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Nouvelles règles d’affectation dans deux lycées parisiens

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Réponses

  • Modifié (22 Jan)
    Oui, car si c'est du Affelnet pur, on ne pourra plus inclure d'informations supplémentaires (résultats à Kangourou/Animath/etc.). 
    Il y aura de bons élèves, mais les élèves exceptionnels risquent fort de se retrouver ailleurs,
    par exemple... dans les meilleurs lycées privés !
    Je suis curieux de voir le palmarès du Concours Général dans 3-5 ans.
    Aujourd'hui, les seuls lycées publics bien représentés sont LLG, Buc et H4.
    Il y a un autre article dans Le Monde :
    https://www.lemonde.fr/education/article/2022/01/22/les-lycees-louis-le-grand-et-henri-iv-integrent-affelnet_6110506_1473685.html#:~:text=Les%20lyc%C3%A9es%20Henri%2DIV%20et,ainsi%20leur%20r%C3%A9gime%20d'exception.
    De manière générale, je crains le pire sur l'"élite scientifique" :
    où formera-t-on les élèves brillants en sciences ?
    Les top-prépas ont de plus en plus de mal à détecter les élèves à fort potentiel :
    Ginette a récolté des statistiques très intéressantes sur les 8 dernières années
    [Inutile de reproduire le message précédent. AD]
  • Modifié (22 Jan)
    Y-a le test TeSciA https://www.aores-sci.org/static/base/pdf/ExME.pdf les questions sont intéressantes.
    https://www.youtube.com/watch?v=F_uLhy--ou0
    https://www.facebook.com/AORESasso/
    J’attends de voir les sujets de 2022 pour mes archives.
  • J'attends de voir l'impact de ce test...
  • dfdf
    Modifié (22 Jan)
    Quand on dit « deux lycées parisiens », on pense tout de suite à Louis le Grand et Henri IV.
    Un petit clic sur le lien, histoire de vérifier: Bingo !
  • Modifié (22 Jan)
    EXTRAIT DE L'ARTICLE DU MONDE, 23-24 janvier 2022, p. 13
    Deux lycées d’élite s’ouvrent à la mixité sociale
    Henri IV et Louis le Grand, à Paris, recruteront leurs élèves de 2de par la procédure en ligne Affelnet
    .............................................................................................................................................................................................................
    Un certain mécontentement
    Pour « préserver un équilibre », cette intégration dans Affelnet doit se faire « de manière progressive ». Les deux lycées vont bénéficier d’aménagements pour leur première année sur la plateforme. Tous les collégiens parisiens pourront candidater à Henri IV et à Louis le Grand sans distinction de secteur.
    Un quota sur la base de l’indice de position sociale des collèges d’origine – de l’ordre d’un tiers de collèges défavorisés, un tiers d’intermédiaires, un tiers de classes favorisées – est également à l’étude.
    Il n’empêche. La communauté éducative des deux établissements ne voit pas la réforme d’un bon oeil. Des parents de collégiens ont appris cette intégration en consultant le site de l’académie début janvier et, depuis, l’information se répand comme une traînée de poudre. Parents, élèves et enseignants affichent leur mécontentement.
    Sur la forme tout d’abord. « Il aurait été normal que l’on soit consulté », s’insurge Léonard Im, élu au conseil de la vie lycéenne de Louis le Grand. « On ne s’y attendait pas du tout. Ce n’était pas à l’ordre du jour », abonde Laurent Lemaire, professeur de mathématiques à Henri IV.
    Le recours à un algorithme, qui devient la norme en France pour l’entrée au lycée comme pour l’accès à l’enseignement supérieur, est déploré. « Il est important que les enseignants s’impliquent et regardent les dossiers scolaires, les notes mais aussi les appréciations, pour voir de qui on va pouvoir obtenir le meilleur. Cet élitisme scolaire fonctionne. Il n’y a qu’à voir le nombre d’élèves que nous plaçons aux concours généraux », met en avant Anne Paradas, enseignante en mathématiques et responsable du SNES-FSU à Louis le Grand. « Affelnet est une usine à gaz et ne détectera pas certains profils atypiques comme aujourd’hui », affirme de son côté Leonard Im.
    Parents, enseignants et élèves craignent une baisse du niveau, et avec elle de « l’excellence à la française ». « Le traitement algorithmique ne permet pas de distinguer les bons, les très bons et les excellents élèves, s’inquiète Antoine Bonneval, responsable de la FCPE à Louis le Grand.
    On ne cherche pas à défendre la bourgeoisie parisienne mais l’excellence au sein du service public. » « Les informations sont encore parcellaires. On ne sait pas comment les critères vont être gérés », tempère Catherine Roux, la représentante de la PEEP à Louis le Grand, mais il est important de « ne pas perdre ce sur-mesure qui fait partie de l’identité de nos lycées ». Beaucoup y voient un « cadeau fait aux lycées privés » du centre de Paris. « La décision est présentée comme une recherche de mixité sociale, mais elle s’attaque à l’excellence publique pour la livrer au privé », déplore Anne Paradas.Les familles dénoncent aussi une rupture d’égalité entre les élèves parisiens et non parisiens.
    Les collégiens hors de l’académie de Paris, qui représentent environ 40 % des élèves de 2de à Louis le Grand et 25 % à Henri IV, continueront à postuler à travers une procédure sur dossier, légèrement rénovée, en 2022.
    Côté Henri IV, c’est la transition entre le collège et le lycée qui inquiète. Les classes de 2de comptent beaucoup d’élèves de 3e d’Henri IV – plus de 40 sur 250 élèves à la rentrée 2021. Une tradition bien connue qui a conduit des familles à y inscrire leurs enfants dès le collège pour maximiser leurs chances d’accéder dans la continuité au lycée. Avec l’intégration dans Affelnet, cette proportion risque de baisser drastiquement et pourrait même jouer, à terme, sur le marché de l’immobilier parisien, très corrélé à la carte scolaire.
  • Modifié (23 Jan)
    Les petits hommes gris, les bureaucrates formatés par l’idéologie mélangiste - inclusiviste - niveleuse ont encore frappé. Un petit reste de liberté et de qualité dans notre enseignement public est sacrifié au profit de fariboles idéologiques. Les parents d'élèves soucieux de la qualité des études de leurs enfants vont continuer à fuir vers l'enseignement privé. Moi ceci ne me désole pas parce que je pense que la coexistence et l'émulation des deux systèmes est une bonne chose, mais c'est dommage pour l'enseignement public, qui ne méritait pas ça.
    Tout ça n'est pas fatal, c'est affaire de politique d'enseignement. Dans une démocratie, politique n'est pas un gros mot. Cette année d'élection présidentielle est la bonne occasion pour préférer les candidats partisans de la liberté d'enseignement, de la qualité, de l'école du travail, du savoir et du mérite, et non de la sectorisation et du nivellement autoritaire.
  • xaxxax
    Modifié (23 Jan)
    "Parents, élèves et enseignants affichent leur mécontentement. " :D
    « On ne s’y attendait pas du tout. Ce n’était pas à l’ordre du jour », abonde Laurent Lemaire, professeur de mathématiques à Henri IV. :D:D
    "Cet élitisme scolaire fonctionne. Il n’y a qu’à voir le nombre d’élèves que nous plaçons aux concours généraux », met en avant Anne Paradas, enseignante en mathématiques et responsable du SNES-FSU à Louis le Grand" :D:D:dizzy:
    Parents, enseignants et élèves craignent une baisse du niveau, et avec elle de « l’excellence à la française ».  :D:D:D:D
    Celle-là il faudra la graver quelque part : "On ne cherche pas à défendre la bourgeoisie parisienne mais l’excellence au sein du service public" même Coluche n'aurait pas osé aller aussi loin.
    etc. etc. Pauvres bichons.
  • Bonsoir,

    Je n'ai pas compris ce qu'il y avait de drôle.
    Je ne savais pas que les difficultés dans lesquelles l'enseignement est de plus en plus embourbé pouvaient faire rire.
    Mon fils a mis ses enfants dans le privé depuis le début, ils sont maintenant en lycée, je le comprends.

    Cordialement,
    Rescassol

  • Ce qu'il y a de drôle, c'est de penser que ces grands lycées contribuent en quoi que ce soit à la méritocratie et à l'ascenseur social. 

    Comme d'habitude en France, sous convert d'élitisme méritocratique, on a des machines à reproduction sociale. Ces deux lycées n'y dérogent pas.
  • Modifié (23 Jan)
    Chaurien a dit : Les petits hommes gris, les bureaucrates formatés par l’idéologie mélangiste - inclusiviste - niveleuse ont encore frappé
    On a vu récemment ce que souhaitait un certain politicien qui n'était pas obsédé par l'inclusion: non, merci, sans façon.
  • MrJMrJ
    Modifié (23 Jan)
    @Héhéhé : Le système n’est pas parfait : aucun ne l’est. Penses-tu que la sélection par l’argent, qui se met petit à petit en place avec le développement silencieux de réseaux d’établissements privés, sera meilleure ?
    Quelques exemples :
    https://www.le-lycee-autrement.com/
    https://www.ipesup.fr/
    Pour le premier, vous pouvez regarder la rubrique association : vous reconnaîtrez peut-être quelqu’un.
  • Modifié (23 Jan)
    Il est très important de garder un équilibre, il faudrait plus de lycées publics 
    comme LLG et H4 en France
    L’enseignement d’excellence doit être accessible à tous les jeunes partout sans avoir à débourser
    des milliers d’euros. 
  • Modifié (23 Jan)
    Pourquoi pas un "enseignement d’excellence", mais à condition de ne pas le faire en sous-main. Combien de parents de collégiens savent, en dehors d'un petit milieu parisien autoreproducteur, qu'il y a des collèges et lycée qui ne font pas les programmes officiels indigents mais en demandent plus pour un niveau final bien plus élevé ? Et pour les collégiens de mon village, où faire une formation qui leur permettrait de faire cet "enseignement d’excellence" ?
    On a connu ça sous la troisième république, quand les écoles normales d'instituteurs repéraient les gamins les plus doués, et faisaient un enseignement de haut niveau gratuit (et même rémunéré) dans chaque département. Actuellement on fait le contraire : égalitarisme officiel, et tricherie pour ceux qui se pensent "l'élite de la nation".
  • DomDom
    Modifié (23 Jan)
    Je ne viendrai pas beaucoup ici, c’est l’éternelle discussion…
    1) en ce moment il y a de la reproduction sociale
    oui ou non ?
    2) pour la contrer on va décider de faire des quotas 
    oui ou non ?
    3) cela conduit à ne plus sélectionner les meilleurs bulletins 
    oui ou non ?
    4) le niveau global est donc amené à baisser dans ces établissements 
    oui ou non ?
    — fin du petit questionnaire —

    Une remarque : en ce qui concerne la nouvelle sélection avec quotas, il est évident que l’on va écarter les bulletins qui évoquent les problèmes d’attitude voire les simples bavardages.
    Par souci de justice faudrait-il aussi mettre des perturbateurs dans ces établissements ?
    Sachez que les perturbateurs « bourgeois », « parisiens », ne sont pas dans ces lycées…

    Je mets des guillemets car utiliser le terme « parisien » ne gêne pas tout le monde alors que cela s’appelle purement et simplement du racisme. 
    Remplacez ce terme par un autre gentilé pour voir comment ça sonne a l’oreille…
    Ceux qui n’aiment pas que l’on généralise, que l’on essentialise, adoptez donc vos principes dans vos discours !
  • Modifié (23 Jan)
    L’état à le devoir d’investir dans l’enseignement public d’excellence dans tout le pays. 

    Pour compléter la liste de Mr.J https://www.masterclassprepa.com/  pour intégrer HEC,ESSEC
    faut débourser plusieurs milliers d’euros ce qui n’est à la portée d’un jeune dont les parents ont des revenus modestes.
  • Modifié (23 Jan)
    Penses-tu que la sélection par l’argent, qui se met petit à petit en place avec le développement silencieux de réseaux d’établissements privés, sera meilleure?
    Cette sélection <<silencieuse>> par l'argent se fait déjà depuis longtemps dans les lycées d'enseignement publics tels que Louis Le Grand et plus généralement dans les CPGE.
  • Modifié (23 Jan)
    1) en ce moment il y a de la reproduction sociale
    oui
    2) pour la contrer on va décider de faire des quotas 
    Peux-tu définir précisément ce que tu veux dire par "quotas" ?
    3) cela conduit à ne plus sélectionner les meilleurs bulletins 
    Cela m'étonnerait que dans les critères retenus on ne s'intéresse pas aux résultats scolaires des postulants.
    4) le niveau global est donc amené à baisser dans ces établissements Pas nécessairement.
    On voit les dégâts faits par des gens qui sont aux commandes et qui vivent dans une bulle coupée de la majorité de la population.
    Un peu de mixité sociale dans ce type d'établissements est sans doute une condition nécessaire pour éviter ces dégâts dans le futur.
  • Que signifie « silencieuse » ?

    Aussi, pour LLG et les CPGE, que signifie « depuis longtemps » ?
    J’ai souvenir qu’il n’y avait pas besoin d’argent pour être pris juste avant les années 2000. 
    Où en est-on ?
  • MrJMrJ
    Modifié (23 Jan)
    @Dom : Par silencieuse, je veux dire ces ouvertures sont peu évoquées médiatiquement. Le premier groupe que j’ai évoqué dans mon message précédent a reçu le soutient de la BPI. Je ne pense pas que ce soutient puisse se faire sans l’accord du gouvernement.

    @Fin de partie : De mon point de vue, les choix des jeunes sont bien plus influencés par leur environnement familial (connaissance du système, encouragement à poursuivre les études,…) que par l’argent directement. Ensuite, on entre dans débat social : ces différentes variables sont corrélées, mais je ne pense pas qu’il y ait un lien de causalité.
  • Dom:  Ignores-tu que les gens qui sont les plus diplômés et les "mieux éduqués"   appartiennent, statistiquement, aux classes sociales les plus aisées de la société?
    Ces écoles sont, en quelque sorte, des chambres de transformation. Elles transforment votre origine socio-économique en un capital symbolique très utile pour se bâtir une légitimité à diriger le "troupeau".
  • La première sélection passe par le formulaire d’inscription. Au lycée Louis le Grand, Il faut une formation pour le remplir ! Il est téléchargeable sur le site du lycée. 
    Je n’imagine pas une mère isolée (par exemple) qui a des horaires de travail impossibles en venir à bout sans aide. La seule démarche de l’inscription s’adresse à des familles qui maîtrisent leur emploi du temps et qui sont à l’aise avec l’administration (au sens large). La sélection commence par là.

    Ensuite, il y a la question de l’argent. Si on ne choisit pas la solution de l’internat, il faut que les familles puissent investir 500 euros par mois pour un meublé de 14 m2 ou 900 euros pour un 20 m2 dans le secteur du lycée.
    C’est le prix à payer pour marcher dans les pas de Louis XIV et pour s’encanailler avec les rejetons de la grande bourgeoisie parisienne.
  • Quel dommage, les chiens ne font pas des chats. 

    Tant qu'on dira : il faut que les chiens puissent faire des chats, et que les chats puissent faire des chiens, on se plantera.

  • DomDom
    Modifié (23 Jan)
    Ok Fin de partie, c’est donc l’argument du déterminisme social qui te fait dire (je grossis le trait si tu veux) « il faut de l’argent pour entrer dans ces écoles ». Pardon mais dit comme ça, c’est faux. 
    Je voulais être sûr de ton argument. 

    Ça m’évoque des discussions caricaturales où tout le monde ment (SUDRAIL vs MEDEF) et donc ça ne m’intéresse pas. 

    Ok MrJ, je suis d’accord sur cette non médiatisation ou non communication. 
    Je ne pense pas que ce soit volontaire par contre. 
    Je ne sais pas si c’est naïf de ma part. 
  • Df
    Il me semble que rien n’oblige à habiter dans le secteur proche de LLG (le métro existe par exemple...). Il y a d’autres lycées à Paris et l’argument ’’il faut être riche’’ est également valable pour ces lycées.
    Pour les formalités je lis ceci:
    https://www.ac-paris.fr/portail/jcms/p2_1996846/henri-iv-et-louis-le-grand

  • Et j’ajoute qu’à Paris il n’y a pas que des riches, ni que des gens du même moule. 
    Mais certains ne le savent peut-être même pas, à force d’entendre « les parisiens ceci, les parisiens cela ». 
  • Modifié (23 Jan)
    Héhéhé a dit :
    Comme d'habitude en France, sous convert d'élitisme méritocratique, on a des machines à reproduction sociale. Ces deux lycées n'y dérogent pas.
    Comme d'habitude en France on tape de toutes ses forces sur les derniers vestiges du système qui marchent au lieu d'améliorer ce qu'on peut dans le reste.
    Il y a vraiment des gens qui croient sincèrement qu'après avoir trashé ces lycées parisiens, le reste du système éducatif fonctionnera mieux ?
    J'ai parfois dénoncé les privilèges dont ces établissements bénéficiaient sur le forum mais c'était pour promouvoir le droit des autres lycées à faire de même, pas pour les soumettre aux mêmes diktats des khmers rouges anti-enseignement aux commandes !!!

    "Mieux vaux que tout le monde soit aveugle plutôt qu'il y ait 10% de gens ayant leurs deux yeux et 90% de borgnes, pour plus d'égalité": la devise de l'intellectuel "de gauche" français.
  • Modifié (23 Jan)
    J'ai deux camarades de collège qui sont allés à Louis-Le-Grand au lycée. Nous étions scolarisés au collège de Chilly-Mazarin et ils prenaient tous les jours le RER C jusqu'à Saint-Michel (45 minutes de RER, 1 heure porte à porte).
    30 ans plus tard, un jeune qui habite une résidence de logements sociaux de ma ville actuelle, même chose, 1 heure de trajet, prix au concours général de mathématiques. L'internat n'est venu qu'en classes préparatoires.
    Pas vraiment la grande bourgeoisie parisienne.
  • LLG, ce vieux lycée où les malheureux élèves sont  à plus de 40 par classe. 1 heure de transport matin et soir. Comment peuvent-ils étudier dans des conditions si inhumaines.
    Au nom de l'égalité, ils ont droit eux aussi à des classes de 20 élèves. Près de leur domicile.
    Accordons ce droit aux défavorisés de LLG.

    Et si les élèves de LLG veulent absolument ces conditions déplorables, imposons leur une école digne, une école qui échoue, ils y ont droit eux aussi.
  • xaxxax
    Modifié (23 Jan)
    Je ne sais pas si un non événement mérite autre chose que des pensées humoristiques. J'observe les habituels poncifs :
    - le petit chose brillant qui fait 10 km à pieds/vélo/métro (exemples de mesure nulle mais systématiquement mis en avant pour justifier le modèle méritocratiques français, id en mesure réelle, le plus inégalitaire des pays de l'OCDE),
    - l’exposé complaisant d'obscénités sociologiques, ce qui est la définition de la pornographie.
    Plus sérieusement, il reste environ 2% d'une classe d'âge au niveau en maths, ça fait 15 000 jeunes, il serait peut-être bon de songer à une vraie politique d'établissements locaux, par exemple un par département, de façon à ce que la barrière sociale soit sensiblement plus faible pour les moins pourvus financièrement.
    Évidemment une telle politique, facile à mettre en œuvre, favoriserait là vraiment les bons esprits plutôt que les portefeuilles des parents, donc ça ne se fera jamais.
  • Il y a beaucoup de fantasmes sur LLG et H4, mais peu connaissent la réalité du terrain.
    - 40% des lycéens de LLG résident en banlieue.
    - Les classes du secondaire sont en général proches de la quarantaine d'élèves.
  • - 40% des lycéens de LLG résident en banlieue.
    On devine bien laquelle la "banlieue"
    - Les classes du secondaire sont en général proches de la quarantaine d'élèves.
    La source ? Les comparaisons ?

  • Modifié (23 Jan)
    Bof, dire que 40 % des élèves de LLG et HIV sont banlieusards ne veut pas dire grand-chose. Dans la banlieue parisienne, y a aussi Auteuil, Neuilly, Passy, Vincennes... et j'en passe. Le lieu d'habitation comme critère de l'origine sociale n'est pas d'une fiabilité à toute épreuve... et n'a même aucun sens si on se contente du clivage Paris intramuros/ banlieue.
    Plus pertinent semble être la classe socio-professionnelle des parents. Je n'ai plus les chiffres en tête, mais j'avais lu il y a quelques années que le pourcentage d'élèves issus de milieu favorisés était énorme dans ces établissement (plus de 90 % dans mon souvenir). Quand je dis favorisé, je ne parle pas de la "grande bourgeoisie" au sens de l'aisance matérielle, mais du niveau d'études des parents. J'avais en particulier été frappé de la proportion très importante d'enfants de profs  ou d'universitaire dans ces établissements.
    Bref je partage pleinement l'intervention de Héhéhé :
    Ce qu'il y a de drôle, c'est de penser que ces grands lycées contribuent en quoi que ce soit à la méritocratie et à l'ascenseur social.
    Comme d'habitude en France, sous convert d'élitisme méritocratique, on a des machines à reproduction sociale. Ces deux lycées n'y dérogent pas.
    Ça a peut-être été vrai jusqu'à il y a une quinzaine d'année, (vrai que ces deux lycées contribuent un peu à la méritocratie et à l'ascenseur social), mais je pense que depuis une dizaine d'années ça ne l'est plus que de manière très marginale.
    En soi que LLG et HIV doivent faire comme les autres lycées ne me choque pas, bien au contraire. En revanche, la mesure en elle-même qui vise à tenir compte du CSP pour assurer plus de mixité au détriment des notes me semble désastreuse à l'heure où les notes ne veulent plus rien dire.
    En effet, le surnotage effectif d'une majorité d'enseignants (sous pression de la hiérarchie) biaise tout.
    Cela implique que les attributions des lycées se feront in fine sur des critères n'ayant aucun rapport avec le niveau de l'élève. Bref, l'EN persiste et signe : on s'éloigne encore plus de la méritocratie et on nivelle encore plus par le bas.
    L'histoire de LGG et HIV me paraît anecdotique dans cette affaire, qui me parait grave par ailleurs.
  • gimax a dit :
     Auteuil, Neuilly, Passy,
    tel est notre ghetto ! B)

  • Modifié (23 Jan)
    Au-delà du cas particulier de ces deux établissements, qui ne correspondaient peut-être plus que faiblement à leur raison d'être : la méritocratie (entendue comme un moyen de privilégier les capacités et non un "mérite" abstrait). Il y a la vision globale: l'abandon de tout objectif de capacités dans le système scolaire français. Cela va bien évidemment favoriser la sélection par l'argent.
    Je suis déçu que quelqu'un d'exigeant comme Xax ne le comprenne pas et préfère sombrer dans un réflexe qui s'apparente à la jalousie : je n'y étais pas, donc ça ne mérite pas d'exister! Au lieu de voir le verre à moitié vide, il aurait mieux fait de voir son remplissage à moitié.
    La logique d'un tel abandon d'exigence républicaine, c'est la privatisation prochaine de l'académie des sciences...
  • On a les mêmes références Zeitnot ! ;)

  • dfdf
    Modifié (23 Jan)
    Le site du lycée LLG est décidément intéressant. Bien sûr, ils prônent une politique de recrutement ouverte à toutes et tous et fondée sur le seul mérite.
    D’accord ! Mais alors, pourquoi le ministère impose-t-il à l’établissement ce logiciel d’affectation « AFFELNET » ? jean-Michel Blanquer  a-t-il constaté des ratés dans la politique de mixité sociale vantée par l’établissement lui-même ? A-t-il eu une révélation sous le soleil d’Ibiza ?

    Sur l’Histoire et son ironie: l’hôtel de la cour de Langres, « cellule initiale » de l’établissement, est acheté en 1563 par les jésuites dans le but « d’assurer la subsistance de six pauvres escholiers ».

    Parmi les « anciens » de l’établissement, professeurs et élèves confondus: Hermite, Hugo, Voltaire, Darboux, Galois, Lebesgue, Borel, Hadamard, Césaire, Pompidou, Claude Chabrol, Pierre Louis Lions, Jean Christophe Yoccoz, Laurent Lafforgue, Claude Deschamps etc… sans oublier le régicide François Ravaillac, ce qui valut quelques déboires aux administrateurs jésuites !
    La Révolution Française voulait promouvoir ce modèle d’excellence et l’étendre à tous les collèges de France. Et de ce côté-là, on peut dire que ça a foiré. Les idéaux révolutionnaires ont vécu. De même, l’hôtel de Crillon n’est pas devenu le modèle inspirant des hôtels de France mais on peut toujours trouver un Ibis Budget au bord du périphérique ou bien un Formule 1 en sortie d’autoroute.

    PS: le site mentionne enfin la chronique d’André Warusfel sur les mathématiciens de Louis le Grand.
  • Mathurin : Je plussoie.
  • Bonne question df.

    Était-ce dans les tuyaux ou bien ça sort, là, maintenant ?
    Est-ce un pas politicien à gauche ? (Je ne pense pas)

    Qui décide d’ailleurs ? Le ministère ? L’établissement ? 
  • Modifié (23 Jan)
    La méritocratie n'est pas la mixité sociale. En fait toutes les politiques de mixité sociale sont anti méritocratiques et même violent frontalement le principe d'égalité républicaine puisqu'elles incorporent explicitement dans la fonction d'évaluation d'un individu un paramètre qui dépend de ses parents.
    Par exemple une loi qui décréterait que "les établissements d'enseignement supérieurs ont l'obligation légale d'inclure 30% de Noirs dans leurs promotions car il y a 30% de Noirs dans la société" serait une loi raciale puisqu'elle forcerait de fait l'administration à prendre en compte le patrimoine génétique du candidat (et donc à nouveau indirectement ses parents) dans le recrutement.
    L'idée qu'on puisse mesurer le caractère méritocratique d'un recrutement par la comparaison des proportions de groupes sociaux parmi les reçus avec ces mêmes proportions dans l’ensemble de la société est un sophisme, ignorant la très grande complexité d'une société (et les nombreuses disparités des mêmes groupes: différence d'âge médian, de revenu, d'environnement culturel etc) et assimilant les individus à des dés tirés indépendamment selon une loi uniforme.
  • DomDom
    Modifié (23 Jan)
    Ce n’est pas entendu, Foys, c’est ça le désaccord. 
    Je vais le dire autrement ou disons en complément : ce qui compte ce n’est pas d’avoir la chaise de cette classe là mais c’est d’avoir le niveau scolaire des gens de cette classe là. 
    Mais ça, non, ce n’est pas du tout entendu.
     
    Parmi les (des ?) égalitaristes, personne ne souhaite que des défavorisés aillent dans ces classes avec le niveau scolaire des favorisés qui y sont. Personne ne se bat dans ce sens. 
    Les (des ?) égalitaristes ne souhaitent pas que des défavorisés aient le même niveau scolaire que ces favorisés.
    Les (des ?) égalitaristes souhaitent d’abord que les (ou au moins des) défavorisés aient une place, une chaise où ils puissent s’asseoir, quels que soient leurs niveaux scolaires dans la même classe que les favorisés qui sont dans ces établissements
    On ne sortira pas de ce schéma.
  • Modifié (23 Jan)
    Foys a écrit "toutes les politiques de mixité sociale sont anti méritocratiques et même violent"
    Quand une ville propose à des enfants issus d'un milieu socialement défavorisé de les initier à la pratique d'un instrument de musique au conservatoire, chose qu'il n'aurait en général pas eu l'occasion de faire dans leur famille, c'est typiquement une politique de "mixité sociale" qui n'enlève strictement rien à la "méritocratie" contrairement à ce que tu dis. Seuls ceux qui bossent le plus et sont les plus doués arriveront à passer les examens, à franchir les paliers et gagner des prix aux auditions.
    Foys, qu'est-ce qui débecte tant que ça  ? Qu'on puisse trouver un noir (c'est une couleur qui semble t'obséder...) et qui en plus serait pauvre, et qui comble de malchance s'avérerait être un génie du violoncelle ?
  • Modifié (23 Jan)
    gimax a dit :
    Dans la banlieue parisienne, y a aussi Auteuil, Neuilly, Passy, Vincennes...
    Auteuil et Passy sont des quartiers de Paris. Auteuil est une commune de la banlieue parisienne rattachée à Paris en 1860.
  • dfdf
    Modifié (23 Jan)
    Une fois, je m’étais perdu (volontairement) dans Passy par la rue Raynouard. Ce n’est effectivement pas le quartier des indigents !
    Dans mon souvenir, c’était une rue montante et on avait une vue sur la Tour Eiffel.
  • Modifié (23 Jan)
    zeitnot a dit :
    Foys, qu'est-ce qui débecte tant que ça  ? Qu'on puisse trouver un noir (c'est une couleur qui semble t'obséder...) et qui en plus serait pauvre, et qui comble de malchance s'avérerait être un génie du violoncelle ?
    Il y a deux points qui me sont insupportables.
    Dans le scénario ci-dessus, si en plus de ses problèmes cette personne vit en France et que l'égalitarisme éducatif vient contaminer la musique classique, elle se verra décerner un faux diplôme de violoncelle "adapté pour gens comme elle", et ou bien elle n'aura pas le niveau et montrera à la société un énième exemple de "diplômé par quotas" médiocre qui aggravera la suspicion du public pour ce groupe social, ou bien elle l'aura et souffrira d'avoir un diplôme décrédibilisé malgré ses aptitudes. En fait sous un dicours humaniste de façade, les promoteurs de la diversité sociale pensent en fait que les pauvres et les minorités dites visibles sont peuplés de déficients intellectuels et s'efforcent de mettre en place des politiques ségrégatives.
    L'autre est tout simplement que l'idéologie égalitariste qui a largement inspiré toutes les réformes a anéanti le système éducatif français, un système qui était l'un des meileurs au monde. L'expression "nivellement par le bas" est usée jusqu'à la corde mais ce n'est pas une caricature; c'est bel et bien ce qui se passe.
    Dom a dit:
    Les (des ?) égalitaristes souhaitent d’abord que les (ou au moins des) défavorisés aient une place, une chaise où ils puissent s’asseoir, quels que soient leurs niveaux scolaires dans la même classe que les favorisés qui sont dans ces établissements.

    Comme il n'y a que quelques centaines de place dans les lycées en question (mais des centaines de milliers d'élèves) ça ne va pas être possible. Par contre ce qu'il est possible de faire est de refaire des lycées des lieux d'excellence, en revoyant les programmes à la hausse (en leur donnant le droits de faire ce que les grands lycées parisiens font - ou faisaient dira-t-on bientôt apparemment). Vive la méritocratie et l'élitisme républicain pour tous.

  • Modifié (23 Jan)
    Foys a dit :

    Vive la méritocratie et l'élitisme républicain pour tous.

    Précisément, ce n’est pas du tout ce que font ces deux établissements aujourd’hui.
    Algebraic symbols are used when you do not know what you are talking about.
            -- Schnoebelen, Philippe
  • Modifié (23 Jan)
    Df: Clémenceau habitait Passy mais il était locataire. On peut visiter de nos jours l'appartement qu'il habita jusqu'à sa mort. De nos jours, tout l'immeuble dans lequel se trouve cet appartement appartient à une fondation. Le seizième arrondissement est une sorte de paradis pour les architectes. Si vous passez par-là, ne manquez pas de visiter la Maison la Roche, construite par Le Corbusier et Jeanneret (propriété de la fondation le Corbusier )
    L'appartement de Le Corbusier à Boulogne-Billancourt vaut aussi le coup d'oeil.
    Et si vous habitez dans les environs de Poissy, allez visiter la Villa Savoye à Poissy (propriété de l'Etat, et aujourd'hui musée) construite aussi par Le Corbusier.
  • Modifié (23 Jan)
    "elle se verra décerner un faux diplôme de violoncelle "adapté pour gens comme elle",
    C'est du fantasme. Ce n'est pas ce que je constate sur le terrain.  Comme dans le monde des échecs où des efforts sont fait pour diffuser ce jeu le plus largement possible. Chez les très jeunes joueurs, ça commence à se diversifier. Il n'y a pas de trucage, seuls les meilleurs gagnent quelque soit leurs origines sociales et leur couleur de peau. Presque tout le monde trouve ça formidable mais on aura toujours des Foys qui ne peuvent pas blairer ça et insinueront qu'on truque, au nom de je ne sais pas quoi. Mais c'est totalement faux.
  • Modifié (23 Jan)
    Les échecs, le violoncelle ne sont pas fondamentaux dans l'organisation sociale: si on n'est pas bon aux échecs, à jouer du violon, cela ne vous envoie par dormir sous un pont ou être abonné au salaire minimum, au chômage, à vie.
    Je ne vois pas l'intérêt d'un trucage.
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