Comment être élu à tous les coups ? - Page 2 — Les-mathematiques.net The most powerful custom community solution in the world

Comment être élu à tous les coups ?

245

Réponses

  • Comme on revient tout doucement sur les modalités pour le choix du Président de la République, je vous invite à regarder/commenter comment ça se passe dans les 2 grandes républiques voisines : l'Allemagne et l'Italie. 
  • Bonjour,
    La durée optimale pour moi, ce serait 6 ans pour le président et 4 ans pour l'assemblée. Cela donne une durée suffisante et permet le découplage entre les deux .
    Cordialement
  • Une autre solution en effet serait de redonner le pouvoir exécutif au premier ministre et de ne laisser au président qu'un rôle symbolique. Pour cela on pourrait mettre des conditions durcies (du type "être membre de l'Institut") pour pouvoir être candidat à la présidentielle ce qui diminuerait son envergure. (Mais c'est une réforme difficile à faire passer)
  • Dans ce cas, petite question, quel intérêt d’avoir une fonction/personne symbolique ?
  • en Allemagne et en Italie il peut servir à arbitrer des situations politiquement difficiles. il incarne la continuité de l'Etat.

    PS: on s'écarte un peu des maths là. AD va sévir ;)
  • 👌
  • En Allemagne ou en Italie, le Président de la République joue un rôle quasi similaire à la reine d'Angleterre ou au roi d'Espagne.
  • Comme Chirac en 1997-2002 ou Mitterrand en 86-88 ou 93-95. C'est peut-être là qu'ils étaient les meilleurs !
  • Modifié (4 Apr)
    Bonjour
     Concernant les intervalles de confiance à 95%, avez-vous idée comment sont calculés les intervalles de confiance dans la table?
    Je pensais qu'ils étaient proportionnels à la racine carrée de la taille mais ce n'est pas vraiment ça.
    Cordialement,
    A+
    Leloup
  • Modifié (6 Apr)
    Ce n'est pas ce qu'il a dit. Selon lui, le calcul de l'incertitude est faux. Je suis assez d'accord avec ça.  Mais il ne remet pas en cause le table.
    J'aimerais savoir comment sont calculées les valeurs de la table.
    C'est deux choses différentes.
  • Modifié (6 Apr)
    zeitnot a dit :
    Pourquoi ne prendrait-on pas des IC avec un niveau de confiance de 99,99% pour davantage de sûreté
    J'imagine qu'il faudrait alors augmenter de façon significative la taille des échantillons considérés et que cela aurait un coût non négligeable. Par ailleurs, plus il y a de données à traiter plus il y a des risques d'erreur.
    En fait non pour davantage de confiance, tu élargis l'intervalle, pas la taille de l'échantillon, donc ça ne coûte rien en plus.
    Tu jettes une boulette de papier dans ta corbeille, disons que tu as 95% de chance de viser juste. Si tu veux être sûr de viser juste à 99 % tu prends une corbeille plus grande et à 99,99% encore plus grande.
    Si j'annonce que Macron va obtenir au premier tour entre 5% et 60% des voix, je ne risque de ne pas me tromper. Tu peux avoir une grande confiance en cette affirmation, par contre elle n'est pas très intéressante.
  • Je ne crois pas avoir vu de lien pour cette vidéo : 

    https://www.dailymotion.com/video/xjyeja
  • Modifié (9 Apr)
    Bonjour,
    je communique l'étude scientifique menée par un collègue du CNRS. Il vous invite à remplir un sondage rapide (<3"), anonyme,
    pour mieux comprendre les différences (dans la vie réelle) entre le mode de scrutin actuel et un autre mode de scrutin (le jugement majoritaire).

    PRÉSIDENTIELLES 2022
    L’Université Paris Dauphine-PSL, le CNRS, et l’association Mieux Voter proposent une initiation au vote par jugement majoritaire sur les candidats à l’élection présidentielle 
    Du 7 au 10 avril, l’Université Paris Dauphine-PSL, le CNRS, l’association Mieux Voter organisent une initiation au jugement majoritaire avec un vote en ligne sur les candidats à l’élection présidentielle (mieuxvoter2022.fr). 
    Le vote est ouvert à tous et permet aux internautes d’exprimer leur vote selon deux modes de scrutin différents : le scrutin uninominal majoritaire, en vigueur ; le jugement majoritaire, un mode de scrutin issu d’une théorie scientifique développée et testée au CNRS depuis une vingtaine d’années.
    Avec un objectif de 100 000 votants, cette consultation invite les internautes à exprimer leurs opinions de façon plus fine. Complétée par trois sondages OpinionWay-Mieux Voter, elle contribue à mesurer l’impact du mode de scrutin sur le résultat d’une élection.
    Le jugement majoritaire est une nouvelle méthode de vote inventée par deux directeurs de recherche du CNRS, Michel Balinski et Rida Laraki (Lamsade - Université Paris Dauphine-PSL). Au lieu de choisir un candidat, l'électeur vote en évaluant tous les candidats à partir d'une échelle de valeurs (Excellent, Très bien, Bien, Assez bien, Passable, Insuffisant, À rejeter). Le scrutin se déroule en un seul tour. Le candidat le mieux évalué par une majorité remporte l’élection. 
    Lien vers la consultation : https://mieuxvoter2022.fr
  • Modifié (9 Apr)
     « Notre démocratie est malade de son mode de scrutin », disent ces savants, bon, c'est une opinion, ce n'est pas prouvé. Apparemment ces pauvres chéris ont été traumatisés par la présence de Jean-Marie Le Pen au premier tour de la présidentielle de 2002, et ils ont voulu chercher un mode de scrutin permettant d'éviter un tel événement. Ce n'est donc pas une recherche objective visant à faire mieux fonctionner les institutions, c'est juste une manœuvre politicienne. Et je dis ça en toute objectivité, je n'avais pas voté pour Jean-Marie Le Pen à ce premier tour.
    Les défauts de la campagne présidentielle pour le premier tour de 2022 tiennent à d'autres causes, et ce n'est pas le changement du mode de scrutin qui y remédiera.  Ces causes sont complexes et multiples, et le mode de scrutin n'en fait pas partie. Dans la vraie vie politique de notre pays, personne n'a évoqué cette question, à part cette poignée d'universitaires dont c'est apparemment la marotte.
    Le  vote par jugement majoritaire ne me semble pas si bon, à moi. Il pèche d'abord par une grande complexité. Je n'ai pas besoin de compulser les détails du programme de tel ou tel pour savoir que je ne voterai pas pour lui, et je n'en ai pas forcément envie, et je ne me vois pas lui donner une note (J'ai pris ma retraite le plus tôt possible pour ne plus avoir de copies à corriger  ;) ). Ou alors zéro à tous sauf à mon candidat qui aura vingt sur vingt, ce qui nous ramène à la situation actuelle. Ce système compliqué conduirait à un dépouillement très difficile et susceptible de fraudes. Il semble excellent dans le ciel des systèmes idéologiques parfaits, mais il est inefficace sur notre Terre, dans notre France réelle. C'est vraiment le système des faiseurs de systèmes utopiques pour un monde idéal qui n'est pas le nôtre.
    C'est bien une personne qu'on va porter à la présidence, avec ses qualités et ses défauts politiques et personnels. Il est parfaitement normal que chacun vote pour celui qui fait des propositions se rapprochant le plus de ses idées. Et si aucun candidat ne nous satisfait, nous pouvons voter blanc ou nul. Par exemple, si votre candidat n'est pas au second tour, vous pourrez quand même mettre dans l'urne un bulletin à son nom : ce sera un nul significatif.
    Je dois répéter que je suis profondément agacé par ces universitaires qui déguisent leurs opinions sous les couleurs de leur compétence. Et si ça se trouve, ils font passer cette activité politique pour une part du travail pour lequel ils sont rétribués.
    Donc, ne perdez pas votre temps dans cette caricature de vote.  Allez voter dans la réalité, demain 10 avril 2022 en pensant à la continuité de la France. Voter utile c'est pour chacun voter pour celui qu'il préfère.
    Bonne journée.
    Fr. Ch.

  • DomDom
    Modifié (9 Apr)
    Plus sommairement, les militants, voire sympathisants en faveur d’une personne vont certainement cocher « excellent » pour leur poulain puis « à rejeter ». Tout ça pour avoir plus de chance que leur poulain arrive en tête. 
    Tous les votes sont stratégiques. 
    Je suis persuadé que sans les sondages (c’est utopique certainement), on n’aurait pas les discours sur le « vote utile ». 
    L’expression « vote utile » est encore une magnifique expression inventée depuis 2002 par une bonne partie de la gauche (je ne me moque pas du désarroi des électeurs du PS à cette époque, et l’expression a été reprise cette année par la droite, avec Le Pen ou Pécresse) qui signifie littéralement « vote évident » et même « vote obligatoire » (dans le sens moral, qui plus est, évidemment… la bien-pensance qui donne des leçons n’est jamais très loin). 
    C’est génial, les mots. 
    « utile » c’est vertueux alors que « obligatoire » ça l’est moins, surtout quand on parle de vote. 
  • Chaurien a dit :
    Dans la vraie vie politique de notre pays, personne n'a évoqué cette question, à part cette poignée d'universitaires dont c'est apparemment la marotte.
    Peut-être, mais le fait de passer à la sixième république (ce qui s'accompagnera d'un changement des modes de scrutin) est évoquée en long, en large et en travers dans la "vraie vie politique" (que ce soit pour dire qu'on y est favorable ou pas). Au passage, ce n'est pas qu'une "lubie de gauchistes", c'était dans le programme du père le Pen en 1995.
  • Parfois j’ai l’impression que « la 6e » réclamée ressemble à « la 4e » dont il me semble qu’elle avait davantage de défauts (immobilisme ?) que la « 5e ». 
    Mais j’ai certainement des choses à apprendre à ce sujet.

    Le mode de scrutin, je pense que c’est une bonne question. Par contre je suis convaincu que ça ne combattrait pas l’abstention (c’est l’une des motivations, parfois). 
  • C'est clair que les militants vont voter Excellent // A rejeter.  Mais ils sont peu nombreux
    Les sympathisants, les indécis, les autres en général vont avoir un vote plus panaché.
    Mais je ne suis pas pour autant convaincu de l'efficacité de ce mode de scrutin proposé par le CNRS.  Je reste un farouche partisan du système présenté comme le système 'Australien'

    @Chaurien
    Le 'cataclysme' du 21 avril 2002 n'y est pour rien. L'élection d'un Président de la République au suffrage universel direct, dans un pays de 60 Millions d'habitants, c'est une anomalie. Et en plus, élire ce président via un suffrage majoritaire à 2 tours, c'est doublement une anomalie.
  • Modifié (9 Apr)
    Il est vrai que le scrutin par jugement majoritaire n'est pas parfait même s'il y a des raisons de penser qu'il est mieux que le scrutin actuel en France. Il existe d'autres modes de scrutin éventuellement intéressants : par exemple le scrutin de Condorcet randomisé.
    Vidéo https://www.youtube.com/watch?v=wKimU8jy2a8 avec un peu d'histoire sur Condorcet (il s'agit d'un mathématicien français historique, je sais que ça fera plaisir à certains)
    @Sylviel Merci de ton partage, je vais y participer par curiosité et pour apporter ma petite pierre à l'édifice d'ailleurs cela ne n’empêchera pas d'aller voter demain, ce n'est pas incompatible heureusement. Accessoirement, je ne suis pas universitaire et je travaille dans le privé donc pas de panique, vos impôts ne payent pas mon salaire même si les miens payent vraisemblablement les retraites (et je trouve cela normal d'ailleurs)
     Je ne connais pas le système australien, de quoi s'agit-il ?

  • Modifié (9 Apr)
    Juste pour redire que le livre à l'origine de ce fil a précisément pour objectif de décrire les différents modes de scrutin existants et de les comparer.
    Je n'arrive pas à comprendre ceux qui disent que tout va bien dans notre mode scrutin tout en n'ayant manifestement jamais envisagé autre chose.
    Je le redis : la lecture de ce livre m'a ouvert les yeux, je ne connaissais que deux ou trois modes de scrutin en dehors du notre, j'étais loin d'envisager toutes les possibilités déjà existantes (sans parler de celles qui n'existent pas encore : les auteurs proposent des idées en fin d'ouvrage pour de nouveaux modes de scrutin). Et notamment le fait qu'il existe des modes de scrutin où précisément le vote stratégique n'a pas sa place, j'entends par là que le votant a intérêt à voter pour son candidat favori et non pas à voter éventuellement un autre candidat ou à s'abstenir.
    Bref les défauts et avantages des différents modes de scrutin sont très bien décrits dans le livre. C'est vraiment très instructif. Et non, les défauts de notre mode de scrutin ne se réduisent pas à l'influence des sondages.
    Je vous conseille humblement de lire ce livre : non seulement on découvre plein de modes de scrutin, mais en plus on les compare sur la base d'une élection fictive.
  • @Zeinot: Si on a un intervalle de confiance de longueur 5 à 95% quel est le coefficient multiplicateur faudrait-il appliquer à la taille de l'échantillon pour avoir un intervalle de confiance de longueur 2,5 à 99,9%?
  • @Chaurien, tu es au courant que tu n'es pas seul au monde ? Si tu te satisfais des limitations du scrutin uninominal parce que tu as un candidat clairement préféré, tant mieux pour toi, mais je pense qu'une partie non négligeable des électeurs a un avis moins binaire. On peut par exemple apprécier à divers degrés plusieurs candidats d'idées politiques proches, et en rejeter d'autres.
    Et si aucun candidat ne nous satisfait, nous pouvons voter blanc ou nul. Par exemple, si votre candidat n'est pas au second tour, vous pourrez quand même mettre dans l'urne un bulletin à son nom : ce sera un nul significatif.
    Mais concrètement ça ne sert à rien un vote blanc ou nul ou une abstention. Tu souhaites que ceux qui ont un avis nuancé sur les candidats se censurent et s'excluent du processus électoral (sûrement que ça t'arrangerais bien). Je ne peux pas être d'accord avec ça.
  • DomDom
    Modifié (9 Apr)
    Le blanc peut être intéressant si on lui donne un pouvoir. 
    1er Tour 
    1) Bidule
    2) Blanc 
    2e Tour
    Blanc > 50% 
    => on recommence en éliminant TOUS les candidats. 
    Mieux (et plus amusant) : on élimine LE candidat du second tour 🤣
  • Sur un forum de mathématiques, il me semble que l'effort minimal que devrait faire les tenants d'un nouveau mode de scrutin "qui ouvre la voie vers une vie démocratique plus saine" serait de montrer comment et pourquoi il échappe au théorème de Gibbard-Satterthwaite.
    504, c'est trop !
  • Modifié (9 Apr)
    À propos des différents modes de scrutin, je préfère ceux basés sur la méthode de Nicolas de Condorcet. Le principe de base est que le bulletin de vote de chaque électeur est son ordre de préférence des candidats. Ensuite on simule des duels entre chaque paire de candidats grâce à ces classements individuels. Si un candidat gagne tous ses duels (ça veut dire qu'il serait préféré par la majorité des électeurs à tout autre candidat), il est élu ; on l'appelle "le vainqueur de Condorcet". Cependant, il est possible qu'un tel vainqueur n'existe pas, et dans ce cas diverses solutions existent.

    Cette disjonction de cas peut paraître peu satisfaisante, mais il faut plutôt prendre ça comme un corollaire de l'inexistence de système électoral parfait (cf. le théorème d'Arrow) plus que comme un défaut de la méthode. Au contraire, lorsqu'un vainqueur clair et incontestable se dégage, cette méthode le désigne à tous les coups.

    Heureusement, en pratique il y a de fortes chances que le vainqueur de Condorcet existe bien. Par exemple, si les candidats se placent sur un axe gauche-droite et que la courbe d'affinité politique de chaque électeur est croissante puis décroissante le long de cette axe, on peut démontrer qu'il existe toujours un tel vainqueur. De plus, si on imagine qu'il y a 5 candidats majeurs et que les électeurs les classent aléatoirement (modélisation très pessimiste), alors il n'y a que 26% de chances de ne pas trouver de vainqueur de Condorcet (alors qu'on pourrait s'attendre à une forte probas d'avoir des résultats chaotiques). Pour 3 candidats majeurs, ça tombe à 10%. J'en avais parlé dans un fil dédié.

    Et si jamais il n'y a pas de vainqueur de Condorcet, il y a plusieurs options :
    • On peut tracer le graphe dont les sommets sont les candidats et les arêtes sont les duels, orientées vers le gagnant du duel. Et on peut commencer par ne garder que les candidats $x$ tels que, pour tout candidat $y$, il existe un chemin de victoires de $y$ vers $x$ ; c'est le peloton de tête. Et on peut tirer au sort l'élu parmi ce peloton, selon des probas pondérées par les scores des différents duels. C'est le scrutin de Condorcet randomisé dont a parlé @Vassillia.
    • La solution que je préfère (car je ne suis pas très satisfait par une méthode non déterministe) est de type max-min. En notant $s(x,y)$ le score de $x$ en duel face à $y$, la supériorité de $x$ sur tous les autres candidats est quantifiée par $\min_y s(x,y)$. Donc on peut choisir le candidat $x$ tel que $\min_y s(x,y)$ est maximal (ce maximum est unique en pratique).
      Cas particulier : si $\exists x, \, \min_y s(x,y) > 50\,\%$, alors ce $x$ est unique, il est donc désigné vainqueur par la méthode max-min, et c'est aussi un vainqueur de Condorcet.
      Avantage de simplification : s'il y a beaucoup de candidats, les électeurs peuvent ne classer que leurs préférés, ce qui pénalise automatiquement les autres. En effet si vous ne classez pas $x$, vous ne faites pas compter pas votre voix dans $s(x,y)$ (elle rentre dans $s(y,x)$ si vous classez $y$, ou dans $1-s(x,y)-s(y,x)$ sinon, autrement dit les duels prennent en compte les votes blancs) et alors vous pénalisez $x$ face aux candidats que vous avez classés.
    Concrètement tout ça nécessiterait un traitement informatique (avec des machines de vote, comme il y en a déjà dans certains bureaux de vote).
    Sinon, le jugement majoritaire n'est pas mal non plus.
  • @vassilia
    Je redonne ce lien, très complet : https://aceproject.org/ace-fr/topics/es/esd/esd01/esd01d/esd01d01
    Le scrutin à vote alternatif me plait beaucoup.

    Plus besoin de primaires comme on a depuis 3 ou 4 élections, pas d'histoires de votes utiles, un seul tour, et chaque électeur peut très clairement exprimer ses préférences.
  • Modifié (9 Apr)
    L'idée de faire disparaître le vote utile est niaise. L'intervention de Médiat_Suprème semble passée inaperçue.
    Le vote électronique doit être rendu inconstitutionnel. Jamais je n'échangerai le mode de scrutin actuel (malgré ses défauts avérés) contre un autre si cela doit être payé par une telle opportunité de fraude massive. Le monde du high tech a largement fait preuve de son intolérance et de son mépris pour la démocratie depuis l'élection de Trump en 2016. L'élection US 2020, avec ses multiples irrégularités et ses sauts quantiques de nombre de voix pour un certain candidat, en est une autre illustration.
    La discussion mathématique sur les votes est digne d'intérêt (un sujet qui à sa place ici pour le coup, pour changer des polémiques plus ou moins liées à l'enseignement des maths) mais les résultats obtenus sont souvent négatifs (Arrow, Gibbard-Satterthwaite). Attention aux problèmes de mise en place pratiques.  
  • Le vote électronique n’a rien à voir avec le mode de scrutin. Ou alors je n’ai rien compris. 
    Il a d’autres défauts : confiance, bug…
  • Le mode de scrutin actuel a l'avantage qu'il est facile à comprendre pour tout le monde, et facile à vérifier à la main. S'il faut un niveau bac scientifique pour comprendre la pertinence de l'algorithme ou un ordinateur pour déterminer le vainqueur d'une élection, la plupart des électeurs se méfieront.

  • Un jour, il faudra même qu'on fasse notre déclaration d'impôts par Internet ! Oh wait...
  • Pour que le vote blanc ait un intérêt il faudrait introduire une notion de quorum à l'élection présidentielle voire à toutes les élections.
    Actuellement, si seul Macron votait, et qu'il votait pour lui, il serait légitimement président de la République à nouveau.
  • Fin de partie : tu veux dire un nombre minimum de votants ?
    Je ne vois pas pourquoi. 
    Juste faire en sorte que le « blanc » ait des conséquences sur le scrutin m’apparaît déjà on ne peut plus pertinent. 
    Par contre attention : le jeu du « toujours blanc » peut vite arriver… 
    Ainsi, je ne sais pas si c’est vraiment une bonne chose.

    Si un seul votant participe, ça me va. 
    Aux autres de participer. À eux de « prendre le pouvoir » par les urnes comme disait l’autre. 
  • En général, les gens qui disent qu'il faut prendre en compte le vote blanc
    - Soit sont incapables de définir comment le vote blanc devrait être pris en compte : on fait quoi s'il y a un vote blanc 'massif', on dit qu'il y a vacance du pouvoir ? On revote, jusqu'à ce que les gens veulent bien voter autre chose que blanc ?
    - Soit veulent un système qui ne marche pas, il veulent que ce soit l'anarchie.
  • Modifié (9 Apr)
    Concernant le théorème de Gibbard, vous pouvez consulter l'article mis en pièce jointe ou la vidéo à 18'15 https://www.allotrends.com/fr/science4all/les-maths-du-scrutin-de-condorcet-randomise-hardcore-7-78240.html
    Les mots choisis par l'auteur Lê Nguyên Hoang pour vulgariser sont que lorsqu'il existe un vainqueur de Condorcet déterministe alors il n'y a pas de dilemme du vote utile sous l'hypothèse de préférence par comparaison binaire.
    Il me semble au moins dans ce cas démocratique de l'élire.

    Certes la mise en pratique sécurisée et la confiance des électeurs en un autre mode de scrutin est sans doute difficile à obtenir mais n'est-ce pas en partie le but de la science (et du coup des universitaires) de faire en sorte d'obtenir des améliorations de notre monde ?
  • Modifié (9 Apr)
    Dom a dit :
    Si un seul votant participe, ça me va. 
    Cela me donne envie de relire 1955-08_IF_0000 (brandonkendhammer.com)
    504, c'est trop !
  • Modifié (10 Apr)
    Juste pour signaler que tout ce qui a été évoqué ici (théorèmes d'Arrow et de Gibbard, méthode de Condorcet et etc) est bien évidemment traité, expliqué et décortiqué dans le livre. Cela et bien d'autres choses encore. Vraiment, une dernière fois, je conseille cette lecture à ceux qui veulent en apprendre davantage et ne pas se cantonner à ce qu'ils connaissent déjà. Il y a beaucoup de choses à découvrir. J'allais dire croyez-moi, mais non, allez feuilletez le livre en librairie !
  • @Dom: si des gens prennent la peine de se déplacer pour voter mais qu'ils ne désignent aucun candidat et qu'ils sont nombreux à le faire, on peut penser que si leur taux atteint un seuil, à définir, on devrait invalider l'élection.
  • On devrait invalider l'élection.
    Soit. 
    Vacance du pouvoir, plus de gouvernement.  

    Casser ce qui fonctionne, c'est facile, le dernier des abrutis en est capable. 

    J'ai entendu des centaines de de fois des types dire qu'il faut prendre en compte le vote blanc. Je n'ai strictement jamais entendu une méthode concrète pour prendre en compte le vote blanc, qui soit réaliste. 
  • Seuil à définir pour le blanc : deux propositions 
    1) comme un candidat : si le blanc est qualifié au second tour, on invalide. 
    2) même au second tour : si le blanc perd, on garde le candidat élu sinon on invalide. 

    Mais QUID si on « invalide » ?
    C’est ça l’important. Qu’est-ce que ça signifie ? Qu’est-ce qu’on fait après ?
    Quelles sont les propositions ?

  • Modifié (10 Apr)
    L'idée n'est pas inintéressante mais sans solution pour la suite, on fait quoi effectivement ?
    Une idée différente qui permettrait peut-être d'éviter cet écueil : la gouvernance globale collaborative (avec Mehestan par exemple) qui est testé sur Tournesol https://tournesol.app/presidentielle2022/ une application initialement conçue pour donner son avis sur des vidéos Youtube avec des algorithmes transparents de suggestion de vidéo (dans le but de favoriser les vidéos de grande qualité et de lutter contre la désinformation).
    En très résumé, pour chaque duel de candidat, on choisit plutôt l'un ou plutôt l'autre à l'aide d'un curseur et cela pour différentes thématiques. C'est très récent, article de recherche du 17 fevrier 2022 https://arxiv.org/pdf/2202.08656.pdf donc affaire à suivre.
  • Je viens de supprimer quelques messages hors sujet.
    AD.
  • Modifié (10 Apr)
    En Belgique, le roi était toujours en place, et le premier ministre sortant a continué à diriger.
    Quand tout le monde est mécontent, on garde les équipes en place. 
    Ok, c'est une proposition.
    Passons donc à une monarchie pour avoir les mêmes institutions que la Belgique.
  • Modifié (11 Apr)
    En effet, à force de pointer les situations paradoxales qui peuvent surgir de la démocratie représentative, on  peut se demander si c'est le bon choix institutionnel. De temps en temps des commentateurs se demandent si les Français ne regrettent pas la mise à mort du roi et de la reine - avec il faut le dire une grande barbarie. J'ai rencontré récemment des jeunes militants d'Action française (monarchistes), très enthousiastes et sympathiques. Ils ne m'ont toutefois pas convaincu car je trouve leur position trop irréaliste, mais ils sont dans le bon camp, le camp national. Notez que Condorcet, évoqué dans ce fil, républicain et icône de la pensée progressiste, est mort lui aussi par la guillotine républicaine.
    Mon idée est qu'il est très intéressant pour des amateurs de mathématiques d'étudier mathématiquement tous les systèmes d'élection, mais que dans la pratique le système actuel de l'élection présidentielle ne pose pas de problème majeur en lui-même. Les problèmes viennent de l'environnement médiatique soumis à une certaine idéologie, et qui donne un choix de candidats contestable. Il reste à discuter des élections aux assemblées, pour qu'elles reflètent mieux les opinions des Français.
  • Je viens de supprimer quelques messages trop près de l'actualité et sans rapport avec les différents modes de scrutin.
    AD.
  • xaxxax
    Modifié (11 Apr)
    J'ai lu sur la présentation du livre qu'il s'agit d'une "théorie du choix social". Est-ce que les choix différentiels sont abordés ? Je pense par exemple pour l'actuelle élection au fait que si le personnes de +70 ans ne votaient pas, on aurait au second tour 60% / 40% en faveur de MLP.

    Merci aussi aux contributeurs du fils pour les éclairages théoriques très intéressants.
  • Les problèmes viennent de l'environnement médiatique ... ...
    Oui, si tu veux, mais je le dirais autrement.
    Nous sommes au 21ème siècle, dans un pays de 65 Millions d'habitant. Qu'on le veuille ou non, c'est dans ce contexte qu'on vit. Et donc on cherche un système adapté à cet environnement.
    Le système est bon, mais c'est l'environnement qu'il faut changer ? Non, impossible.
    L'environnement est celui-là, et il faut un système adapté à cet environnement.

    Parmi tous les gens qui ont voté hier, combien ont eu l'occasion de passer 15 minutes en tête à tête avec leurs 2 ou 3 candidats préférés, pour juger, les yeux dans les yeux, ce qu'ils valaient ?
    0,1% ? au maximum.

    On nous propose de voter pour des gens qu'on voit uniquement via un écran de télévision ou via un site internet, en virtuel. Ou qu'on peut voir dans des shows, sur une estrade, comme des artistes. Indépendamment du mode de scrutin, c'est déjà un gros problème.

    Le système utilisé en Allemagne ou en Italie a peut-être des défauts, mais il n'a pas ce défaut là.
    En Belgique, Angleterre, Espagne aussi, mais ces pays sont des monarchies, donc pas répliquables chez nous.
  • Modifié (11 Apr)
    Chaurien a dit :
    Notez que Condorcet, évoqué dans ce fil, républicain et icône de la pensée progressiste, est mort lui aussi par la guillotine républicaine.
        Désolé mais tu fais erreur. Condorcet qui s'était caché était sorti pour rejoindre des amis (les Suard) chez qui il croyait trouver de l'aide pour fuir à l'étranger. Ces derniers ne voulant pas courir le risque de l'héberger, Condorcet fut contraint de passer la nuit dehors. Le lendemain, affamé, il se rendit dans une auberge du village voisin. Il commanda une omelette. L'aubergiste lui demanda de combien d’œufs et il répondit douze ce qui le rendit suspect. N'ayant pas de "certificat de civisme" (le pass de l'époque), il fut arrêté sans que son identité ne soit découverte. C'est dans sa cellule qu'il se suicida en absorbant une capsule de cyanure.
    Liberté, égalité, choucroute.
  • Modifié (11 Apr)
    Ah oui, pardon, je me souvenais de l'anecdote de l'omelette, mais j'avais oublié qu'il s'était suicidé, peut-être : la notice Wikipedia dit que ce n'est pas certain. Il a été de toutes façons victime du régime de terreur de l'époque, comme deux autres savants : Lavoisier et Bailly. C'était le régime des ancêtres idéologiques de Mélenchon : nous venons d'échapper au pire.
Cette discussion a été fermée.
Success message!