Parents d'élève

Bonsoir,

J'aimerais connaître votre expérience sur un sujet qui me préoccupe énormément en ce moment.
J'ai cette année, une classe de 1ere S très très faible. Les notes sont donc, souvent basses, voir très basses. J'ai eu le tort d'envoyer un e-mail afin d'expliquer aux élèves et aux parents pourquoi les notes du dernier contrôle étaient si basses, et où j'ai mis particulièrement l'accent sur la rédaction désastreuse et un vocabulaire non maitrisée pour la majorité des copies (des points colinéaires, des coordonnées de droites, des vecteurs alignés, et bien d'autres à peu près à chaque ligne de toutes les copies). La réaction de la déléguée des parents a été très violente, me reprochant de décourager complètement les enfants (enfants ....17 ans en 1ere S, quand même.....). Certains parents sont maintenant en train de monter une cabale contre moi, des élèves m'ont prévenu qu'une réunion secrète allait se mettre en place pour me descendre (plusieurs élèves sont heureusement bien décidés à me soutenir).
Bref, ma question est : avez-vous déjà eu à gérer ce genre de situation, jusqu'où les parents peuvent-ils aller et quelles peuvent être les conséquences pour moi....
Merci,
Dido
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Réponses

  • Quel soutien peux-tu espérer de ton administration ? ...
  • Bonjour.

    Tu risques d'avoir une entrevue avec ton proviseur (ou son adjoint). Tu n'as qu'une solution : Maintenir ta position. Au besoin, envoie un courrier à ton IPR (avec copie sous couvert de ton proviseur, ça les calme toujours), pour expliquer qu'on te reproche de bien faire ton travail. Tu passeras désormais pour une prof qui "sacque", mais les années suivantes, les élèves en feront un peu plus, obtiendront des "bonnes notes" (par rapport à ce qu'ils attendaient) et seront très contents.
    N'importe comment, tu n'as commis aucune faute. les mêmes parents qui plaignent leur chéri auraient pu venir te voir pour te dire "Comment faites-vous, moi je n'arrive à rien avec lui (ou elle)".
    Je parle en connaissance de cause : les 5 dernières années où j'étais en lycée, j'ai été attaqué sur ce thème en conseil de classe de seconde (et une fois de terminale C). Une fois que les élèves avaient "rectifié" et accepté de faire des maths, je n'entendais plus parler de rien.

    Cordialement.

    NB : Si ton proviseur te demande de relever les notes, demande-lui si 30% de réussite au bac lui irait (maths coefficient 7, rappelle-lui).
  • L'adjoint m'a assuré son soutien, mais le proviseur est nouveau et est du genre à demander aux délégués des élèves et des parents en plein conseil de classe s'ils sont contents avec les professeurs.....disons qu'il a réussi à stresser tous les profs qui n'osent plus arriver 10s en retard en cours et si ce genre de choses arrivent maintenant, c'est peut-être aussi que les parents d'élèves se sentent autorisés à aller bouffer du prof. Le problème est que c'est surtout en maths que la classe est faible, ils concentrent donc toute leur angoisse sur moi.
  • Bonjour,

    "avez-vous déjà eu à gérer ce genre de situation". Plus ou moins. Il faut voir si le délégué des parents représente bien l'ensemble des parents et non pas uniquement son enfant.

    "enfants ....17 ans en 1ere S" Effectivement, ça annonce la couleur. Mon chéri n'a pas les résultats espérés?
    Dans ce genre de situation, il est bon d'aller regarder les bulletins de seconde et l'avis de passage en première S du conseil de troisième trimestre de seconde.
    En général on en arrive là lorsque les élèves ont forcé le passage ou sont passés vraiment tout juste. Mettre ça sous le nez des parents permet souvent de "rajuster" le débat.

    "décourager complètement les enfants". Ca c'est à la mode... Les bonnes notes sont un dû voyons...

    "une réunion secrète allait se mettre en place pour me descendre" Wahou! Ca c'est vraiment mature...

    Bon concrètement, vous ne risquez pas grand chose. Est ce que l'administration vous soutient?
    Il faut aussi voir avec les collègues. Ce genre de classe est souvent infecte avec tous les enseignants.

    Pour conclure, si il y a un problème, les parents sont libres de prendre rendez vous avec vous. Il sera alors bon de parler de l'attitude de l'enfant concerné, de son manque de travail éventuel, de ses bulletins de seconde etc...
    Si vous craignez un rendez vous conflictuel, vous pouvez tout à fait le faire en présence du proviseur ou du professeur principal de la classe.

    Bien cordialement.
  • Peut-être peux tu organiser un DS commun avec 1 ou 2 autres collegues (pas trop laxistes en matière de notes)
    en échangeant les copies pour correction. Si les notes ne montent pas significativement ca fera 1 point pour toi,
    sinon il faut aussi savoir prendre du recul si vraiment il s'avère que tu es trop sévère.

    Sinon essaie peut-être aussi de proposer des solutions pour améliorer les choses sur le plan de la rédaction,
    être constructif ca sera toujours mieux et surtout sera bien perçu. Exercices portant juste sur la rédaction,
    leur faire faire des exercices puis leurs faire corriger par eux même en groupes en échangeant les feuilles etc

    Enfin voila juste quelques suggestion, après je ne sais pas si c'est réaliste ou non avec ta classe..

    A+

    Eric
  • Tu es tout à fait en droit d'être exigeante. Tu n'as commis aucune faute. Ce sont des petits merdeux imbus d'eux-mêmes. Rentre-leur dans le lard ! Te rends-tu compte de l'attitude qu'ils ont envers toi ? Et ils sont presque majeurs en plus !

    Il y a quelques années, j'ai repris mes études conjointement à mon travail de professeur en lycée. Jamais je ne me serais permis de critiquer le travail des Professeur d'Université que j'avais devant moi ; jamais je n'aurais parlé en cours... J'ai réalisé alors comme certains de mes élèves pouvaient être incorrects.

    Je précise que je suis, je crois, un gentil prof. Mais avec des élèves méchants, je le deviens aussi très facilement...
  • vu le type de proviseur que tu sembles devoir supporter, quelques conseils:
    1) se rapprocher des syndicats
    2) en aucun cas ne rencontrer le proviseur ou les parents d'élèves seul.
    3) en parler avec tes collègues et les sonder sur le niveau et la motivation de la dite classe de première dans leur matière.
    4) rester ouvert à toutes les suggestions qui permettent de détendre la situation
    5) vu le niveau des élèves en première S actuellement viser plus bas (encore?) et laisser une porte de sortie aux élèves sans toutefois donner l'impression d'effectuer un virage à 180° en proposant des exercices qui leur permettront d'avoir un peu d'espoir..
    Bon courage...


    EDIT: ceci montre bien qu'un fusible est nécessaire entre profs et direction (l'inspection) et que les projets actuels du gouvernement sont dangereux pour la profession (au moins dans le secondaire dans un premier temps)
    A demon  wind propelled me east of the sun
  • Merci de vos encouragements. Ce qui me déprime le plus en fait, c'est que je n'arrive plus à être naturelle avec les élèves, je suis complètement déstabilisée; ma mère d'élève à l'origine de tout ça, est vraiment très forte en manipulation; elle sait trouver les mots qui blessent en les enrobant obséquiosité. Elle ne m'attaque pas sur les notes, car elle sait qu'elle ne peut pas vraiment se justifier, la plupart des gamins étant passés de justesse et beaucoup venant de classes de seconde où les profs notaient notoirement de façon trop laxiste; elle m'attaque donc sur mon attitude, m'accusant d'être décourageante (je précise que jamais je ne suis blessante avec un élève, mais il est vrai que j'ai du mal à écrire beaucoup d'encouragements sur une copie où je viens de mettre 2/20 et où tout ou presque est faux .....); tout ça est bien subjectif et il est donc difficile pour moi de me défendre, mais elle sait manier l'angoisse des autres parents pour m'attaquer (je précise que je ne la connais absolument pas, je ne l'avais jamais vu avant le conseil de classe). Heureusement que j'avais des élèves à presque 20 de moyenne en 1ere S l'année dernière pour défendre mon dossier.....
    J'attends le contrôle commun avec impatiente effectivement. Je pense que je vais effectivement faire un peu plus facile jusqu'à ce contrôle (sans tomber dans la caricature non plus, je ne pense pas que ça aide les gamins de leur faire croire qu'ils sont bons lorsque c'est totalement faux, ça ne les motive pas à donner le meilleur d'eux même de surnoter des copies médiocres), le contrôle commun devrait les remettre dans les rails.
    La correction par les camarades est une bonne idée, ils vont peut-être se rendre eux même compte de l'horreur de leur rédaction en lisant les autres.
    Je suis supposer rencontrer cette mère d'élève uniquement pour parler de son fils, votre conseil de ne pas être seule avec elle est probablement très pertinent ! Et je vais me syndiquer dès demain (je sais c'est un peu facile de ne le faire que lorsque j'ai un problème, mais je suis tellement nulle avec la paperasse, qu'il me faut se coup de pied aux fesses pour enfin me bouger ......)
  • C'est a double tranchant quand même, avec un syndicat derrière tu paraîtras sur la défensive...

    Scanner/photocopier quelques copies peut aussi être utile une fois devant les parents...

    Eric
  • Bon courage dido !

    Le système fonctionne à l'envers , si ta classe est vraiment faible , tu baisses tes exigences les meilleurs élèves seront pénalisés mais grosso-modo ils s'en sortiront toujours plus tard . Il faut être pragmatique , avec l'expérience , c'est la moins mauvaise des solutions .

    Un autre conseil personnel ( il ne vaut pas plus que ça ) lancer l'artillerie lourde avec la direction , l'inspection , les syndicats , ... tu ne dormiras plus la nuit , réserve ça au cas vraiment limites .

    Il serait quand même bon d'avoir un soutien entier de la direction de ton établissement et des professeurs de la classe ( en général la direction cède facilement si l'ensemble des profs fait pression) . Les quelques parents râleurs sont aussi facilement "recadrés" quand ils sont reçus par le proviseur et un groupe d'enseignants parlant d'une seule voix .

    Ne crois surtout pas que ton cas est isolé et ton courage est louable (tu)

    Bonne nuit .

    Domi
  • dido, au cas où, renseigne-toi sur les éventuels autres enfants de cette manipulatrice…
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            -- Schnoebelen, Philippe
  • Bonjour dido,

    je pense que l'erreur que tu as commise a été de t'adresser directement aux parents. Certains parents, déjà un peu angoissés, ont du se sentir mis en cause, accusés par une enseignante de ne pas bien faire leur travail de parents. Ils en ont probablement parlé à leurs enfants. Je pense que dans cette affaire, l'attitude des élèves reflètent celle des parents.

    Il aurait fallu réserver tes commentaires et ton analyse pour des situations moins « frontales » : conseil de classe, réunion parents-profs, rendez-vous en tête à tête, etc.

    Je ne dis pas cela pour te mettre en cause en tant qu'enseignante, au contraire, je voudrais te soutenir dans cette mauvaise passe. Mais il faut que analyser la situation avec justesse.

    Reprends confiance en toi : tu as agi en toute bonne foi, et dans l'intérêt des élèves. Peut-être as-tu été maladroite, mais tu n'as commis aucune faute, rien de préjudiciable aux élèves.

    Si je peux me permettre un conseil pour la suite (mais ces affaires sont toujours très délicates) c'est d'expliquer longuemment et patiemment ton message aux élèves et aux parents.

    En revanche refuse fermement le débat sur tes compétences. Ce n'est pas toi qui est en cause, ni les parents d'ailleurs. Par contre il faut accepter le dialogue, de façon générale.

    Ce serait bien aussi de proposer des portes de sorties « par le haut », des exercices spécifiques pour corriger les défauts des élèves, des possibilités pour eux de monter leur niveau, un planning sur l'année. Bref, une sorte de contrat implicite : « vous êtes nuls, mais on va *tous* se donner du mal et vous deviendrez bons ». Cela remotivera les élèves, leur montrera que tu es effectivement là pour eux, et ça permettra de passer à autre chose.

    Tout cela ne reflète que mon avis mal informé et éloigné de la situation. Prends ce qui t'intéresse ! :-)
  • bonjour,

    voilà la parade: organise un devoir commun avec les autres classes de 1ère. Les tiens ont 4 de moyenne,les autres premières auront 11 de moyenne. ça prouve que les tiens étaient nuls
    dès le début d'année. Faut que tu te dépêches d'organiser ça sinon au second trimestre, ça va être de ta faute.
    La nullité de toute une classe peut être le fruit du hasard ou de la stérilité d'un collègue des années précédentes.
  • Ou des élèves, oh.
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            -- Schnoebelen, Philippe
  • Je ne suis pas d'accord avec les conseils du genre organiser des devoirs communs, etc. En gros, tu devrais prouver par a+b qu'ils sont effectivement nuls.

    Ce serait te remettre en question toi-même, or tu as déjà détecté qu'ils sont nuls. L'important c'est de passer à l'étape suivante : qu'est-ce qu'on fait avec ça ? C'est pas difficile : les élèves doivent bosser, le prof aussi en encadrant les élèves dans leurs efforts.

    Une petite réflexion en passant : je suis d'accord avec Domi quand il dit qu'il faut éviter l'artillerie lourde (inspecteurs, etc.). Par contre je te conseille d'éviter de rencontrer des parents « sensibles » en tête à tête. Essaye d'avoir une tierce personne pour assister à l'entretien, même si cette personne n'intervient pas. Cela calme énormément les discussions.
  • Bonjour,

    Les syndicats seront les derniers à te défendre sur ton dossier. J'ai été moi-même délégué syndical..."indéfendable", ils aiment bien dire çà au(x) syndicat(s). Ils sont pour beaucoup, surtout les syndicats majoritaires, globalement corporatistes et localement collaborateurs (pas coopérants je dis bien collaborateurs avec les hiérarchies sans scrupules pro-parents). Alors les syndicats...
    Sinon je suis de l'avis de gerard , explique ta situation à l'IPR (je veux dire celui qui te semble plus lucide). Demande une inspection "conseil". Un IPR est avant-tout un conseiller pédagogique, il est là pour çà. Je ne dis pas que tu as des défauts à ce niveau mais c'est pour te protéger , afin qu'il confirme tes compétences aux yeux de l'administration, çà fermera la G... à toutes ces gens (pardon)
  • Je ne suis pas d’accord pour dire qu’un syndicat ne peut pas défendre une collègue, une délégation syndicale, ça existe et c’est un de ses boulots originels (avec la caisse de grève et la transmission d’informations). Mon syndicat défend régulièrement des collègues en difficulté et en sauve un paquet, je pense que les autres font la même chose.
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  • Je n'ai pas dit qu'il ne pouvait pas....
  • Mais qu’ils ne le faisaient pas…
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  • A chacun son expérience et ses compétences .

    La bonne solution est de ne pas rester seul et de ce faire épauler par ceux qui reconnaissent vos compétences , ça peut être des collègues , la direction , un inspecteur , les syndicats , des élèves .

    A jeu égal c'est jouable à tous contre un ça ne l'est pas , c'est simple dans le principe , ça l'est moins quand on est directement impliqué .

    L'idéal est d'avoir une équipe d'enseignants solidaires , je connais peu de parents pouvant maintenir une position biaisée face à une équipe de trois ou quatre professeurs parlant tous d'une seule voix .

    Domi
  • Bonjour,

    Il est vrai que j'ai été maladroite, j'ai eu la naïveté de croire que je pouvais travailler avec les parents; ils demandent tous toujours pourquoi leur enfant n'a pas eu une bonne note, j'ai voulu leur expliquer mais, en réalité, ils ne voulaient pas entendre la vérité, il veulent uniquement qu'on les rassure. C'est hélas un défaut bien rependu en France, il est impossible d'admettre que l'on a mal fait un travail, qu'on s'est trompé sans penser que toute sa personne est mise en cause. Je n'ai pourtant faut que pointé leur mauvaise rédaction et leur lacunes, je n'ai aucunement mis en cause leur potentiel, ni même leur travail (et pourtant les question de cours me prouve qu'ils n'apprennent pas, mais leur excuse est toujours : "j'ai pas compris, donc je ne pouvais pas apprendre", les parents les croient, c'est donc forcément de ma faute s'ils ne comprennent rien, que je vais trop vite (j'ai déjà 3 semaines de retard sur les autres classes), alors qu'ils ne me posent aucune question en cours, si je pause une question dans une interrogation sur le cours précédent, tout le monde me tombe dessus, je ne leur laisse pas le temps "d'assimiler" (j'ai passé 2 heures sur l'ordre de racine(x),x et x^2; 3 semaines après, seulement 5 sur 35 ont assimilé ......).
    De toute façon, le problème n'ai plus cet e-mail je pense; ils se servent de moi comme catalyseur de leur angoisse se sont mis en tête qu'il faut me faire la peau uniquement parce qu'ils réalisent que je ne vais pas faire de beaux dossiers pour les prépas et n'importe quelle excuse sera valable; lorsqu'on veut tuer son chien, on l'accuse d'avoir la rage.
    J'ai déjà fait une interrogation commune, ça justifie mes notes, mais ils ne m'attaque plus sur les notes, mais sur "mon attitude" qui ne serait pas assez encourageante (c'est quoi être encourageante, mettre 10 à tout le monde ? féliciter ceux qui n'ont pas appris leur cours en les plaignant d'avoir sois-disant eu des mauvais profs avant ce qui les handicaperait à vie pour réussir ?) Pourtant, la moyenne des élèves de la classe au contrôle commun de seconde l'année dernière était de 7,8; mais ils affirment pourtant tous ne pas comprendre leurs résultats cette année.
    Je vais me syndiquer, afin de pouvoir éventuellement faire intervenir ce syndicat si ça va plus loin (en espérant qu'il se bouge....) Avez-vous des conseils sur lequel choisir (je ne veux pas ouvrir un grand débat partisan non plus....)?
    J'avoue ne pas trop avoir envie de faire intervenir un IPR, je ne les connais pas vraiment, je ne sais pas du tout comment ça marche. En plus, je ne suis pas sure d'avoir envie d'ajouter le stress d'une inspection (même si la dernière m'a fait monté de 5 points) au stress de cette situation. Les collègues ne semblent pas tous très solidaires non plus (en gros, bien fait pour moi d'avoir voulu faire du zèle avec mes e-mails, et comme en plus je ne suis pas tout à fait comme eux en tant qu'ancienne ingénieure.....).
    La nullité de la classe n'est peut-être pas tout à fait le fruit du hasard, c'est une classe de garçons (31/35) c'est la classe de S SI, ils sont en fait comme des STI qui auraient insisté pour aller en S, et la classe a été complété par des SVT qui sont tout aussi mauvais, je soupçonne que l'administration ait organisé une classe de mauvais niveau sans le dire. Le seul bon élève de la classe a été changé de classe soudainement début octobre ....
  • Dido,

    les parents chicaneurs t'attaqueront toujours. Tu ne peux que décider de ne pas les écouter. pour l'instant, ils ont réussi à te déstabiliser. Refuse simplement de discuter avec eux d'autre chose que le comportement de leur enfant. Pas de ta pédagogie, ils ne sont pas pr&ésents en classe et ce que raconte leur enfant n'est pas ce qu'il fait. Si la situation s'aggrave (pétition, ..) fais appel à l'inspecteur qui t'a notée la dernière fois. Choisis un syndicat qui acceptera de te défendre soit dans ton établissement (il doit y avoir des syndiqués), soit en dehors. Classiquement, il y a Snes, Sgen, Snalc, et d'autres (mais j'ai quitté les lycées il y a longtemps).
    Comme tu fais ton travail correctement, les parents finiront par baisser pavillon.

    Une idée (j'ai toujours fait ça, même en IUT) : Une interrogation écrite de cours à chaque début d'heure. 2 mn, un théorème ou une formule du cours précédent qu'il fallait apprendre donc savoir à ce cours (*). Ce qui fait très vite le distingo entre ceux qui sont sérieux, et apprennent leur cours, et les autres. De plus (argument fondamental) ça permet aux élèves faibles mais sérieux d'améliorer leurs notes. Car tu feras intervenir ces notes (sur 4 ou 5 points à chaque interrogation) dans la moyenne, bien sûr.

    Cordialement.

    (*) "J'ai pas appris parce que je comprenais pas" n'est pas opposable. C'est au cours précédent qu'il fallait demander les explications. Le cours fini, c'est à apprendre. C'est seulement le mensonge de celui qui n'a pas appris. On peut apprendre des chansons dans une langue qu'on ne comprend pas.
  • C'est Gérard qui va être content que je m'exprime sur le sujet : il y a quelques semaines il m'a envoyé promener parce que je donnais mon avis sur des sujets de pédagogie sans qualification pour le faire (tout comme certains parents d'élèves casse-bonbons).
    Je précise, Dido, que je suis de tout coeur avec toi, c'est évident que tu as voulu bien faire en envoyant cet e-mail, et que ça te retombe dessus de la façon la plus injuste.
    Pour l'e-mail, ils ont dû prendre tes explications pour des justifications, et se justifier ça revient souvent à s'accuser, au final. Donc bien sûr, mieux vaut ne rien faire du tout, ne pas s'occuper des parents, communiquer le moins possible, se contenter des petits mots doux sur les interros et les bulletins, comme tout le monde.
    Pour l'histoire de "décourager les élèves", ce sont les maths qui sont décourageantes ;), pas forcément les profs de maths. Ils auraient dû s'en rendre compte depuis le collège, ce n'est pas une discipline comme les autres : même pour les matheux, je pense que quand on coince sur un problème, c'est très désagréable et décourageant. Et leurs parents ne devraient pas avoir de mal à s'en souvenir, eux aussi.
    (par contre, si tu leur expliques les problèmes de vocabulaire de leurs enfants "points colinéaires, coordonnées de droites, vecteurs alignés", ils risquent de ne pas se souvenir, et de ne pas voir où est le problème. C'est probablement la seule discipline où il y ait cette rigueur.)
    Dido a écrit:
    "c'est donc forcément de ma faute s'ils ne comprennent rien, (...) alors qu'ils ne me posent aucune question en cours"

    J'ai toujours tendance à tiquer quand on en vient à parler de ça : moi j'ai l'impression que pour poser des questions et en tirer des réponses utilisables, il faut être déjà à l'aise avec le sujet, comprendre peut-être jusqu'à 80% de ce qu'on raconte, et après on pose des questions pour dissiper un doute, éclaircir le sens d'une phrase, un détail...
    Alors j'ai tendance à croire que seuls les élèves qui sont à l'aise arrivent à poser des questions.

    C'est le dialogue de sourd classique : "- Où exactement tu n'as pas compris ?" "- Mais j'ai rien compris."
    Gérard a écrit:
    "J'ai pas appris parce que je comprenais pas" n'est pas opposable. C'est au cours précédent qu'il fallait demander les explications. Le cours fini, c'est à apprendre. C'est seulement le mensonge de celui qui n'a pas appris. On peut apprendre des chansons dans une langue qu'on ne comprend pas.

    Ce que dit Gérard là est très clair, j'aurais aimé qu'on m'explique ça quand j'allais à l'école, même si c'est un peu raide. Et bien sûr, dans la situation délicate où tu te retrouves, c'est plus dur de leur servir ce genre de discours.
    Mais quand Gérard dit "C'est seulement le mensonge de celui qui n'a pas appris.", ce n'est pas forcément un mensonge, c'est une justification, que j'ai moi-même souvent utilisé, justement parce qu'on ne m'a jamais expliqué, aussi clairement que le fait Gérard ici, qu'on peut très bien apprendre le cours sans comprendre, faute de mieux.

    C'est plus de l'inconscience que de la mauvaise volonté, mais on peut causer autant de mal par inconscience que par mauvaise volonté.
    Les élèves, par inconscience, peuvent rendre l'enseignement aussi difficile pour le prof que les élèves qui le font volontairement.
  • Tout à fait d'accord, Nunuche.

    Il y a de nombreuses choses qu'il ne faut pas chercher à comprendre, tout simplement parce que c'est du vocabulaire : la définition du cercle, ou celle de la racine carrée. Et quand on les a apprises par cœur, on s'en sert, c'est tout. Par contre, le prof doit expliquer pourquoi on a besoin de parler de cercles ou de racines carrées. Mais ça, la plupart des profs le font (et la plupart des élèves s'en f.. "tant que le prof parle, ça ne me concerne pas, mon travail d'élève c'est de copier sans penser ce qu'il écrit au tableau").
    Quand le contrat pédagogique est établi (le cours doit être connu, la compréhension viendra par surcroît), le cours fonctionne. Enfin, si les élèves n'ont pas trop de trous des années précédentes, qui leur rendent le cours incompréhensible (vocabulaire pas connu).

    Cordialement.
  • On pourra disserter autant qu'on veut, le vrai problème qu'évidemment aucun parent ne voudra voir en face, c'est qu'un élève qui ne comprend vraiment rien en maths n'a rien à faire en première S.
  • Je vais certainement essayer de prendre tout les bons conseils qui m'ont été donnés ici, entre autre celui de Gérard sur les interrogations à chaque cours, ça permettra quand même de valoriser les bonnes volontés, puisque heureusement, il y en a. Mais fondamentalement, JLT a résumé toute la situation, je suis dans une impasse puisqu'ils ne veulent pas voir la vérité en face et si je devais acheter la paix sociale en mettant de bonne notes à tout le monde quand ils ne valent pas, je me renierais moi-même. Autre information que je viens d'apprendre, la déléguée des parents qui s'acharne sur moi est en fait pas seulement une représentante, mais aussi une employée d'une des fédérations de parents..... Elle doit se penser toute puissante....
  • Il est difficile de donner de bons conseils sans connaître la réalité du terrain, mais - et cela n'engage que moi - j'éviterais de faire intervenir un IPR aussi tôt.
    En fait, j'essaierais plutôt de temporiser : en ce moment c'est la période des réunions parents-profs donc autant en profiter pour les rencontrer - et si nécessaire les désamorcer - individuellement dans un contexte qui n'est pas spécifiquement lié à cette "cabale". Mais avant la rencontre, je consulterais les livrets de seconde des élèves afin de bétonner les dossiers : les parents ont une tendance générale à surévaluer les résultats des années précédentes de leur progéniture ; si tu leurs ressors les moyennes exactes, cela coupe court à toute contestation. Ensuite, il reste à expliquer qu'il y a un fossé entre la seconde et la première S car la seconde a vocation à être une classe généraliste et que dans une classe où la moitié des élèves ne fera pas d'études scientifiques, avoir 10/20 ou même 12/20 ne permet pas garantir à coup sûr la réussite en série S où les exigences sont plus fortes car on s'adresse à un public qui a été trié. Généralement ce discours ne provoque pas de rejet ; à la rigueur tu peux toujours ajouter qu'avec la réforme du lycée, ce fossé a encore été accentué et que la nouvelle classe de seconde prépare encore moins qu'avant à la première S (ce n'est pas faux, notre inspection nous a bien répété que la seconde doit enfin devenir une classe de détermination et que les nouveaux programmes de maths ne sont pas destinés uniquement aux futurs S).
    Si vraiment il reste des parents très virulents qui ne veulent pas entendre raison, alors fais en sorte de les revoir à part en présence de ton adjointe qui, si je me souviens bien, t'a assuré son soutien.
    Ensuite si les élèves sont vraiment très faibles alors je lâcherais, progressivement et discrètement, un peu lest sur la rédaction et les notations de manière à ce que ceux qui sont à 4 ou 5 passent doucement en quelques devoirs à 6 ou 7 et que ceux qui sont à 9 se retrouvent à 10 ou 11. Comme ça certains franchiront un cap psychologique et toi tu ne remets pas en cause ta notation car tu pourras toujours prétendre qu'ils ont travaillé et progressé et puis finalement à deux points près cela ne bouleversera pas les profils (globalement tu seras toujours en dessous des notes du bac et puis que les plus mauvais aient 2 ou 5 de moyenne anuelle, dans le fond ça ne change pas grand chose).
    Bon courage.
  • J'apporterai un petit bémol à l'affirmation de gerard0 :
    "J'ai pas appris parce que je comprenais pas" n'est pas opposable. C'est au cours précédent qu'il fallait demander les explications. Le cours fini, c'est à apprendre. C'est seulement le mensonge de celui qui n'a pas appris. On peut apprendre des chansons dans une langue qu'on ne comprend pas.

    Moi j'ai chaque année des élèves de bonne volonté qui, en toute bonne foi, ont essayé d'apprendre le cours mais qui n'ont pas réussi malgré les explications demandées le jour même ou qui se sont rendu compte en le revoyant qu'en fait ils n'avaient rien compris. Donc je suis moins intransigeant et j'essaie en début de chaque séance de leur demander s'ils ont bien compris ce qui a été fait la fois précédente ; en géréral seuls les élèves sérieux saisissent cette occasion et de mon côté je fais en sorte de ne pas trop m'attarder sur les réponses (mais je cours tellement après le programme que j'ai malheureusement tendance à oublier de faire ce "débriefing" en début de séance).
    Cela implique que les petits contrôles de cours (je n'en fais pas souvent, je ne suis pas très à l'aise avec ça, mais c'est un point de vue purement personnel) ne portent pas sur la séance immédiatement précédente, mais qu'ils ont toujours au moins une séance de délai.
  • Je dois éclaircir mon propos : l'élève qui ne comprend pas ce qu'est une limite la première fois qu'on en parle, ça me paraît normal. Mais je ne parlais pas de ce genre de notion. Je parlais de celui qui n'apprend pas l'identité $(a+b)^2 = a^2+2ab+b^2$ lorsqu'elle est mise en évidence ou rappelée comme très fondamentale (j'ai eu le cas avec un élève en cours particulier, que j'ai arrêté d'aider après la troisième fois où il n'avait pas appris). Certains élèves veulent réussir, être "bons en maths", mais ne font rien de ce qui leur permettrait d'y arriver. Ils sont pleins de bonne volonté ... pour qu'on leur explique longuement et répétitivement ce qu'ils pourraient savoir immédiatement. Ils sont candidats à une carrière scientifique (prépa, entre autres) qu'on leur ouvrirait sans qu'ils aient besoin d'apprendre.
    Ce n'est pas la majorité, mais quelques uns dans une classe et c'est difficile.
    Un contrôle en 2 mn ne peut porter que sur du très simple. Par exemple en première S la formule donnant les racines d'une équation du second degré lorsque le discriminant est positif, ou le lien dérivée/tangente, ou la définition du barycentre (laisser 4 mn, c'est long à bien écrire) ou 2 ou 3 formules de trigonométrie. Rien qui demande de la compréhension (définition de la dérivée, ou même forme canonique du trinôme), pas d'exercice d'application.
    la démarcation se fait vite entre ceux qui veulent réussir (et s'en donnent les moyens) et les "rétifs".

    Cordialement.
  • Malheureusement ou heureusement les maths se prêtent mal au simple par cœur et les vérifications rapido d'apprentissage de leçon ? On ne fabrique pas des robots :D

    Domi
  • Ce n'est pas une solution directe à ton problème, mais tu peux parler avec tes collègues de la notation des secondes. Cette année, j'ai pris le parti de ne mettre la moyenne en seconde qu'à des élèves réellement capables d'aller en S (puisque 10 en maths suffisent à passer en S). Résultat : ceux qui veulent aller en S sont à fond au niveau du travail, et les autres se rendent compte qu'il leur est nécessaire de réfléchir à leur orientation. J'appréhendais un peu le conseil avec mon 6,5 de moyenne de classe, mais quand j'ai vu leurs moyennes ailleurs, je me suis dit que la solution n'était peut être pas mauvaise. Et ici on ne trouve pas choquant d'avoir moins de la moitié d'une classe de seconde passant en première (le reste redoublant ou étant réorienté).
  • Domi,

    il ne s'agit pas d'apprendre des maths, mais d'apprendre à apprendre. Comment pourrait-on apprendre des maths à des élèves qui ne comprennent que 5% des mots qu'emploie le prof ? Parce qu'il n'ont jamais appris les définitions, significations, relations entre, ... parce qu'ils n'ont pas fait leur boulot d'élève.
    Et on s'étonne que tant d'élèves prennent des cours particuliers ...

    Ceci ne concerne bien évidemment pas les élèves qui apprennent au fur et à mesure, écoutent en classe et cherchent à comprendre. Ceux-là sont généralement à l'aise toute leur scolarité.

    Cordialement.
  • Ben,
    C'est déjà le cas dans notre lycée, d'ailleurs l'inspection a décidé de fermer une de nos classes de seconde pour nous punir de faire autant redoubler ..... Les réorientations sont souvent difficiles, ils n'y a pas assez de place en lycée pro et la fermeture des BEP est une catastrophe; du coup, les élèves trop mauvais pour être réorientés en bac pro, vont finir en 1ere générale.
    Mais les prof de maths sont très isolés dans cette démarche, on nous reproche de faire détester les maths en étant trop sévères. Les élèves rattrapent leur sale note de maths avec les autres matières (en particulier la physique, et les nouveaux programmes de physique en 1ere S désespère les profs, tout est fait pour donner des bonnes notes de façon automatique, les élèves n'ont plus rien à apprendre par coeur, juste montrer qu'ils ont vaguement compris de quoi ils parlent....).
    Certains de mes élèves de seconde, que j'ai maintenant en 1ere S, sont passé avec 8 de moyenne en maths (en travaillant beaucoup, ils étaient déjà en bout de course, alors en 1ere S.....), le 8 était compensé par les autres notes, je n'ai rien pu dire sinon prévenir que ça sera la boucherie en 1ere. En fait, c'est la première année que le lycée ouvre une 1ere S SI, il n'y a pas eu beaucoup d'élèves qui l'ont demandé, à peine 20, ils sont donc à peu près tous passé pour pouvoir ouvrir la classe
  • Oui Gérard

    Mais en faisant des maths une matière à récitation , on dénature complètement son rôle , et je crois qu'on fait plus de mal que de bien .

    Domi
  • Je plaigne les enfants!

    Dido, en tant que professeur tu seras confronter aux situations bien pires. Ne te décourage pas, je sais les parents ne sont pas toujours rationels et ne veulent surtout pas savoir que leurs enfants sont "nuls". Je suis sure que tu avais des meilleures attentions, mais peut-être tu n'as pas réussi à les exprimer? Je peux comprendre la colère des parents: on est au mois de décembre et tu leurs dis, que voila... les élèves ne savent pas rédiger. Et qu'as tu fait avant? Je sais que les élèves ne savent pas rédiger et j'insiste pour ma part sur l'importance de la rédaction dès le premier cours...
    Je te conseille de faire la trève avec les parents, proposer les solutions au problème. C'est ce qu'ils attendent de toi. La réponse: les élèves n'ont pas de niveau ne passera pas.

    gerard0, comme toujours c'est la fautes des enfants: ce ne sont que des paresseux et des nuls. Si les élèves ne savent pas ce que c'est une identité remarquable, ni les formules, ce n'est pas leurs fautes. Regarder le programme du 4ieme et 3ieme, regarder combien de temps ils passent sur ces exercices en général. Et surtout regarder le nombre et le niveau d'exercices dans les manuels.
  • Domi,

    tu dénatures mes propos. Si je faisais de même avec les tiens, je dirais qu'il n'y a rien à apprendre en maths, tout se comprend facilement (tiens un écho d'un grand absent !). Mais je sais que tu ne penses pas ainsi; tu réagis aux mots de mes phrases, pas au sens contextuel : je te rappelle que je suis en soutien de Dido.

    Cordialement
  • Cassiopella,

    quand tu sauras lire le français, je pourrai discuter avec toi. pour l'instant, tu n'es pas capable de saisir les nuances, donc tes interventions sont toujours à côté de la plaque.

    Au fait, tu enseignes maintenant devant des classes, ou seulement en cours particulier ? Car il n'y a rien de commun à ces deux activités.
  • Cassiopella,

    Je n'ai évidemment jamais dit aux parents ou aux enfants qu'ils sont nuls !
    Il est tellement évident que j'ai déjà bien insisté sur l'importance de la rédaction dès le début, que je n'arrive pas à croire que je doive le dire à quelqu'un qui se prétend prof de maths !!!!!! Alors, il suffit de le dire pour que ça se fasse ?????? Oui, au mois de novembre, je leur dit qu'ils ne savent pas rédiger, tu considères donc qu'en deux mois, j'aurais pu leur apprendre à faire des phrases avec des verbes, écrire correctement, faire des "phrases réponses", mettre des S, ne pas écrire "des droite céquente", ne pas écrire que des points peuvent être parallèles, et ce ne sont qu'un minuscule échantillon de ce que j'ai pu lire au dernier contrôle, tout ça en faisant le programme de 1ere S ? Alors, on dit rien ? On met la plupart des points pour encourager quand on a juste vaguement l'impression qu'il y a le prémisse d'un début de compréhension et le résultat est qu'ils sont en S alors qu'ils n'ont rien compris à des notions basiques depuis des années !
    Non, je n'ai pas dit qu'ils ne savent pas rédiger sans proposer des solutions ! Justement, c'est quand on regarde en face et calmement ce qu'on ne sait pas bien faire, qu'on peut enfin y remédier !
    Un enfant qui ne connais pas les identités remarquables (oui, on les travaille beaucoup !!) n'a rien en faire en S, que ça soit de sa faute ou non, point ! Je n'ai jamais été foutue d'apprendre par coeur les déclinaisons en Allemand, même en essayant, les profs disaient que je ne travaillais pas, ce n'était pas vrai, mais il est vrai que ce n'était pas assez pour moi, c'est à dire qu'il aurait fallu que je travaille vraiment énormément pour pouvoir peut-être réussir, là ou d'autres avaient juste besoin de les lire une fois et ça je ne pouvais pas le faire. Ca n'a aucune espèce d'importance, je n'allais pas pleurer en disant "c'est pas ma faute", et "c'est la faute du prof d'avant qui était trop méchante", j'ai toujours su que jamais je ne ferais d'étude de langue et je suis passé à autre chose, point !! Pareil pour la musique, pareil pour le sport, je n'ai jamais crié à l'injustice quand on me disait que je ne pouvais pas réussir dans ces domaines, je peux le faire pour le plaisir, comme loisir, mais certainement pas en faire un métier, et alors ?????
    Tous ces gamins passent en S alors qu'ils ne comprennent rien en maths ; que ça soit par manque de travail, d'une accumulation de profs médiocres (j'ai du mal à croire que ça soit autant possible ...), de programmes médiocres, qu'ils ne viennent pas du bon milieu, ou par manque de travail (et la plupart des élèves admettent assez volontiers qu'ils ne travaillent pas tant que ça) ou n'importe quelle autre raison et excuse, alors qu'on leur a pour la plupart dit que ce n'était pas conseillé en fin de seconde, devraient pouvoir entendre qu'ils ne sont pas assez bons (je n'ai pas dit qu'ils n'avaient pas de potentiel) pour avoir de bonne notes. Ils ont 17 ans quand même, on est plus en maternelle !!
    Ces associations de parents suivent les pédagogistes qui aimeraient supprimer les notes (cassons le thermomètre pour en plus avoir froid) parce qu'il ne faudrait jamais dire à un enfant ce qu'il ne sait pas faire pour qu'il progresse, c'est ridicule ! Ce qu'il faut apprendre à faire, c'est regarder en face ce que l'on ne sait pas faire, sans affect, se dire qu'une mauvaise note ne veut dire qu'une seule et unique chose, il faut faire autrement pour réussir et c'est à ce moment là qu'on peut essayer de trouver comment faire. Enfin, j'insiste, ils ont 17 ans, bientôt ils seront en prépa ou dans le vrai monde du travail, dans la vraie vie ou on ne leur fera aucun cadeau et si ils viennent directement du pays des bisounours, on peut s'attendre à avoir une nouvelle génération de dépressifs sous anxiolytique.
  • La première chose à comprendre dans ce métier, c'est que les parents ne sont pas nos alliés.

    Mais la diplomatie élémentaire implique de faire comme si c'était le cas : renforcer artificiellement le positif, taire à tout prix le négatif.

    C'est encore plus vrai par les temps qui courent : immaturité et irresponsabilité à tous les étages, jusqu'au plus haut. Je ne suis pas certain que nous puissions lutter contre ce mouvement général.
  • Désolée, je m'énerve et mes propos risquent d'être déformés.
    Même lorsque je dis qu'un gamin ne devrait pas être en 1ere S parce qu'il n'a le niveau (peu importe la raison), je ne le laisse pas tomber, c'est bien pour ça que je prends le temps de dire ce qui ne va pas. Si je pensais tout espoir perdu, je filerais des bonnes notes pour faire plaisir à tout le monde et pour faire croire que je fais du bon boulot (regardez, je suis une super bonne prof, la classe a 12 de moyenne !!), je m'en laverais les mains, je dormirais mieux la nuit et j'aurais enfin le temps de préparer l'agreg...
  • > regardez, je suis une super bonne prof, la classe a 12 de moyenne

    Pour le chef d'établissement, c'est un théorème.

    Théorème qui explique que des classes de seconde objectivement nulles se retrouvent à 12-13 de moyenne. La suite est logique : ils passent en première S.

    C'est le principe de tout système de notation, que les notes tendent vers la note maximale : c'est le point de moindre résistance.
  • Mince, on m'aurait menti à l'insu de mon plein gré à propos de la constante macabre ? :D
    Algebraic symbols are used when you do not know what you are talking about.
            -- Schnoebelen, Philippe
  • dido,

    Honnêtement, tous ces élèves ne méritent pas tout l'intérêt que tu leur portes. Pour eux, tu es incompétente parce que leurs notes sont basses. Prépare ton agreg sérieusement.... (tu m'as compris).
  • dido,

    je ne dis pas que tu avais dit "nul", je dis juste que les parents détestent la moindre critique. Je réjoins HAL: il faut être diplomate. A toi de faire la premier pas vers la reconsilation. Tu es là pour qu"ils s'améliorent, pour qu'ils apprennent des choses. Regarde tes messages privées.
  • Chère cassiopella, vous m'avez mal lu. Contrairement à vous, je ne donne aucun conseil. Sachez appréciez mon désabusement distancié face à l'horreur parentale actuelle.
  • Lisez Michéa, ça met des mots sur ce qui se passe à l'école.
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            -- Schnoebelen, Philippe
  • Après avoir rencontré la mère déléguée, mes doutes sont confirmés; je suis tombé sur un cas pathologique rare : son fils était tellement bon en 2nd, qu'on l'a presque forcé à passer en S, parce que sinon eux, ils auraient choisi autre chose (sa moyenne était de à peine 11 avec une prof qui surnotait et sa note au contrôle commun de 2nd était pourtant même pas 7), il avait eu les félicitations (ce n'était que des encouragements, et la PP avait même conseillé le redoublement) ce sont les autres parents qui se liguent contre moi et elle ne fait que essayer de m'aider, les autres parents et certains enfants sont en dépression à cause de moi et mes sales notes (j'oubliais, je les piège volontairement pour leur donner des mauvaises notes selon elle) et doivent maintenant prendre des traitements, les enfants ne me font plus du tout confiance toujours selon elle (pourtant ils ne m'ont jamais rien dit) et elle en est vraiment désolée et m'a dit 20 fois au moins qu'elle "aurait tellement aimé que son fils m’ait déjà comme prof l'année dernière", etc......
    Ca serait risible si cette folle furieuse n'arrivait pas à convaincre les autres parents; eux aussi aimeraient tellement croire que tout allait super bien avant que je me mette sur leur chemin (je crois que je vais bientôt être désignée comme la seule vraie responsable de la crise mondiale ...). Reste à espérer que l'inspection ne tombe pas dans le panneau, car je suis à peu près sure que ça ira jusqu'à là.
    Bon, désolée de m'épancher ainsi sur des problèmes perso sur un site qui n'est pas fait pour ça. Mais vu la tournure que prend notre profession, je crois que nous serons tous à un moment ou un autre victimes de ce genre de chose.
  • dido a écrit:
    je crois que je vais bientôt être désignée comme la seule vraie responsable de la crise mondiale ...

    Bein voilà, on avance... alors maintenant, pour le réchauffement climatique, tu vas enfin avouer oui ou non ?

    Plus sérieusement, est-ce que tu as rencontré les autres parents ? Peut-être que placés devant l'évidence, certains seront tout de même sensibles à des arguments plus rationnels. En divisant les contestataires il se peut que le problème puisse se régler au niveau du chef d'établissement sans que l'inspection soit impliquée ; ça vaut le coup d'essayer.

    Sinon, n'hésite pas à évoquer ce sujet ici car effectivement n'importe lequel d'entre nous peut se retrouver confronté à ce genre de situation ; à mon avis il est de plus en plus important de communiquer sur les dérives de notre métier car cela permet de prendre conscience du caractère global des difficultés que nous devons affronter quand par ailleurs nous avons un peu la tête dans le guidon sur le plan local. As-tu pensé aussi à faire part de ton témoignage sur un forum comme Neoprofs par exemple ?
  • Essaie de noter différemment, ou de donner d'autres types d'interrogations (Par exemple des interrogations très courtes, sur 5 ou 10 à faire en quelques minutes). Dans les contrôles ou les DM, même si la note est médiocre, n'hésite pas à faire resortir ce qui est positif. Tu mets des "biens" dans la marge, tu écris un "Beaucoup d'erreurs, mais tu es en progression par rapport au dernier devoir. Continue ainisi !". Quand tu interroges un élève à l'oral, n'oublie pas de faire un commentaire positif. En gros, même si la classe te semble faible, essaie de la motiver en faisant toujours apparaître ce qui est positif, le moindre progrès, même minime. Essaie peut-être de faire rattraper quelques points à tes élèves en proposant qu'il te rende la correction d'un ou deux exercices d'un contrôle... Et surtout, ne dit à aucun parent ou inspecteur que tu prépares l'agreg, cela pourrait donner l'impression que tu négliges ton travail pour passer un concours qui te feras gagner plus d'argent en travaillant moins.
  • Bonsoir,

    L'idée que propose philippe est sage. A savoir que le mieux pour toi Dido est de faire des appréciations positives même minime et ceci sans casser le thermomètre c'est à dire en maintenant tes barèmes et tes exigences.

    Pour ma part cela fait 1an 1/2 que j'enseigne et cela fait le même temps que je me bat contre la facilité de la surnote et du controle bidon et ceci au grand drame des élèves jusqu'à temps qu'ils comprennent que le mensonge ne leur servira à rien sur le long terme.

    Il faut que tu tiennes le coup se n'est que leur rendre service de toute façon qu'ils le comprennent ou non tout de suite, ils te remercieront plus tard.

    Cordialement,
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