Caméras surveillances

Un ami qui travaille dans un supermarché m’a demandé 
«Pourquoi il n’y a pas des caméras dans les établissements scolaires et dans les salles de classes.
Ça aiderait d’avoir un climat studieux en classe.»
Je lui avait que cela ne se fait pas car les élèves sont mineurs.
Est-ce que cela a été expérimenté ? Y-a-t-il des pays où les caméras sont autorisés en milieu scolaire ?
Y-a-t-il une étude sur le climat studieux et les caméras ? 

Réponses

  • Dom
    Dom
    Modifié (31 Mar)
    Je pense que ça ne changerait rien.
    Aussi, on obtiendrait certainement le contraire de ce que l’on veut : « je me tiens bien parce que l’on observe » et « puisqu’il n’y a pas de caméra à cet endroit, je vais dégrader cet endroit ». Évidemment, tous les élèves ne penseraient comme ça. 
    À court terme, ce serait pratique pour des profs « là, tu vois, c’est toi ! ».
    Mais à long terme, je doute d’un résultat probant.
    Dans l’espace public, ça sécurise certains endroits faute de mieux [c’est par échec d’autre chose qu’on en vienne là, ça n’a jamais rien de vertueux] où ça permet aux enquêteurs de résoudre des affaires (notamment pour des accidents de la route).
    J’attends aussi une étude en particulier sur le climat scolaire. Si elle existe…
  • Il y en a bien dans certains établissements, pas dans les classes, mais dans les couloirs et les cours, et aussi à l'entrée. À partir du moment où cela a été voté par le CA, personne n'a rien à dire, et le fait que les élèves soient mineurs n'y change rien. Il y a cependant des règles pour l'utilisation de ces images, mais je ne connais pas les détails.
  • Cyrano
    Modifié (31 Mar)
    Quand bien même il y aurait des caméras et des soldats dans les classes, qu'espèrerait-on voir comme résultat positif ?
    Le silence absolu dans la classe assure-t-il que l'apprentissage a réellement lieu ? Peut-on réellement forcer quelqu'un à se concentrer, écouter et apprendre ?

    Les profs ont parfois tendance à oublier le plus basique : à la base de l'apprentissage il y a le désir. Quand bien même la classe serait très agréable, sans aucune forme de bordel, un apprentissage profond ne peut pas avoir lieu si les élèves ne le veulent pas. N'oublions pas que la base de l'école obligatoire, dans sa forme actuelle, est qu'on donne cours à des gens qui ne veulent pas être là. Si on ne garde pas ça à l'esprit alors on peut se bercer d'illusion en pensant que des caméras vont régler tous les problèmes. 
  • « Les profs ont tendance à oublier » 
    Je ne crois pas que ce soit une demande des profs, ce doit être extrêmement minoritaire, je pense. 
  • De fait j'ai rarement vu une demande de caméra.
    Par contre demander qu'il y ait un second adulte en classe ("un policier") chargé de faire respecter l'autorité pour que le prof puisse se concentrer à 100% sur la transmission du savoir est une demande récurrente. 
  • Nous sommes à l'ère du prof gardien de prison.
  • Aussi explicitement, ça ne m’évoque rien. Par contre quand a été mise en place « la coanimation », on a pu observer qu’en cas de pépin avec un élève, l’un des adultes peut se concentrer sur le problème tandis que l’autre peut continuer à faire cours. En ce sens, un autre adulte est utile. 
    Je ne défends cela dit pas ce dispositif, pour diverses raisons. 
  • @gai requin : La comparaison entre école et prison (i.e. un dispositif coercitif qui contraint le corps des gens) est assez vieille il me semble. Michel Foucault était un habitué. 
  • etanche
    Modifié (31 Mar)
    L’idée de coanimation de Dom me paraît être une solution plus efficace.
  • Sujet facile. 
    Est-ce l’École qui devient une prison ?
    Est-ce l’élève qui devient un délinquant ?
    Bon, mieux vaut aller chercher des œufs car ça va vite fermer. 
    Cependant, si une étude existe, encore une fois, pourquoi pas. Je ne trouve que des textes « législatifs », parfois des articles idéologiques [c’est pas bien/c’est la solution] mais rien de journalistique. 
  • @Dom : On peut exclure le cas de la délinquance facilement.
    Encore une fois faisons une expérience de pensée : tous les élèves sont parfaitement polis, sages, bien élevés, gentils et respectueux. Ceci change-t-il quoique ce soit au fait qu'ils soient contraints d'être assis 8h par jour une chaise à écouter des choses qu'ils n'ont pas envie d'écouter ? On pourrait rajouter à ça plein d'autres détails comme l'interdiction d'aller aux toilettes (selon les profs et les établissements), etc.
  • Avoir une caméra braquée sur soi, ça incite plus à la paranoïa qu’à l’étude. Mais c’est le genre de mesure pseudo-autoritaire qui peut trouver un écho dans l’opinion. À défaut d’avoir des profs motivés, on aura des caméras. 


  • @Cyrano : À défaut de Foucault, je n'en vais lire le règlement intérieur du lycée où j'enseigne ;)
  • Cyrano: « Surveiller et punir » (Michel Foucault, 1975)
  • « À défaut d’avoir des profs motivés. »
    Le problème n’est pas là. 
    C’est à défaut d’avoir des élèves disponibles tous en même temps aux apprentissages. Et ce n’est pas de leurs fautes, on [« la société »] les fabrique comme ça.  
    Je suis d’accord Cyrano. 
  • Chaurien
    Modifié (31 Mar)
    Réponse à @Cyrano, dont les interventions sont toujours une source de réflexion. « Désir » est peut-être un mot un peu fort. Disons qu'à la base, il faut des élèves qui soient d'accord pour être là, comme il dit plus loin, parce que c'est la tâche normale d'un collégien ou lycéen, même si c'est parfois ennuyeux, notamment s'il apprécie plus ou moins tel ou tel professeur. Dans la suite de la vie, quand on va au boulot, ce n'est pas forcément par « désir », c'est qu'il faut bien. Le boulot peut être agréable, indifférent, désagréable, insupportable, mais c'est ce qu'il faut.
     Le problème c'est « qu'on donne cours à des gens qui ne veulent pas être là », dit Cyrano, et il a raison. Il a raison partiellement, car il y a encore des collégiens ou lycéens qui acceptent : ce sont les autres qui posent problème.  Question : pourquoi ne veulent-ils pas être là ? Il y a une réponse multifactorielle, et notamment une question de valeurs, de vue-du-monde, qui dans une partie de la population n'est pas celle qu'est censée véhiculer l'école de la République française. Voir les difficultés en  Lettres, en SVT, en Histoire, en Éducation physique ou dans les sorties scolaires. 
    Il est clair alors que Cyrano a raison en niant qu'on va régler ce problème avec des caméras, ou tout autre procédé technique. Si  le problème c'est « qu'on donne cours à des gens qui ne veulent pas être là », eh bien, qu'on leur donne satisfaction et qu'on s'arrange pour qu'ils aillent ailleurs.
  • Vassillia
    Modifié (31 Mar)
    Bonjour,
    Si c'était si facile, ça se saurait, il y a bien des individus qui ne partagent pas mes valeurs de République Française et pourtant il n'y a pas moyen de s'arranger pour qu'ils aillent ailleurs. 
    Pour le lecteur ou la lectrice qui passe par là, c'est mieux dissimulé que d'habitude, il faut y voir un progrès, comme quoi la perseverance fonctionne, mais Chaurien fait son couplet habituel sur la population musulmane en faisant référence aux lettres, SVT, histoire...
    Rappelons par la même occasion que les "parents vigilants" de son parti politique préféré posent le même genre de problème aux enseignants. Est-ce que les caméras seraient suffisantes pour leur faire tolérer les valeurs de la République Française ? Rien n'est moins sûr.
    Ce sujet n'ayant même pas l'alibi des mathématiques, il va forcément fermer donc autant y aller cash.
    La philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous paraît évident. La propagande, au contraire, nous enseigne à accepter pour évident ce dont il serait raisonnable de douter. (Aldous Huxley)
  • Bonjour,

    Pour les lecteurs peu habitués aux billevesées vassiliesques (pléonasme), Vassilia fait son couplet négateur des difficultés rencontrées par les professeurs avec les musulmans. C'est une réalité, ne t'en déplaise. Cherche par exemple Robert Redeker ou Didier Lemaire sur ton moteur de recherche préféré.
    Vassillia a dit :
    Rappelons par la même occasion que les "parents vigilants" de son parti politique préféré posent le même genre de problème aux enseignants. 
    C'est vrai que demander à ce les élèves apprennent quelque chose en classe plutôt qu'ils apprennent comment on met un préservatif, c'est comparable à ce qu'a subi Samuel Paty, mais tu n'es plus à une insanité près. Tu es vraiment un être méprisable et une personnalité toxique. Tu vois, j'y vais cash.

    Pour en revenir au sujet, qui peut croire qu'une telle solution marchera ? Certains élèves se sentiront pousser des ailes à l'idée de savoir qu'ils sont filmés. Par ailleurs, les caméras de surveillance, ça ne marche pas, les études sur le sujet tirent la même conclusion.
  • Vassillia
    Modifié (31 Mar)
    Mépris réciproque, je te rassure, je t'invite à te documenter https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-choix-franceinfo/enquete-ecole-comment-l-extreme-droite-tente-d-intimider-les-professeurs_6069969.html et je ne nie pas les difficultés rencontrées avec les parents musulmans extrémistes, tu as oublié un mot dans ta phrase, pourquoi ?
    La philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous paraît évident. La propagande, au contraire, nous enseigne à accepter pour évident ce dont il serait raisonnable de douter. (Aldous Huxley)
  • Finalement entre les « parents vigilants » de Zemmour et l’entrisme islamiste, il y a beaucoup de points communs (ex: censure des cours d’Histoire, haine homophobe, harcèlement numérique, menaces de mort ou de viol etc…)  Et pourquoi pas utiliser les caméras pour traquer les profs déviants ?
    Pauvre système scolaire !
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