Agrégation pour l'honneur ?

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Réponses

  • Les stats d'aléa montrent tout de même que plus de la moitié des recrutés viennent d'être qualifiés. Je pense que l'on peut négliger ceux qui en sont à leur deuxième qualif'. Par contre, il y a peut-être des gens qui n'ont pas cherché à candidater juste après la thèse.

    N'a-t-on pas plutôt des stats sur l'année de la thèse ?
  • Alea: merci pour ces stats! Ce serait aussi intéressant de savoir combien de temps les candidats ont travaillé sur leur thèse.
    H: je n'ai pas candidaté l'année de la thèse, car les qualifs étaient passées. Je pense que nous sommes nombreux à avoir arrêté la thèse, une fois la travail terminé, sans tenir compte des impératifs administratifs.


    M.
  • A-t-on idée du nombre de normaliens (ou polytechniciens) qui après leur thèse tentent de devenir MCF/sont qualifiés/deviennent effectivement MCF ? Derrière ça, la vraie question est de savoir si les jeunes docteurs non-normaliens ont une chance ou si au contraire, on prend trop de doctorants (question qui peut choquer mais qui se pose quand même...)
  • @paf

    1) Le milieu académique n'est pas sensé être le seul débouché de la thèse. On rejoint là le débat sur la perception du doctorat dans le privé en France et sur le niveau du diplôme.
    2) On ne peut savoir si quelqu'un est doué pour la recherche ni s'il a du goût pour la recherche avant qu'il en ait fait significativement. Il est donc indispensable qu'il y ait plus de doctorants que de postes dans le milieu académique.

    Je n'ai pas de chiffre sous la main sur le devenir des normaliens. Je pense qu'il y 15 ans une grosse moitié en math au moins finissait dans le milieu académique. De nos jours je ne sais pas.
  • Le milieu académique n'est pas sensé

    Complètement insensé ! ;-)
  • Comment voulez-vous que les entreprises reconnaissent la valeur du doctorat, alors que les universitaires eux-mêmes lui accordent peu de crédit?
    En effet, a quoi sert les CNU, si ce n'est pour faire le tri parmi les doctorants et les initiés?

    Quand il y a enfin eu des personnes réclamant la fin des CNU (et donc la fin des doctorats-cadeaux-bonus), qu'est-ce qu'on n'a pas entendu. "Mais vous n'y pensez pas ma bonne dame. Si on supprime les CNU, comment va-t-on continuer à se goinfrer? Pas touche au CNU. Donc on ne change rien"
  • Suivant mes calculs, en probas, 6 MCF sur les 12 recrutés en 2014 sont normaliens. En revanche, je n'ai pas vu de normalien recruté MCF en stats.
  • @Joaopa : je doute que l'on ait entendu cela. Qu'a-t-on entendu exactement ? Par ailleurs je ne comprends pas "des personnes réclamant la fin des CNU (et donc la fin des doctorats-cadeaux-bonus)".
  • @alea : et sais-tu dire combien venaient de soutenir leur thèse ? Par ailleurs y avait-il sur le marché un normalien ayant fait une thèse en stat ?
  • Si on supprime les CNU, les universitaires devront faire plus attention aux diplomes qu'ils délivrent.
    Actuellement , une personne qui s'accroche obtient toujours son doctorat. Dans le pire des cas, on se dit qu'une personne très tangente se fera refouler par le CNU, donc on prend aucun risque en lui délivrant son morceau de papier (je n'est pas PQ, mais je le pense fortement)
  • Oui, il y avait un normalien ayant fait une thèse en stat, qui, sauf erreur de ma part, n'a pas eu de poste.
    Je regarde et je te dis pour les probabilistes.
  • Joaopa a écrit:
    Si on supprime les CNU, les universitaires devront faire plus attention aux diplomes qu'ils délivrent.

    Je ne suis pas d'accord.
  • Bon, alors après vérification, j'avais compté un statisticien comme probabiliste. Ca fait donc finalement 6 normaliens sur 11.
    Les 6 normaliens: 2013 (3x) 2012 (2x) 2011 (1x)
    Les 5 non-normaliens: 2013 (2x) 2012 (3x).
  • Merci !

    On pourrait aller jusqu'à regarder le mois de soutenance :-).
  • Les meilleures stats, c'est les stats exhaustives... ;-)
  • skyffer3 : si tu rencontres des docteurs bidons c'est probablement parce qu'ils ne sont pas assez bons pour faire de la recherche (ou pas les bonnes connaissances) !
  • Heu, pour apporter ma pierre a l'edifice, j'ai fait une ecole d'ingé (dans le top 5 puisqu'apparement c'est de celles là qu'on parle) au milieu des anneés 2000, puis une these en maths.
    Et si, en ecole d'ingé meme une pourtant considérée comme tres bonne on peut totalement glander et obtenir son diplome. Moi je n'y ai fait serieusement que des maths et de la physique (et un peu de maths app) mais pour maintenir la sacro-sainte multidisciplinarité de l'ecole je devais (en 2A) valider des matières de 8 departements differents (si ma mémoire est bonne) et je peux dire que j'ai validé ces cours (et pas ric rac hein!) en en glandant pas une.
    Apres les gens la bas n'y etaient pas agrégés mais quant a la difference de "niveau" entre la population de mon ecole d'ingé et des doctorants que j'ai cotoyé à P6 (ou des gens dans mon M2 a Orsay).... je ne saurai dire parce que beaucoup de gens dans mon ecole semblaient eprouver une certaine lassitude vis a vis des sciences (beaucoup partaient faire de l'eco ou de la bio), mais je n'ai jamais rencontré ces doctorants mediocres incapables de prouver que log(1+x) est majoré par x.
  • L'échantillon de skyffer3 est probablement biaisé effectivement.
  • @bro : Je suis d'accord avec toi.

    Parfois les connaissances générales sont faibles, et en mathématiques appliquées, il faut un solide background dans beaucoup de domaines pour être bon : comme l'optimisation, les probas, l'analyse spectrale, ... Et surtout, j'estime que c'est très important d'avoir du recul en maths pour employer les bonnes méthodes dans le bon contexte.

    Un exemple très simple, quand est-ce que je peux approximer/interpoler une fonction par des polynômes interpolateurs, avec lesquels, quand utiliser plutôt des splines, c'est quoi l'intérêt d'une approximation par convolution, et par Fourier, ... ? Ce type de questions (et beaucoup d'autres) sont à mon sens essentiels pour évaluer un candidat en mathématiques (pour un poste dans le privé en tout cas), et ce quel que soit son domaine d’expertise et son travail de recherche.

    Ces questions apparaissent tout le temps en pratique quand il s'agit d'implémenter des méthodes, et montrent qu'on aura du recul sur des méthodes plus complexes. Ces questions sont simples, mais (trop) peu de gens savent y répondre correctement. Il n'y a pas une unique bonne réponse, en revanche il y a beaucoup de mauvaises réponses possibles à ces questions. L'idéal selon moi étant de poser ces questions dans le contexte d'un problème qui concerne le domaine du poste où la personne candidate. Et puis rien n'empêche la personne de mettre en lien ces questions avec le domaine et les problèmes sur lesquels elle a travaillé. Cela n'empêche pas ensuite de poser des questions plus spécialisées sur le domaine d’expertise du candidat.

    Mon propos était en fait juste de dire qu'en dehors d'une équipe de recherche, c'est dur pour un manager d'évaluer un docteur, on peut tomber sur tout. Avec un diplôme d'ingénieur d'une (vraie) grande école, on a plus de visibilité pour un poste de R&D, orienté ou non recherche, ou pour un autre type de poste. Mais dans nos équipes de recherche, comme je le disais, nous ne prenons quasiment que des docteurs, et nous savons (a priori :-D) les évaluer, là n'est pas le problème ;-)

    Mais je comprends bien que ce que je dis est contestable et crée des crispations X:-(
  • Mon échantillon des docteurs est probablement biaisé, après tout j'en connais quand même moins que des ingénieurs. De toute manière, la recherche ou la R&D "avancé" c'est exigent, et rare sont les gens très brillants (par définition de ce que veut dire être brillant) que ce soit ingénieur ou docteur. On essaye juste de maximiser sa chance de tomber sur quelqu'un comme ça.

    Pour les ingénieurs en revanche, dans mon école personne n'a pu "glander" en maths apps en dernière année. Après, tout le monde ne travaille pas comme en prépa évidemment, ça dépend de ce qu'on veut dire par glande.

    Et glande ou pas, j'en connais un certain nombres qui étaient suffisamment doués pour être vraiment compétent sans travailler de manière acharnée, et c'est bien des compétences dont il s'agit ici.

    Après, il est évident que dans ces écoles, valider un cours non scientifique est souvent une blague, je ne le conteste pas, les grandes écoles sont généralistes (et de mon point de vue c'est un avantage, là n'est pas le débat mais comme je le disais beaucoup de choses techniques peuvent aussi s'apprendre sur le tas quand on a la capacité d'apprendre et de comprendre vite).
  • H a écrit:
    2) On ne peut savoir si quelqu'un est doué pour la recherche ni s'il a du goût pour la recherche avant qu'il en ait fait significativement. Il est donc indispensable qu'il y ait plus de doctorants que de postes dans le milieu académique.

    Évidemment, mais est-il indispensable d'avoir un ratio nombre de candidats/nombre de postes aussi important qu'actuellement ?
  • Tu oublies le point 1).
  • Par les temps qui courent, pas sûr que la grande majorité des jeunes docteurs trouvent un poste dans le privé, surtout s'ils font des maths pures...
  • Et même avant les temps qui courent. Comme il l'a déjà été remarqué, le doctorat n'est pas valorisé en France et il ne l'a jamais été.
  • H: oui enfin, il faudrait peut-être modérer ton propos. SI un directeur de thèse n'a par le passé formé que des scientifiques de troisième catégorie, il est peu probable qu'il forme des mathématiciens de premier plan (de catégorie 1 aurait dit Dieudonné) à l'avenir, et inversement.

    M.
  • On ne peut pas comparer un agrégé et un doctorant.

    C'est deux formations differentes il est clair qu'un agrégé aura plus de connaissances
    d'aisances pour les maths du collège/lycée/prépas. Dans sa préparation il travaille
    avec des thèmes de classes prépas.

    Un thésard est spécialisé dans son domaine, souvent quand on est dans un domaine
    de recherche on ne connaît pas ou on oublie vite les notions qui n'ont rien à voir
    avec son domaine. Dans un doctorat on prouve des nouveaux résultats , certains
    thésard arrivent même à prouver des conjectures.

    Qu'un doctorant ne sache pas résoudre un exo de prépas ou de term s
    ne prouve pas qu'il est mauvais.

    De même un agrégé même le major ne saura pas forcément énoncer et prouver un
    résultat nouveau.

    Pour répondre à l'auteur de ce topic releve ton défi
    passe l'agreg avec un rang de classement dans les dix premiers.
  • @Mauricio : quel propos veux-tu que je modère ?
  • Skyffer tu surestimes vraiment énormément 1) ce qu'on fait en école d'ingénieur (on peut vraiment ne rien foutre pendant trois ans sans problème) 2) le niveau de l'agreg (bachoter comme un malade paye, donc l'implication agrégation => bon en maths est complètement fausse).

    Je suis en thèse et j'enseigne dans une grande école d'ingénieur. Des élèves qui ne savent même pas me dire pour quels $\alpha$ la fonction $x \mapsto x^\alpha$ est $L^1$ sur $(0,1)$ (ou faire le raisonnement pour retrouver le résultat), j'en ai plein mes TDs. Ou encore, exemple qui date de la semaine dernière, diagonaliser une matrice 3x3 est difficile...

    Faut arrêter de penser que les concours, que ce soit ceux pour rentrer en école, l'agreg, etc. est une indication sérieuse sur le niveau en maths des gens.
  • Oui oui, je surestime complètement ça. Quel idiot je suis, dorénavant je recruterai nos stagiaires en recherche (et même nos docteurs, soyons fous) à l'école du papier, puisque le niveau des concours ne veut rien dire. Et en plus ça nous coûtera moins cher, les RH vont êtres contents.

    Bizarrement j'en connais pas mal qui se sont spécialisés en maths dans une grande école (et ce que j'appelle grande école c'est top 5, je ne me bats pas pour savoir si la 28 ème école est meilleure que la 29 ème ...), et bizarrement j'ai toujours vu une grosse différence de niveau avec les autres sur un point de vue théorique. Ca ne veut pas dire qu'ils sont nécessairement plus productifs, mais clairement ils n'avaient pas le même background et avaient beaucoup plus de recul en maths (et c'est primordial quand on fait des maths appliquées).
  • Tout ça pour dire que si, les concours sont une indication sérieuse du niveau en maths des gens.

    Vous êtes tous en thèse ou docteur, c'est très bien, vous enseignez même dans des écoles, mais j'aimerais bien des noms d'ailleurs, parce que ce que vous dîtes ne correspond en rien à ce que je vois, d'autant plus que certaines écoles du top 5 délèguent leur option de maths app en 3A à des masters de recherche (aussi bien en finance qu'en vision/apprentissage), qui pour le coup sont généralement plus durs à valider que les cours en école (si si je l'admets).

    En pourcentage il y aura toujours quelques personnes qui ne méritent pas leur diplôme, c'est évident.
  • Désolé non je donne pas de nom je compte rester plus ou moins anonyme. Mais l'école où je travaille fait partie du top 5/10 (je sais pas exactement et je m'en fous). Je distingue bien les cours de l'école avec les cours de master. On parle ici du diplôme d'ingénieur. Quand on voit les directives de l'administration quand il y a un examen où y'a beaucoup de recalés (remontée artificielle des notes, mise en place d'oraux bidons de rattrapages), pour ne pas avoir son diplome d'ingé faut vraiment le faire (les masters ne sont pas pareils à ce niveau)

    D'ailleurs je pige pas trop c'est quoi ton discours. Comparer thèsard et ingénieur est idiot, vu qu'une proportion non négligeable de thésard en maths app sortent d'écoles d'ingénieurs (la moitié des thésards de mon labo par exemple). Si le discours consiste à dire que le niveau moyen des gens qui sortent des 5 plus grandes écoles d'ingé est meilleur que celui de ceux qui sortent de la fac, c'est pas un scoop lol.

    Je persiste et signe que les concours d'entrée en école d'ingénieur ne sont pas un indicatif fiable sur le niveau en maths des gens. Encore moins le diplôme de sortie (encore une fois master exclu).
  • Où est ce que j'ai comparé école d'ingénieurs et doctorats ?

    Tout ce que je dis (et visiblement tu n'as pas lu mes posts depuis le début), c'est qu'un doctorat seul, sans creuser plus loin, n'est pas un indicateur fiable du niveau en maths de quelqu'un, contrairement à quelqu’un qui a un diplôme d'ingénieur du top 5 et qui s'est spécialisé en maths.

    Et je ne vois pas pourquoi je distinguerais master de recherche et diplôme d'ingénieur, puisque je le redis, certaines écoles du top 5 délèguent leur option de math de 3A à ces masters (il n'y a alors pas de cours en école), et donc échouer au master revient à ne pas avoir le diplôme d'ingénieur ...
    Héhéhé a écrit:
    Si le discours consiste à dire que le niveau moyen des gens qui sortent des 5 plus grandes écoles d'ingé est meilleur que celui de ceux qui sortent de la fac, c'est pas un scoop lol

    Pour certains si, c'est un scoop apparemment.

    Et je n'oppose pas doctorat et diplôme d'ingénieur, je parle juste de niveau a priori. Il est évident que des docteurs, pur produits de la Fac, peuvent être bien plus brillants (et à tout point de vue) qu'un polytechnicien qui a fait une thèse ...

    Mais statistiquement, un recruteur (hors équipe de recherche) qui regarde juste le CV, il ne peut pas le deviner ça, alors qu'avec un polytechnicien il prend moins de risque. Voilà pourquoi les entreprises sont plus frileuses avec les docteurs qui ont un cursus antérieur moyen. C'est tout ce que j'essaye de dire depuis le début.

    C'est tout ce que je dis, mais je vois que je défrise pas mal de monde.

    Je vais finir par effacer mes postes avant d'être conspué par tout le forum :-)
  • Bah si justement il faut distinguer master de recherche et diplôme d'ingénieur. C'est pas du tout la même chose (même si on peut souvent remplacer sa troisième année par une année de master). C'est justement cette confusion qui fait que j'avais pas bien compris ce que tu voulais dire. Je suis d'accord pour dire que quelqu'un qui sort d'école d'ingé avec des bonnes notes en master a de très bonnes chances d'être bon en maths. Je connais pas non plus d'école qui ont une spécialisation en maths app sans master pour la soutenir. Ce que je voulais dire c'est qu'un diplôme d'ingé sans master sans coloration maths app ne donne pas d'indication sur le niveau en maths.
  • Skyffer3, tu parles beaucoup de recrutement mais on s'en fout des recruteurs. Quelqu'un qui fait une thèse en maths fondamentales, a priori, c'est pas pour aller travailler dans une entreprise. Si tu veux tester le niveau de quelqu'un en maths, tu n'as qu'à lui poser un exercice à l'oral et tu verras s'il a mérité son diplôme.
  • Héhéhé a écrit:
    Ce que je voulais dire c'est qu'un diplôme d'ingé sans master sans coloration maths app ne donne pas d'indication sur le niveau en maths.

    Entièrement d'accord, et il me semble l'avoir dit sur ce fil, lorsqu'on évalue un CV d'ingénieur, il faut faire très attention à l'option choisie, toutes ne se valent pas. Et idéalement il faut avoir le master de recherche associé même lorsque le master ne remplace carrément pas la 3A entière (mais il y a de bonnes raisons de ne pas avoir pu le faire).
    bro a écrit:
    tu parles beaucoup de recrutement mais on s'en fout des recruteurs
    Si on s'en fout, pourquoi depuis le début de ce fil vous vous plaignez que le doctorat n'est pas assez valorisé en entreprise ???!!!
    J'essayais juste de répondre à ça, puisque travaillant dans le privé je peux imaginer les raisons (mais comme je disais, dans mon domaine nous recrutons des docteurs).
  • bro a écrit:
    Si tu veux tester le niveau de quelqu'un en maths, tu n'as qu'à lui poser un exercice à l'oral et tu verras s'il a mérité son diplôme

    C'est ce que certains font lors du recrutement :-P J'ai même donné des questions type que je poserais si je devais recruter quelqu'un.
  • Et ça serait quoi ces questions pour info ?
  • @Judoboy :

    J'ai donné un exemple dans le dernier message de la page 3.Il s'agit d'une question simple et orienté maths apps évidemment. Il ne s'agit pas de piéger à froid quelqu'un, mais de voir son recul sur certaines méthodes, sa vision d'un problème (le mieux étant d'intégrer la question à un problème un peu plus large).

    Mais j'ai donné cette question juste comme ça (je ne l'ai jamais posé par exemple), on peut aussi/en plus poser des questions plus spécialisées.

    J'espère que je ne vais pas me faire conspuer maintenant sur les questions d'entretien haha :-D

    En tout cas, je connais des personnes qui posent des questions vraiment débiles, du genre petite énigme qu'on pose pour rigoler entre amis, le problème est typiquement mal posé, n'admet qu'une seule bonne réponse (foireuse généralement), ne sert à rien pour évaluer le recul du candidat en maths, ni ses compétences, et soit on a le truc tout de suite soit on ne devine pas, c'est binaire comme question. Je déteste ce genre de recrutement, et c'est presque un manque de respect du recruteur vis à vis du candidat. Bac+5 ou +8, très bon diplôme, et on voit le genre de questions posées à ces candidats ...

    Il faudrait avoir le courage de se lever et de partir lorsqu'on affronte ce genre de recruteurs (et j'imagine que c'est le genre de personne limite techniquement, alors il se rabat sur une énigme carambar, c'est tellement plus fiable que de regarder le CV 8-)).
  • Ok je vois. C'est vrai que j'ai vu un ami préparer ses entretiens pour des postes dans la finance, c'était bourré "d'énigmes carambar" come tu dis. Je vois vraiment pas l'intérêt et ça me semble complètement injuste comme méthode, la moitié des énigmes demandaient plus ou moins un coup de bol pour être résolues...


    Et donc les polynômes interpolateurs on s'en sert quand :D ? (simple curiosité je fais pas d'analyse mais ça m'intrigue)
  • Judoboy a écrit:
    la moitié des énigmes demandaient plus ou moins un coup de bol

    Exactement !

    Et pire que ça, si tu donnes une bonne réponse en dehors du cadre qu'attend le recruteur, il ne cherchera même pas à comprendre, pour lui ce sera considéré comme faux. Effectivement, en finance j'ai beaucoup d'amis qui m'ont parlé de ça, j'ai même un recueil de questions posées en entretien, mais j'en ai aussi vu dans ma boite (et je ne fais pas de finance) ...

    Heureusement, on ne m'a jamais posé ce genre de questions, et j'avoue que je l'aurais très mal pris (je suis susceptible :-D) , en tout cas ça ne m'aurait pas donné envie de bosser pour une telle personne. Nous quand on recrute quelqu'un, on passe plus du temps à le convaincre que ce qu'on fait est cool (et c'est vrai :-P) qu'à le challenger ... Il y a un CV, on éclaircit les points d'ombre, et éventuellement on parle un peu technique, mais comme je l'ai dit, le but n'est clairement pas de piéger à froid, juste de voir si on pourra bosser ensemble et partager des idées.
    Judoboy a écrit:
    Et donc les polynômes interpolateurs on s'en sert quand ?

    Beaucoup de réponses possibles, l'idéal étant de poser cette question dans un contexte plus précis, ou d'inciter le candidat à dire dans son domaine de quoi il se sert et pourquoi.

    Mais si je devais répondre, je dirais que pour approximer une fonction (sans chercher à ce que l'approximation passe par des points exacts) on ne s'en sert vraiment pas souvent, si le degré est élevé le polynôme peut exploser, et si le degré est trop faible l'approximation n'est pas géniale.

    Si on veut vraiment une interpolation (et non une approximation), et donc passer par des points précis, j'utiliserais clairement des splines (c'est juste coller des polynômes interpolateurs sur plusieurs bouts), ou des courbes de Bézier (quoi que plus difficile à calculer pour interpoler sur des points exacts, mais plus intéressant dans un cadre purement géométrique), ...

    J'ajouterais que les splines, c'est ce qu'on fait en éléments finis sans utiliser ce mot. Et je dirais que ma préférence va aux polynômes d'Hermite si je veux préserver des propriétés sur la tangente aux points interpolateurs.

    Pour l’approximation par convolution, c'est un bon cadre quand on connaît beaucoup de points d'une fonction continue qu'on veut approximer par une fonction $C^{\infty}$. C'est intéressant de noter que ça se dérive bien, et que si on prend un noyau suffisamment "piqué" ça revient à lisser la fonction à approximer en moyennant sur les voisins, et que dériver l'approximation revient à une sorte de différences finies sur les points voisins de la fonction qu'on veut approximer. Si je devais poser la question, j'aimerais bien qu'on me parle de filtrage quand on me parle de convolutions.

    Quant à Fourier, on peut s'en servir pour approximer, et pour interpoler aussi, mais c'est tellement vaste, ça pourrait faire l'objet d'une question à part, et mon message est déjà trop long.

    Ensuite, en entretien, la question pourrait dériver sur l'interpolation ou l'approximation dans un contexte précis du domaine où on travaille (je ne donnerai pas d'exemple, moi aussi j'aimerais garder un anonymat relatif). Par exemple dans mon domaine, il y a des cas où on interpole dans un autre espace que celui de départ, grâce à une bijection entre les deux espaces, celui de départ et celui où on interpole.

    Puis il y a d'autres méthodes, pour les très hautes dimensions, plus tournées vers des problèmes de régression (stats, data mining, ...).

    Comme tu vois, il n'y a pas une seule bonne réponse, et on peut relier ces questions à n'importe quelle cadre ;) J'ai juste répondu ce que moi je répondrais à froid, mais plein d'autres réponses sont possibles dans plein d'autres contextes, selon le background de celui qui répond.

    La seule mauvaise réponse c'est de dire : "ben je sais pas, je connais que les polynômes interpolateurs de Lagrange et ça marche très bien", ou de ne rien dire ;-) Le but étant de tester le recul, la curiosité, l'ouverture d'esprit, la capacité d'exploiter la bonne méthode dans le bon contexte, ...

    Et ces questions permettent de rebondir sur n'importe quoi si le candidat s'y prend bien. Je ne vais pas donner tout ce que j'ai en tête, mais y a vraiment moyen de rebondir sur un sujet qu'on connaît bien rien qu'en partant de là, j'ai parlé d'éléments finis, mais avec Fourier on peut rebondir sur beaucoup d'autres choses aussi, j'ai parlé stats, filtrage, géométrie, ...
  • Bonjour à tous,

    Je rebondis sur ce fil fort intéressant. Actuellement en M2 je me demande quel est le bagage en Analyse requis pour:
    - un candidat a l'agrégation
    - un ingénieur de recherche en mathématiques appliqué (type EDP, optimisation,...)
    - un candidat pour une thèse en Mathématiques appliqués

    Vous l'aurez compris je suis très intéressé par le domaine de l'Analyse et je suis assez hésitant sur la suite de mon parcours. Je souhaiterai notamment unifier et clarifier mes connaissances acquises de puis la L1 (d'où mon attrait pour l'agrégation mais je ne suis pas très fan de l'algèbre) et avoir un bagage en analyse suffisamment large et solide pour m'adapter rapidement (selon l'orientation que je choisis à l'issu du M2. )

    A) Je me suis déjà fait une liste des sujets que je devais traiter pour établir une "remise en forme solide" depuis zéro, qu'en pensez vous ? (notamment au niveau des ouvrages, je souhaite qu'ils me donnent une base solide):

    [Algèbre linéaire (Griffone), Analyse réelle de prépa (RDO Tome 3), Intégration (Revuz et Briane et Pagès), Topologie (Schwartz pour avoir une vision générale espaces vectoriel topologique, espace localement convexe, espace de frechet, filtre...), Analyse fonctionelle (Brézis et Rudin), Analyse complexe (Audin et Rudin (Analyse réelle et complexe), EDO (je n'ai pas de réferences, vu que je n'en ai jamais fait!), Analyse harmonique (pas de réference non plus...), Probabilité (Probabilité de base de Jacod et Potter)]
  • Ainsi que le Raviart et Thomas comme introduction aux méthodes numériques pour les EDP.

    Voilà je voulais savoir si ce que j'ai cité correspond au bagage minimum requis pour quelqu'un qui souhaite poursuivre dans le domaine de l'analyse .

    J' 'envisage presque de prendre une année sabbatique pour faire cette mise à niveau (revoir les cours cités plus haut ainsi que la résolution de nombreux exercices pour acquérir les bons reflexes). En effet j'ai toujours eu l'impression de comprendre moyennement certains cours et pourtant mes résultats ont toujours été bons durant les examens (qui étaient assez simples en générale ) ce qui fait que je n'ai jamais eu à redoubler ; ce qui somme toute aurait été bien utile pour me forger des bases solides (à titre d'exemple, lorsque je souhaite résoudre un problème je me lance tête baissée au lieu d'adopter une stratégie/méthodologie pour le résoudre, ce qui fait que lors des examens on m' a toujours reproché d'être brouillon et pas toujours très clair!).
  • Ah, je connais ce sentiment! Bah je crois qu'il est du à la façon d'enseigner plus qu'à autre chose...

    Les séminaires seraient une bonne chose, non? voir numdam pour les anciens seminaires bourbaki et plein d'autres choses.
    Sinon en Anglais il y a plein de livre chez Springer dans la séries Universitext http://www.springer.com/series/223?detailsPage=titles dont un certain nombre autour de l'analyse mais avec une ouverture bien plus grande...
  • B) Ma deuxième question est plus ciblée sur la question de l'orientation:
    En lisant le fil j'ai vu des remarques de certains qui me font penser a ma situation. Comme je l'ai dit je m'en suis sortit jusqu'a présent mais je trouve mes bases pas solides. Je penses qu'a l'heure actuelle il y aurait surement des questions / problèmes simples aucquels je ne pourrait répondre. Je penses ne pas être forcément très rapide mais mon intérêt pour l'analyse fait que je peux facilement trouver la motivation pour bosser. Du coup je me dit que je ne suis peut être pas mure pour la thèse (n'ayant pas des bases bien solides) et qu'une année à revoir tout serait bien profitable. Par la suite je m'interroge beaucoup sur ma capacité à finir lathèse jusqu'au bout et sur mes réelles capacités à devenir MCF (peur de ne pas être assez bon, je doute de mes compétences), d'ou l'interrogation sur un poste d'ingénieur chercheur (qui me semble plus simple). Bref je suis un peu paumé et le fait d'être entouré de gens brillants dans mes cours (ENS,...) me fait douter et complexer sur mes réelles capacités (je suis lent mais besogneux si besoin est!).

    Je vous remercie par avance pour vos suggestions (la question de evoir choisir et déterminer mon avenir me stress beaucoup).
  • 1) Prendre une année sabbatique peut être dur à justifier ensuite sur un cv.

    2) Prendre une année pour préparer l'agrégation me semble être une bien meilleur idée si tu estimes ne pas avoir des bases assez solides et si tu veux tout reprendre calmement.

    3) Le fait de ne pas trop aimer l'algèbre ne devrait pas être un élément contre la préparation de l'agrégation. Retravailler l'algèbre calmement et d'un point de vue différent pourrait même te réconcilier avec l'algèbre, ce genre de revirement n'est pas si rare !

    4) J'ai appris les maths avec le Ramis-Deschamps-Odoux. Comme je le répète régulièrement sur le forum, je ne le regrette pas. C'est très bien écrit et tu pourrais commencer par cela (en excluant le cinquième tome). Je connais surtout le Rudin d'analyse réelle et complexe pour la partie complexe. Le chapitre 10 est suffisant pour l'agreg sur le thème de l'analyse complexe. Pour la culture tu peux tout de même lire quelques chapitre en plus (par exemple celui sur le théorème de l'application conforme). Rajoute un bon livre sur la théorie de l'intégration et sur les probabilités et tu en sais suffisamment pour l'agrégation, en dehors des options de modélisation. Le Rudin d'analyse fonctionnelle est sans doute hors de portée de l'agrégé moyen.

    5) Si, en démarrant ta thèse, tu ne connais pas un sujet utile pour ta thèse, il est encore temps de l'apprendre ! Si tu dois démarrer ta thèse par 3 mois d'étude des espaces de Sobolev ou des evtlcs ce n'est pas bien grave. Être un agrégé raisonnable est a priori suffisant pour trouver un directeur de thèse et pour pouvoir tenter une thèse.

    6) Le fait d'être lent est un gros handicap pour les études et les concours. Ce l'est beaucoup moins pour un chercheur. Bien sûr il faut compenser par d'autres qualités et, bien évidemment, les plus grands chercheurs possèdent à peu près toutes les qualités utiles dont la vitesse :-).
  • H écrivait:

    > 3) Le fait de ne pas trop aimer l'algèbre ne
    > devrait pas être un élément contre la
    > préparation de l'agrégation. Retravailler
    > l'algèbre calmement et d'un point de vue
    > différent pourrait même te réconcilier avec
    > l'algèbre, ce genre de revirement n'est pas si
    > rare !

    Bon, ok, allez passe à table : combien il te paye Greg ?
  • Merci beaucoup pour ces conseils (si vous en avez d'autres je suis preneur!). Concernant la partie algèbre c'est également parce que j'ai l'impression que ce sera du temps perdu (si je veux poursuivre dans le domaine de l'analyse, mais peut être que je fais erreur...).
  • Les algèbres et groupes de Lie sont très présents dans certaines parties de l'analyse ( variété ).
  • skyffer3 a écrit:
    Et je n'oppose pas doctorat et diplôme d'ingénieur, je parle juste de niveau a priori. Il est évident que des docteurs, pur produits de la Fac, peuvent être bien plus brillants (et à tout point de vue) qu'un polytechnicien qui a fait une thèse ...

    Moi à mon avis la différence fondamentale qu'il y a entre un thésard et un élève ingénieur c'est 1) l'expérience. On aura beau dire, un jeune qui a 26-28 ans a la sortie de la thèse est peut être plus mature/responsable qu'un minot de 23 ans. D'autre part, ça ne fait aucun doute qu'un doctorant est plus autonome qu'un élève ingénieur. Ce dernier a des cours, valide des options, mais ça reste un système scolaire. Qu'est-ce qui fait qu'un doctorant a sa thèse ? C'est que pendant trois ans il s'est coltiné un sujet bien pointu, qu'il a cravaché de manière quasi-autarcique, que l'incertitude sur la suite de ses travaux l'a obligé à se remettre en question, à aborder les problèmes sous différents points de vue, à développer des procédures originales, à lire de la littérature scientifique, etc.

    Pendant ce temps, la majorité des intervenants de ce sujet soulignent que une fois que l'on est en école d'ingé, il est rare de ne pas avoir son diplôme, même en étant légèrement tangent sur les notions de travail personnel. En France, beaucoup de docteurs sont au chômage, alors qu'ils constituent en quelque sorte un vivier intellectuel. Malheureusement, cela semble plus rémunérateur de miser sur la réputation de telle ou telle école. Ce fil et certain de ces intervenants semblent sentretenir ce préjugé qui est justement préjudiciable à beaucoup de gens sérieux.

    Un lien radiophonique pour les intéressés.
  • @albertine : tu n'as sans doute pas lu les différents messages de skyffer.
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