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Instruction à domicile interdite ?

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Réponses

  • Boole et Bill a écrit:
    Au risque de passer pour un ignare, c’est qui, vous savez qui?

    Ne pose pas des questions comme celle-ci, tu vas nous faire démasquer. X:-(
  • Bonjour à tous,
    mes enfants sont instruits à domicile donc je me permets d'ajouter quelques informations ici.

    Concernant l'annonce :
    - d'abord, pour l'instant il ne s'agit que d'une annonce. Il reste à écrire les lois et les faire voter. Il y a régulièrement de telles propositions concernant l'instruction à domicile. Il semble aussi qu'il faudrait que ça passe devant le conseil constitutionnel car une telle proposition semble remettre en cause certains points du bloc constitutionnel.
    - ensuite, il existe déjà tout un dispositif de contrôle : contrôle de la mairie, contrôle pédagogique (avec exigence de progrès), interdiction de pratique telles que regroupement d'enfants de différentes familles (dans ce cas cela devient une école privée qui doit se déclarer comme telle).

    Concernant l'instruction à domicile au sens large :
    il n'y a clairement pas une unique réalité de l'instruction à domicile, il paraît même difficile de faire un partitionnement simple des personnes utilisant cette liberté.
    Clairement le nombre d'enfants concernés à augmenté ces dernières années pour différentes raisons : par exemple le développement des pédagogies dites alternatives ou cette année l'expérience du confinement.
    De mon côté, on suit un cours par correspondance, on suit les programmes de l'éducation nationale, on ne le fait ni par raison religieuse, ni politique ou quoi que ce soit. Les enfants semblent gagner du temps sur certains points, peuvent s'organiser pour leurs loisirs, leurs activités sportives.
    Est-ce que c'est mieux ? Est-ce c'est le modèle à suivre ? Non. Juste on a utilisé cette liberté sans embêter personne.

    N'hésitez pas à me poser des questions sur le sujet !

    En attendant, je vais devoir aller répondre à quelques questions sur les relations entre racines et coefficients d'un polynôme du second degré ;-)
  • Quelques questions pour Deux718281
    - Tes enfants ont quel âge ? Est-ce que le 'plan' est de continuer comme ça jusqu'à la fin du collège ? Et est-ce que les enfants ont eu l'occasion d'aller à l'école (maternelle ...)
    - Tu habites dans une grand ville, une petite commune, un petit village sans école, au milieu des champs ? Est-ce que ça a joué dans la décision d'instruction à domicile ?
    - Tu sais ce que c'est un polynome du second degré, tu es donc dans la catégorie des 'génies', et tes enfants sont des enfants 'priviligiés'. Est-ce que l'argument 'mes enfants sont génétiquement doués', ils vont perdre leur temps dans une école classique ' est entré en ligne de compte ? En d'autres mots, est-ce que la baisse constante du niveau scolaire a été un élément dans la décision ?
    Est-ce que la baisse du niveau scolaire a été un élément dans la décision dans ton cas, et est-ce que ça te paraît être un élément expliquant pourquoi il y a de plus en plus de foyers qui choisissent l'instruction à domicile ?
  • Deux718281:

    A quel moment tes enfants sont en contact avec d'autres enfants de leur âge?
  • Bonjour

    Deux718281, ton expérience m'intéresse. Comme majax, j'ai déjà envisagé l'instruction à domicile. Une des principales raison qui m'en empêche est que cela suppose que mon conjoint ou moi cessions de travailler, ce qu'aucun de nous ne peut ni ne souhaite faire.

    Néanmoins, indépendamment de cela, je me pose la même question que Fin de Partie : tes enfants sont-ils amenés à côtoyer d'autres enfants de leur âge ? Le font-ils avec une régularité et une fréquence qui leur permet de nouer de vraies relations d'amitiés ?
    Sont-ils aussi amenés à côtoyer d'autres personnes (enfants ou adultes) que celles du cercle familial ?

    Sont-ils contents de cette situation ? Question difficile, je te vois mal répondre "non mes enfants sont malheureux, mais c'est notre choix de faire cela, alors tant pis" ! Mais sans entrer dans une perception aussi manichéenne des choses, leur arrive-t-ils de souhaiter avoir une vie "comme tout le monde" ? De regretter de ne pas aller à l'école comme leurs amis ? D'avoir envie de ne plus passer leurs journées entières à la maison ?

    Sinon, je me permets d'envoyer de mettre un lien vers une pétition en ligne sur ce sujet : https://www.mesopinions.com/petition/enfants/instruction-obligatoire-ecole-2021/107379

    Cordialement
    Omega
  • Je pense que l'école, c'est d'abord la socialisation, soit la compétence la plus utile et pour progresser dans la vie, et pour être heureux.
    Après, sur le niveau, c'est sûr que l'école ne fait pas le travail, mais si on en est réduit à ces extrémités, une meilleure stratégie serait de passer le bac en candidat libre et d'entrer dans le supérieur rapidement plutôt que de rester à la maison. Si on part par là, la stratégie ultime selon moi serait de mettre son enfant dans CAP pour qu'il apprenne à la dure la socialisation ET un métier, le faire rentrer dans la vie active très tôt et pendant ce temps-là lui faire poursuivre des études supérieures à distance, enfin une stratégie dans ce genre là.
  • @lourrran:
    Tes enfants ont quel âge ? Est-ce que le 'plan' est de continuer comme ça jusqu'à la fin du collège ? Et est-ce que les enfants ont eu l'occasion d'aller à l'école (maternelle ...)

    Ils ont 11 et 15 ans. Ils n'ont jamais fréquenter l'école, juste une garderie entre 3 et 6 ans pour le premier.
    Tu habites dans une grand ville, une petite commune, un petit village sans école, au milieu des champs ? Est-ce que ça a joué dans la décision d'instruction à domicile ?

    Ville moyenne au sein d'une métropole. Je pense que ça n'a eu aucun rôle.
    Est-ce que l'argument 'mes enfants sont génétiquement doués', ils vont perdre leur temps dans une école classique ' est entré en ligne de compte ? En d'autres mots, est-ce que la baisse constante du niveau scolaire a été un élément dans la décision ?

    Ils ne sont pas particulièrement doués. Concernant le niveau scolaire global, en effet cette démarche est forcément biaisée par le fait que j'ai enseigné.
    est-ce que ça te paraît être un élément expliquant pourquoi il y a de plus en plus de foyers qui choisissent l'instruction à domicile ?

    Les raisons sont vraiment très multiples et varient suivant les âges. On doit d'ailleurs donner la ou les raisons de notre choix lors des contrôles.

    @Fin de partie
    A quel moment tes enfants sont en contact avec d'autres enfants de leur âge?
    La question est intéressante et mène à d'autres questions. Faire une liste serait grotesque, aussi je me contente d'une réponse au premier degré : ils font du judo (beaucoup) et c'est à ce moment qu'ils sont le plus en *contact* avec des enfants du même âge. ;-)

    @Omega
    Une des principales raison qui m'en empêche est que cela suppose que mon conjoint ou moi cessions de travailler, ce qu'aucun de nous ne peut ni ne souhaite faire.
    Suivant l'âge, c'est en effet compliqué. Les grands parents peuvent aussi être responsable de l'instruction à domicile.
    tes enfants sont-ils amenés à côtoyer d'autres enfants de leur âge ? Le font-ils avec une régularité et une fréquence qui leur permet de nouer de vraies relations d'amitiés ?
    Oui, j'ai partiellement répondu à Fin de partie. C'est important.
    Sont-ils aussi amenés à côtoyer d'autres personnes (enfants ou adultes) que celles du cercle familial ?
    Oui. D'ailleurs sur ce point, les relations ne sont pas centrées sur des personnes du même âge - un peu comme dans la vie.
    Sont-ils contents de cette situation ? Question difficile, je te vois mal répondre "non mes enfants sont malheureux, mais c'est notre choix de faire cela, alors tant pis" ! Mais sans entrer dans une perception aussi manichéenne des choses, leur arrive-t-ils de souhaiter avoir une vie "comme tout le monde" ? De regretter de ne pas aller à l'école comme leurs amis ? D'avoir envie de ne plus passer leurs journées entières à la maison ?
    C'est un choix éclairé remis en question au moins chaque année (j'ai également constaté que peu de parents semblent imposer ce choix à leurs enfants). Ils fréquentent peu d'enfants instruits à domicile mais quasiment que des enfants qui fréquentent l'école : leur choix est moins biaisé. Les raisons qu'ils ont retenues pour continuer ont été différentes suivant leur période (école, collège, lycée). À vrai dire ils n'ont pas l'impression d'être différents.

    Je peux détailler davantage si vous voulez ! Dans tous les cas, ce n'est pas un modèle ou la solution globale. À un instant donné, dans un lieu donné, dans notre situation, cela semblait être le moyen le plus efficace d'instruction.
  • @omega il n'est pas nécessaire d’arrêter de travailler et de déscolariser ses enfants pour pratiquer l'instruction à domicile.

    J'ai dès la maternelle mis en place cela pour mon fils, avec l’enrichissement instrumental puis l'apprentissage de la lecture et de l'écriture et progression en fonction des recommandations les plus pertinentes que j'ai trouvées.
    Je n'ai pratiquement jamais regardé ce qu'il faisait à l'école, je savais qu'il n'y apprendrait rien et que ça n'avait donc pas d'importance. Par curiosité j'ai regardé seulement quelques chapitres particuliers importants dont il est souvent question ici dans les questions pédagogiques, comme les fractions : c'était stupéfiant d'indigence, de délayage et de temps perdu (2 ans sans donner la moindre règle de calcul).

    En 6e je l'ai mis dans une classe CHAM dans un établissement connu pour un certaine permissivité dans les horaires - sur justification évidemment :-) - en plus de deux après-midi libérés en théorie pour la musique, et je continue la progression, à part qu'il a fortement gagné en autonomie et avance plus vite. Par contre, adolescence pointant, la nullité des programmes commence à lui peser : il perçoit que c'est du temps perdu alors qu'il ne l'évoquait pas en primaire.

    Le seul point qui peut être délicat est le rapport avec les enseignants, mais avec un poil de diplomatie ça passe bien.
  • Concernant la socialisation, un ami s'impliquait dans toutes les activités organisées par l'école type kermesse etc. Mais il gardait ses enfants les jours normaux.
  • xax : je ne crois pas que l'instruction le soir après l'école soit une bonne idée ni ne soit tenable sur le long terme. Mais ce n'est qu'une opinion personnelle. Mûrement réfléchie, mais qui reste personnelle.

    Deux718281 : ton expérience m'intéresse vraiment. Je reviens sur la question "cesser ou non de travailler". Est-ce indiscret de vous demander comment vous vous organisez en pratique ? Est-ce que l'un de vous deux est à domicile en permanence ? Ou bien est-ce que vous vous faites aider par des tiers (grand-parents, ou même précepteur ?)

    Je pose la question, car de mon côté, nous n'avons personne à proximité (les grands-parents sont à plusieurs centaines de kilomètres) à qui nous pourrions confier l'instruction et la garde de nos enfants en journée. Donc pour nous, j'ai vraiment l'impression cela nécessite ce que l'un de nous deux s'arrête de travailler, ce qui est très très difficilement envisageable. Mais je n'ai sans doute pas exploré toutes les possibilités...
  • @omega si ça marche, j'avais bien réfléchi à la question et je savais aussi que le temps investi en primaire serait déterminant car c'est le niveau à la fin de la petite école qui est statistiquement décisif. Il n'y a pas que ça, mais c'est important. La vitesse de lecture, la richesse lexicale, l'aisance calculatoire acquises suffisent pour s'assurer d'un avenir scolaire intéressant. J'ai compris que c'était bon d'ailleurs ici, je ne me rappelle plus si c'était Kioups ou peut-être Ludwig, il y avait une planche d'exos de 4e il les faisait intégralement fin CM1 ou début CM2. Ça rejoint d'ailleurs ce qui dit Dom sur le fait qu'on peut progresser beaucoup plus vite et sans vraiment se tuer à l'effort en faisant ce qu'il faut.

    Après il y a un environnement particulier : je n'ai jamais eu de TV et le temps internet pour junior est limité, donc c'est extrêmement facile de dégager du temps, avec en sus une activité musicale importante et l'inscription à 2 clubs sportifs.
    Je ne fais pas les cours et exos moi-même, j'ai pris l'intégrale Singapour ancienne édition plus mes cours et des bouquins "d'avant". Idem pour le français.

    Je pense - et je le constate maintenant - que l'investissement parental en primaire, et peut-être en début de collège - aussi bien pour les acquisitions que pour l'autonomie sont importants. Ce n'est pas le genre de chose que l'on peut poursuivre longtemps après -adolescence etc. je vous fais pas un dessin :-)

    Pour conclure je dirais que d'un point de vue technique, du moins pour les gens inscrits sur ce forum, c'est facile et de bons documents existent, mais qu'il faut se faire à l'idée qu'il faudra compter 1h mini, plus un peu de préparation, de son temps chaque jour, weekends compris, et une bonne partie des vacances (pas de rupture). Le résultat est sans surprise : 1h par jour sur 300j / an sur 6 ans, ça fait 1800h, dont 1000h de maths, ça double le volume scolaire avec des trucs plus intéressants et plus pertinents.
  • Très intéressant xax. Intégrale Singapour, est-ce une référence ?
    J'ai toujours peur d'en faire trop, d'une part pour ne pas en faire une bête de foire et d'autre part pour ne pas mettre trop de pression.
  • xax : je crois malheureusement que ce que tu as pu faire est de moins en moins faisable du fait de la dégradation de l'enseignement primaire.

    Cette semaine encore, j'ai reçu plusieurs témoignages désespérés de parents et grands-parents qui s'arrachent les cheveux. Les uns parce que leur enfant en CE1 désapprend littéralement à lire à l'école : l'enfant lisait correctement et depuis la rentrée il lit de moins en moins bien. Pourquoi ? Parce que l'instituteur force la lecture globale : l'enfant doit reconnaître le mot et non plus le déchiffrer. L'enfant qui cherche à déchiffrer est repris parce qu'il ne va pas assez vite (la reconnaissance du mot doit être instantanée). D'autres rament sur des questions de calcul (en CM cette fois), pour les mêmes raisons : l'instituteur impose une méthode qui n'est pas celle avec laquelle l'enfant sait faire les divisions. Résultats : celui-ci est perdu. Bref, vouloir faire à la maison, avec a priori des méthodes différentes que celles en classe paraît de plus en plus difficile. Et faire à la maison pour faire pareil que ce qui est fait en classe n'a aucun intérêt.

    Bref, il y a 5 ou 6 ans, je pense que c'était encore faisable*, mais aujourd'hui, au primaire, je crains que ça le soit de moins en moins.

    * Bon et indépendamment de la faisabilité de la chose, cela ne me paraît très souhaitable sur d'autres aspects (épanouissement de l'enfant, son rapport à l'instruction, son temps de jeu, son rapport à l'autorité, tout ça tout ça...) mais c'est un autre débat. Et comme je l'ai déjà dit, il s'agit là d'une opinion purement personnelle.
  • J'ai lu les deux pages en diagonale.
    Étant concerné dans le futur par l'éducation de ma progéniture, je me pose de plus en plus la question.
    Au début, ce n'était qu'une pensée fugace.
    Depuis, l'idée fait son chemin. Lentement, mais...
    Dans la Maison depuis un moment, j'en ai vu des choses affreuses. Des classes où il est impossible d'enseigner quoi que ce soit, où quasiment personne ne peut apprendre, où on gâche le cerveau de jeunes gens doués.

    Après, oui, il faut pouvoir, avoir la disponibilité.
  • @Oméga A moins d'y aller comme un bourrin, on ne ruine pas l'épanouissement d'un enfant en le faisant travailler à la maison, je pense.

    Les conflits entre l'ancien savoir et le nouveau peuvent se régler facilement, car ils ne s'opposent pas, ce sont deux visions. La lecture globale est une hérésie, c'est un cas particulier, là il faut aller voir le prof pour négocier un arrangement du type "je te donne ce cahier de maths Singapour ancienne édition:-o, tu le donneras à mon enfant pendant que les autres apprendront à lire puisqu'il sait déjà le faire".

    Sur la redite par l'école, il suffit de la prévoir. Xax enseignait les équations à ses enfants dès la primaire (avec des dessins à la place des lettres je crois), si je me souviens bien, 3 ans avant la redite, qui dit mieux. Par exemple j'avais détaillé ici le programme idéal que je conseillais à un père qui voulait faire du soutien scolaire à sa fille (en plus de l'école donc) : http://www.les-mathematiques.net/phorum/read.php?18,1980758,1981810#msg-1981810
    moi a écrit:
    Pour ma part, je dirais que c'est pas forcément productif d'essayer d'aller plus vite que la musique, càd plus vite que le programme parce que le cours va lui être redondant. Par ex dans ce que je vais te dire, il manque des trucs, comme les ensembles de nombre, ou les inéquations, laisse l’École les lui apprendre.
    [...]
    Le programme étant devenu un gruyère, tu peux lui apprendre des tas de choses hors-programmes qui sont en fait importantes pour le programme, et même des généralisations, pourquoi attendre la L3 pour faire de la topologie, à tout le moins des espaces métriques, alors que c'est si éclairant sur l'analyse ? Pourquoi attendre la licence pour parler des groupes alors que ça peut être un jeu de les repérer tant ils sont partout ? Etc.
  • @omega: concernant la lecture, il n'est pas très difficile d'apprendre à lire à un enfant avant le CP.
    Nous l'avons fait pour nos 4 enfants, ça n'a pas posé de problème, même pour mon fils, dyspraxique, qui était le plus réfractaire à l'école. La 3e savait même lire en fin de moyenne section (ce qui lui a permis de ne pas faire la GS où elle s'ennuyait). L'important est de se tenir à un rythme régulier, une séance par jour.
    Si l'enfant entre en CP en sachant lire, il ne peut plus se passer grand chose de mal.
  • Aléa soulève un point crucial.
    Je confirme pour la lecture, c'est le plus important, cela fait belle lurette qu'elle n'est plus apprise correctement à l'école (1), donc plusieurs cas de figure :
    - ceux qui le savent et qui s'en préoccupent avant,
    - ceux qui ne le savent pas mais qui s'en aperçoivent (en général lors des vacances de Noël, avec des pics constatés par les éditeurs de ventes de méthodes de lecture, dont l'inusable Boscher),
    - ceux qui malheureusement ne comprennent pas et "font confiance à l'école".

    J'ai mentionné plusieurs fois qu'il fallait faire preuve de diplomatie avec les PE, ça demande de la méthode :
    - il faut se faire élire délégué des parents,
    - il faut faire en sorte de recueillir les doléances des PE, en général leurs demandes à la mairie qui traînent (four, machine à café, portes qui ferment mal, tableaux à changer etc.), et leur donner un coup de main sur tout, de la récolte de pognon à l'organisation de la kermesse,
    - le mieux est de savoir des "trucs" sur l'inspecteur, mais je tairais sur cet honorable forum ce que j'ai été amené à faire en la matière (le cas échéant je peux répondre en MP ...), pour établir une relation "efficace".
    En clair privatiser l'école. Je suis arrivé à virer rapidement une directrice qui ne convenait pas.

    Ça ne prend pas tant de temps que ça, il faut lires les textes importants de l'organisation de l'école et les circulaires, mais de bonnes relations avec les PE sont importantes.

    Sur les apprentissages, la méthode Singapour par exemple ne pratiquent pas les mêmes méthodes calculatoires, et ce dès les soustractions : elle fait la seule opération qui a un sens mathématique, on soustrait vraiment, tandis que la méthode en cours à l'EN est celles des commerçants qui rendent la monnaie. J'ai simplement demandé aux PE qu'ils fichent la paix à junior, en tête à tête.


    (1) la faute n'en revient pas aux PE mais au pilotage politique qui a diminué le nombre d'heures sans contrôle ab initio de ce qu'on faisait vraiment. J'ai cru comprendre que l'actuel ministère cherchait à améliorer les choses mais bon ...
  • XAX a écrit:
    lecture, c'est le plus important, cela fait belle lurette qu'elle n'est plus apprise correctement à l'école

    Tu veux dire que tous les gens qui savent lire et qui ont, disons, moins de 20 ans (30 ans?) aujourd'hui n'ont pas appris à lire à l'école voire qu'ils ne savent pas lire? Je te tacle pour te montrer ta propension à faire des phrases comme celle-ci qui, selon moi, décrédibilise ton discours.
  • Bonjour,

    FdP, c'est le mot "correctement" que tu ne connais pas ?

    Cordialement,

    Rescassol
  • FdP, c'est ta propension à raconter n'importe quoi qui te décrédibilise.
    Avant : au sortir de l'école primaire faibles écarts de capacités en lecture (qui vont évoluer selon la pratique au long de la vie),
    Maintenant : large dispersion qui reflète le niveau culturel et social des parents.

    Référence : thèse d'Amélie Izard https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00961020/
  • XAX a écrit:
    FdP, c'est ta propension à raconter n'importe quoi qui te décrédibilise.

    Tu es aussi coutumier de ce type de phrases. B-)-

    Rescassol:
    Dans ce domaine "correctement" est laissé à l'appréciation du lecteur et c'est bien évidemment fait exprès: cette phrase veut signifier qu'on n'apprend plus à lire aux enfants à l'école. C'est ce qu'on est sommé de comprendre.

    D'ailleurs, il suffit d'en faire la remarque et immédiatement le propos se précise et on obtient une version moins spectaculaire.
  • Mouais, le "avant", faibles écarts de capacités en lecture, quand les parents ne lisaient absolument jamais (voire ne savaient pas lire), j'y crois moyen... sauf qu'eux n'allaient pas au collège...
  • Une thèse de 2013 qui dans les prochaines décennies servira d'argumentaire aux déclinologues j'imagine. B-)-
  • xax : lis donc la conclusion, notamment la partie sur les idées reçues...
  • Kioups:

    Tu veux parler de ça:
    Thèse a écrit:
    Si l’on en croit ceux qui remettent en cause les méthodes d’enseignement de la lecture en ses tout débuts, on aurait dû s’attendre à observer une baisse en CP, or, ce n’est pas le cas, le niveau, tel que mesuré par L’alouette, reste stable avec ou sans les élèves en EP. Par conséquent, ce résultat invite à dédouaner les méthodes d’enseignement puisqu’à quarante ans d’écart le niveau en lecture au début de l’école primaire reste inchangé. De plus, la focalisation sur les méthodes d’enseignement au CP laisse penser que tout se passe là. Or, notre analyse montre que finalement, c’est en CE2 et CM1 que la baisse du niveau est la plus forte. Ce constat semble donc indiquer que tout ne se joue pas en CP. Il en est de même avec l’idée qu’en fin d’école primaire, un quart des élèves ne savent pas lire. En effet, si on considère les élèves scolarisés en école publique hors EP, on observe une stabilité du niveau en lecture en CM2. Si on inclut cette population, alors on observe un léger retard de trois mois en lecture, ce qui reste relativement faible.
    ?
  • Dommage, la discussion était très intéressante. Est-ce que la modération peut faire quelque chose ?
  • SuperKarl a écrit:
    A moins d'y aller comme un bourrin, on ne ruine pas l'épanouissement d'un enfant en le faisant travailler à la maison, je pense.

    Les généralités sur cette question me semblent difficiles. Tout dépend des individus, des besoins des uns et des autres...

    Par ailleurs, je crois que le temps d'apprentissage passé à l'école est nécessaire, c'est-à-dire que je crois que passer plusieurs heures par jours, comme je l'ai fait gamine, à apprendre à lire à écrire, à compter et à calculer est nécessaire. Je ne crois pas qu'une ou même ou deux par jours suffisent à acquérir les réflexes, à intégrer de manière solide et profonde ces connaissances de base.

    Donc quand on estime, et c'est mon cas, ne plus pouvoir compter du tout sur l'école, cela signifie qu'il faut reproduire cette quantité à la maison. Il ne s'agit plus de compléter l'école ou d'approfondir ce qui y est fait mais de s'y substituer. C'est du moins comme cela que je vois les choses. C'est pourquoi, le faire à la maison en plus de l'école, ne me paraît plus réaliste, bien que je suis sûre que cela l'était encore il y a quelques années, quand il s'agissait encore de compléter et d'approfondir.
  • Kioups évidemment les conclusions sont nuancées, quant aux parents qui ne savaient pas lire en 1965, ouais, dans les fins fonds peut-être; je faisais référence à ça pour l'étalement des capacités en lecture :110592
  • De plus on lit dans les conclusions : "la France semble être l’un des pays où le milieu social influe le plus sur les performances scolaire" ce qu'on sait, et que "Cet accroissement des écarts pouvant être expliqué par des facteurs scolaires (redoublements, transfert, ...) et extra-scolaires se traduit donc par un double processus aux deux bouts de la population : d’une part un décrochage des élèves les plus en difficulté et d’autre part, un décollage des élèves les plus performants."

    C'est tout cela que m'a porté à exprimer l'idée que les meilleurs ont appris à la maison, sur la base de mesures, ce n'est pas une opinion comme ça.

    Pour les maths et la physique j'ai peu de doutes sur un processus identique, et les dernières mesures (Cedre) vont dans ce sens : un petite fraction des élèves (5%) est absolument insensible à la réforme NVB qui, si elle était suivie à la lettre, aurait renvoyé tout le monde à un niveau très bas :110594
  • XAX:

    Il vient d'où ce graphique?
  • Je pense que tous les élèves qui ont des bons résultats suivent l'instruction en famille tout en étant scolarisés. Les programmes et les manuels sont tellement pourris que même les élèves intelligents peinent s'ils n'ont pas un coup de pouce.
  • C'est dans la thèse d'Amélie Izard.
  • Bizarre, en effet le graphique dans ce message ! En 1965, il y avait déjà des CM2 qui ne savaient pas lire (j'en ai même connu bien avant). Il faudrait croire que le niveau des meilleurs a été multiplié par plus de 10. En effet, ce qui est donné, c'est l'étendue, la différence entre la plus haute et la plus basse note.

    Il manque quand même une indication sur les populations étudiées, celle de 65 étant vraiment très homogène !!
  • En 1965 ma mère a trois ans, je prends donc le cas de mon grand père et de ses mémoires.
    Beaucoup d'instituteurs sont partis à la guerre en 1939. Dans les meilleurs cas, l'instruction était laissée à des instituteurs retraités, sinon à des volontaires ou pire, à personne. Il a fallu rattraper le temps perdu ensuite pour tout le monde, et cela n'a pas été possible pour tout le monde, en particulier pour les gens comme mon grand-père qui ont commencé à travailler à 14 ans. Lui a eu la chance d'avoir des cours de rattrapage après guerre par un instituteur effaré par leur faible niveau. Beaucoup de ses amis sont restés illettrés en attendant des mécanismes de compensation. Et il n'y avait besoin d'aller chercher dans les fins fonds pour en trouver.
  • En 1965 les élèves de CM2 étaient nés en 1955 environ, donc quand même 10 ans après la fin de la guerre, les effets dont tu parles Majax n'existaient plus.

    Quand je parle des fins fonds, c'était une certaine France Rurale (*) que mon père a connu dans ces années pendant son service militaire ou il assistait l’aumônier pour remettre à niveau une petite partie du régiment.
    À noter que les armées sont toujours dépositaires de cette mission de dernier recours en fin de cursus scolaire obligatoire.

    (*) la majuscule c'est sciemment.
  • Je faisais référence à l'aide possible à domicile, ou plutôt impossible, de la part des parents. Donc pour ma part, ces effets sont bels et bien présents.

    En ce sens que mon grand-père de son propre aveu n'a pu aider correctement ma mère en difficulté qui elle-même a dû commencer le travail à l'âge de 16 ans.
  • Bah, mes parents ne m'ont jamais vraiment aidé et je ne m'en suis pourtant pas trop mal sorti... Et je pense que c'est le cas de beaucoup de personnes, notamment issues du monde agricole (où c'est souvent le manque de temps qui fait qu'il n'y a pas beaucoup d'aide).
  • Je passais un temps fou dans mes manuels d'ailleurs. Notamment le premier week-end de l'année. Mais bon...
  • Pas de conclusions hâtives sur mon propos, il est impossible de faire des généralités.
  • Tout à fait d'accord !
  • Le comparatif 1965 / 2009 a la particularité d'utiliser un test brut qui mesure la vitesse de lecture (test de l'alouette) dont on sait qu'elle est corrélée à la compréhension. Contrairement aux autres tests qui sont régulièrement ré-étalonnés, c'est le même qui a été utilisé.
    J'ai le sentiment que lorsque les enfants de ces années là étaient correctement scolarisés, ils apprenaient mieux et de façon plus homogène. Les horaires de français étaient plus étendus aussi, notamment l'apprentissage de la lecture.
    Il faut se rappeler aussi, Le Bris l'indique dans ces livres, que jadis les "inspecteurs" inspectaient le niveau des élèves de la classe et non l'orthodoxie pédagogiste du PE.
    C'est assez difficile de voir selon les histoires familiales, mes parents ont été élevés dans des foyers non francophones, ça n'a eu aucune incidence sur leur scolarité, ma mère ayant même sauté une classe. Mais dans d'autres cas ça peut coincer.

    Donc il me semble clair que le seul moyen de s'assurer du bon apprentissage de la lecture - écriture est de la faire soi-même.
  • Pour familiariser les enfants avec les lettres, à partir de 4 ans : méthode les Alphas.
  • C'est super chouette.
    Mais bon pour junior j'avais trouvé aux puces un gros stock de lettres colorées enfichables sur des supports à 1€ :-)
  • Y avait du harcèlement dans mes clg j'étais déscolarisé en 6e et 5e je me faisais insulter de gros, de patate, de Patrick c'est aidant le collège à distance
  • Bonsoir,

    Je connais des Patrick qui seraient surpris d'apprendre que leur prénom est une insulte:-X.

    Cordialement,

    Rescassol
  • Vois le film "Antoinette dans les Cévennes".

    Cordialement.
  • omega écrivait : http://www.les-mathematiques.net/phorum/read.php?9,2103370,2104844#msg-2104844
    [Inutile de recopier un message présent sur le forum. Un lien suffit. AD]

    C'est en effet compliqué et pas faisable pour tout le monde. D'autant plus que comme tu l'indiques, deux problèmes se mélangent : la garde des enfants et l'instruction.
    Dans notre cas, nous avons du perdre des choses pour en gagner d'autres. "There is no free lunch".
    Je répondrai à la suite en message privé.

    Pour revenir au sujet initial, les arguments contre l'instruction à domicile sont souvent associés à une méconnaissance des réalités.
    Par ailleurs, je reproduis en substance un argument que j'entends souvent :
    "L'instruction en famille n'est pas faisable pour tout le monde donc personne ne doit avoir le droit de le faire".
    De mon côté, je pense que l'école est sûrement une solution adaptée à beaucoup d'enfants, l'instruction à domicile aussi. Dans chaque cas, si une solution est efficace, c'est très bien. J'ai par contre du mal à comprendre comment quelqu'un peut souhaiter réduire la liberté de quelqu'un si cette liberté ne restreint pas la sienne.

    Le texte accompagnant cette pétition est plutôt bien écrit (d'autant plus que les signataires représentent des tendances très diverses de l'instruction en famille) et relativement éclairant : https://www.mesopinions.com/petition/enfants/maintien-droits-instruction-famille/107871
  • Exp(1) a écrit:
    "L'instruction en famille n'est pas faisable pour tout le monde donc personne ne doit avoir le droit de le faire".

    C'est clair qu'une femme qui élève seule ses gosses et qui ne vit pas des dividendes de son portefeuille boursier ne va pas pouvoir ne pas envoyer ses gosses à l'école, pour le meilleur et...le pire.
    C'est une liberté qui ne concerne pas les familles modestes. C'est presque un privilège de riches.
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