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Évarhistoire, 1er août 2018

Sur le modèle des Évaristettes initiées par Norbert Verdier, je vous propose cette petite Évarhistoire : Galois s’est présenté deux fois sans succès à l’examen d’entrée de l'École polytechnique. Quand et où a-t-il été examiné ? Et un élève particulièrement célèbre au regard même de l’histoire de l'École a été reçu l’une de ces deux années-là. Mais de qui s’agit-il donc ?
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Réponses

  • où a-t-il été examiné ?

    Bigre ! Une fouille au corps ?

    e.v.
  • Je reconnais là un humour bien caractéristique !
  • A Polytechnique, en 1829, le deuxième examinateur était un certain Dinet, si mes archives sont exactes.
    Il avait la réputation de poser des questions faciles mais exigeait des réponses claires.
    ...
  • Première tentative en 1824.
  • L'autre élève reçu l'une de ces deux années là n'est-il pas Cauchy ?
    ...
  • Cauchy est professeur à l'École Polytechnique en 1815 ...
  • Où là ! En effet... Surtout qu'en 1830 Cauchy accompagnait pendant 8 ans, le roi Charles X dans son exil !
    ...
  • @df Tes archives sont exactes et se fondent certainement à la fois sur la biographie classique de Galois par Paul Dupuy (pour le fait que la deuxième tentative ait eu lieu en 1829) et sur le commentaire critique qu’en donne Joseph Bertrand, occasion pour lui de préciser que :
    L'examinateur était Dinet. [...] Son mode d'examen, excellent pour les élèves ordinaires, pouvait, dans des cas exceptionnels et très rares, l'induire à de graves erreurs. Les questions de Dinet étaient toujours très faciles. [...] La question posée par Dinet était : l'exposition de la théorie des logarithmes arithmétiques. Premier grief de Galois : il n'y a pas de logarithmes arithmétiques; ceux que Dinet aurait nommés algébriques sont exactement les mêmes. Pourquoi ne pas lui demander simplement la théorie des logarithmes ? Il aurait pu, sur cette question digne de lui, étonner Dinet par sa supériorité. Il se borna, sans sortir des bornes prescrites, à dire en peu de mots ce que savaient tous candidats. Dinet, pour faire briller l'élève supérieur qu'on lui avait annoncé, lui demanda si, dans l'adjonction de termes nouveaux dans les progressions qui servent de base à la théorie qu'il venait d'exposer, il était nécessaire d'en introduire le même nombre dans chacun des intervalles. « En aucune façon », répondit Galois. Dinet feignit d'en douter, et Galois, dans ce doute, crut voir une preuve d'ignorance ; il répéta simplement, peut-être avec un impertinent dédain, la vérité, pour lui complètement évidente, dont le développement, qui lui était facile, aurait assuré sa réception.

    Sources :
    Dupuy (Paul), « La vie d’Évariste Galois », Annales scientifiques de l'École normale supérieure, 3e série, 13 (1896), 197-266.
    Bertrand (Joseph), « La vie d’Évariste Galois par P. Dupuy », Éloges académiques, Paris, 1902, pp. 329-345.


    @rémi En 1824, Galois est encore un peu jeune. Il rentre en Quatrième à Louis-le-Grand ;)
  • J'ai lu trop vite ma référence (voir le fil évaristette juillet2018) qui donne :

    "En 1823, il entre au Collège Louis-le-Grand, où ses sentiments anti-royalistes sont en accord avec ceux de la plupart de ces condisciples. Dès 15 ans, Galois aborde la lecture des grands auteurs de l'époque : Lagrange, Legendre. L'année suivante, sans avoir suivi le cours qui y prépare, il se présente à l'examen d'entrée à Polytechnique [...]"

    J'ai donc compté 1823+1 au lieu de 1811(naissance)+15+1 ce qui nous amène à 1827.
  • rémi écrivait:
    ce qui nous amène à 1827.

    Pas loin ;)

    PS. Galois est entré à Louis-le-Grand en 1824 et non en 1823, comme on le dit (presque) toujours depuis Dupuy. Et même le 1er avril comme en témoigne le registre concerné de l'établissement.78584
  • @Olivier Courcelle: en fait mes "archives" sont quelques articles de l'Encyclopaedia Universalis et surtout un modeste hors-série du magazine "Pour la science" consacré à Galois. Mais il est très fourni concernant sa biographie même si les faits n'y sont pas relatés avec autant de détails que dans l'important travail de Dupuy.
    ...
  • Bonjour Olivier et vous autres, belle Evaristhoire qui peut déboucher sur:
    - la recherche des "condisciples" de Galois (ceux qui ont intégré l'X en ces années-là dont certains ont rencontré Evariste et ont peut-être laisser des archives et des commentaires ...
    - la recherche des sujets qu'on posait à l'époque au concours .... à suivre. Amitiés caniculaires .... Norbert.
  • ... et ont peut-être laisser ... hum...
  • .... navré Chaurien. Les participes et tout fichent le camp ...
  • Bonjour,

    un exemple de questions soumises en 1838 aux candidats à Polytechnique.

    Peut-on former un triangle sphérique dont les angles soient 129°10', 85°20' et 60°40' ?
    Si le triangle est possible, calculer sa surface à un centième près de mètre carré, le rayon étant égal à 12 centimètres.

    Dans une note biographique parue en 1848, on peut lire une explication (qui en vaut certainement bien d'autres) du double échec de Galois à Polytechnique.

    "Pour ne pas avoir possédé ce que l'on appelle l'habitude du tableau, pour ne pas s'être exercé à résoudre de vive voix devant un nombreux auditoire ces questions de détails sur lesquelles on dirige presque toutes les facultés des aspirants, Galois fut déclaré inadmissible."
    ...
  • @df Bien vu ! L’explication de 1848 vaut d’autant que plus les compétiteurs de Galois suivaient le plus souvent leur scolarité dans des institutions privées, des boîtes à concours qui, en plus d’envoyer leurs élèves aux cours de Maths spé des grands établissements publics type Louis-le-Grand, les formaient spécialement à l’examen d’entrée. Galois, lui, était simplement élève (boursier) de Louis-le-Grand, sans formation complémentaire à l’examen.

    Bruno Belhoste a remarquablement étudié ces questions en plusieurs endroits, dont certains disponibles en ligne gratuitement :
    Bruno Belhoste, « La préparation aux grandes écoles scientifiques au xixe siècle : établissements publics et institutions privées », Histoire de l’éducation [En ligne], 90 | 2001, mis en ligne le 09 janvier 2009, consulté le 03 août 2018. URL : http://journals.openedition.org/histoire-education/834 ; DOI : 10.4000/histoire-education.834

    Et pour ce qui regarde plus particulièrement l'École polytechnique :
    Bruno Belhoste, « Anatomie d’un concours », Histoire de l’éducation [En ligne], 94 | 2002, mis en ligne le 09 janvier 2009, consulté le 03 août 2018. URL : http://journals.openedition.org/histoire-education/827 ; DOI : 10.4000/histoire-education.827

    @ tous Pour en revenir (aussi) à la question initiale et si je résume le fil, nous savons que la seconde tentative d’entrée à l’École polytechnique a eu lieu en 1829 et la première pas très loin de 1827. Je sens qu'on peut faire mieux ;)

    PS @Norbert J’ai du neuf sur la localisation des copies de Galois aux Concours généraux et celle de son prix d’excellence en Maths spé à Louis-le-Grand. More soon...
  • ... génial pour le ps et pour tout ce qui précède ;) ... le concours général pourra constituer une "Evarhistoire", à venir. Bonne journée. Norbert.
  • En 1829, année de la seconde tentative de Galois, les examens d’entrée à l'École polytechnique se sont ouverts le 1er août à Paris dans l’une des salles de l’Hôtel-de-Ville à 9 heures du matin. Les quatre examinateurs se répartissaient les candidats par tirage au sort. C’est ce qu’annonce le Journal des débats daté du 29 juillet 1829. Les examens se poursuivaient ensuite dans les principales villes de France. Le Messager des chambres, dans son édition du 25 juillet, précise qu’il y avait alors plus de 500 candidats en tout.

    Sauf si quelqu’un le faisait d’ici là, je donnerai la liste des reçus demain ou après-demain.78782
    78784
  • @Norbert Verdier

    Bon, j’ai effectivement du neuf sur la localisation des cartons contenant les copies primées de Galois aux Concours généraux. Ou plutôt censés les contenir. Car l’archiviste concernée m’indique que les copies ont été communiquées à Dupuy en février 1896 et qu’elle n’ont pas été retournées ensuite. Himmelkreuz !

    Et à peu près même son de cloche pour celle du 1er prix en Maths spé à Louis-le-Grand : il y a dans le carton des copies dans diverses matières, une lettre du censeur des études à l’inspecteur général qui les liste et mentionne entre autres celle remise par "M. Richard", mais de copie de Galois elle-même, point ou plus. Donnerwetter !

    (J’ai au moins appris que Cauchy avait participé de près à l’organisation des Concours généraux maths, tant sur la composition des sujets qu’au jury.)

    Amitiés,

    Olivier
  • La liste des candidats reçus à l'École polytechnique en 1829 a été publiée par le Journal des débats dans son édition du 23 octobre.

    Elle peut se comparer à la liste des condisciples de Galois en Maths spé à Louis-le-Grand, qui se trouve elle sur le site Images des mathématiques : http://images.math.cnrs.fr/Les-condisciples-de-Galois-en-Maths-spe.html

    Des commentaires échangés à la suite de ce billet avait rapidement débouché sur la découverte d’un témoignage sur Galois que je n’ai vu cité par aucun de ses biographes. Celui de Léon Lalanne, à l’occasion d’une notice biographique sur Eugène Belgrand : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k408536v/f329

    Sans être farouchement exceptionnel sur le fond, ce témoignage montre au moins qu’il est possible de trouver du neuf sur Galois en quelques clics.

    À l’Association des Amis d’Évariste Galois, Norbert Verdier pourrait vous le dire mieux que moi, nous réfléchissons à un projet qui consisterait à dresser la liste des "proches" de Galois dans tous les milieux (familial, scolaire, politique…), puis à lancer des enquêtes systématiques sur ces personnes -- aidés d’un certaine nombre de bonnes volontés.

    Comme il est plus facile de copier/coller un nom dans un moteur de recherche que de le taper lettre par lettre, j’ai rapidement transcrit la liste des élèves reçus en 1829 à l'École polytechnique à partir de la copie d’écran jointe ce message -- pardon pour les éventuelles erreurs, et merci d’ailleurs de me les signaler.

    Les examens d’entrée à l’École polytechnique étaient alors oraux et publics, ledit public étant principalement constitué (j’imagine) des candidats eux-mêmes. Si je cherchais à produire des témoignages nouveaux sur l’examen d’entrée de Galois, je commencerais donc par enquêter sur la sous-liste de Dinet, son examinateur selon Joseph Bertrand cité plus haut sur ce fil.

    L’idéal, évidemment, ce serait de trouver un témoignage qui éclaircisse en plus les circonstances obscures du duel qui a coûté la vie à Galois.

    D’ici un ou deux jours, je tâcherais également de mettre les témoignages connus sur les examens de Galois qui manqueraient encore à ce fil. Et puis il faudra aussi revenir à la question initiale. De quand date sa première tentative ? Et quel est cet élève particulièrement célèbre au regard même de l’histoire de l'École polytechnique qui a été reçu l'une des deux années concernées ?


    Ministère de l'Intérieur
    Arrêté
    Nous, ministre secrétaire d’État au département de l'Intérieur, Arrêtons :

    Les candidats présentés par le jury de l’École royale polytechnique, et dont les noms suivent. sont nommés élèves à ladite École pour les deux années scolaires 1829-1830 et 1830-1831.

    Liste de M. Bourdon.
    Grillet de Serry, Bravais, de Menibus, Dupenhoat, Le Bretevillois, Garnier Keruault, Bureau, Réjou, Abinal, Talon, Aumaitre, Dusouich (C.A.A.), de Mauléon, Vaneau, Susane, Lefeb[v]re de Fourcy, Ménard de la Groye, Saint-Quantin, Mailliard, de Savignhac, Denis Lagarde.

    Liste de M. Dinet.
    Coffinieres, Chrétien Lalanne, Bosquet, Petiet, Laroche Poncié, Requier, Douvrier de Villegly, Jeanbernat, Bailloud, Barrande, Auger, Gavarret, Paul, Ohier, Bujon, de Juge de Montespieu, Prudhon, Tardy Planchaud, Laffitte, Boisfremont, Gazotte.

    Liste de M. le baron Reynaud.
    Roguin, Widmer, Fabre (H. H.), Coulaux, Ferri Pisani, Fournier (Emilaud), Vincent (Antoine), Coppinger, Boudin dit Cardet, Mouron, Baduel, Pagès, Mourlhon, Juillet, de Monicault, de Poyen, Meinadier, Thevenot, Serrand, Larroche, Regnault, de Tryon, Faisolle, de Montrond, de Laubespin, Solignac, Marey, Huguet d'Etaules, Gagneur.

    Liste de M. Lefebvre de Fourcy.
    Antoine, Durande, Rivet (M. C. Alph.), Couche, Heina, Gendarme, Pays, Sibille, Goy, Belgrand, Breton, Cotignon, Richard d'Aboncourt, Malglaive, D'Hendecourt, Decroix, Liénard, Massu, Bonneau, Roussel, Treuille de Beaulieu, Fremont, Ordinaire, Sautel, Noël, Contrez, Fischer, Pastourel, Lenglier.

    La Bourdonnaye
    Pour copie conforme
    Le conseiller d'État, secrétaire-général,
    Baron de Balsac (Journal des débats, 23 octobre 1829, p. [4]).
    78868
  • Magnifique Olivier. Sacré Dupuy ... il a peut-être oublié de rendre les copies;) ... commençons dare dare à nous intéresser à la sous-liste Dinet pour avancer sur l'oral et le duel de Galois. Amitiés "orageuses". Norbert.
  • Alors voici dans l’ordre chronologique de publication tous les témoignages originaux connus (de moi !) sur les tentatives d’entrée de Galois à l'École polytechnique. Il y a notamment celui de Dupuy, qui prétend que Galois a jeté le torchon à effacer la craie au visage de son examinateur, ce qu'a ultérieurement contesté Joseph Bertrand.

    Mais le premier est celui paru quelques mois après la mort de Galois, par son ami Auguste Chevalier :
    Chevalier a écrit:

    À la fin de 1829, il se présenta, pour la seconde fois, à l’École polytechnique. Il ne fut pas jugé capable d’y entrer. Après les travaux importants qu’il avait déjà faits, il lui était permis de croire à une admission certaine ; qu’on juge de ce qu’il avait droit d’éprouver : il demeura cependant grave et patient dans sa douleur. Cet échec, dans un examen, était fait pour surprendre ses amis et ses condisciples, qui reconnaissaient son immense supériorité. En effet, au cours de mathématiques spéciales de Louis-le-Grand , il s'était signalé avec la plus haute distinction, et les concours généraux de Paris avaient été témoins de son triomphe.

    Source : Chevalier (Auguste), « Évariste Galois », Revue encyclopédique, Septembre 1832, pp. 744-754.


    Il y a ensuite celui qui se trouve dans l’article anonyme de 1848 en partie cité par @df plus haut sur le fil :

    Un premier succès, le prix de mathématiques préparatoires au concours général, semblait en présager d'autres qui n'auraient été que la récompense d'un mérite supérieur. Il n'en fut pas ainsi. Galois se présenta, en 1828, aux examens de l'École polytechnique, et ne fut pas admis.
    L'année suivante, après avoir suivi le cours de mathématiques spéciales, il échoua une seconde fois. Ces deux échecs donnent beaucoup à penser sur le mode qu'il est le plus convenable d'admettre pour les épreuves à imposer aux candidats. Il y avait là méprise flagrante de la part des examinateurs. Pour ne pas avoir possédé ce que l'on appelle l'habitude du tableau, pour ne pas s'être exercé à résoudre de vive voix devant un nombreux auditoire ces questions de détails sur lesquelles on dirige presque toutes les facultés des aspirants, Galois fut déclaré inadmissible.

    Source : Anonyme (), « Évariste Galois », Le Magasin pittoresque, Juillet 1848, pp. 227-228.


    Je mets aussi celui d’Olry Terquem, en note d’une biographie de Richard, professeur de Galois en Maths spé :
    Terquem a écrit:

    S’étant présenté aux examens de l’École polytechnique en 1828 et 1829, Galois fut déclaré inadmissible. Nous répéterons ici, et nous ne cesserons de répéter une réflexion que nous avons déjà consignée mainte fois : Un candidat d’une intelligence supérieure est perdu chez un examinateur d’une intelligence inférieure. Hic ego barbarus sum quia non intelligor illis. Certes, M. Liouville, qui nous a fait connaître le génie de Galois [...], ne l’aurait pas jugé incapable.

    Source : Terquem (Olry), « Biographie. Richard, professeur », Nouvelles annales de mathématiques, journal des candidats aux écoles polytechnique et normale, Sér. 1, 8 (1849), 448-452.


    Celui de Dupuy, le biographe classique de Galois, que j’abrège sur les considérations générales et les emprunts aux témoignages précédents :
    Dupuy a écrit:

    Simple élève de préparatoires, tout seul, il s’était préparé aux examens de l’École polytechnique, qu’il n’aurait dû aborder qu’après une année d’élémentaires et une de spéciales, et il osa s’y présenter : il échoua. Cet échec lui fut amer et lui parut le premier des dénis de justice qui, réels ou imaginaires, finirent par empoisonner sa vie [Magasin pittoresque NDA Non ! OC]. [...] Tout attirait Galois à l’École polytechnique : il s’y sentait prédestiné ; elle était faite pour lui comme il était fait pour elle.
    Il voulut donc se représenter et, sautant la classe de Mathématiques élémentaires, à la rentrée de 1828 il entra tout droit dans celle de spéciales.
    Cette classe avait alors pour professeur à Louis-le-Grand un homme dont le nom est resté en vénération à tous ceux qui l’ont approché : M. Richard était justement un esprit capable d’apprécier à sa valeur exacte le talent de Galois. [...] M. Richard proclamait hautement qu’il devait être admis hors ligne à l’École polytechnique.
    [...]
    Sa seconde candidature à l’École polytechnique ne fut pas plus heureuse que la première. Il fut refusé à la suite d’un examen demeuré légendaire. [...] Qui n’avait pas compris Galois ? Était-ce M. Binet [Dinet OC] ou M. Lefébure de Fourcy [ou Lefebvre de Fourcy OC] ? Je ne sais, mais la tradition veut qu’après une discussion où l’un d’eux avait eu tort, le candidat, exaspéré, ait jeté à la figure de l’examinateur le torchon à effacer la craie. Un pareil mouvement de colère était probablement aussi un mouvement de désespoir : Galois voyait la vie qu’il avait rêvée lui échapper pour toujours ; il sentait que la force qu’il portait en lui l’avait mortellement frappé. Sur ces entrefaites, il perdit son père dans des circonstances tragiques.

    Source : Dupuy (Paul), « La vie d’Évariste Galois », Annales scientifiques de l'École normale supérieure, 3e série, 13 (1896), 197-266.


    Et enfin le témoignage de Bertrand, dont j’ai cité l’essentiel plus haut dans ce fil, qui conteste l’épisode du torchon à effacer la craie. Je complète un peu et le remets, simplement pour tout avoir au même endroit :
    Bertrand a écrit:

    Une légende s'est formée sur l'examen d'admission de Galois à l'École polytechnique. M. Dupuy la rapporte. Il est mal informé. « Quel est, dit-il, l'examinateur qui n'avait pas compris Galois ? Est-ce Lefébure de Fourcy ou Binet? (Il faut lire : Lefebvre ou Dinet.) La tradition veut qu'à la suite d'une discussion où l'un d'eux avait eu tort, le candidat exaspéré ait jeté le torchon à effacer la craie à la ligure de l'examinateur. » La tradition est fausse. L'examinateur était Dinet [...] Son mode d'examen, excellent pour les élèves ordinaires, pouvait, dans des cas exceptionnels et très rares, l'induire à de graves erreurs. Les questions de Dinet étaient toujours très faciles. [...] Le professeur de mathématiques, telle était la maxime de Dinet, doit enseigner avant tout l'art de raisonner; la manière de démontrer a plus d'importance que les vérités que l'on démontre.
    Un tel jugement semblait absurde à Galois.
    La question posée par Dinet était : l'exposition de la théorie des logarithmes arithmétiques. Premier grief de Galois : il n'y a pas de logarithmes arithmétiques; ceux que Dinet aurait nommés algébriques sont exactement les mêmes. Pourquoi ne pas lui demander simplement la théorie des logarithmes ? Il aurait pu, sur cette question digne de lui, étonner Dinet par sa supériorité. Il se borna, sans sortir des bornes prescrites, à dire en peu de mots ce que savaient tous candidats. Dinet, pour faire briller l'élève supérieur qu'on lui avait annoncé, lui demanda si, dans l'adjonction de termes nouveaux dans les progressions qui servent de base à la théorie qu'il venait d'exposer, il était nécessaire d'en introduire le même nombre dans chacun des intervalles. « En aucune façon », répondit Galois. Dinet feignit d'en douter, et Galois, dans ce doute, crut voir une preuve d'ignorance ; il répéta simplement, peut-être avec un impertinent dédain, la vérité, pour lui complètement évidente, dont le développement, qui lui était facile, aurait assuré sa réception.

    Source : Bertrand (Joseph), « La vie d’Évariste Galois par P. Dupuy », Éloges académiques, Paris, 1902, pp. 329-345.


    Si quelqu’un a plus, je prends !
  • Dans la liste des admis de Mr Bourdon il y a un certain Lefevre de Fourcy. A rapprocher du nom d'un autre examinateur Lefebvre de Fourcy. Ils s'examinaient les uns les autres? :-D

    Les récits collectés sont assez complaisants dans l'ensemble.

    Peut-être que Galois n'avait pas sa place dans une école de "perroquets" passés maîtres seulement dans l'art du bachotage et dans l'art de se mettre dans les bonnes grâces des examinateurs.
    Il a refusé d'être un "perroquet" (consciemment, ce type avait une haute estime de lui-même, ou à cause des circonstances) il n'a pas pu accéder à la "volière".
  • Je parierais que le Lefebvre de Fourcy examinateur était le père du Lefebvre de Fourcy candidat, mais je n’ai pas approfondi la question. Dans un genre pas très sain, il ya aussi le fait que le frère de l’examinateur Bourdon tenait une institution privée préparant à l'examen.

    Bravais est aussi remarquable sur la liste. D’une part parce qu’il a battu Galois au Concours général en Maths spé. Mais aussi parce que ce futur cristallographe laissera son nom en théorie des groupes (groupes de Bravais). C’est ce qu’on appelle une ironie de l’histoire !
  • il ya aussi le fait que le frère de l’examinateur Bourdon tenait une institution privée préparant à l'examen.

    Il me semble (peut-être que j'ai lu ça dans un livre de Caroline Ehrhardt) que le bon professeur Richard travaillait aussi dans une de ces institutions.
  • Ainsi que l’indiquent plusieurs témoignages présentés un peu plus haut sur ce fil, c’est en 1828 que Galois a tenté pour la première fois d’entrer à l’École polytechnique.

    Comme en 1829, les examens à Paris se sont tenus le 1er août :

    Le concours pour l'admission des élèves à l’École royale polytechnique (1828) aura lieu à Paris pour les départements de la Seine, de Seine-et-Marne et d'Eure-et-Loir, le 1er août prochain, et à Versailles, pour le département de Seine-et-Oise, le 6 du même mois (Moniteur universel, 26 juillet 1828, p. 1213).

    (Je présume qu’ils ont eu aussi lieu à l’Hôtel-de-Ville mais ne sais pas le montrer rigoureusement).

    La liste des reçus a été publiée cette fois encore par le Journal des débats :

    Ministère de l'Intérieur

    Liste des candidats admis comme élèves et par ordre de mérite à l’École royale polytechnique, par l'arrêté du Ministère de l'Intérieur, en date du 21 octobre 1828.

    Tournée du Sud et de l'Est
    (M. Bourdon, examinateur.)
    MM. Ambert, Bonnet, Gruner, Mazel, Halloz, Diday, Trimond, François, Henriot, Guillot, Guillemaut, Th[o]yot, Rousset Pomaret, Moevus, Buvignier, Fétel, Martin (Jean-Baptiste), Remise, Teissier, Vogin, Jacob, Cathaln, Jacquot, Berthier, Gaucher, de l'Apparent (Cochon), Tamissier, de Lapisse, Mougel, Besson, Peugeot, Olivier (Edouard-Benjamin), Violette, Laumière, Joly Guanter, Guerre-Saint-Odile, Laurens, Massol.

    Tournée du Nord et de l'Ouest
    (M. Dinet examinateur. )
    MM. Schwilgné, Montmarin, Tournois, Dufresne, Grulet, Culop, Gouguet, Rouge, Lachau de Toquessie, Fabré, Belvèze, Cochon (Francois-Charles-Fortuné), Touzard, Malet, Lemercier, de Broin, Mitrecé, Foulon de Grandchamp, Brulley de la Brunière, de Bréon, Sevoy, Bergeron, Mellinet, Crévoisier, Lambert, Tourneux (Félix), Goblet.

    Tournée du Sud
    (M. Reynaud, examinateur. )
    MM. Lecoq, Demetz, Valleton de Boissière, Martha, Forgeot, Cassanac, Jullien de la Boullaye, Charras, Pé Dé Arros, Sallebert, Belleau, Bouteloup, Montois, Gounon de Loubens, d'Hostel, Bricheteau-Morandière, Cormier (Marie-F.-Charles), Dupont, Tabuteau, Vergez, Boilletot, Zylof, Wendel, de Chevestres, Vasseur (Jh.-Camille), Lesueur, de Montreuil, de Cressac.

    Tournée du Centre
    (M. Lefebvre de Fourcy, examinateur.)
    MM. Weinum, Lebeuf, Bouniceau, Zeiller, d'Avrainville, Têtu, Duchemin, de Montfort-Puniet, Boulanger, Guillaumot, de Fontenay, Collin, Barreau, Carette, Loupot, Lacroix, Lefèvre, Girard, Bernadou, Maurice, Regnauld-Delannoy, Sicard, Cormier (Henri-Célestin), Maleplane, Millotte, Boulant, Jaubert, Lebeurrier, Pieyre, Delamotte, de Rougemont, Liédot, Saint-Héry, Frémont, Legonidec, Lefrançois, Adhémar, Clément de Blavette.

    Les cours de l’École polytechnique s'ouvriront le 18 novembre prochain, et les élèves admis devront être rendus à Paris à l'établissement le 17 (Journal des débats, 26 octobre 1828, p. [3]).

    Sauf à ce que quelqu’un le fasse d’ici là, je donnerai en fin d’après-midi le nom du célèbre élève dans l’histoire de l’École polytechnique qui a été reçu l’un des ces deux années-là.78954
  • Très beau travail d'historien d'Olivier Courcelle.

    Je pense que le but doit être d'approfondir la connaissance de la vie d’Évariste Galois, génie mathématique de qualité rarissime, et non de tirer argument de cette vie hors du commun pour calomnier les institutions scientifiques de la France comme il est fait dans un autre fil consacré aussi à Galois : Grandes Écoles (« écoles de perroquets » ) ou Académie des Sciences ( « sinistre »), ce qui est pour moi pure calomnie inacceptable.

    Une question. Sur le site de l'ADAEG, il y a la photo ci-jointe. En l'agrandissant, j'arrive à déchiffrer certains titres, mais pas tous, et j'aimerais en avoir la liste.

    Bonne journée, avec heureux rafraîchissement climatique.
    Fr. Ch.78958
  • Merci @Chaurien !

    La photo représente un florilège de la bibliothèque de notre président, qui est arrière-arrière-petit-neveu d’Évariste Galois. Je lui adresse illico un petit message, nous verrons bien...

    PS. Je crois au moins reconnaître en position 3 et 7 les deux éditions d'une bio de Galois par l'un des participants à ce fil ;)
  • Dans cette collection de livres, je reconnais certains livres que je possède mais il ne me semble pas voir le livre, Men of mathematics de Eric Temple Bell dans lequel il y a un chapitre sur Evariste Galois.

    (en lisant https://fr.wikipedia.org/wiki/Eric_Temple_Bell je vois que cet ouvrage a fait l'objet d'une traduction en Français. J'ai quelque part la réédition de Dover en deux tomes)

    C'est cet auteur, un mathématicien, qui aurait popularisé la légende qu'Evariste Galois aurait écrit toute son oeuvre dans la nuit qui a précédé son duel.
  • Est-ce que le livre:

    https://editions-verdier.fr/livre/le-couteau-toast-devariste-galois/

    est présent dans cette collection? Je ne sais pas.

    PS:
    Noter le nom de l'éditeur de ce livre, cela ne s'invente pas. B-)


    PS2:
    Quelques livres que je reconnais:

    - Evariste Galois, la fabrication d'une icône des mathématiques, Caroline Ehrhardt, éditions EHESS, 2011.
    (le livre dont la tranche est de couleur jaune)
    - Evariste Galois, Alexandre Astruc, Flammarion, 1994,
    (le livre à droite dont la tranche est blanche et on y lit en rouge, Evariste Galois)
    -Evariste Galois , révolutionnaire et géomètre, André Dalmas, Le nouveau commerce, édition remaniée de 1982 (il semble que la première édition date de 1956, le premier livre que j'ai lu sur Galois)
    (je pense qu'il est à l'immédiate gauche du livre précédent)
    - Evariste 1811-1832, Le roman d'une vie, Jean-Paul Auffray, Aléas, 2004.
    (il est à l'immédiate droite du livre à la tranche couleur rouge)
    -Evariste Galois, un génie romantique, la théorie de Galois...par Galois, Tangente Sup numéro 60, 2011, Editions Pôle
    (a droite du livre à la tranche jaune, tangente sup est écrit sur un fond rouge sur la tranche).

    Il y a probablement toute la collection des rééditions aux éditions Jacques Gabay.
    (au moins trois ouvrages).

    Je n'y vois pas non plus le livre:

    In the steps of Galois, proceedings of the Evariste Galois, bicentenary meeting, Hermann, 2014
  • @Fin de partie

    De fait, les auteurs ont souvent tendance à romancer, quand il s’agit de Galois, sans toujours le dire malheureusement. Ce n’est pas très grave en France, dans la mesure où nous avons linguistiquement accès à la biographie classique de Dupuy, source de toutes les autres, et somme toute solide malgré ses défauts. C’est plus embarrassant à l’étranger.

    Tony Rothman s’était essayé à remettre les pendules anglo-saxonnes à l’heure, notamment sur les affirmations dans l’ouvrage que tu cites de Bell :
    Rothman (Tony), « Genius and Biographers: The Fictionalization of Evariste Galois », The American Mathematical Monthly, 89 (1982) 84-106. https://www.researchgate.net/publication/265363081_Genius_and_Biographers_The_Fictionalization_of_Evariste_Galois (accès libre)
  • D'accord avec le dernier message d'Olivier Courcelle, avec une réserve. Dire que ce n'est pas très grave me semble faire preuve d'un optimisme excessif, d'autant qu'il y a de fortes raisons pour que la biographie de Galois soit déformée dans un sens bien déterminé. Tel qui lira un de ces récits fantaisistes ne connaîtra pas nécessairement la biographie par Dupuy. Voir par exemple un vieux fil de ce forum : http://www.les-mathematiques.net/phorum/read.php?17,72165,72165#msg-72165

    D'accord aussi pour signaler le rôle salutaire de l'article de Tony Rothman, et pas seulement donc pour les Anglo-Saxons ! On en a déjà parlé il y a quelques années sur ce forum, mais je n'arrive pas à retrouver la référence. Il y a eu un article en français de ce même Tony Rothman dans « Pour la Science », mais là non plus je ne retrouve pas.

    Bonne soirée.
    Fr. Ch.
  • Merci et bravo à Fin de Partie, pour avoir trouvé les titres de plusieurs livres de la photo.
    Je m'y mets aussi.
    $\bullet$ Le livre violet : Calais Josette, Extensions de corps - Théorie de Galois , Niveau M1-M2, Mathématiques Université, Ellipses, 2006.
    $\bullet$ Le livre grenat : Jean-Paul Auffray, Icare trahi, Viviane Hamy, 2011.
    $\bullet$ Le livre beige juste à gauche du précédent : François-Henri Désérable, Évariste, NRF, Gallimard (« collection blanche »), 2015.
    Ce qui m'intéresserait, c'est le vieux Gauthier-Villars tout à gauche. Pour ceux qui ont une bonne vue...
    Bonne soirée.
    Fr. ch.
  • @Chaurien @Fin de partie
    Vous êtes vachement plus forts en reconnaissance de couvertures de biographies de Galois qu’en histoire de l'École polytechnique ;)

    @tous
    C’est Vaneau, examiné par Bourdon en 1829, qui est célèbre au regard de l’histoire de l'École polytechnique même, pour avoir perdu la vie durant les Trois glorieuses, à la tête d’un groupe d’insurgés. Les élèves lui rendent encore hommage chaque 14 Juillet : https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Vaneau

    That’s all Folks ! Merci à tous ceux qui ont suivi ce fil. Et à une prochaine qui sait…
  • $\bullet $ Le livre bleu tout à droite : Leopold Infeld, Whom the Gods love, The story of Evariste Galois, Whittlesey House, 1948.
    $\bullet $ Le livre blanc juste à droite d' « Évariste 1811-1832 » : Léopold Infeld, Le roman d'Évariste Galois, La Farandole, 1978,
    qui est la traduction en français du précédent.
    Compte-rendu de ce dernier dans la Revue d'histoire des sciences, année 1980, 33-3, pp. 276-277 :
    https://www.persee.fr/doc/rhs_0151-4105_1980_num_33_3_1717
  • @ Olivier Courcelle
    Comprends pas la vanne : je n'ai jamais revendiqué une compétence particulière en matière d'histoire de l’École Polytechnique, surtout en comparaison avec tes trouvailles.(:D
    J'avais essayé il y a longtemps de faire quelques recherches sur l'activité de Legendre comme correcteur dans cette École, mais je n'avais rien trouvé d'intéressant.
    Bonne soirée.
    Fr. Ch.
  • Pardon si j’ai mal formulé @Chaurien, je voulais juste dire qu’il y avait plus d’excitation sur les titres des livres que sur le nom du polytechnicien à trouver, sujet initial du fil...
  • J'avais complètement oublié la devinette initiale. Je n'aurais pas trouvé car pour tout dire j'ignorais tout de ce Louis Vaneau et ce genre de mort dans une guerre fratricide entre Français ne suscite en moi aucun écho.
  • Chaurien a écrit:
    Ce qui m'intéresserait, c'est le vieux Gauthier-Villars tout à gauche. Pour ceux qui ont une bonne vue...

    C'est très probablement "la bible" en Français des oeuvres de Galois:

    Galois Évariste, Écrits et mémoires mathématiques, édition critique intégrale des manuscrits et publications d’Évariste Galois par Robert Bourgne et Jean-Pierre Azra, Paris, Gauthier-Villars, 1962.

    Ou à moins que ce soit l'édition originale de 1897 (mais je n'y crois pas):
    https://fr.wikisource.org/wiki/Livre:Galois_-_Œuvres_mathématiques,_Gauthier-Villars,_1897.djvu

    L'édition de 1962 a été rééditée par Jacques Gabay en 1997 me semble-t-il.

    (Je pense que c'est l'un des livres montrés sur la photo. Probablement celui qui est immédiatement à droite de celui qui a la tranche violette)

    Un lien sur une bibliographie des oeuvres de Galois: http://www.galois.ihp.fr/ressources/bibliographie/oeuvres-de-galois/

    PS:
    Je suis aussi tombé sur cet article:
    http://epistemocritique.org/IMG/pdf/Breschenmacher.pdf
  • Merci @ Fin de Partie pour l'article de Frédéric Brechenmacher, qui est très riche.

    Traduction française du livre d'Eric Temple Bell, Men of Mathematics : E. T. Bell, Les grands mathématiciens, Payot, Paris, 1939 ; rééditions 1950, 1961.

    Si quelqu'un a un scan de l'article de Tony Rothman dans Pour la Science, ceci me serait utile.
    Bonne journée.
    Fr. Ch.
  • @Chaurien @Fin de partie
    En raison de la période estivale, notre président est loin de sa bibliothèque mais il m’adresse sa bibliographie de Galois, avec un code correspondant aux ouvrages qu’il possède effectivement en rayon. Tous les titres que vous mentionnez relèvent de cette catégorie -- y compris les Oeuvres de 1962, mais pas celles de 1897. Vous devez donc avoir tout bon :)

    @Chaurien
    Je devrais pouvoir mettre la main sur une copie de l’article de Rothman dans Pour la science d’ici la fin de l’été. Je te contacterai par MP pour te l’adresser si personne ne l’avait encore fait.

    @tous
    N’hésitez pas à nous faire part de vos demandes, envies, projets, idées… concernant Evariste Galois à @Norbert ou @moi, publiquement ou par MP, ou directement à l’adresse de contact de l’association : https://www.evaristegalois.org/. Nous en porterons fidèle écho à notre prochain conseil d’administration, prévu en septembre. Qu'on se le dise !
  • ... et les Lefébure sont bien père et fils .... "Evaristement". Norbert.
  • Et pour être plus complet j’aurais dû souligner un élément de contexte important, qui apparaît discrètement à la fin du témoignage de Dupuy cité plus haut, sur la seconde tentative de Galois : son père s’était suicidé le 2 juillet 1829, soit un mois avant l’examen du 1er août.
  • @Norbert Verdier
    Un drôle de type, apparemment, ce Lefeb(v|u)re de Fourcy. Après la révolution de 1830, il fallait prêter serment au nouveau pouvoir en place. Lui a demandé à le faire deux fois !79178
  • Cauchy choisit quant à lui l’exil -- durant quelques années. Ou disons plutôt avec son frère qu’il a « profité des vacances pour faire, en Suisse et en Italie, un long voyage que nécessitait l’état de sa santé »...79204
  • Merci @denise chemla. Du coup je fais un test signature avec une citation issue de l'intro de Tannery ;)
  • Il y a une séquence amusante sur l’orthographe du nom de famille de l’examinateur Louis Leféb(u|v)re de Fourcy.

    Elle commence dans deux des témoignages cités plus haut : Dupuy écrit « Lefébure de Fourcy », que Bertrand corrige par « Lefebvre ».

    Plus récemment, dans une note sur ledit examinateur, Roland Brasseur, vaste connaisseur des enseignants en Prépas d’antan, a corrigé le correcteur en arguant :
    1°. Que le patronyme correct d’un quidam est celui qui figure sur son acte de baptême/naissance ;
    2.° Que l’acte de baptême de l’examinateur conservé aux Archives nationales sous la cote F/17/21120 porte bien « Lefébure de Fourcy ».
    (À l’accent près, en fait, l’acte est visible à la fin de cette page : http://www.annales.org/archives/x/lefebure.html).
    Il faut donc selon lui écrire « Lefébure de Fourcy ».

    Peut-on continuer la séquence et corriger le correcteur qui corrige le correcteur ?

    Eh oui ! L’acte conservé aux Archives nationales est en fait une copie, un extrait tiré des registres de la paroisse concernée, en l’occurrence celle de Port-au-Prince (Île de Saint Domingue, aujourd’hui Haïti). Et cette copie n’est pas fidèle…

    Grâce au site des Archives nationales d’outre-mer, il est aujourd’hui très facile de remonter au registre paroissial en question : http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/caomec2/recherche.php?territoire=SAINT-DOMINGUE Port-au-Prince / Naissances / 1788 / vue 133 (12 novembre 1788)

    Et je présume que, tout comme moi, vous y lirez « Lefebvre de Fourcy » et non « Lefébure de Fourcy ». Voyez notamment en marge, en comparant de v de Lefebvre et les u de Fourcy ou Louis.

    Je dis donc qu’il faut officiellement écrire Lefebvre de Fourcy (dit Lefébure de Fourcy) !

    Quelqu’un pour me corriger ?79324
    79326
  • Bonjour

    j'ai trouvé ce livre sur le site des archives .org archives de Berkeley

    apparemment il met Lefebure

    V est peut-être un reste des écritures latines

    cordialement79334
    79332
  • On pourrait regarder les livres écrits par notre homme.

    Ici c'est Lefébure :
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k90345m/f7.image.texteImage
    avec la signature faisant apparaître un «u» indiscutable.

    Ici Google annonce «Lefebvre » mais en fait c'est Lefébure :
    https://books.google.fr/books?id=4mvZoAEACAAJ&printsec=frontcover&hl=nl&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

    Il y a des années j'avais écrit dans l'éphémère « Pied carré » un petit article partant d'un passage de ces « Leçons d'algèbre », et je l'avais cité comme « Lefebvre ».

    Il y a sans doute une certaine équivalence du «u» et du «v», comme du «i» et du «j». Ainsi, comme anagramme de « frère Jacques Clément », on donne : « c'est l'enfer qui m'a créé ».

    Bonne journée.
    Fr. Ch.
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