Mathematics, best job ever ?

Bonjour,

http://blogs.wsj.com/atwork/2014/04/15/best-jobs-of-2014-congratulations-mathematicians/
Ce lien semble particulièrement optimiste pour les étudiants en mathématiques mais j'ai de nombreux doutes:

1) $101,360 en moyenne ? Je ne vois pas comment cela est possible. Qu'entendent-ils par "mathématicien"? Les chercheurs en mathématiques (au CNRS ou autre ?). Dans ce cas le salaire n'a rien à voir en France.

2) actuaries (No. 4) and computer systems analysts (No. 8) ? Ces deux métiers sont-ils réellements intéressants au niveau mathémlatique ? Y apprend-on constamment ?

3) Y a-t-il des emplois qui permettent de poursuivre à se former dans les mathématiques tout en offrant du temps libre? (le sport et la musique me prennent beaucoup de temps, donc pour moi les deux points les plus importants sont l'intérêt que je porte au métier (donc poursuivre dans les maths) et le temps libre).

4) D'autre part on retrouve souvent "Et puis il ne vaut mieux pas avoir peur d'une vie relativement solitaire, et dans un milieu assez fermé". Qu'en pensez-vous ? (c'est vrai que vu l'investissement qu'il faut avoir lorsque l'on pratique les mathématiques, ça limite le temps consacré aux relations sociales, mais je pense que c'est ausi une question de bien s'organiser et prendre du temps pour faire autre chose!

Je m'attends aux réponses sarcastiques, mais n'étant pas certain de ma direction après le M2 (Master assez théoriques) tous les conseils sont bons à prendre. Je remercie d'avance les intervenanst du forum pour leur aide .

Réponses

  • C'est bien entendu une moyenne, dans une contexte USA, recouvrant à la fois des emplois dans le privé (entreprises, banques, hedge funds...) et dans l'enseignement (privé et public). Il entendent par mathématicien quelqu'un ayant suivi un cursus de math (pures ou appli) jusqu'en Master ou PhD.

    Pour les très bons étudiants (par exemple d'anciens membres de l'équipe Putnam) le salaire débutant dépasse effectivement nettement les 100,000 USD, sans compter les bonus. Pour un exemple extrême, Reid Barton, américain qui avait eu des résultats impressionants aux IMO et avait commencé une thèse à Harvard, a finalement été rejoindre Renaissance Technologies (le hedge fund du mathématicien devenu millardaire Jim Simons), et on peut imaginer un salaire et des bonus très importants (millions d'USD).

    A noter que les salaires des profs dans les universités publiques ne sont pas indéxés là-bas sur une grille unique comme en France (où les profs univ font au maximum 73,343 euros bruts annuels, soit 92,600 USD), eux ils répartissent la masse salariale en fonctions des compétences et des succès. Les chercheurs de premier plan gagnent ainsi très bien leur vie. Sur le site https://ucannualwage.ucop.edu/wage/ on peut avoir accès aux revenus de ceux des universités publiques californiennes. Dans les mieux payés en 2013: le médaillé Fields Terence Tao à UCLA a touché en brut 476,575 USD et Ciprian Manolescu (qui pourrait en gagner une dans 4 ans) a touché 205,984 USD. A Berkeley le médaillé Fields Richard Borcherds n'a touché "que" 176,925 USD, mais Erward Frenkel était à 218,848 USD.

    Cela fait des années que "mathématicien" est un parcours de formation apprécié aux USA (ce site le plaçait 10ème en 2012 avec même genre de revenus moyens http://www.careercast.com/content/10-best-jobs-2012-10-mathematician ).

    Evidemment en France tout est très différent...
  • Bah les salaires n'ont rien à voir aux Etats-Unis, même les chercheurs sont énormément mieux payés.
  • La moralité c'est que (bien) faire des math c'est pas donné à tout le monde, et être bon en math encore moins. Il y a une pénurie de profs de math à l'échelle planétaire, donc il me semble logique de mieux rémunérer pour attirer des personnes dans le métier !

    Imaginez le scandale en France si les salaires des matheux étaient revus à la hausse !
  • bonjour

    je ne comprends pas la dernière phrase de Samuel : les matheux et prof de math en France sont plutôt bien vus
    l'impact médiatique de l'attribution de la médaille Fields au Français Cédric Vilani a été important dans notre pays
    autant sinon plus que la remise du prix Nobel de littérature au Français Patrick Modiano
    même si c'est vrai les salaires des mathématiciens, chercheurs ou universitaires n'atteindront jamais ceux de leurs collègues américains

    quant à notre ami dfshr8 il demande la Lune !

    il voudrait se former en permanence aux math tout en pratiquant le sport et la musique et bien-sûr être bien payé !
    actuaires et analystes des systèmes informatiques sont en général bien rémunérés
    mais ils n'ont guère de temps à consacrer à la recherche mathématique
    quant au sport et à la musique, cela va dépendre de leur employeur et de leur conjoint

    prof de math n'est pas un métier spécialement lucratif en France
    mais il laisse tout de même (pendant les congés) le loisir de faire aisément de la recherche
    et aussi éventuellement du sport et de la musique !

    le travail de recherche mathématique est-il forcément solitaire en France ?
    l'existence de ce forum tendrait à prouver le contraire

    cordialement
  • le travail de recherche mathématique est-il forcément solitaire en France ?
    Je n'ai pas une grande expérience sur la question, mais vue l'ambiance dans mon labo, ce n'est clairement pas le cas.
  • @jean lismonde

    Imaginez deux minutes l'attitude des syndicats et des collègues des autres disciplines, dans une posture démagogique, demandant que leurs salaires à eux aussi soient augmentés (ce que je comprendrais très bien). On reviendrait sur un statu quo et la problématique ne changerait pas forcément.
  • Je me sens un peu obligé de mettre un message face au nombre de contre-vérités lues dans le message de Jean Lismonde. Cela me semble assez choquant que quelqu'un qui visiblement ne connaît pas le monde de la recherche puisse asséner autant de bêtises avec aplomb.
    Lismonde a écrit:
    les matheux et prof de math en France sont plutôt bien vus
    Non, non et non!

    Les maths sont assez mal vues en France et il est de bon ton lorsque l'on atteint les sphères médiatiques de dire que l'on déteste les maths ou que l'on n'y a jamais rien compris.

    Les matheux ne sont pas particulièrement bien vu non plus. Il n'y a qu'à voir le peu de matheux nommés à des postes à responsabilité ou dans des commissions à vocation politique. La crédibilité du matheux s'arrête à la porte de son laboratoire.

    Les profs de maths ne sont pas bien vu! D'un côté, ils apparaissent comme des tortionnaires enseignant une discipline inutile. De l'autre, ils apparaissent comme des gens n'ayant pas choisi une carrière valorisante (lors d'une réunion d'anciens camarades de lycée, il apparaît clairement que le ressenti est: un prof est en général quelqu'un qui n'a pas pu être ingénieur ou chercheur et qui a donc choisi la médiocrité sans salaire ou prestige).
    Lismonde a écrit:
    l'impact médiatique de l'attribution de la médaille Fields au Français Cédric Vilani a été important dans notre pays
    autant sinon plus que la remise du prix Nobel de littérature au Français Patrick Modiano
    Non, le jour d'août 2010: personne ne connaissait Cédric Villani et sans son goût des médias et son look excentrique, personne ne saurait qu'il est matheux.

    Pour avoir une expérience plus saine, comparons l'impact médiatique de la médaille Fields de Werner et du prix Nobel de Le Clézio.
    Lismonde a écrit:
    prof de math n'est pas un métier spécialement lucratif en France
    mais il laisse tout de même (pendant les congés) le loisir de faire aisément de la recherche
    Non, on ne peut pas faire de la recherche en amateur avec deux semaines de congés toutes les sept semaines. Ce mythe du mathématicien amateur a la vie dure car il rassure quelques pratiquant qui s'imaginent matheux mais il n'a aucune réalité.
    Par ailleurs, peu de professeurs ont réellement eu un contact avec la recherche (pas d'études doctorales) et savent réellement quel est le travail de recherche.
    Lismonde a écrit:
    le travail de recherche mathématique est-il forcément solitaire en France ?
    l'existence de ce forum tendrait à prouver le contraire
    Le travail de recherche est tout sauf solitaire (en France comme ailleurs). Seuls quelques chercheurs atypiques peuvent se permettre de travailler de manière isolée. La plupart a besoin de discussions, de groupes de travail réguliers, de séminaires, de collaborations...

    Je ne vois pas le lien entre ce forum et une activité de recherche.
  • Entièrement d'accord l'intagralité du poste précédent de LismondeRectificateur. Concernant le fait que les matheux ne sont pas bien vus, je rajouterais ceci : j'ai remarqué qu'un chercheur en maths, lorsqu'il discute de son travail avec des non-matheux, se voit toujours demander à un moment ou à un autre de la conversation : "À quoi ça sert ?". Question qu'on ne pose pas aux chercheurs en lettres ou en philosophie.
    Je pense à ces deux domaines car je n'y vois pas a priori plus d'applications directes qu'aux maths, contrairement à la physique, la bio (pour être du côté des sciences) où à la sociologie, la psychologie, l'économie et etc.

    Je comprends bien qu'on se demande à quoi sert la recherche en maths, la question est tout-à-fait légitime, mais je ne comprends pas pourquoi elle est beaucoup plus systématique que dans d'autres disciplines pour lesquelles on pourrait tout aussi légitimement poser la question.

    Par exemple lors des fameuses journées de formations liées au monitorat, on est parfois amené à rencontrer des doctorants d'autres disciplines, et quand le formateur nous demandait de nous présenter et de présenter nos sujets de thèse, les matheux avaient toujours droit au "à quoi ça sert ?" de la part du formateur (sauf une fois, où le formateur en question était un chercheur en physique). En revanche, la personne qui fait une thèse sur le roman français dans la seconde partie du XVIIIème siècle n'a pas cette question, celle qui fait une thèse en philo sur un sujet auquel le titre est pour moi complètement abscons (entre autre parce qu'il y a un ou deux mots compliqués que je connais pas) non plus.
  • Merci pour ces nombreux messages! Il va falloir que je réflechisse (car je ne me vois pas vivre sans exercer mes passions annexes musique et sport). Pourtant j'imagine qu'il ya des chercheurs qui ont également d'autres passions que les maths et prennent le temps d'exercer cette passion en dehors des heures de travail.Ce privilège est il réservé aux chercheurs particulièrement rapides et brillants (qui puissent s'accorder pas mal de temps en plus de la recherche mathématique puisque quand je parle de passin c'est relativement chronophage).

    Sinon pour une personne souhaitant faire carrière dans les maths il semle donc que la France n'est pas le vent en poupe. Ou est il judicieux d'aller (USA, Australie, Pays d'amérique Latine , Asie ,...). Et comment s'intégrer a ce miulieu (on nepeut débarquer "bonjour j'ai un cursus universitaire et une thèse en France quelles opportunités de travail me proposer vous"., j'imagine qu'il est bon d'être reconnu, ou d'avoir fait une thèse , un post doc à l' étranger,...).

    J'ai des tonnes de questions, mais je ne veux pas abuser :)
  • Judoboy a écrit:
    Bah les salaires n'ont rien à voir aux Etats-Unis, même les chercheurs sont énormément mieux payés.

    D'ailleurs, les salaires des chercheurs employés par des universités aux USA sont publics.
    Pour les curieux, on peut trouver le salaire de Terence Tao (bien que ça ne soit pas la référence moyenne) et ses collègues là bas https://ucannualwage.ucop.edu/wage/
    Les autres universités proposent le même genre de portail.
  • Ca a l'air sympa comme boulot head coach 5 à Berkeley, je vais postuler.
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