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Redoublement et ECTS

Je viens de faire face à un dossier (demande cumulative) d'un étudiant d'un lycée parisien que je croyais un minimum sérieux.
L'étudiant se plaint car une équivalence de L2 ne lui a pas été accordée, bien que les 120 ECTS lui aient été donnés par l'établissement.
En première lecture du dossier, l'équivalence ne lui avait pas été accordée, car d'une part il n'avait pas fourni des résultats d'admissibilité ni des notes aux concours que nous demandons, et aussi parce que l'expérience prouve qu'avec ses notes le redoublement était quasi-systématique en L3.
À la relecture du dossier, je viens de me rendre compte qu'en réalité l'étudiant n'était même pas en deuxième année de prépa, mais en première année, qu'il redoublait !
J'avais déjà remarqué que nombre de lycées accordent les ECTS un peu n'importe comment, ou des "A" en maths à des gens qui ont ensuite 05/20 chez nous en redoublant (donc A en prépa c'est à partir de 03/20 à la fac ???), donc je n'accorde plus la moindre importance à cela, cependant je suis un peu surpris qu'avec un redoublement en première année on puisse avoir 120 ECTS. Et pour quelqu'un qui en plus ne suivrait sans doute pas en L3, même s'il avait eu les mêmes notes en deuxième année.

Réponses

  • Modifié (28 Sep)
    C'est encore une aberration du système prépa. Le système ECTS est fait pour les universités (européennes). On lui a greffé ces verrues de l'enseignement supérieur. Les lycées à prépas auraient bien tort de ne pas faire n'importe quoi.
    Vu le nombre de places actuellement disponible en écoles d'ingénieurs, tout élève de prépa est sûr de trouver une place. Il n'y aucune raison que l'on leur facilite le retour à l'université dans les filières classiques. Mais c'est ce qui se passe actuellement.
    Pour éviter ce bar à ciel ouvert, il faudrait quand même que ceux qui voudraient retourner à l'université fasse un petit retour à la case L1 pour récupérer les ECTS.
    Ca ne changera pas le fait que les universités sont la 5ème (voire la 6ème, la 7ème...) roue du carosse mais au moins on ferait moins semblant qu'il y ait deux poids deux mesures.
    Actuellement les prépas, c'est pile je gagne, face je gagne aussi. Les étudiants qui échouent en L1 et L2 sont ceux qui n'ont rien compris au système: aller branler le mammouth en prépa, on vous filera les ECTS pour vous inscrire en L3.
  • Modifié (28 Sep)
    Par rapport à ta dernière phrase, nous avons tout de même des gardes-fous : il y a des cas d'attribution automatique d'une équivalence, mais dans la plupart des cas on revient à l'étude des dossiers.
    Chez nous, pour la plupart des prépas, l'admission en deuxième année dans le même établissement implique l'équivalence de L1, c'est raisonnable. En revanche, comme la plupart oublient d'indiquer "dans le même établissement", on se donne le droit de refuser un cas qui nous paraitrait tout de même fort de café. D'autant plus que certains établissements écrivent même "admis en deuxième année, fin de scolarité dans l'établissement". Pour l'équivalence de deuxième année, on demande certaines admissibilités à certains concours. L'expérience prouve que cela fonctionne plutôt bien.
    Je n'ai pas de statistique précise, mais si on attribue relativement facilement l'équivalence de L1, on doit refuser peut-être un tiers des demandes en L2.
    Ce qui me gêne davantage, c'est le comportement de certains établissements (provo, CPE, collègues en prépa, ?) qui sont persuadés que parce qu'ils ont des élèves de prépa, ils torcheront à la fac. Certains établissements vont jusqu'à écrire "équivalence de L2 ..." (sans "proposition") !!! Une fois j'en avais refusée une, leur petit chéri vient donc en L2 malgré les appels consternés du CPE, et est passé de 07/20 en maths dans sa prépa moyenne à 09/20 chez nous après un redoublement !
    Le (très bon) lycée Henri IV a longtemps joué le jeu de mettre des vraies notes ECTS, c'était l'un des rares lycées (parmi la bonne vingtaine en équivalence) pour lequel la lecture du relevé ECTS donnait une réelle information fiable (que l'on contrôlait tout de même à la lecture des bulletins). Mais désormais ils vont aussi vers la sur-enchère des notes, le proviseur a peut-être changé.
  • Modifié (28 Sep)
    math2 a dit :cependant je suis un peu surpris qu'avec un redoublement en première année on puisse avoir 120 ECTS.
    Ne serait-ce pas une erreur de l'administration du lycée tout simplement ? Il faudrait peut-être les prévenir de ne pas faire n'importe quoi...
  • Ne serait-ce pas plutôt un moyen facile d'évincer les élèves qui font baisser les stats sans qu'ils fassent trop d'histoires puisqu'on les aide à trouver autre chose?
  • Modifié (28 Sep)
    Bonjour,
    Il y a peut-être des abus, je ne dis pas le contraire, mais le principe n'est pas une mauvaise idée en soi selon moi.
    J'ai profité de l'équivalence après ma prépa car je n'avais pas eu la seule école qui m’intéressait et j'ai très bien réussi la L3 et la suite de mon parcours. Il ne faut pas se mentir, le niveau et surtout la quantité de travail exigé dans les les bonnes prépas et dans les bonnes facs n'est pas vraiment comparable. Le suivi n'est pas le même non plus ce qui peut perturber un étudiant peu autonome qui passe d'un système très scolaire à un système beaucoup plus libre. C'est peut-être une autre explication pour ceux qui ne réussissent pas à la fac alors qu'ils viennent de prépa.
  • Sans chercher à juger de qui est le plus exigeant, c'est une bonne chose qu'il existe un système de passerelle pour retourner dans le système "standard". Cependant pour que ce système d'équivalence fonctionne, comme le dit @math2 il faut que les établissements jouent le jeu. Le meilleur moyen est comme toujours de ne pas faire de contrôle continu (ects attribués au bon gré) mais plutôt d'exiger des admissibilités ou des notes minimales dans les disciplines concernées à certains concours (ce qui évite l'arbitraire local).
  • Modifié (28 Sep)
    Vassillia a dit :
     C'est peut-être une autre explication pour ceux qui ne réussissent pas à la fac alors qu'ils viennent de prépa.
    Ben ils ne réussissent pas non plus en école alors, vu le faible niveau en maths des anciens préparationnaires.
    En fait ils réussissent aux concours.
    Et 80% des diplomés de "maths appliquées" des "grandes écoles" n'ont jamais entendu parler du théoreme de Sylow, du théoreme des fonctions implicites, utilisé le lemme de Borel Cantelli ou meme le théoreme des résidus.

    Mais bon ils ont appris á faire une régression linéaire, c'est ca les "maths appliquées" d'école d'ingé.

    Donc non, si on échoue á la fac alors que qu'on doit seulement se concentrer sur une matiere et pas 4 avec la fameuse expérience de "prépa" $ \Leftrightarrow $ on est nul.
    --->  ~ Heartbeat Heartbeat ~ www.youtube.com/watch?v=yogaAzfzpkk <---
  • Ou alors c'est que le prof est nul, une des premières qualités requises dans l'enseignement, c'est de respecter ses élèves et de ne pas les considérer comme nuls car ils ont échoué à une épreuve.
  • Modifié (28 Sep)
    Bonjour
    @Positif, dans une école d'ingénieur, on apprend les mathématiques utiles au métier d'ingénieur, c'est normal, et on dépasse quand même la régression linéaire.
    Par exemple, à l'école des Mines d'Alès, il y a de la résolution d'équations non linéaires (Newton en dimension jusqu'à $3$), de l'interpolation polynômiale, des splines cubiques, de la résolution de systèmes linéaires par diverses méthodes (exactes ou approchées), avec étude de la complexité, de la recherche de valeurs propres, des intégrales, des EDO, des EDP, des ondelettes ... avec programmation du tout etc ...
    Il n'y a pas que Sylow dans la vie ...
    Cordialement,
    Rescassol
  • Modifié (28 Sep)
    Alors j'ai le fin mot de l'histoire, j'ai pu avoir le CPE du bahut puis l'étudiant au téléphone.
    Finalement, le bahut écrit bien "60 ECTS" pour chaque année effectuée (je n'avais même pas lu, c'est dire à quel point j'accorde une importance à cela).
    L'étudiant (un peu con au demeurant) a compris que les ECTS se cumulaient. Ce n'est pas complètement de sa faute, le document officiel n'est pas très clair dans sa formulation, et une de ses profs littéraires lui aurait expliqué cela (ce n'est pas complètement impossible, un étudiant qui khûbe  peut avoir en Histoire une équivalence de L3, ce qui n'a pas de sens en maths).
    Mais le CPE m'a confirmé que l'établissement ne lui accordait bien que 60 ECTS.
  • Modifié (28 Sep)
    Salut math2,
    J'étais justement venu dire qu'en prépa Chartes un étudiant redoublant ça troisième année pouvait obtenir une équivalence L3 et directement intégrer un M1. Mais comme j'arrive trop tard je viens juste partager mon incompréhension de ce système. Si j'ai bien compris la moitié du programme est renouvelé chaque année pour ce concours. Faut-il en conclure qu'un demi programme de prépa vaut un programme plein de fac ? Pas sûr qu'il y ait une logique derrière tout ça 🙃
  • Modifié (28 Sep)
    J'ai cru comprendre que dans certaines disciplines, le nombre de périodes étudiées était plus important que le contenu. J'imagine que si la thématique change d'une année à l'autre, on considérera que tu as fait 6 semestres lorsque tu redoubles. Il faut voir qu'en histoire par exemple, même en M1 tu n'as plus vraiment de cours au sens où nous l'entendrions si j'ai bien compris, l'essentiel se fait sur des thématiques spécialisées, via des séminaires.
    On comprend alors cette comptabilité des semestres. Je me souviens avoir discuté avec une de mes voisines, reçue brillamment à l'agrégation d'histoire, me dire qu'elle était incapable de citer même à quel siècle étaient décédés la plupart des Rois de France, ce qui m'avait tout de même surpris. Cela doit faire partie des questions soit qu'elle n'avait oublié, soit même qui n'avait pas été abordé en cycle licence (après en master elle est allée sur ses thèmes d'intérêt).
  • En M1 littéraire, le(s) mémoire(s) aussi compte(nt) pour beaucoup. En lettres médiévales à la Sorbonne par exemple, on a un projet de recherche et un mémoire pour 20 ECTS et des séminaires pour 20 ECTS.
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