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Recherche d'anecdotes concernant l'ENS (ou autre !)

Modifié (July 2022) dans Histoire des Mathématiques
Bonsoir à tous.

Dans le cadre d'une future vidéo je cherche à savoir si des gens sur ce forum connaissent des anecdotes croustillantes à raconter concernant les ENS, que ce soit vis à vis des épreuves ou de personnalités atypiques qui ont pu étudier ou enseigner là bas.

Je connais l'anecdote du problème de Koszul (ENS 1966) et il me semble qu'il existe aussi une histoire à propos d'un sujet de 1981 mais je n'ai aucune information supplémentaire. Je ne connais en revanche aucune personnalité ou anecdote atypique liée à l'ENS et je serais ravi d'en lire ou d'avoir de la documentation dans laquelle chercher. Même les légendes urbaines peuvent m'intéresser !

En vous remerciant de l'attention que vous porterez à ce post.
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Réponses

  • Une personnalité atypique qui a étudié à l'ENS ? Évariste Galois me semble tout indiqué. Le gars a suivi les traces d'Abel pour résoudre les équations par radicaux en étudiant la structure sous-jacente des équations (ce qui n'était pas populaire du tout à l'époque). D'autres raconteront l'histoire mieux que moi, mais je pense que c'est vraiment l'histoire la plus connue.

    L'ENS a plein d'archives concernant les choses atypiques qui s'y sont passées. Malheureusement, je connais beaucoup mieux l'histoire de l'X et des écoles d'ingé que l'ENS, donc je ne pourrai pas t'aider plus.
  • Alors, Bibix, On pourrait élargir le sujet du fil aux anecdotes concernant l'X ou autres Écoles.
  • Modifié (July 2022)
    @Chronixal regade la conférence d’Alain Connes https://www.youtube.com/watch?v=runwy5hbu_o
    à partir de là 4ème minute il raconte son expérience sur l’épreuve de 6h, et il parle sur son parcours de mathématiciens.
    Une idée à la rentrée va l’ENS parle de ton projet au service communication tu pourras peut-être rencontrer sur place des personnes qui travaillent pour avoir des anecdotes. Et le 45 rue d’Ulm est très beau à l’intérieur pour un reportage. 
  • Certaines langues racontent que l'ENS avait été prévenu de l'arrivée d'un extra-terrestre en la personne de V. Lafforgue (V., pas les autres). L'examinateur aurait posé des problèmes ouverts auxquels V.  aurait eu des contributions réelles durant son oral. Un collègue qui enseignait là bas m'a dit que le même V. L. aurait battu un record qui datait du XIXeme, donc battu par aucun bourbakiste. Je ne sais pas dans quelle mesure ce sont des hoax, concernant tout de même quelqu'un d'excessivement brillant.
  • Vérifier bien entendu ces infos ...
  • Sinon c'est pas vraiment croustillant, mais je connais quelqu'un qui a refusé l'ENS St Cloud en 3/2 et a eu Ulm en 5/2
  • JFSJFS
    Modifié (July 2022)
    Bonjour,
    Le sujet est-il restreint aux mathématiciens ?
  • Bibix, Galois à l'ENS, je ne savais merci de me l'apprendre, c'est déjà une anecdote en soi ! Je pense qu'on peut remonter encore plus loin car, comme chacun sait , l'École a été fondée par Charlemagne :smiley:

    Paul Nizan, qui avait coutume de cracher brillamment dans la soupe qu'il consommait, en a raconté de biens bonnes teintées d'une cruauté lucide sur l'établissement. Ça doit se retrouver facilement.

    "J'appelle bourgeois quiconque pense bassement." Gustave Flaubert
  • SocSoc
    Modifié (July 2022)
    math2 a dit :
    Certaines langues racontent que l'ENS avait été prévenu de l'arrivée d'un extra-terrestre en la personne de V. Lafforgue (V., pas les autres). L'examinateur aurait posé des problèmes ouverts auxquels V.  aurait eu des contributions réelles durant son oral. Un collègue qui enseignait là bas m'a dit que le même V. L. aurait battu un record qui datait du XIXeme, donc battu par aucun bourbakiste. Je ne sais pas dans quelle mesure ce sont des hoax, concernant tout de même quelqu'un d'excessivement brillant.
    Il a battu le record d'avance sur le second qui était détenu par... son frère. Pour le record du XIXème je ne sais pas. Il y a une autre anecdote (réelle?) sur cet élève à qui un colleur de spé avait spécifiquement demandé 3 façons différentes de résoudre un problème hors programme et en a eu 7 en retour.
    Une petite anecdote des années 50, un groupe d'élèves avait pris la voiture du directeur de l'époque et l'avait placée pendant la nuit sur la fontaine centrale.
    The fish doesnt think. The Fish doesnt think because the fish knows. Everything. - Goran Bregovic
  • J'ai connu un maître de conférences à l'ENS Lyon qui passait plus de temps au foyer des élèves que dans son propre bureau.
    J'ai rarement réussi à le battre à la coinche alors que j'avais un partenaire capable de citer les cartes de départ de tous les joueurs à la fin de chaque manche et l'ordre dans lequel ils les avaient jouées.
    Je ne sais pas trop si je dois le nommer ou non...
  • Modifié (July 2022)
    Evariste Galois a été recalé deux fois à l'oral de l'X, dans des circonstances détaillées dans d'autres posts de ce forum  (l'épisode du chiffon de craie jeté à la figure de l'examinateur, pour le punir de sa stupidité, est controversé, mais tout à fait cohérent avec ce que l'on sait de son caractère ...). Pour lui l'ENS a été un lot de consolation, le prestige de l'école à l'époque n'était pas celui d'aujourd'hui. Avec des "si", on pourrait faire beaucoup de choses, mais son destin aurait été probablement différent à l'X, où ses opinions républicaines auraient été mieux accueillies.

    Allez, je ne résiste pas : un court métrage d'Alexandre Astruc, sur la dernière nuit d'Evariste Galois : (à noter qu'Alexandre Astruc , en plus d'être cinéaste, a aussi été mathématicien dans sa jeunesse, et était donc parfaitement compétent sur le sujet) 



  • Modifié (July 2022)
    Bonjour, j'en ai une mais pas sûre qu'il faille la mettre dans la vidéo.
    Un camarade de prépa, largement au-dessus de tout le monde, il ne réussissait pas forcément beaucoup mieux mais sans travailler, il a sans surprise intégré ENS Ulm mais plus tard sa thèse ne s'est pas bien passée. Il n'arrivait pas à s'intéresser à des problématiques accessibles et n'a rien trouvé de révolutionnaire. Il a malheureusement mis fin à ses jours alors que c'est de loin l'esprit matheux le plus brillant que j'ai jamais rencontré. Désolée de casser l'ambiance, il faut évidemment valoriser les personnalités atypiques, ce sont eux qui feront les découvertes les plus inattendues, mais aussi s'assurer qu'elles puissent s'épanouir dans le monde réel.


    In mémoriam de tous les professeurs assassinés dans l'exercice de leurs fonctions en 2023, n'oublions jamais les noms de Agnes-Lassalle et Dominique-Bernard qui n'ont pas donné lieu aux mêmes réactions sur ce forum (et merci à GaBuZoMeu)
  • Sur Galois on peut ajouter cette ironie du sort.
    Après avoir été exclu de l'ENS pour ses idées politiques par M. Cousin, il fut réduit à donner des cours en pleine rue pour subvenir à ses besoins.
    Il se trouve que la rue dans laquelle il donnait ces cours porte actuellement le nom...du même M. Cousin qui l'a exclu.
  • Modifié (July 2022)
    Je connais l'anecdote du problème de Koszul (ENS 1966)

    Mouais, j'avais un peu cherché une source fiable à ce sujet mais je n'ai rien trouvé. Il y avait un joli texte qui expliquait pourquoi l'épreuve avait été si mal réussie par les étudiants (en résumé : les étudiants préparés à l'ancien programme n'en savaient pas assez en formes quadratiques et ceux préparés au nouveau programme n'en savaient pas assez en coniques, quadriques...) mais aucune preuve tangible que "aucun étudiants n'a passé la question 2".
    Si quelqu'un a ça sous le coude ça m'intéresse.

  • Un autre sujet d'entrée aux ENS qui avait massacré tout le monde est le ULM 2000 sur le théorème de Poincaré-Bendixson.
    Une fonction est un ensemble $f$ de couples tel que pour tous $x,y,z$, si $(x,y)\in f$ et $(x,z)\in f$ alors $y = z$.
  • Alain Connes parle du fameux problème qu'il a subi dans une de ses vidéos, je ne sais plus où.
  • Modifié (July 2022)
    Math2 : Connes est rentré à l'ENS en 1966 si j'en crois wikipédia, l'année du problème de Koszul. Il parle de l'épreuve dans parcours d'un mathématicien (ça commence à 8:50),  sans préciser s'il s'agit du problème de Koszul ou non. Mais on doit pouvoir le retrouver assez facilement. En tout cas il n'évoque pas le fait que personne d'autre n'aurait réussi le sujet, ou que l'épreuve aurait été banalisée.
    Le texte dont je parlais plus haut est visiblement tiré d'un livre d'Arnaudiès, qui explique qu'aucun candidat n'est allé plus loin que la première question et que l'épreuve a été annulée. Bon, Arnaudiès non plus n'a pas l'air de savoir exactement ce qui est vrai ou non dans cette anecdote. On notera au passage que les dates évoquées par Connes et Arnaudiès ne correspondent pas (mai et juin 1966 respectivement).
    Le mieux serait peut-être de trouver le rapport du jury pour de cette année.
  • Modifié (July 2022)
    On m'y invite, donc je ne résiste pas à l'envie de bifurquer pour placer une ou deux personnalités scientifiques au moins aussi sulfureuses que Galois.

    Barré de Saint-Venant (1797-1886) (X-Ponts) : Rien que le fait qu'il soit mort à 88 ans montre à quel point il est exceptionnel. Il est surtout connu pour le principe qui porte son nom en mécanique élastique (milieux continus). Mais moi, je le connais à cause de l'équation de mécanique des fluides qu'il a posé et étudiée mathématiquement, car je l'ai moi-même étudiée (à haut niveau). Comme Galois, il avait des opinions politiques et religieuses assez tranchées et franches. Il aurait refusé de prononcer un discours destiné à accueillir l'empereur (Napoléon) lors de son retour de l'île d'Elbe, qu'il devait aussi accueillir lui-même personnellement, ayant été major de sa promo. Pour justifier son refus, il aurait dit : "jamais je ne féliciterai l'usurpateur"(il était un peu royaliste). Au moment du retour de Napoléon à Paris, il devait s'assurer du bon déroulement de ce retour en tant qu'officier (sergent) mais il aurait abandonné son poste en déclarant : "jamais je ne me battrai pour l'usurpateur". Bref, sa personnalité lui a valu beaucoup d'ennuis (notamment une retraite anticipée), mais aujourd'hui il est connu mondialement pour ses contributions, même si elles sont maigres sur le plan mathématique.
  • Modifié (July 2022)
    François Courtès fut un normalien d'Ulm atypique. Je l'ai côtoyé comme élève à l'ENS, puis comme collègue à Poitiers.
    Il y a pas mal de liens dans la page qui lui est dédiée sur le site du département de maths de Poitiers :
     Sinon, en tant qu'ancien normalien, j'ai certainement beaucoup d'anecdotes à raconter, mais rien qui va passer à la postérité ...
  • Modifié (July 2022)
    Merci à tous pour vos contributions, quel plaisir de lire ces petites anecdotes, qu'elles soient probablement des légendes urbaines ou non !

    Je pense parler d'Evariste Galois dans une vidéo à part entière tant l'histoire autour de lui est riche, je vais en parler en surface quand même. Pour ce qui est du problème de Koszul, légende ou pas, je vais me fier à M. Arnaudiès et son commentaire du problème 42 qui correspond au fameux problème car je ne suis pas parvenu à retrouver les commentaires du jury de l'année 1966 (probablement introuvable à mon avis, à moins de demander directement aux archives de l'établissement).

    De mon côté je vais regarder attentivement les vidéos et ressources que vous m'avez envoyées.
    Il est évidemment envisageable de poster des anecdotes croustillantes concernant X, Mines-Ponts, Centrale, ...
    Je suis persuadé que des lecteurs trouveront leur bonheur dans cette discussion enrichissante !
  • Modifié (July 2022)
    On peut ajouter la fameuse légende du théorème d'Euler sur les surfaces réglées.

    Lebesgue suivait le cours de géométrie dispensé par Gaston Darboux à l'ENS.
    Celui-ci transmettait, conformément à l'usage, un théorème dû à Euler donnant une condition nécessaire pour qu'une surface soit développable (ie recouvrable par une feuille de papier) : celle-ci doit être nécessairement réglée (ie balayable par une droite).

    Lebesgue aurait alors sorti son mouchoir froissé de sa poche et dit "Monsieur, mon mouchoir n'est pas réglé".
    Darboux aurait fait confiance à la fougue de la jeunesse, et à raison. Au final le théorème d'Euler était faux, l'erreur étant due au paradigme de son époque n'admettant pas les fonctions irrégulières
  • Modifié (August 2022)
    Riemann_lapins_cretins
    Cette anecdote est très captivante !
    Aujourd'hui il est clair qu'en dimension 3 développable implique réglée, la réciproque n'étant pas vraie (considérer la surface de la sphère ou l'hélicoïde) et nécessitant une condition supplémentaire (il faut que toute génératrice soit stationnaire).
    David Hilbert avait montré qu'en dimension 4 il existait des cas pathologiques où développable n'impliquait pas nécessairement réglé mais je ne parviens pas à retrouver le contre-exemple ...
    [Inutile de reproduire le message précédent. AD]
  • Modifié (August 2022)
    Pour dériver sur la question des surfaces, même si on ne parle pas des dimensions supérieures à 3, je pense qu'on y trouve son compte : 

    Comme exposé clairement, le changement de point de vue a essentiellement consisté à autoriser le "plissé" (comme le mouchoir) plutôt que le lisse simplement plié.
    (Ps : La sphère développable ?)
  • Bonjour,
    Un professeur à Navale disant à ses élèves (vers 1950) "Il vaut mieux savoir manoeuvrer au ministère qu'en rade de Brest."
    Un interrogateur à je ne sais quel oral faisant le tour de la salle à vélo pendant que le candidat cherche la solution.
    Un autre interrogateur qui disparait sous le bureau au fur et à mesure que le candidat dit des bêtises.
    A+
     
    A jouer du cor au fond des bois il s'amuse,
    Je crains cependant qu'à la fin ce cor ne m'use.
    (Tine Lamarre)
  • Ulm, à la différence des écoles d'ingénieurs, ne recherche pas des profils polyvalents (même s'ils en obtiennent beaucoup) mais plutôt des élèves qui excellent dans leur discipline. Pour illustrer cela, les coefficients du français et des langues ne comptent pas pour l'admissibilité et donc l'accession aux oraux ne se fait que sur les maths et la physique. Il me semble d'ailleurs que les coefficients étaient beaucoup plus tranchés avant.
    De mémoire un élève avait été admis avec un excellent classement en ayant eu en allemand la glorieuse note de 0,5 coefficient 0,5, face à des coefficients de l'ordre de 30 en maths. L'intérêt de maintenir cette épreuve d'oral LV2 paraissait assez limité.
    De fait les jurys tenaient à ne surtout pas rater le recrutement d'un élève excellent en maths et donc se réunissaient pour discuter des élèves qui devaient absolument être reçus au vu de leur performance à l'oral, peu importe leurs résultats ailleurs. Il arrivait aussi qu'à la fin d'un oral particulièrement réussi le jury retienne l'élève pour le convaincre d'intégrer Ulm plutôt que l'X, en l'appâtant avec le promesse de belles mathématiques qu'il ne trouverait pas ailleurs.
    The fish doesnt think. The Fish doesnt think because the fish knows. Everything. - Goran Bregovic
  • Modifié (August 2022)
    @ Soc : par rapport à mon époque, cela a visiblement changé. Je peux te dire que mon 1,33 en français, mon 1 en allemand et mon 0 en anglais ont bien compté. Pour le coup, à l'époque c'était pour l'X que la LV et le dessin ne comptaient qu'à l'admission (ils se limitaient aux sciences et au français).
    Donc moi j'ai tout de même eu l'impression que l'on cherchait des personnes fortes en sciences, mais pas seulement. Certes moins que dans les écoles d'ingé.
    D'ailleurs, bien que premier en maths (et je crois 3ème en physique) de ma M', je n'ai été admissible à aucune des ENS, et nous avons eu de mémoire 5 ou 6 admis dans les ENS.  "Justice" a été rendue lorsque nous avons passé l'agrégation, car j'ai de nouveau fait mieux que tous les normaliens de ma spé, donc ce qui correspondait à ce que ma prof avait observé, y compris que mes deux camarades qui l'avaient préparé à plein temps car ils visaient une prépa.
  • Tu as raison, les coeffs que j'ai vu pour l'admission datent mais je n'arrive pas à trouver de quand ils datent mais actuellement français et langues comptent pour l'admissibilité. Je me demande si l'on peut trouver l'historique de ces coefficients qui seraient certainement instructifs. Pour ce qui est du 0,5 je suis sûr de la note et je crois ne pas être loin des vrais coefficients (dans les années 90). Je crois que de ton côté tu as su faire ta place même si le ciblage n'était pas assez scientifique!
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  • Modifié (August 2022)
    Coefficients des écrits d'Ulm lorsque je l'ai passé (début des années 90) :smile: Maths 1 : 6
    Maths 2 : 4
    Physique : 7
    Français 1,5
    Langues 1 : 1
    Langues 2 : 0,5
    Au passage, Ulm était la seule école à imposer deux langues au concours parmi celles que j'ai passées, alors qu'il n'y avait qu'une seule langue obligatoire en sup et spé.
    Dans le genre, imposer de manière obligatoire deux langues au concours, dont une n'a pas été vue depuis la terminale par beaucoup (sauf les taupins à l'aise en Langues et qui pour le coup ont choisi d'en faire deux pour les options des autres concours), je pense qu'il y a plus sain si tu souhaites réellement privilégier les sciences.
    Mon 0 en anglais à Ulm m'amuse d'autant plus que, effectivement sans être un virtuose de l'anglais, loin de là, j'avais été choisi pour servir de traducteur d'un ami lorsqu'il est allé à la commission européenne présenter un dossier de demande de financement, et je crois que je ne m'en étais pas si mal sorti ; après il est vrai qu'en langues, l'écrit et l'oral n'ont pas grand chose à voir ...
  • Modifié (August 2022)
    Les épreuves d'anglais sont difficiles non seulement pour la langue, mais aussi par leur format. La synthèse de documents est déjà un exercice éprouvant sans barrière de la langue, ainsi que la contrainte du nombre de mots. En ajoutant le besoin de chercher à flamber en mobilisant le plus de vocabulaire et de structures idiomatiques possibles, on obtient une épreuve qui, je pense, récompense les très bons en anglais, mais ne permet pas forcément à des gens ayant "seulement" un niveau suffisant pour comprendre et être compris de briller.
    Je devais avoir autour de 13 en prépa et aux concours que j'ai passés, et à titre de comparaison, des 17 à la fac, pour moi ou pour des amis, même dans des cursus littéraires (oui c'est mal).

    La conséquence positive, avec laquelle nous étions tombés tous d'accord dans ma promotion, c'est que nous n'avons jamais autant progressé en anglais que pendant nos deux années de prépa.
  • Superbe présentation, merci !
  • Modifié (August 2022)
    @ RLC : c'est marrant moi j'étais le spécialiste en français de la contraction. Sans le faire exprès, dès le premier jet, je tombais presque toujours dans les limites.
    Je prenais souvent le format résumé-discussion, avec une bonne note en résumé et une note lamentable à la partie dissertation.
    Mon prof de français me disait toujours "on reconnaît bien là votre esprit matheux, vous êtes capable de synthétiser, mais pas de construire un raisonnement".
  • Du coup sur les coefficients des années 90 on retombe tout de même sur ce que je disais car il y a quand même à l'écrit 17 pour math+physique contre 3 pour le reste (français et langues), et il me semble que c'est encore nettement pire quand on intègre les coefficients de l'oral.
    Pour la version contemporaine de l'ENS concours MPI il n'y a effectivement que maths/physique/info pour l'admissibilité.
    Pour polytechnique on a du 27/12 et pour centrale on a du 75/28.
    Pour ce qui est de la qualité de l'enseignement, dans ma prépa les meilleurs profs de français étaient pour les khâgnes et de langue pour les HEC, de physique pour les P' etc... donc à part en maths la qualité n'était pas garantie (par contre en maths c'était du caviar!).
    The fish doesnt think. The Fish doesnt think because the fish knows. Everything. - Goran Bregovic
  • J'ai eu la chance d'avoir la bosse du français, mais mon antipathie profonde pour le thème et les lectures de ma seconde année ("Le monde des passions"...d'autant plus énervant que l'année de la sup on avait eu droit à "La guerre"), si bien que le simple fait d'utiliser l'énergie de mon bras pour écrire des tartines sur toujours le même sujet que je détestais a presque eu raison de mon goût pour la dissertation.

    Mais résumer un texte est un exercice que je ne trouve pas vraiment comparable à la synthèse de documents.
    Il suffit simplement suivre la chaîne logique de l'auteur, de savoir en dégager les mouvements principaux (souvent trois), qu'on doit restituer en plus de ça dans l'ordre du texte donc aucun casse-tête sur la structure à adopter, et une fois ce simple exercice fait on est presque dans de la copie paraphrasée de démonstration. Un petit coup de ciseaux à la fin pour avoir le compte et c'est vite pesé.
    La synthèse par contre met en jeu des documents bien plus longs et j'ose dire barbants, qu'il faut confronter pour élaborer un plan par soi-même, et ne récompense pas la compréhension profonde, structurelle, des textes, qui pourtant est le summum de l'esprit de synthèse qui donne son nom à l'épreuve, bien plus que le glanage superficiel d'informations tirées au hasard dans chaque document pour se forcer à illustrer nos propos.
  • Modifié (August 2022)
    A Lyon, où j'étais le plus proche de l'admissibilité, un 6,5 en langues au lieu d'un 4,5 m'aurait rendu admissible ...  D'ailleurs la fille qui y est rentrée avec laquelle j'ai été en contact avait un total à l'écrit aux trois épreuves de maths un peu inférieur au mien (mais elle a fait un peu mieux en physique et surtout une note type 17 ou 18 en anglais). Par contre,  à Ulm j'ai été nul aussi en maths (de mémoire 3,2 à l'épreuve de 6h et 7,5 à l'épreuve de 4h).
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