Déclin des maths, déclin littéraire : que faire ?

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Réponses

  • zygomathique
    Modifié (3 Apr)
    ça me rappelle cette blague sur le management dont on retrouve les principes dans l'EN :
    Management 😁
    Deux entreprises, dont une française, décident de faire une course d'aviron pour montrer leur savoir-faire dans le domaine de la "galvanisation" des troupes. Les 2 équipes s'entraînent dur.
    Lors de la 1ère épreuve, les étrangers gagnent avec plus d'un kilomètre d'avance.
    Les Français sont très affectés. Le management français se réunit pour chercher la cause de l'échec.
    Une équipe d'audits composée de seniors managers est désignée.
    Après enquête, ils constatent que l'équipe française, constituée de 10 personnes, n'a qu'un rameur, alors que l'équipe étrangère comporte 1 barreur et 9 rameurs.
    La direction française décide de faire appel au service de consultants internes.
    Leur avis, entouré de précautions oratoires, semble préconiser l'augmentation du nombre de rameurs.
    Après réflexion, la direction décide de procéder à une réorganisation. Elle décide de mettre en place un manuel qualité, des procédures d'application, des documents de suivi.
    Une nouvelle stratégie est mise en place, basée sur une forte synergie. Elle doit améliorer le rendement et la productivité grâce à des modifications structurelles. On parle même de zéro défaut dans tous les repas brainstorming.
    La nouvelle équipe constituée comprend maintenant :
    1 directeur général d'aviron
    1 directeur adjoint d'aviron
    1 manager d'aviron
    1 ingénieur qualité d'aviron
    1 consultant de gestion d'aviron
    1 contrôleur de gestion d'aviron
    1 chargé de communication d'aviron
    1 coordinateur d'aviron
    1 barreur
    1 rameur
    La course a lieu et les Français ont deux kilomètres de retard !
    Humiliée, la direction prend des décisions rapides et courageuses :
    - Elle licencie le rameur n'ayant pas atteint ses objectifs, vend le bateau et annule tout investissement.
    - Avec l'argent économisé, elle récompense les managers et superviseurs en leur donnant une prime, augmente les salaires des directeurs et s'octroie une indemnité exceptionnelle de fin de mission…


    Ce ne sont pas les signes, les symboles qui constituent la science ; le seul principe qui y domine, c’est l’esprit de sagacité auquel les objets soumis servent d’auxiliaire.                BHASCARA

  • @zygomathique :  Ton histoire fait penser fortement à ce livre.
  • 🤣

  • biely
    Modifié (3 Apr)
    @Soc
    Cette vidéo m’a frustré aussi par le manque de détails. C’était la première d’une série de trois mais globalement la sensation est la même. 
    @zygomathique
    Très drôle,  le seul souci est que j’ai un peu l’impression de vivre cette situation actuellement en tant que rameur...   :D

    Finalement, sur le déclin,  les propos de Nicolaï dans ce reportage sur un prof en Russie montre que le problème est assez général:
    ’’Et puis les enfants n’ont plus confiance en l’école. Ils voient que le fait d’avoir de bons résultats ne permet pas forcément de faire carrière mais je pense qu’il y a un problème plus global. L’école ne prépare pas à la vie professionnelle, ou en tout cas, les enfants ne font pas le lien entre l’école et la réussite sociale. Tout ce qu’ils voient ce sont ces individus sur internet, les blogueurs, les influenceurs qui gagnent beaucoup d’argent. Pour eux c’est ça la réussite, ce n’est pas d’avoir de bonnes notes ou de devenir ingénieur. L’école est déconnectée de la réalité et ça démotive les élèves’’. 
    Cet extrait commence à 22:40 de la vidéo.



    @Fin de partie
    Merci pour ton lien pour le livre!
  • Fin de partie
    Modifié (4 Apr)
    @Biely:. En France on sacralise les diplômes* donc le revers de la médaille est que des gens très diplômés voient que d'autres moins diplômés (voire sans diplôme du tout) gagnent beaucoup mieux leur vie et cela génère un fort sentiment de trahison.
    *: Je pense que c'est à mettre en relation avec le fait qu'on devient riche en France surtout par héritage. Je l'ai déjà écrit plusieurs fois ici, pour justifier la position sociale des très riches leur argent ne suffit pas, il faut pouvoir s'inscrire dans le mythe de la méritocratie. Il faut qu'on croit que les riches sont riches parce qu'ils ont fait de grandes écoles et donc médiatiquement on met en avant des ultra-riches qui ont fait de grandes écoles et ceux qui n'en ont pas fait restent dans l'ombre médiatique, on ne parle pas d'eux.
    PS.
    La Russie est sans doute le pire exemple. Une poignée de l'intelligentsia russe proche du pouvoir soviétique a œuvré pour récupérer des pans entiers de l'économie russe après la grande vague de privatisation suite à la chute de l'URSS. Ces gens sont devenus très riches, pas par leur diplôme mais par leur relations et leur manigances. J'imagine qu'en Russie tout le monde le sait donc le mythe de la méritocratie a pris du plomb dans l'aile.
  • biguine_equation
    Modifié (4 Apr)
    J’ai récupéré chez Rakuten, le fascicule que j’avais acheté à l’époque et perdu peu de temps après: « L’épreuve littéraire, concours d’entrée 87-88. Grandes Écoles scientifiques » Bréal (C’est peut-être le même !)
    Ça parle des concours d’entrée aux ENSI, Polytechnique, ENS, Centrale Mines-Ponts, École de Chimie etc… Plus en détails: il est précisé aux candidats qu’avant d’aborder l’étude de l’œuvre, il est important de la situer dans l’Histoire (générale et littéraire).
    L’épreuve consiste en une dissertation française. Le programme pour les concours 1987-1988 comporte quatre œuvres et quatre thèmes associés.
    $\bullet$ Tocqueville: De la démocratie en Amérique. Thème: égalité et liberté.
    $\bullet$ Beaumarchais: Le mariage de Figaro. Thème: l’ordre social.
    $\bullet$ Mishima: Le pavillon d’or. Thème: la beauté.
    $\bullet$ Saint-John Perse: Éloges. Thème: la nostalgie.
  • @biguine_equation ; Ce genre d'épreuves, les IEP les affectionnent: de la culture générale superficielle  pour épater la galerie et briller parmi les sots.
  • Quand on parle de culture, FdP sort son révolver ;).
  • zygomathique
    Modifié (4 Apr)
    @Fin de partie : pas du tout !!
    ce genre d'épreuve est proposée pour permettre d'évaluer la capacité d'analyser, organiser, trier, (produire ?) des idées abordant une question d'un thème (au programme) étudié à partir d'une œuvre portant sur ce thème, et ce dans une langue convenable (raisonnablement).

    et c'est la moindre des choses de posséder cette compétence pour un ingénieur, à côté bien sûr de ses compétences et connaissances scientifiques ou dans son domaine de spécialisation., vu ses fonctions et missions futures.

    nous avons tous fait cela dans notre scolarité (de façon plus ou moins approfondie peut-être) et par exemple avec la philo en terminale.
    ce n'est pas pour cela que nous nous rappelons de toutes les œuvres étudiées et ce n'est pas réellement l'objectif, celui-ci étant rappelé au-dessus.

     ;)

    après bien sûr il y a ceusses qui se la pètent sans rien savoir et il y a ceusses qui savent mettre les mains dans le cambouis et résoudre le pb !!
    un peu de bon sens (et de culture) permet en général de vite faire la différence.

    Ce ne sont pas les signes, les symboles qui constituent la science ; le seul principe qui y domine, c’est l’esprit de sagacité auquel les objets soumis servent d’auxiliaire.                BHASCARA

  • biely
    Modifié (4 Apr)
    La Russie est sans doute le pire exemple. Une poignée de l'intelligentsia russe proche du pouvoir soviétique a œuvré pour récupérer des pans entiers de l'économie russe après la grande vague de privatisation suite à la chute de l'URSS. Ces gens sont devenus très riches, pas par leur diplôme mais par leur relations et leur manigances. J'imagine qu'en Russie tout le monde le sait donc le mythe de la méritocratie a pris du plomb dans l'aile.
    Je suis d’accord sur la deuxième et troisième phrases. Pour la dernière et le ’’donc’’ c’est plutôt faux. Après la chute de l’URSS la crise économique a été  très sévère mais la méritocratie au niveau de l’école n’a pas pris de l’aile après cela globalement. En revanche les riches ont été favorisés pour l’accession dans des formations du supérieur (mais les ’’pauvres’’ méritants pouvaient y accéder également). Le reportage ne parle absolument pas de cela mais de problèmes actuels dans l’éducation qui touchent beaucoup de pays je pense. 
    @Chaurien
    Je pense que c’est plus le mot ’’concours’’ (ou sélection, épreuve etc) qui hérisse le poil de Fin de partie... :)
  • biguine_equation
    Modifié (4 Apr)
    De toute façon, aujourd’hui, avoir un minimum de culture équivaut fatalement à: « Se la péter ! ».
    Fin de partie : tu parles de culture générale. Il s’agit surtout d’une culture littéraire destinée à des scientifiques. Et elle m’a l’air d’un niveau très honorable (j’allais dire: pour des scientifiques !). Mais en réalité : pour tout le monde. Puisqu’on parle de superficialité, je serais curieux de connaître le pourcentage d’étudiants de l’ENS ou Polytechnique qui ont lu Mishima Yukio.

    Cette épreuve de 1987 est à rapprocher, dans son esprit, à celle de l’agrégation de Lettres 2016. Sauf erreur, ce concours comprend l’étude de quelques œuvres complètes, des thématiques associées et les épreuves du concours externe 2016 portaient sur des poèmes de Yves Bonnefoy, La fortune des Rougon (Emile Zola), Le Barbier de Séville (Beaumarchais) et les Amours (Ronsard). Je n’irai pas jusqu’à dire que l’agrégation de Lettres modernes, c’est pour épater les « sots » ? En tout cas, moi, je suis épaté !
  • Je sens qu'on va bientôt fermer la boutique . De toutes façons il n'y avait pas grand chose à attendre d'un sujet présenté de cette façon .
    Domi
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    Alors on ferme.
    AD
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