Votre prof le plus excentrique

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Réponses

  • Magnéthorax a dit :
    Pour revenir au fil : sans être excentrique au sens strict (dur à dire ça), j'ai eu en maths en sup PCSI un dandy tout droit sorti d'un roman d'Oscar Wilde qui s'appelle Pascal Tonnelier. Noeud pap, gousset, Dunhill (ou Craven A). C'était sa deuxième année d'enseignement, je crois. Totalement responsable de ma passion. Il avait lui-même contracté le virus au contact de Nicolas Tosel, dans le même bahut quelques années auparavant. 

    Hello Magnéthorax,
    Je crois que le prof dont tu parles c'est mon prof de maths de cette année... La description correspond parfaitement ! Il est brillant et surtout intemporel : la question de cette année c'est quel âge il a ?
    On essaye par tous les moyens de répondre à cette question, mais même ses collègues ne savent pas... est-ce que ça serait possible d'avoir un ordre d'idée de l'année où tu l'as eu, pour pouvoir enfin y répondre ?
    Bon courage pour la suite :smiley:
  • alexpert2 a dit :
    Je crois que le prof dont tu parles c'est mon prof de maths de cette année... La description correspond parfaitement ! Il est brillant et surtout intemporel : la question de cette année c'est quel âge il a ?
    On essaye par tous les moyens de répondre à cette question, mais même ses collègues ne savent pas... est-ce que ça serait possible d'avoir un ordre d'idée de l'année où tu l'as eu, pour pouvoir enfin y répondre ?
    Il a été reçu à l'agrégation en 1995, ce qui suggère qu'il est né vers 1972, disons à deux ans près.
  • [Utilisateur supprimé]
    Modifié (March 2023)
    En spé (1996), le prof de math jetait son sac à dos sur la table, et commençait le cours, par coeur, en demandant quelque fois où il s'était arrêté la dernière fois, aux élèves. Mais c'était pour nous impressionner car à peine on le lui rappelait, qu'il avait déjà commencé son cours. Et on a jamais vraiment compris à quoi servait son sac à dos.

    Souvent, de bonnes touffes de barbes parsemées sur le visage (rasé dans l'empressement donc), et surtout, il léchait rapidement régulièrement la craie aux bouts de ses doigts durant le cours, genre, incognito... Obligé nous sourions dans notre barbe, mais, il s'en foutait, sauf une fois où j'avais été un peu trop indiscret, et il avait répondu : « y'en a ici qui vont finir en fac d'histoire de l'art... », ouch... ça fait mal, mais je lui ai répondu : « et alors ?, il en faut pour tout le monde ».

    Cela montre que l'ambiance était pas du tout hiérarchique en spé, contrairement à ce que j'ai lu ici dans les prépas classiques, car c'était une prépa techno (par contre en sup, c'était aussi un prof de l'ENS du même âge, et là, c'était pas pareil, beaucoup plus « discipliné », mais aussi bon).

    Mais il ne s'offuscait jamais, savait se faire respecter, tout en étant proche de ses élèves. Il nous disait de croire en nous.

    Sinon, il était très bon (ENS Cachan), il prenait toujours un exercice au hasard, il avait l'air d'improviser vaguement la solution dans sa tête pendant qu'il nous le lisait.
    Et on avait toujours du mal à lui faire confiance, car nous ne comprenions jamais vraiment à quel moment, il avait pu refléchir au problème pour nous donner la solution, toujours parfaitement démontrée.

    Il était même passé la même année que ma spé, dans « Questions pour un champion », en atteignant quand même la finale, toujours comme ça, sans effort particulier. 
  • En sup, il y a quelques années au lycée Saint-Louis, madame Benhamou, prof de maths, avait inventé un personnage fictif, appelé "la petite sœur", qui nous a suivi tout au long de l'année. Dès qu'un exercice nous posait problème, elle nous narguait en nous disant qu'il suffisait de demander à la petite sœur qui, elle, savait qu'il fallait faire telle ou telle chose. De même, si un élève séchait au tableau, elle regrettait l'absence de la petite sœur qui, elle, aurait pu aider à la résolution de l'exercice.
    À la fin de l'année, toute la classe avait intégré l'existence de la petite sœur et en parlait comme d'un personnage réel.
  • Soc
    Soc
    Modifié (March 2023)
    En terminale début 90, une prof de maths terrorisait tout le monde administration comprise du haut de ses 1m55 et drapée dans sa blouse blanche. Elle était extrêmement exigeante et rigoureuse et la moyenne de ses classes devait tourner autour de 8 ou 9 en TC avec un max à 15 (sauf quand passait un ou deux candidats au concours général). Elle a malheureusement découragé un certain nombre d'élèves par sa notation très sévère et ses remarques cassantes, alors qu'elle avait en fait beaucoup d'humour et d'humanité mais qu'il fallait savoir lire entre les lignes. Quelques anecdotes j'espère pas trop déformées par ma mémoire:
    "Dîtes monsieur, si j'en crois votre démonstration sur la décroissance cette suite, vu que vous avez eu 6 au premier contrôle et 5 au suivant, vous voilà mal engagé pour la fin de l'année!"
    En envoyant un élève au tableau: "Et vous êtes gaucher en plus! Vous avez décidément toutes les tares!"
    En faisant une annale de bac "Cet exercice est vraiment simple, mais c'est en Corse pas en France!"
    Quand un CPE entre en classe pour faire une annonce:" Bonjour monsieur! Au revoir monsieur!" elle lui claque la porte au nez... puis l'ouvre à nouveau quelques secondes "Revenez donc cet après-midi, ils ont philosophie!"
    Quand un élève look HardRock arrive en classe après la sonnerie, elle le laisse rentrer contrairement à ses habitudes, puis une fois l'élève au milieu de la salle: "...mais c'est vraiment parce que vous avez de beaux cheveux!".
    Evidemment la liste est beaucoup plus longue ceci est juste un petit extrait de mes souvenirs. La qualité de ses cours était remarquable même si sa finesse psychologique l'était un peu moins. Pour l'anecdote je la croyais d'origine italienne (inculture du jeune âge) mais son nom venait en fait d'un mariage avec un sénégalais. Si je savais comment la joindre je prendrais grand plaisir à lui raconter qu'elle est pour beaucoup dans mon goût des mathématiques.
    PS: pour illustrer le décalage entre sa notation et le bac C des années 90, 2 élèves avaient la moyenne en classe, et 2 élèves ont eu 8 au bac, et tous les autres ont eu la moyenne.

    Dans la catégorie excentrique notoire j'ai également eu Adrien Douady en fin fin de carrière!
    The fish doesnt think. The Fish doesnt think because the fish knows. Everything. - Goran Bregovic
  • Totalement hallucinant ce que tu racontes. En tant qu'élèves j'aurais vraiment jubilé d'avoir un numéro pareil mais honnêtement des personnes pareilles sont invivables et irrespectueuses (l'histoire de la cpe ...)
    Je n'arrive pas à comprendre comment elle n'a pas eu d'ennuis.

  • Ma lecture d'élève (peut-être fausse) est que le CPE savait bien à qui il avait affaire et s'en amusait aussi. Je pense aussi qu'elle avait plus d'ancienneté dans l'établissement que toute l'administration ce qui explique aussi le rapport d'autorité décalé. Pour finir l'extrême qualité de ses cours lui donnait aussi une marge de manoeuvre certaine. J'imagine cependant de tels cours impossibles aujourd'hui, ce que je ne vois pas forcément comme un progrès.
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  • Blueberry
    Modifié (March 2023)
    Oui et non pour le progrès. Il y a quand même une attitude de toute puissance qui n'augure pas grand chose de bon dans une société qui le tolère. Certes dans ce cas là c'est plus folklorique qu'autre chose mais dans d'autres cas ça donne des abus graves de pouvoir (il suffit de voir tous les abus qui apparaisse au grand jour que subissent diverses minorités (et les femmes aussi) pour comprendre que cette ''liberté'' pour certains se paye quelque fois au prix fort pour d'autres.)
  • Je suis globalement d'accord. avec quelques cependant quelques retenues. D'une part le lissage des apparences ne change pas nécessairement le fond. D'autre part le politiquement correct a plus souvent vocation à tuer le débat qu'à y apporter des réponses. Pour finir la judiciarisation des échanges humains fait autant de dégâts que de soins. Même si personnellement j'en fais très peu usage, je pense que la provocation est un bon outil pédagogique qui a le mérite de réveiller assez efficacement les élèves, et qui généralement s'adresse à leur intelligence. Penser qu'il faut légiférer la-dessus en partant du principe que les élèves ne sont pas capables de faire le tri, c'est les prendre pour des idiots.
    Les cours lissés et uniformisés par le bien-pensant d'aujourd'hui ne me font pas entrevoir des générations futures très éclairées. Pour illustrer, à titre personnel j'ai toujours avec ma fille mélangé au discours sérieux des affirmations plus ou moins crédibles, sans toujours prendre la peine de lui préciser si au final elles étaient vraies ou fausses (je ne parle pas seulement du père noël ou de jesus). Au final elle a grandi avec le réflexe de ne plus prendre pour acquis ce que lui affirment les adultes. Est-ce ce que l'on désire des générations futures, ou pas?
    The fish doesnt think. The Fish doesnt think because the fish knows. Everything. - Goran Bregovic
  • Si je pouvais mettre 100 petits symboles 'Like' à ce dernier message de Soc, juste au-dessus, je le ferais.
    Tu me dis, j'oublie. Tu m'enseignes, je me souviens. Tu m'impliques, j'apprends. Benjamin Franklin
  • Pareil que Iourran, merci Soc !
  • Bonjour Soc,
    Je comprends ce que tu veux dire mais tout est dans la distinction entre provocation dans le style humour noir et humiliation. Le curseur peut parfois être délicat à positionner et c'est à la charge de l'auteur des propos de s'assurer que son interlocuteur a les éléments pour faire la distinction s'il veut faire ce genre d'humour. J'imagine aisément qu'en tant que prof et encore plus en tant que père, l'interlocuteur connait suffisamment le contexte pour se le permettre.
    Sinon, il y a souvent un critère simple pour déterminer s'il faut lire entre lignes car l'individu a effectivement beaucoup d'humanité ou si c'est juste un gros c** qui abuse de son pouvoir : la pratique ou non l'autodérision. Autant j'aime beaucoup le premier cas, autant je ne supporte pas le second cas et n'hésiterai pas à judiciariser, pas pour convaincre, mais pour empêcher de nuire au modèle de société que je souhaite.
    Et oui, j'assume vouloir, par pure idéologie, une société où personne n'a le droit de mépriser ouvertement qui que ce soit pour son appartenance à tel ou tel groupe et j'utiliserai tous les moyens légaux, économiques... qui pourraient me venir à l'idée pour parvenir à mes fins. Il est évidemment possible de faire remarquer, y compris avec ironie, que quelqu'un a dit ou fait n'importe quoi.
    Le politiquement correct a sans doute des inconvénients lorsqu'il empêche le débat mais il a au moins un avantage, il permet aux personnes plutôt réservées de se sentir plus à l'aise et de s'exprimer. Puisque tu enseignes, tu dois savoir que la prise de parole pour certains élèves nécessite une "ambiance bienveillante" où on ne se moquera pas d'eux.
    Attention à ne pas confondre "développer l'esprit critique" et "développer le coté grande gueule" ce n'est pas vraiment la même chose.
    La philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous paraît évident. La propagande, au contraire, nous enseigne à accepter pour évident ce dont il serait raisonnable de douter. (Aldous Huxley)
  • Mathurin
    Modifié (March 2023)
    D'accord avec Vassillia, sur:
    - ne pas confondre "développer l'esprit critique" et "développer le coté grande gueule"
    - l'importance de permettre "aux personnes plutôt réservées de se sentir plus à l'aise et de s'exprimer"
    Pas d'accord en revanche dans son éloge du "politiquement correct" qui me semble-t-il excède très largement les objectifs précédents et débouche souvent sur de la censure abrutissante.
    Nous avons besoin de nuance et de sensibilité.
    La présence d'autodérision et de "pensée contre soi-même" est en effet un bon critère.
  • cailloux
    Modifié (March 2023)
    Bonjour
    Je voudrais rendre hommage à un professeur de Mathématiques en Sup au travers de quelques anecdotes. Pas vraiment excentrique mais très attachant,
    Moi, à 16ans, j'étais là un peu par accident. Mes parents, très lucides, m'avaient extrait du lycée en milieu de 5ème et m'avaient propulsé au CES (ce qu'on appelait alors l'enseignement court qui se terminait au BEPC) suite à une "incompatibilité" avec mon professeur (principal) de Français/Latin. Un petit miracle a eu lieu : j'ai réintégré le lycée en seconde C.
    Bref, nous sommes en 1973/1974 en Sup au lycée Corneille à Rouen. En début d'année, nous découvrons notre professeur de Mathématiques. D'emblée très protecteur avec l'ensemble de la classe.
    Il savait y faire : à l'occasion d'un cours, il commençait à écrire au tableau de la main gauche puis, sans bouger, transférait sa craie à la main droite et continuait. La vitesse d'exécution ne variait pas et sa très belle écriture restait identique.
    Nous étions tous très impressionnés. C'était par ailleurs un excellent professeur qui n'hésitait pas à faire des digressions vers la géométrie traditionnelle. A l'époque, il fallait oser.
    Le pauvre homme était obèse. Il était sujet à des "endormissements" subits.
    Nous avions remarqué que nos copies (corrigées au bic rouge, ce n'était pas encore déconseillé) étaient constellées de grandes virgules. Nous avons eu rapidement le fin mot de l'histoire.
    Le samedi matin, nous étions en DS. Notre professeur trônait à son bureau sur l'estrade, nous surveillait et corrigeait des copies. Régulièrement, il s'endormait. Le bic rouge glissait sur les copies ...
    Cela nous faisait beaucoup rire bien sûr.
    Il reste que j'ai un excellent souvenir de ce brave homme qui a su transmettre avec bienveillance.
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