apprendre certaines choses par cœur est utile mais je dirais que la "compréhension" du cours est plus importante. Par exemple, il y a probablement des banques d'exercices que certains professeurs recommendent, essayer de les faire (et souvent échouer bien sûr !!! d'où l'utilité d'être à plusieurs pour y arriver plus facilement/se redonner du moral) me semble plus utile que d'apprendre le cours par cœur et de reproduire des exercices déjà fait en classe.
  • Ltav a écrit:
    J'insiste sur le fait qu'il ne s'agit que de quantité de travail : les maths en fac ne sont pas des maths extraterrestres, tu n'as pas changé de planète depuis le lycée.

    Je ne serais pas aussi catégorique.

    On fait peu d'algèbre linéaire en terminale par exemple même si on n'ignore pas ce qu'est une matrice si on a fait spé' mathématiques. On est peu au courant des structures algébriques quand on sort du lycée. On n'a jamais entendu parler de la notion de groupe j'imagine.
    Je pense qu'au contraire c'est un peu comme si on arrivait dans un nouveau pays dont on ne connait que quelques mots du langage utilisé. La difficulté est sans doute que parce qu'on connait ces quelques mots on s'imagine qu'on est capable de comprendre naturellement tout ce que disent les gens qui habitent ce pays. B-)-
  • Dans la continuité de Lupulus (j'espère !) : se rendre compte que l'échec sur un ou plusieurs exercices n'est pas "mal" ni problématique - une énorme partie des maths c'est l'échec; bien sûr c'est caché parce que dans tes cours on ne te présente que les preuves qui marchent, mais il faut penser que derrière il y a des tonnes d'approches qui ont raté.
    Tu progresseras en faisant des erreurs, en n'arrivant pas à faire certaines choses, et en comprenant pourquoi.

    Je nuancerais cependant le propos de Ltav qui dit qu'il ne s'agit que d'une quantité de travail : comme le dit Lupulus, il faut abandonner l'idée d'apprendre des choses par coeur, il faut plus viser la compréhension de ce qu'on t'apprend. Alors certes, cela passe par une phase d'apprentissage, et certainement par plus de travail, mais c'est aussi un peu différent, et ce n'est pas qu'une question de quantité. En fait, travailler plus si tu ne travailles pas mieux ne servira à rien : tu t'épuiseras juste et donc en plus de ton anxiété tu seras fatiguée et ce sera pire.
    Donc il faut privilégier le bon travail que le "beaucoup de travail" : qu'est-ce que ça veut dire ?
    eh bah commencer par s'assurer qu'on maîtrise son cours, puis commencer par les exercices "faciles" (en tout cas au début, ne pas se laisser avoir par "non c'est facile je fais pas" : c'est en faisant les trucs faciles qu'on s'assure qu'ils le sont et qu'ils deviennent des automatismes) avant d'aller vers des choses plus compliquées.
    Ah, je ne l'ai pas dit mais c'est évident avec ce qui précède : faire des exercices. Il ne faut pas croire que simplement connaître le cours suffit à s'améliorer : ce n'est pas comme ça que marchent les maths.
    Tout ça, il faut le faire, mais comme je l'ai dit, il faut aussi se reposer : j'avais des camarades qui bossaient jusqu'à très tard et qui m'avouaient qu'en fait ça ne servait à rien puisqu'ils étaient épuisés; et te donner des moments de repos. L'un des trucs géniaux/horribles des maths c'est que même quand tu ne travailles pas explicitement dessus, ton cerveau, lui, continue, et en fait il travaille différemment. Donc tu peux te reposer et compter ça comme du travail :-D (c'est à moitié une blague, mais vraiment qu'à moitié)
  • @Phoenix. Pour te donner mon expérience personnelle, je pense être plutôt pas bon en math mais ce que j'ai remarqué avec le temps c'est que le travail que tu fournis à l'instant T n'a pas l'air de fonctionner tout de suite mais ce répercute sur la suite avec le sentiment d'être plus à l'aise et ainsi de suite bien sûr à condition d'avoir pris la méthode qui consiste à comprendre plutôt qu'à mémoriser. Finalement continue tes efforts (et ou modifie la façon de travailler essentiellement ce qui a été dit plus haut est bon) et ils finiront par payer c'est une certitude.

    @Max. Pour ton dernier point, j'ai arrêté de compter le nombre de fois où je n'arrive pas un truc et je me réveille le lendemain en me disant "ah mais en fait c'est facile".
  • Il faut quand même du par cœur : Le cours sur le bout des doigts, les théorèmes sur le bout des doigts.

    Les preuves sont à savoir et c'est là qu'il y a discussion : par cœur ou comprises ?
    Le par cœur, dans les "idées" peut-être mais surtout comprises !

    En face d'un exercice : dérouler d'abord les définitions utilisables même si on ne sait pas à quoi cela va servir.
    On déroule !
    Après...c'est plus délicat pour les conseils généraux.
  • Bonjour Phoenix.

    une des difficultés dans le supérieur est qu'on travaille avec les notions bien avant d'avoir pris l'habitude de les utiliser. Par exemple on va définir pour les ensembles les réunions et intersections, les complémentaires, puis avoir directement à faire des exercices (*). Il y a un passage délicat, il faut se forcer à appliquer strictement les définitions même si "on n'a jamais vu ça", et très vite, on s'habitue à travailler sur des notions abstraites nouvelles. mais bien sûr il a fallu "se forcer" et apprendre ces satanées définitions.

    Cordialement.

    (*) par exemple : "En notant $\complement A$ le complémentaire de $A$, montrer que pour tous sous-ensembles $X$ et $Y$ d'un ensemble $E$ on a $\complement (X \cap Y)=\complement X \cup\complement Y$". Ça se fait directement avec les définitions.
  • Je pense qu'une partie des gens de ma génération ne peuvent pas se rendre vraiment compte de ce qu'écrit Gérard0.
    Au collège on passait du temps à étudier des notions assez abstraites (classes d'équivalence,...)
    On n'en faisait pas grand chose (en troisième on nous définissait cependant un vecteur comme une classe d'équivalence par la relation d'équipollence sur l'ensemble des bipoints) mais on avait les mains dedans pendant quelques temps.
    C'est ceux qui "survivaient" à ces cours qu'on retrouvait à l'université (ou en classe prépa'). J'imagine que cela leur donnait un avantage dans l'apprentissage de l'algèbre (par exemple dans la compréhension de ce qu'est un groupe quotient). Il y avait un temps de maturation de ces notions dans la tête des étudiants: c'était pas un package qu'on te délivrait en quelques heures.
  • Heu ... je n'ai pas vu les classes d'équivalence en collège, seulement en supérieur (fac). On ne définissait pas les vecteurs, seulement l'équipollence de bipoints. Et j'ai vécu ce que je décris à Phoenix. D'autant plus que j'étudiais seul ces notions en fin de première et terminale.
  • J'ai les mêmes souvenirs que FdP.
  • Gérard0: C'était pourtant enseigné me semble-t-il (vers 1976-78 au moins). Je ne pense pas que ma mémoire me joue des tours.
  • On peut facilement le savoir en ouvrant un manuel de 5ème (ou 4ème) de cette époque j'imagine.
  • Eh, FdP,

    j'étais prof, vers 1976 ! Depuis des années. Et j'&avais enseigné les espaces vectoriels en seconde.
    Et j'ai vu ensuite mes élèves de TC puis TS aller en supérieur, quand on a rénové les programmes vers 1990. Avec le retour de la difficulté d'abstraction.

    Cordialement.
  • Bonjour,

    Juste pour préciser ma notion de travail : je parlais certes de cœur, avec le cœur, mais je ne parlais pas que du "par cœur".

    Tout ce qui a été dit ici, que ce soit persévérer, apprendre par cœur, prendre conscience que ça bloque, changer de méthode quand l'une ne marche pas, faire et comprendre les exercices plutôt que le "par cœur", penser différemment, travailler en groupe, souffler de temps en temps, travailler bien plutôt que beaucoup, apprendre un nouveau langage dans un pays inconnu, etc. etc. tout ça c'est du travail à l'état pur. J'approuve notamment ce que disait aRc sur l'effet positif retardé du travail, conseil qui vaut même (et surtout) pour ceux qui deviennent de très bons élèves. L'étudiant qui ne fait que du "par cœur" ou que des exercices (au détriment du cours), etc. ne peut prétendre qu'il travaille suffisamment.

    J'insiste sur le fait qu'il faut apprendre à l'élève à :

    - résumer tous ses efforts sous le seul concept de travail,
    - remettre à jour cette notion dans sa tête si nécessaire.

    Travailler ne signifie pas - selon un vieux préjugé scolaire - s'en tenir à une seule ligne de conduite en se collant des œillères : au contraire, plus je "travaille" comme ça et moins je vais travailler, moins je pourrais travailler à chaque obstacle, moins j'aurais envie de travailler. Accepter sincèrement de fournir un travail "sans limite", c'est accepter de continuer sa route contre vents et marées, mais aussi en prendre d'autres s'il le faut, des détours, explorer d'autres méthodes lorsque ça bloque, être prêt à le faire, prêt à changer de direction, à courir dans tous les sens, avancer, reculer, s'arrêter parfois, continuer.

    Il est toujours faux de dire (sauf peut-être en entreprise) : "J'ai tout essayé, mon travail ne paie pas", alors qu'on s'est d'emblée limité à tester une certaine quantité de travail, pas plus. Il faudrait plutôt se dire : "Je n'ai pas encore assez travaillé pour que ça paie". Même trouver la bonne manière de travailler ou changer radicalement sa conception du travail, demande du travail. Tout se résume à la notion bien comprise de travail.
    Phoenix a écrit:
    Quand je rentre chez moi je relis mon cours, j’essaye de refaire les exercices qu’on fait en TD. Oui j’aime les maths, c’est juste que avant je trouvais ça facile et maintenant c’est un peu plus complexe à voir et j’ai l’impression de tourner et rond des fois j’arrive pas à faire des exercices je sèches complètement je sais pas par ou commencer ou quoi faire.

    Dans ce que dit Phoenix, qu'est-ce qui ne se résout pas purement par le travail ? Trouver ce qui était facile un peu plus difficile ? Même sa question sur ce fil est la marque courageuse d'un travail qui va lui bénéficier. Ce qui manque(ait) à notre étudiante c'est surtout la foi dans les possibilités infinies du travail, et même la foi ça se travaille.

    Pour résumer les ingrédients de la réussite, c'est travailler à :

    1) aimer ce qu'on fait
    2) avoir plus foi dans les possibilités du travail
    3) avoir moins foi dans le système scolaire de notation
    travailler sans limite : parce que quand on aime, on ne compte pas.
  • L'amour est un truc très personnel. B-)-

    Certains aiment ce qui se donne facilement (un cadeau que leur fait la providence qui devient la preuve qu'ils sont méritants), d'autres ce qui leur est difficile à atteindre et ils sont animés par un esprit de conquête.

    Plus prosaïquement, peut-être qu'il ne faut pas espérer des victoires rapides même si le travail effectué va dans la bonne direction. Surtout ne pas perdre espoir, essayer de garder foi en soi.
    Comme disait l'autre, il faut donner du temps au temps.
  • @Fin de partie : oui certes, aimer est subjectif, mais je parlais de l'idée plutôt objective que "plus on aime, plus on se sacrifie pour".

    Phoenix dit aimer les maths, bien sûr ça pourrait vouloir dire aimer les maths en dilettante, sans contraintes, seule à la maison avec son papier et un crayon - ce qui est tout à fait honorable. Mais si elle aime vraiment faire des maths tout court, les maîtriser, y briller, à l'école ou ailleurs, alors elle va utiliser d'autant plus les moyens à sa disposition (ou créer ces moyens s'ils lui manquent) qu'elle aime ce qu'elle fait - et...veut ce qu'elle aime, ce qui arrive automatiquement si elle l'aime suffisamment.
  • Ltav a écrit:
    mais je parlais de l'idée plutôt objective que "plus on aime, plus on se sacrifie pour".

    Cela n'a rien d'objectif. L'amour est un truc personnel.
    Tu crois qu'en brandissant ce mot tu as une espèce de langue commune qui permet de se faire comprendre de tout le monde.
    M'est avis que c'est une erreur de penser ça. 8-)

    (ce n'est pas le sujet mais regarde le nombre de gens qui tuent leur conjoint. Je ne pense pas que ceux qui font ça associent la notion de sacrifice au mot amour. Ces gens sont sains d'esprit la plupart du temps)
  • Je vous invite tous à fouiner sur le net ce qu'on entends par :

    - Economie du savoir.
    - Economie d'apprentissage.

    C'est à dire, devant cet essor faramineux de quantité d'informations et du savoir que connait le monde actuellement, les individus ont besoin d'une méthodologie pour savoir profiter de ce savoir de manière efficace.
    Le but, finalement, est d'acquérir les outils et les habitudes permettant de tirer profit des forts idées du savoir illimités de manière économe, et ce dans un temps le plus réduit possible.

    Ces outils sont basés sur un paradigme d'apprentissage consistant, non pas sur la quantité du savoir ou du langage ( souvent on ne fait pas l'économie du langage pour refléter le sens d'une idée, c'est à dire parfois, dans un livre ont consacre 10 pages pour transmettre une idée, ce qui est un gâchis, dû parfois à une obsession psychologique de l'auteur ). C'est pourquoi ces méthodes facilitent l'acquisition des idées de manière économes en utilisant le moins possible de langage.
    ça, c'est juste à titre illustratif, ce n'est pas exhaustif.

    C'est pourquoi, celui qui est susceptible d'apprendre un cours par la méthode du ''par coeur'' se focalise sur le langage. Et parfois par voix de détournement, il y'a des auteurs qui écrivent 10 pages sur une notion sans finalement que le lecteur finit par saisir l'idée que l'auteur essaye de transmettre. Certes, parce que, l'intention de l'auteur est obsessionnel, il expose une surdose d'informations dont la plupart sont inutiles.

    Vous connaissez tous les idées de Godel autour de théories cohérentes et complètes. Pour exposer une théorie, elle a besoin d'un système d'axiomes qui ne soit ni plus, ni moins. C'est à dire, si une théorie n'a besoin que de $ 10 $ axiomes pour démontrer des idées. Si tu lui ajoutes une axiome de plus, la théorie mènera à des contradictions dans son contenu. Inversement, si tu soustrais un axiome de cette théorie, la théorie connaitra le phénomène d'indécidabilité, c'est à dire, certaine propriétés de cette théorie seront indémontrable dans cette théorie. La meme chose en économie d'apprentissage : Si un livre n'a besoin que d'un ou deux exemples pour transmettre une idée, il ne faut pas lui ajouter un troisième, sinon, on tombe dans l'excès et la confusion. Idem, pour les explications, les raisonnements, les enchaînements d'idées, le langage. ... Il faut une économie pour une meilleur gestion de tout ça.

    Donc, surtout surtout éviter le du par cœur dans l'apprentissage, et ne se focaliser que sur les idées transmises. Ces idées ne s'acquièrent pas de manière ordonnées, c'est à dire, il faut s'habituer à apprendre dans un climat de désordre. Pour comprendre ça, par exemple, l'apprenti découvre pour la première fois la notion de limite d'une fonction en un point, il ne doit pas se limiter aux explications de son polycopié, mais diversifier ses sources d'informations afin d'atteindre l'idée qui est souvent invisible et caché dans les cerveaux de ceux qui la détiennent. Si c'est clair ça pour l'apprenti, il se rendra compte que son support de cours est inutile, et ce qui compte est d'aller à tout prix vers où se trouve l'idée cachée d'une notion. ça peut être dans un livre, ça peut être chez un ami, ça peut être dans le cerveau de quelqu'un qu'on ne connait pas, bref, il faut aller à sa conquête à tout prix à fin de l'appréhender .. cette idée qui n'est qu'un simple truc qui ne demande que 1 minutes pour la saisir alors que des auteurs ont besoin de 100 pages pour l'exposer dépendant de leur psychologie entravante.

    Donc, faites attention ... du par cœur à éviter à tout prix, mais simplement aller à la conquête des idées meme si ce sont exprimé en langage des signes. Ce qui compte, ce sont les idées. Donc, au moment où quelqu'un apprend un cours, il le lit pour le comprendre, c'est à dire alerter ou sensibiliser son cerveau de leur présences ( une seule fois suffit, si l'idée est saisissable ), et le reste c'est le cerveau et le subconscient qui s'en occupe. Donc, pas besoin de forcer ton cerveau à saisir à tout prix les idées, mais laisser ton cerveau faire son travail sans intervenir dans ses fonctions .. Toi, tout ce que tu dois faire, c'est arpenter les textes en amont et en aval en comprenant les grandes idées, et c'est le cerveau qui s'occupe du reste. Le reste, c'est pas ton affaire.
  • Pablo a écrit:
    Donc, faites attention ... du par cœur à éviter à tout prix

    C'est un mauvais conseil à mon humble avis.

    Sans par coeur, comment retiens-tu, par exemple, ce que sont les coefficients d'une série de Fourier?


    Toujours à mon humble avis ce qui doit être priviligié:
    1) On apprend un théorème (énoncé donc en particulier conditions d'utilisations).
    2) On reprend les applications immédiates qui sont données du th.
    3) On applique un th. à des applications moins immédiates (généralement qui ont pour sources des feuilles d'exercices de TD)
    4) On s'intéresse à la démonstration du théorème. Surtout si elles contiennent des méthodes que mon prof' d'algèbre de maîtrise aurait qualifié de "standard". C'est à dire qu'elles peuvent être "recyclées" pour établir d'autres résultats.
    Toutes les démonstrations des théorèmes ne contiennent pas des trucs qu'on peut "recycler".


    PS:
    Pour moi, un théorème est une sorte de boîte noire.
    A l'entrée on fournit de la matière première. Si celle-ci est exactement ce qu'il faut pour faire fonctionner le mécanisme caché dans la boîte noire il en sort quelque chose. Autrement il y a un dysfonctionnement ou il ne se passe rien du tout.
  • @Fin de partie : tu penses comme tu veux l'objectivité qu'il y a ou non dans l'amour, pour moi on ne peut pas non plus se cacher derrière une soi-disant subjectivité absolue des sentiments qui empêcherait d'en dire quoi que ce soit d'objectif. Libre à toi de penser que celui qui tue intentionnellement son conjoint l'aimait trop mais n'a pas su l'exprimer autrement, ou que sais-je...Je maintiens qu'il ne l'aimait pas autant que celui qui préfère le protéger et lui consacrer sa vie. De même qu'au niveau du travail, libre à un étudiant qui abandonne les maths de prétendre qu'il les aimait suffisamment ou les a travaillé assez mais sans résultat. Je préfère lui dire qu'il les aimait moins qu'un autre qui a persévéré jusqu'au bout.

    A Phoenix de choisir la définition d'aimer ou de travailler qui lui semble la plus efficace.
  • Puisqu'on parle d'amour, rendons un dernier hommage à Marie Laforêt qui vient de mourir.
  • Chaurien: les vendanges de l'amour? Tu es pressé de boire le Beaujolais nouveau? B-)
  • La vie du sieur Chaurien se résume aux mathématiques, à l'alcool et aux femmes.
  • Pour l'alcool, juste un coup de rouge ou de blanc à table comme ça se fait chez nous, en France, depuis toujours, et comme ça se fera toujours tant que la France sera France. Le vin ce n'est pas de l'alcool.
    https://www.amazon.fr/Soignez-vous-par-vin-Docteur-MAURY/dp/284111581X
    https://livre.fnac.com/a208610/Emmerich-Maury-La-Medecine-par-le-vin
    Et pour les femmes, c'est MMS, je ne sais pas si vous connaissez la blague.
    Et il y a pas mal d'autres choses qui m'intéressent, notamment la défense de nos traditions identitaires, comme l'ami Sinusix.
    Bonne soirée.
    Fr. Ch.
  • Chaurien: On finit toujours par se convertir à la bière, hélas. :-D
  • Bonsoir,

    On peut apprécier le vin et la bière, mais pas en même temps.

    Cordialement,

    Rescassol
  • La bière à laquelle je pensais ne produit pas beaucoup d'ivresse. :-D
  • Bonsoir,

    Si tu penses à la mise en bière, elle est obligatoire en France, pas partout.

    Cordialement,

    Rescassol
  • À l'Université ça peut être très profitable de travailler en petit groupe, le conseil d'YvesM est très pertinent. L'apprentissage mutuel quand il est fait avec bon sens est très efficace. Si tu as entre 1 et 3 collègues (pas plus) avec qui tu peux faire ça, ce serait bien.
    Il y a un truc spécifique à l'apprentissage des sciences, plus que dans d'autres disciplines en tout cas, c'est qu'il faut être honnête avec soi-même et ne pas se raconter de conneries sur son niveau. Si tu fais le constat que tu es à la ramasse c'est déjà positif, tu ne te voiles pas la face.

    @Chaurien excellent, en plus l'image de la vidéo ressemble à celle où on voit les fondateurs de Bourbaki très jeunes, là où il y a Serre avec son calot de bidasse. Sur le même thème mais dans un style un peu différent, il y avait ça qui a eu un très grand succès dans les fantastiques années 80 (en maths).

    Par contre pour notre ami phoenix je lui conseille avec son futur groupe de travail de travailler la cohésion avec la merveilleuse Fanchon, ma préférée que j'ai souvent chanté en DEUG (maintenant L1/L2) la faluche vissée sur le crâne, la bouteille à la main et l'autre en battant la mesure pour diriger le chœur. Bon cependant je ne t'encourage pas à suivre avec ton futur groupe à t'adonner aux plaisirs des dieux, du moins celui en couronne :-D
  • Si le vin n'est pas de l'alcool, il en contient. Et pour Phoenix, je suis de tout coeur avec toi. Tiens-nous au courant de l'évolution de ta situation.
  • "Pour l'alcool, juste un coup de rouge ou de blanc à table comme ça se fait chez nous (...)"
    Qui est ce "Nous" au juste ? Merci de ne pas m'inclure dans ce genre de clichés identitaires à base de cochonnaille, de gros rouge qui tâche et de blagues pas drôles.

    Enfin, si Jean-Michel Blanquer veut vraiment se rendre utile, il peut faire deux choses: créer des cours de remise à niveau en Français et des cellules d'aide psychologique pour étudiants en perdition.
    ...
  • Enfin, si il est possible de rendre un petit hommage à Marie Laforêt...
    On est sûr de ne pas se tromper quand on souligne la veulerie du monde. Mais ce film le fait très bien !
    Les élèves de prépa devraient en prendre de la graine.

    ...91968
  • J'ai caché quelques messages. Veuillez rester sur le sujet du fil (conseils à une étudiante en difficulté).
  • Il est normal d'avoir un choc à l'issue de la terminale. L'université, qui doit amener à un certain niveau de compétences à bac +5, doit faire le grand écart entre ce qui est encore fait au lycée et ce qui doit être acquis à la 5ème année, les exigences à ce stade ne sont pas nécessairement tellement moins élevées qu'autrefois. Le choc est donc rude.

    Pour paraphraser sans doute mes camarades :
    - étude du cours : la lecture doit être active, avec stylo (ou crayon) et papier. Bien entendu tu dois connaître sans hésitation les énoncés, mais tu dois travailler TOUTES les démonstrations activement. Pourquoi le prof fait comme cela ? Sauf exception, il faut connaître aussi la démonstration. Connaître ne signifie pas la reproduire par coeur, mais en ayant pris du recul, de sorte à ce que tu vois les grandes lignes. Ok pour aller de Dauphine à la place Bellecour à Lyon en voiture, je vais devoir sortir de Paris, prendre la A6 puis me débrouiller à Lyon. Ca c'est les grandes lignes, après tu fais finement toutes les étapes du voyages (= de la démo) qui ne doit utiliser que des routes autorisées (théorèmes, résultats déjà obtenus, raisonnements logiques, calculs corrects).
    - seulement une fois le cours acquis, on peut se mettre aux exercices. Souvent il y en d'application directe, d'autres sont plus difficiles.Commencer par les premiers et ne passer aux second que si le temps le permet. A ce stade, après avoir réfléchi un peu tout seul, c'est bien de travailler en groupe.


    Il faut aussi te demander si le programme de collège ou lycée (quoi qu'on en pense) est parfaitement acquis. Une fois une étudiante, pourtant avec des résultats corrects, séchait sur des exos de deuxième année, parce qu'elle n'avait pas la moindre idée de ce qui tend le plus vite vers $0$ en $0$ entre $x\mapsto x^m$ et $x\mapsto x^n$. Il ne faut aucune lacune à ce stade (sauf éventuellement géométrie, ou probas/stats que tu verras sérieusement à Dauphine), car une maison ne se construit pas sur des fondations qui bougent.

    En tout cas il ne faut pas t'alarmer particulièrement, si tu es prête à y consacrer le temps qu'il faut.
    Bon courage !
  • Pour aller à Bellecour depuis Paris, il est aussi possible de prendre les métros et le train...
  • Certes, et n'ayant pas de voiture, c'est ce que je ferais ;-)

    Mais mon texte parle de "en voiture".

    En revanche, je suis d'accord que mon texte est mal rédigé, il existe aussi la nationale et on pourrait décider de faire des chemins nettement plus longs ...
  • Bonjour Phoenix,

    Bonjour à tou-te-s et désolé pour le "déterrage" de sujet ancien, mais peut être que ma réponse pourra quand même t'être utile, ou bien l'être à quelqu'un d'autre.

    La situation que tu décris est très courante, et est liée à beaucoup de changements (dans la façon d'apprendre les maths : les attendus sont différents, la difficulté est plus grande, la quantité de connaissances à acquérir est sans commune mesure avec ce qui a précédé, etc ; mais aussi dans la vie personnelle des un-e-s et des autres : nouvelle organisation des cours, du travail individuel, nouvelles matières, nouvelle ville, loin des amis, de la famille, nouvelle situation (appartement), etc). Il est donc compliqué de répondre en quelques lignes.

    Par contre, il y a un livre que je conseille à tou-te-s les élèves de fin de terminales, tou-te-s les étudiant-e-s en maths en L1 ou CPGE ou école d'ingénieurs, et aussi à leurs profs (pub non intéressée, je ne connais pas personnellement l'auteure!) :

    How to Study for a Mathematics Degree (version anglaise)
    How to Study as a Mathematics Major (version américaine) de Lara Alcock.

    C'est un petit livre, si tu n'es pas trop réfractaire à l'anglais (c'est un anglais assez simple).
    Il est en deux parties : Part I/ les différences sur la façon d'envisager les maths entre la terminale et l'université.
    Part II/ comment s'organiser, réviser, lire un texte de maths, apprendre etc (par exemple un chapitre s'appelle "Panic" et un autre "(Not) being the best" ... Le livre s'adresse spécialement aux étudiant-e-s.
    L'auteure (Lara Alcock) est mathématicienne et didacticienne à l'université de Loughborough. Elle est spécialisée dans la transition lycée -supérieur dans les études de maths.

    Je joins les premières pages et une traduction du début pour donner une idée.

    En espérant que ça puisse aider !

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