À propos du père de Michel Talagrand ...

umrk
Modifié (7 Apr) dans Histoire des Mathématiques
Bon le fil sur Michel Talagrand a été fermé, pas de pb je ne conteste pas, je reviens sur un sujet connexe : qui était son père ?

Dans son bouquin "Rue D'Ulm" Alain Peyrefitte mentionne un Jean Talagrand, qui me parait être un géniteur probable de Michel Talagrand (sachant que tout ce que l'on sait c'est que son père enseignait en prépa, mais c'est un indice qui me paraît suffisant, s'agissant d'un patronyme assez peu commun ...). Donc, si cela est avéré, Michel Talagrand n'est pas Ulmite (pour des raisons qui découlent de son état de santé, peu compatible avec la prépa), mais descendant d'Ulmite ... Ah, je sais ! je rouvre le débat entre l'acquis et l'inné, mais ce débat est éternel !

www.umrk.fr

Réponses

  • zeitnot
    Modifié (7 Apr)
    Je n'ai rien suivi de la précédente conversation, concernant son père (et son grand-père), je lis ceci ( ça a peut-être déjà été mentionné et je m'en excuse si c'est le cas.)
    Michel Talagrand, le récent  lauréat du prix Abel explique : « Mon grand-père est né dans une famille nîmoise extrêmement pauvre. Il a eu une marâtre absolument ignoble qui devait gérer une flopée de gosses, et qui, c’est peu dire, était tout sauf tendre avec eux. Il s’est enfui de chez lui dès qu’il a pu. Il a fait tous les métiers possibles et imaginables. Il a été mineur, boucher, et maçon. Il a fini par trouver un poste à la SNCF qui l’a sorti de la misère. Mais il était quand même très pauvre jusqu’à la fin de sa vie. Et la difficulté, c’est que tout le monde lui conseillait de mettre son fils au travail pour alléger les fins de mois. Mon père a eu un instituteur intelligent qui est allé voir mon grand-père et a dit que mon père était un étudiant exceptionnel et qu’il fallait absolument le laisser à l’école. C’est ce qu’il a fait et mon père a fini par devenir agrégé en mathématiques. Si mon grand-père n’avait pas écouté l’instituteur, nous ne serions pas en train de parler aujourd’hui ».
    La vie est injuste surtout pour ceux qui partent avant les cheveux blancs.
  • Il y a bien un Jean Talagrand né à Nîmes en 1909, il aurait eu son fils à 42 ans. Ce n'est pas tôt, mais c'est possible.
    La vie est injuste surtout pour ceux qui partent avant les cheveux blancs.
  • Bonjour,
    Agrégation de math 1949 :smile:
    major = Maurice Crestey (Saint-Cloud)
    19ème = Pierre Talagrand (Saint-Cloud)
    A tantôt...
    Etes-vous fou de l'aller quereller, lui qui sait tuer son homme par raison démonstrative !

  • Dans les années 1985-90, j'avais dans mes relations de plage un instituteur basé à Cassis... Il me dit un jour : je ne fais pas 26 heures, mais je n'en fais pas 28. (27 heures/semaine = temps de travail d'un instituteur).
    L'instituteur du père de Talagrand ne devait pas être du même tonneau que l'instituteur de Cassis... Le premier devait lire Anatole France, le second devait lire Astérix.
    Que la farce tranquille soit avec vous !...
    Etes-vous fou de l'aller quereller, lui qui sait tuer son homme par raison démonstrative !

  • zeitnot
    Modifié (7 Apr)
    Le deuxième prénom de Michel Talagrand est Pierre.... Ce Pierre Talagrand agrégé de mathématiques pourrait bien être son papa  !
    La vie est injuste surtout pour ceux qui partent avant les cheveux blancs.
  • On peut très bien lire Anatole France $\textbf{et}$ Astérix !

    ps: ton instituteur de Cassis, il me semble du même tonneau que Diogène !
  • Math Coss
    Modifié (7 Apr)
    À Ulm, l'annuaire recense deux Talagrand dont le plus jeune est un littéraire entré en 1928 <https://www.archicubes.ens.fr/lannuaire#annuaire_chercher?identite=Talagrand>. Ça ne colle pas.
  • Piteux_gore
    Modifié (7 Apr)
    Mon instituteur de Cassis ne devait lire qu'Astérix.
    Certains instituteurs du temps jadis étaient d'une rare érudition... Cf. La gloire de mon père ou L'homme du XXème siècle (célèbre jeu TV des années 1960).
    Etes-vous fou de l'aller quereller, lui qui sait tuer son homme par raison démonstrative !

  • Piteux_gore, il ne faut jamais croire ce que racontent les instituteurs en vacances ...
  • Chaurien
    Modifié (7 Apr)
    Pour en revenir à la question initiale, dans l'ouvrage « Rue d'Ulm » d'Alain Peyrefitte,  ce  « Jean Talagrand » n'est présent que dans une citation des frères Tharaud, mais @Math Coss a démontré qu'il n'existe pas de « Jean Talagrand » ulmien. Il s'agit donc sans doute d'une méprise des frères Tharaud. 
    Dans cet ouvrage « Rue d'Ulm », il est aussi question de Jacques Talagrand (1909-1988), qui lui a vraiment existé,

    ** suite du message modéré, sans rapport avec le sujet du fil (= le père de Michel Talagrand). Une dizaine de messages ont été effacés ci-dessous. --JLT **
  • @zeitnot a écrit:
    « Mon grand-père est né dans une famille nîmoise extrêmement pauvre. Il a eu une marâtre absolument ignoble qui devait gérer une flopée de gosses, et qui, c’est peu dire, était tout sauf tendre avec eux. Il s’est enfui de chez lui dès qu’il a pu. Il a fait tous les métiers possibles et imaginables. Il a été mineur, boucher, et maçon. Il a fini par trouver un poste à la SNCF qui l’a sorti de la misère. Mais il était quand même très pauvre jusqu’à la fin de sa vie. Et la difficulté, c’est que tout le monde lui conseillait de mettre son fils au travail pour alléger les fins de mois. Mon père a eu un instituteur intelligent qui est allé voir mon grand-père et a dit que mon père était un étudiant exceptionnel et qu’il fallait absolument le laisser à l’école. C’est ce qu’il a fait et mon père a fini par devenir agrégé en mathématiques. Si mon grand-père n’avait pas écouté l’instituteur, nous ne serions pas en train de parler aujourd’hui ».

    Aujourd'hui le père de Michel Talagrand serait impitoyablement écarté par le mécanisme "parcoursup".


    Une fonction est un ensemble $f$ de couples tel que pour tous $x,y,z$, si $(x,y)\in f$ et $(x,z)\in f$ alors $y = z$.
  • N'importe quoi, on sait bien qu'il est plutôt facile de devenir prof de maths de nos jours (quitte à passer l'agrégation par la suite) donc il serait encore moins écarté qu'avant.
    Il faut vraiment travailler pour faire de la propagande crédible, c'est vraiment ridicule.
    La philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous paraît évident. La propagande, au contraire, nous enseigne à accepter pour évident ce dont il serait raisonnable de douter. (Aldous Huxley)
  • zeitnot
    Modifié (7 Apr)
    Je pense que Foys voulait parler de la difficulté pour un provincial (je déteste ce mot mais allons-y) d'intégrer Saint-Cloud, s'il y avait eu Parcoursup à l'époque. (Je ne sais pas s'il a raison ou non, mais je pense que c'est qu'il voulait pointer du doigt.)
    Mais restons sur le sujet. :)
    La vie est injuste surtout pour ceux qui partent avant les cheveux blancs.
  • gerard0
    Modifié (7 Apr)
    Heu ... intégrer Saint Cloud se faisait par un concours en fin de prépa. Rien à voir avec Parcoursup. Et le passage parle d'instituteur, pas de lycée. Foys raconte n'importe quoi ! C'est de la bête propagande politique !
  • Mon vénéré prof de prépa, Jacques Bouteloup, Saint-Cloud, major de l'agreg, avait commencé comme instituteur ....
  • Chaurien
    Modifié (8 Apr)
    J'ai connu Jacques Bouteloup dans les années 1970-80, c'était une forte personnalité. Il a écrit de nombreux articles dans la RMS, le bulletin de l'APMEP, Quadrature, et plusieurs livres, plusieurs « Que sais-Je ?» de mathématiques, et même un sur « Vagues, marées, courants marins » qui a eu quatre éditions. Notons aussi « Les jeux de Nim ».
  • umrk
    Modifié (8 Apr)

    « Le Boute » (extrait de mon blog www.umrk.fr)

    Celui qui fut mon professeur de Spé M ' pendant deux ans, Jacques Bouteloup, dit « Le Boute », occupe une place à part au sein du lycée. Au sommet de la hiérarchie (explicite autant qu’implicite) qui s'établit entre les professeurs de l'établissement, je soupçonne qu'il est autant craint de ses pairs que de ses élèves.

    Il a une façon très particulière de traverser la grande cour d'honneur, au milieu de laquelle trône la statue de Pierre Corneille, à grandes enjambées, en balançant son cartable, le regard curieusement tourné de côté. Chacun s’écarte de son passage, c’est plus sûr ...

    Il agrémente ses cours de réflexions (utilisées par ses élèves pour décorer les murs de la classe) , certaines à caractère mathématique, d'autres à caractère général, parfois également gentiment salaces (« il ne nous suffisait pas d'avoir un corps, nous en avons maintenant deux ! » (NB : le « Corps » est une certaine structure mathématique), « Majoration et Minoration sont les deux mamelles de l'analyse ! » « Un jour j'ai reçu un prospectus dans ma boîte aux lettres me vantant une certaine intégrale, mais j'ai été très déçu de m'apercevoir que c'était de la musique, et qu'elle n'avait rien à voir avec les mathématiques ! », etc …

    Le moment le plus terrifiant, générateur du niveau de stress maximal, est celui où il fait plancher un élève au tableau.

    S'il n'est pas satisfait de la prestation, il peut se montrer enjoué « c'est ce que vous êtes de ne pas le dire » (lorsque l'élève se montre incapable de trouver la bonne réponse à une question, et que celle-ci est « zéro »).

    Parfois également (mais fort heureusement beaucoup plus rarement), il entre dans une colère noire, et pousse une de ses fameuses gueulantes, qui s'entend très au-delà de la salle de cours, laissant le/la pauvre élève qui doit la subir au bord des larmes.

    Terrible humiliation publique, devant une classe mixte, qui plus est … (mais ceci appartient fort heureusement au passé, ma fille m'a dit n'avoir rien vécu de tel en prépa).

    C'est cela sans doute, plus encore que le rythme infernal de travail, le plus mauvais côté de la prépa, celui qui infantilise. Tous d'ailleurs ne sont pas prêts à le supporter. Ceux qui restent savent à quoi s'en tenir, et se disent que c'est pour leur bien, mais c'est parfois dur, très dur …

    Malgré tout, le lien qui se crée entre les élèves et un tel professeur est d'une nature très particulière, et le personnage du «Boute » reste exceptionnel (aucun des autres professeurs que j'ai pu avoir à cette époque n'ont eu ce comportement).

    Il fut pour moi un très grand professeur, et ses bons côtés l'ont largement emporté sur les moins bons.

  • (d'ailleurs je me suis si bien imprégné de la maxime "majoration et minoration sont les deux mamelles de l'analyse", que j'ai toujours considéré que les complexes n'étaient pas des nombres, faute d'ordre total sur C (Martial a essayé de m'expliquer que j'avais tort, mais je n'ai jamais réussi à comprendre l'objection)
  • gai requin
    Modifié (8 Apr)
    Pas d’ordre sur $\mathbb C$ compatible avec l’addition et la multiplication d’après la théorie des corps réels clos, grosso modo parce que $1^2+i^2=0$.
  • Chaurien
    Modifié (8 Apr)
    Plus précisément, il n'y a pas dans $\mathbb C$ d'ordre compatible avec la multiplication. Comme dit @gai requin, la cause est que dans un corps ordonné un carré est positif, en raison de la règle des signes. L'opposé d'un carré est donc négatif, et $1^2=-i^2$ devrait être à la fois positif et négatif, impossible.
    Néanmoins, on pourrait y définir un ordre compatible avec l'addition seulement, qui ferait de $\mathbb C$ un groupe additif ordonné, par exemple l'ordre lexicographique sur le couple partie réelle-partie imaginaire. On pourrait alors définir $\sqrt z$ comme la racine carrée « positive » de $z$. Mais ça n'a pas un grand intérêt puisque cette « racine carrée » ne vérifie pas : $\sqrt {zz'}=\sqrt {z}\sqrt {z'}$.
  • Foys
    Modifié (8 Apr)
    Pour l'anecdote étant donné un corps commutatif $K$ il existe une relation d'ordre sur $K$ compatible avec ses opérations si et seulement si $-1$ n'est pas la somme d'une famille finie de carrés dans $K$ (pour le sens non trivial, soit $S$ l'ensemble des sommes non triviales de carrés strictement positifs dans $K$; à l'aide du lemme de Zorn, considérer une partie $P$ de $K$ maximale pour l'inclusion, contenant $S$, ne contenant pas $-1$, stable par somme et par produit puis poser $x<y:= y - x \in P$ pour tous $x,y\in K$).
    Une fonction est un ensemble $f$ de couples tel que pour tous $x,y,z$, si $(x,y)\in f$ et $(x,z)\in f$ alors $y = z$.
  • Bonjour, autre caractérisation qui peut être utile, soit $K$ un corps commutatif, il existe une relation d'ordre sur $K$ compatible avec ses opérations si et seulement si pour tout $x_1,...,x_n \in K$. $\displaystyle \sum_{i=1}^n x_i^2=0 \implies x_i=0$ pour tout $i \in [1..n]$. Pour la démonstration je pense que le chemin le plus facile est de montrer que la propriété "somme des carrés nulle" est équivalente à $-1$ n'est pas une somme de carré.
  • cailloux
    Modifié (8 Apr)
    Bonjour,
    N'ayons peur de rien : ouvrons un fil sur la souris croquée par le chat de Michel Talagrand. Il semble que la malheureuse avait un niveau mathématique avancé. Oublions le chat pour l'instant qui, de notoriété publique, est (était ?) une pure lumière.
  • Camille Lebossé, lui aussi normand, instituteur, cloutard et professeur (deux ans) au lycée Corneille...
    Etes-vous fou de l'aller quereller, lui qui sait tuer son homme par raison démonstrative !

  • umrk
    Modifié (9 Apr)
    Piteux_gore : merci, j'ignorais cette grande figure !
    (à propos de Jacques Bouteloup, je soupçonne que son intérêt pour les marées (d'où son "Que sais-je") vient du fait qu'il était originaire de Trouville ...)
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Camille_Leboss%C3%A9
    "La mise en place, par le recteur Zamansky, de la réforme des mathématiques dites « modernes » sonnera le glas de la collection Lebossé-Hémery dont les manuels furent à l’enseignement des mathématiques ce que le Bled et le Bescherellefurent à celui du français."
Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.