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Prépa agreg externe après 10 ans sans maths !

Modifié (July 2023) dans Concours et Examens
Bonjour à toutes et à tous
J'ai vu un certain nombre de posts concernant la préparation de l'agrégation externe après une expérience de plusieurs années dans le privé et j'imagine qu'il existe sans doute des réponses à mes interrogations dans ce forum - mais je ne les ai malheureusement pas trouvées !

Je me suis inscrit à l'agrégation externe de mathématiques après une prépa ECS de 2008 à 2010 et dix ans d'études / expériences professionnelles sans lien avec les mathématiques (j'ai conscience que les chances d'être admissible et a fortiori admis sont infimes mais ce sera je pense un bon entraînement pour l'année prochaine, où je compte m'inscrire dans une prépa).

Ma question principale est la suivante : quelles lectures & exercices me conseillez-vous pour me remettre à niveau après 10 ans sans avoir travaillé les mathématiques ? J'ai vu beaucoup de conseils bibliographiques pour préparer le concours mais j'ai l'impression que j'aurai besoin d'ouvrages de moins haut niveau au moins pour mes premières semaines de travail avant de me remettre dans le bain.

Si vous avez vécu la même situation je suis très preneur de vos conseils !
Merci beaucoup par avance.
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Réponses

  • Bravo Etienne pour ta démarche. Tu as fait une école de commerce, et tu as été consultant pendant 10 ans, du type chef de projet.
    C'était dans un domaine particulier (cosmétiques par exemple) , quantitatif ?
  • Tu dis que tu as fait une prépa ECS. Alors je dirais en 3 étapes :
    1) Révise à fond tes cours (et exercices) de prépa ECS.
    2) Approfondis ensuite avec des cours de MP/MP*
    3) Attaque ce qui n'est pas au programme de prépa : groupes/anneaux/corps, intégrale de Lebesgue et espaces L^p, fonctions holomorphes...
  • J’étais dans ce cas en 2015 (mais moi ça faisait 20 ans que j’avais quitté mon école d’ingénieurs et n’avais pas fait de maths), et j’ai obtenu l’agrégation externe en 2016, après un an de prépa agreg.
    Fin 2014, je me suis inscrite au concours 2015 alors que je bossais encore j’ai acheté un livre de prépa bac S, avec des résumés de cours et des exercices corrigés, sur lequel j’ai bossé une petite semaine (2 jours de 5/6 heures), pour me remettre dans le bain, réapprendre les bases comme les formules de dérivation par exemple, puis j’ai bossé avec les gros bouquins jaunes MPSI et MP environ deux jours par semaine.
    J’ai aussi posé des questions sur ce forum, notamment sur les sujets « hors programme de prépa » mais c’était compliqué.
    Début 2015 j’ai eu l’opportunité de profiter d’un plan social pour prendre un congé sabbatique de 2 ans, congé qui a été effectif une semaine avant les écrits.
    J’ai été admissible sans briller, avec un niveau MP on va dire, et évidemment j’ai échoué aux oraux, mais pas de façon cataclysmique (entre 4 et 5 à tous mes oraux ; j’ai vu après dans les rapports que c’est la moyenne de admissibles non admis, donc rien de « honteux »).
    Tout ça m’a permis d’aborder la prépa agreg avec les bases nécessaires pour bien en profiter. Parce que les cours y sont très très rapides, et pour profiter des « leçons » (simulations d’oraux) il vaut mieux être en position de réviser que d’apprendre.
    A la session 2016, j’ai fait des écrits pas vraiment brillants (à peine meilleurs qu’en 2015, je n’étais pas en forme cette semaine là), mais grâce à la prépa, les oraux m’ont permis d’être admise dans un rang « moyen » (à peu près en milieu de classement).

    Donc je dirais :
    1. Revoir très vite les bases de lycée
    2. Passer au programme de prépa (je ne sais pas si l’étape ECS est nécessaire, peut-être si tu as encore d’anciens livres ?) et t’assurer que tu le maîtrises bien.
    La suite dépendra de la chance ou de l’année de prépa agreg que tu feras.
    D’ici les écrits 2022 tu n’as pas vraiment le temps d’aller au-delà.
  • Pour ajouter un point à ce qui est écrit, je dirais qu'il me paraît judicieux d'aller voir des oraux l'année qui précède la préparation "sérieuse" du concours, et ce pour diverses raisons : "

    1. "démystifier" un peu les oraux qui sont très différents des oraux de concours à bac +2,

    2. voir comment se comportent les jurés (ne pas hésiter à passer d'un jury à l'autre)

    3. se "rassurer" sur le niveau des autres candidats par rapport au sien : malgré un programme particulièrement étendu et qui peut sembler rebutant, on se rend compte que la quasi-totalité des candidats, même ceux qui obtiennent d'excellents rangs, sont loin de tout maîtriser sur le bout des doigts. Bien entendu par rapport à un candidat qui a préparé le concours, tu n'auras pas le même savoir sur des plans / développements préparés par le candidat, ou la même réactivité en modélisation, mais tu pourras voir que sur le plan des réponses aux questions tu arrives à en répondre à certaines où buttent d'autres candidats.

    EDIT : correction d'une faute de français (oubli d'un accent)
  • Oui, en 2015 j’étais allée voir des oraux la veille des miens. Ça permet aussi de repérer les lieux.
  • Un grand merci à toutes et à tous pour vos réponses ! Le programme de ma prépa ECS me parait en effet bien loin donc cela me paraît judicieux de passer directement au programme de MP (avec en effet quelques rappels terminale qui peuvent être utiles et en ajoutant les chapitres de l’agrégation qui n’y sont pas), et d’essayer de balayer le programme d’ici fin février. Bien noté pour les oraux, j’irai y assister quel que soit mon résultat aux écrits.
  • Modifié (July 2023)
    Bonjour,
    L1/L2 : j'ai bossé sur les Monier des années 2000, MP toute la série. C'est magistral et permet d'être solide sur ses bases avant de passer à du L3 et les choses spécifiques de l'agreg (distributions, EDP, etc...)
    Sinon j'ai fait une vidéo qui donne des conseils sur l'agrégation externe de maths, et qui a eu son petit succès, 2 500 vues sans la moindre pub. Les gens semblent trouver ça utile.



    Après 15 ans sans maths, je m'y suis remis sans pb (mais contrairement à d'autres étudiants, je n'avais pas fait RESET sur mes connaissances).
    On peut aussi faire un échange téléphonique après ça si tu as encore des questions. Me contacter en MP.
  • Modifié (July 2023)
    Les niveau MP/MP* est à des années lumière supérieur au niveau ECS.
    Les exercices d'ECS sont 100 fois plus faciles que les exercices de niveau MP.
    Tu vas souffrir des années avant d'avoir un niveau pour l'agreg. Déjà acquérir le niveau MP il te faudra au moins 2 ans.
    T'auras jamais le niveau d'agreg en moins d'un an.
    Passer le CAPES est plus raisonnable. Même le capes ça risque d'être dur en si peu de temps.
  • Prière d'ignorer les avis totalement biaisés d'OShine, qui ne sait absolument pas de quoi il parle.
  • Quand j étais stagiaire il y a 3 ans, il y avait un Agrégé interne qui avait fait HEC 20 ans avant
    (Il avait été professeur des écoles pendant 15 ans après être sorti d hec et avait pris un congé pour passer l agreg interne)
    C jouable et la différence entre le programme de MP et celui d ECS, si elle existe, n est pas abyssale
  • Sans être abyssale, la différence existe tout de même.

    Je n'ai pas regardé très récemment les programmes de prépa, mais il me semble tout de même que l'algèbre générale (même réduite à peau de chagrin), les déterminants, les modes de convergence des suites et séries de fonctions, la réduction dans le cas non diagonalisable, les séries entières, de la géométrie affine / euclidienne sont des grands absents du programme d'ECS mais présents dans les classes scientifiques et des choses "basiques" pour l'agreg.

    En revanche, il me semble que le fait d'avoir fait ECS est un avantage certain pour se tourner vers l'option de modélisation A (même si les taupins font désormais des probas).
  • Bonjour à toutes et à tous, je voulais vous remercier à nouveau pour vos conseils : un an et demi après mon message, j'ai finalement été admis au concours cette année avec un classement honorable (top 100) après avoir raté l'année dernière de 0,6 point. J'ai en effet pu réaliser que le programme d'ECS couvrait au plus 20% du programme de l'agreg, et j'ai pu rattraper ce retard grâce à la très bonne préparation de Paris Jussieu (où les professeurs traitent l'intégralité du programme pendant l'année et aident les élèves à comprendre ce qu'il est indispensable de maîtriser par rapport à ce qui est réservé aux meilleurs candidats). Pour celles et ceux qui hésiteraient à se lancer sans avoir de licence de maths ou de parcours en prépa scientifique, je vous recommande de réviser une partie du programme (au moins le niveau L1 et une bonne partie du niveau L2) avant de commencer la prépa parce que les notions sont traitées rapidement pendant l'année !
  • Félicitations, très sincèrement !
    JLB
  • Bravo !
  • Bravo! 
    Merci pour ce retour d’expérience et les conseils 
    Je vais à Jussieu à la rentrée (reconversion ingénieur)
  • Bravo ! (intéressant à l'aune de ces résultats de lire les prédictions d'un oiseau de mauvaise augure plus haut... il y a 2 ans)
  • Il y a deux ans, augure était déjà du genre masculin.

    Car malgré Scipion, les augures menteurs,
    La Trebbia débordée, et qu’il vente et qu’il pleuve,
    Sempronius Consul, fier de sa gloire neuve,
    A fait lever la hache et marcher les licteurs.

    José-Maria de Heredia
    Personne n'a raison contre un enfant qui pleure.


  • Les liaisons dangereuses :)
    Domi 
  • Merci à tous ! Et bonne chance @PurpleJay pour la prépa, j’espère que cela te plaira autant qu’à moi !
  • Modifié (July 2023)
    @Juggleforlife
    Tu es très fort j'ai vu ta vidéo ! 

    @Etienne91
    Bravo, tu devais déjà avoir un très haut niveau en ECS. Combler tout le retard de connaissances en un an, c'est impressionnant.
  • Modifié (July 2023)
    Félicitations @Etienne91 et bravo pour ce parcours !
    Que répondrais-tu à la question que tu as posée en ouverture de la discussion (lectures & exercices pour remise à niveau) ?
    Par ailleurs, aurais-tu d'autres conseils de méthodologie ?
  • Modifié (July 2023)
    Bonjour @zenial !
    Voilà comment je procéderais si je devais reprendre à zéro il y a un an et demi : 

    1°) Livres et lectures.
    J'ai acheté beaucoup trop de livres quand je préparais en première année, ce que je regrette a posteriori. En fonction de l'endroit où tu habites, il y a des bibliothèques municipales ou universitaires qui peuvent avoir certains ouvrages : a minima cela vaut le coup d'aller dans une librairie spécialisée et de feuilleter les livres pour voir si le style, l'approche et les notations te plaisent. J'ai par exemple commencé à bosser avec les "tout-en-un licence 1 / 2" qui me semblaient être très pratiques car ils couvraient l'ensemble du programme mais la rédaction n'était pas du tout adaptée à ce qui me plaisait. L'autre point important c'est que d'autres supports que les livres (polys, vidéos YouTube) peuvent être très utiles pour développer des intuitions sur des objets mathématiques : les vidéos de Maths Adultes (sur des thèmes aussi variés que les structures algébriques, l'intégrale de Lebesgue, l'arithmétique etc.), m'ont beaucoup aidé, ainsi que les vidéos de F Maalouf sur l'analyse complexe ou de Phil Caldero sur tout le programme de l'agreg en algèbre. Concernant les polys, celui du responsable de la prépa agreg de Jussieu en analyse est une vraie mine d'or (lien : https://webusers.imj-prg.fr/~jimmy.lamboley/fichiers/Poly-Agreg.pdf), que tu peux suivre linéairement et qui a le gros avantage de prodiguer énormément de conseils méthodologiques ainsi que ce que je trouve essentiel : comprendre ce qu'il est indispensable de maîtriser par rapport à ce qui est réservé aux meilleurs candidats. Il y a aussi beaucoup d'exos classiques de l'agreg et ils sont non corrigés, ce qui t'oblige à te creuser la tête avant de regarder la solution. Malheureusement je n'ai pas d'équivalent en algèbre.

    2°) Choix des chapitres à réviser.
    Je pense qu'il est important de commencer par toutes les notions du programme de niveau L1/L2 : ça ne sert à rien de maîtriser des résultats avancés sur les fonctions holomorphes si l'on ne sait pas calculer un rayon de convergence d'une série entière ou justifier les types de convergence à l'intérieur et à l'extérieur du disque de convergence. Pour savoir ce qui est de niveau L1/L2 vs L3/M1, tu peux par exemple regarder le programme de prépa MPSI / MP et commencer par réviser ces chapitres, sachant qu'un très gros bout du programme de l'algèbre quasi absent du programme de MP est l'algèbre générale (groupes, anneaux, corps et polynômes, sous-groupes distingués et quotients etc.). Une bonne manière de voir le socle à maîtriser est de regarder les premières parties des écrits d'agreg externe des dernières années (l'objectif en général est que le début des sujet soit "accessible" aux candidats, c'est-à-dire qu'il soit possible de le traiter sans connaître de théorèmes très avancés, même s'il y a évidemment des exceptions).

    3°) Organisation du travail sur l'année / sur les deux ans.
    Je pense qu'il est très important de commencer à réviser l'oral le plus tôt possible : à mon avis (et encore plus pour les personnes en reconversion), c'est beaucoup plus facile de gagner des points à l'oral qu'à l'écrit. Pour te donner une idée, en 1 an de prépa j'ai gagné 4,5 points à l'écrit et 9 points à l'oral, et c'est 60% des coefficients. Pour ça, il est important de :
    - bosser des développements de ton niveau (méfie-toi des sites agreg maths ou des listes de dev de normaliens sur Internet) : l'enjeu est surtout d'avoir un choix différencié par chapitre (par ex j'avais des dev beaucoup plus faciles en calcul diff qu'en algèbre générale parce que j'étais moins à l'aise avec ces notions).
    - bosser les leçons : à mon avis, ce qui est important c'est de bien connaître les titres des leçons et de régulièrement (pendant l'année) prendre 30 min sur une leçon pour voir quelles seraient tes 3/4 parties sur le sujet, quels théorèmes sont essentiels, quels développements tu choisirais et où tu les intégrerais etc.
    - avoir une liste de livre à étoffer au cours de l'année qui te permet de couvrir toutes les leçons en-dehors de tes impasses (d'ailleurs pour les impasses si tu en as, essaie de faire en sorte qu'elles soient thématiques - au hasard géométrie en algèbre, probas en analyse puisque les couplages de leçons ne sont en générales pas sur le même chapitre). Attention, la stratégie d'impasse est risquée : cette année j'avais très peu bossé les probas et j'ai eu une leçon de proba à l'oral d'analyse, donc j'ai été obligé de prendre l'autre (c'était la leçon 213 sur les espaces de Hilbert que j'avais préparée heureusement, mais ça peut t'obliger à choisir une leçon dure).

    Tout ce travail d'oral te sera bénéfique pour les écrits : sinon pour préparer spécifiquement les écrits les livres de JB Delaunay sont très bien je trouve avec une vraie progression en termes de difficulté (les premiers exos étant plus accessibles que d'autres ref comme le Gourdon par ex) et une autre source intéressante sont les écrits des dernières années (au début tu peux commencer par le concours docteurs, les exos préliminaires sont plus accessibles).

    Et si tu peux faire une prépa je t'encourage vraiment à le faire !
    Si tu as d'autres questions n'hésite pas à m'écrire en MP
  • Le programme de MP contient de l'algèbre générale, groupe anneaux, corps, algèbre. Il contient la base sur les groupes, ordre d'un élément groupes cycliques etc... 
    Il manque juste les ensembles quotients et les actions de groupe. 

    Maalouf explique bien, ses vidéos sont très bien, par contre Caldéro il faut avoir un certain niveau sinon ça devient vite du chinois ce qu'il raconte.


  • Oui dire que l'algèbre générale n'est pas au programme de la prépa est sans doute exagéré, mais beaucoup de leçons d'oral ne peuvent pas être traités avec les connaissances de prépa, par ex actions de groupes / sous-groupes distingués et groupes quotients / anneaux principaux / corps finis / extensions de corps / polynômes irréductibles et corps de rupture etc.
  • des choses que j'avais vues autrefois en M', je me souviens même du premier cours "Révisions d'algèbre générale" où dans la première heure on avait déjà l'équation aux classes et à la deuxième séance on démontrait d'Alembert-Gauss via la démonstration probablement la moins analytique possible (via les extensions de corps), mais effectivement il est possible que ces éléments aient disparu des programmes. Venant de ma sup "locale", à visage humain, le choc de ces "révisions" était été un peu brutal ... En l'occurrence, je suis tombé à l'agreg sur actions de groupes, et je n'ai présenté quasiment que des choses vues durant ma M'.
  • Modifié (July 2023)
    Le poly de Jimmy a l'air excellent ! J'avais préparé l'agreg à Orsay, mais j'avais aussi récupéré des documents passionnants de Jean-Pierre Marco (pas de poly complet cependant), de niveau plus avancé.
    Il y a une phrase avec laquelle je ne suis pas tout à fait en accord, page 524 on lit "Dans le cas général où A n’est pas constant, on ne peut pas toujours résoudre explicitement (3.1).". En fait, tel quel c'est faux, il existe une formule générale pour la résolvante, valable dans tous les cas (c'est d'ailleurs tombé une année à l'agreg, peut-être en 1994). Cependant, la formule est en général difficilement exploitable, la résolvante apparaît comme la somme d'une série, dont le terme général est une intégrale $n-$uple. J'ai cependant la mémoire que si les $A(t)$ commutent deux à deux, on peut en déduire la formule naturelle $R(t,s)=\exp\left( \int_s^t A(u)du \right)$.
  • Pédagogiquement, ça me semble tout de même une formulation recevable pour éviter des étudiants une généralisation abusive du cas des fonctions à valeurs réelles ou complexes.
    De même qu'il ne semble pas délirant de signaler qu'il n'y a pas de formule aussi aisée que Leibniz pour dériver $n$ fois une composée de fonctions ;)
  • Modifié (July 2023)
    En fait, curieusement cette formule est peu connue, même des spécialistes des EDO, figure dans peu de manuels (je ne crois pas l'avoir dans un seul de mes bouquins, tiens par exemple elle ne figure pas, me semble t-il, dans le Coddington  & Levinson où je me serais attendu à la trouver).
    En fait, je suis assez d'accord sur le fait qu'il n'y a pas de formule "simple" générale, mais on en a tout de même une (relativement) explicite, même si elle n'est sans doute que rarement exploitable.
    Mais c'est vraiment un détail, j'ai parcouru au hasard quelques pages du poly et ce que j'en ai vu est très bien.
  • Modifié (July 2023)
    [Inutile de recopier un message aussi présent sur le forum. Un lien suffit. AD]
    Super intéressant merci.
    Tu as eu un tirage complexe en analyse, le fait que tu t’en sois tiré montre toute la rigueur de ta préparation. 👍
    C’est vrai que c’est tellement tentant les beaux développements compliqués d’agreg-maths.
    C’est ce qui me manque le plus aujourd’hui : savoir où mettre le curseur.
    Je me demande bien combien de points en plus on peut avoir à l’oral si on choisit (et réussit) un développement compliqué débordant du programme.
    Est ce que la prise de risque est rentable .
    J’étais tombé sur le poly de Jimmy en cherchant des « conseils ». Son intro sur l’organisation vaut de l’or.
    C’est là aussi que j’ai découvert que la démo de la mesure produit était hors programme alors que j’étais en train de m’arracher dessus.
    Peux tu nous dire ton ressenti sur ta préparation à l’oral d’option et l’épreuve  ?
    Combien de temps par jour tu bossais en plus des cours / TD ?
  • Bonjour,

    Je pense qu'en matière de développements ce n'est pas un choix rentable de choisir des thèmes qui débordent du programme. Je pense même que ça peut être pénalisant : si tu parles de choses hors programme (par exemple des résultats de théorie de Galois dans une leçon sur les extensions de corps) et qu'ensuite tu n'arrives pas à trouver le corps de décomposition de X^3 - 2 ou calculer la dimension d'une extension, cela pourrait être mal perçu par le jury (on peut montrer qu'on maîtrise des notions L3/M1 mais il faut être solide sur le programme L1/L2 pour se le permettre). J'ai eu une très bonne note en algèbre (et plusieurs étudiants avec lesquels je travaillais aussi) sans sortir d'un pouce du programme (et crois-moi, il y a déjà de quoi faire dans ce programme d'agreg !)

    Pour le choix des développements, il faut donc trouver un équilibre entre : 
    - le niveau choisi (au moins niveau L2 pour que ce soit considéré comme d'un niveau acceptable par le jury, et de niveau suffisamment peu élevé pour que tu comprennes bien toutes les étapes et les théorèmes et notions utilisées)
    - le nombre de recasages (les développements avec beaucoup de recasages sont prisés mais souvent plus difficiles puisqu'ils font appel à plusieurs notions du programme)
    - les notions abordées (en lien avec les deux points ci-dessus) : si tu n'es pas à l'aise en probas ou équadiff, idéalement ne choisis pas beaucoup de développements très transverses qui font appel à ces notions. Si tu adores l'analyse complexe, cherche des développements qui y font appel pour en parler même dans les leçons qui ne traitent pas directement ce sujet

    A mon avis les critères principaux sur le développement sont : 
    - le niveau de maîtrise du candidat (à la fois le développement en lui-même et les théorèmes utilisés)
    - la capacité du candidat à justifier ce développement dans la leçon (à quoi sert-il ? de quels théorèmes découle-t-il ? quels sont les corollaires importants ?) : cette info est rarement disponible sur agreg-maths, c'est un travail personnel à faire (et les profs et autres étudiants de la prépa pourront t'aider à y réfléchir)

    Ce conseil vaut pour les leçons comme pour les dev : mieux vaut faire un plan de niveau L2 et être capable de monter en difficulté pendant les questions avec les jurys que de mettre beaucoup de résultats niveau L3/M1 et se faire coincer sur des questions de base.

    Pour l'option enfin, voici à mon avis ce qui peut être fait tout au long de l'année de préparation : 
    - choisir tout d'abord l'option qui te plaît le plus en termes d'intérêt mathématique : c'est difficile de trouver du temps à accorder à cette épreuve un peu à part pendant l'année donc ça aidera si ce sont des maths qui t'intéressent
    - concernant le choix d'option, ça dépend évidemment des préférences de chacun mais le gros avantage selon moi de l'option C est qu'elle permet de réviser tout le programme commun d'algèbre (notamment l'algèbre générale) et que le volume de connaissances théoriques spécifiques à l'option C me paraît plus faible que pour les deux autres options
    - il faut commencer assez tôt (idéalement avant les écrits) à lire des textes et à s'entraîner à les préparer pour avoir une idée du format de l'épreuve : il est utile aussi de s'entraîner tôt au code (en général je dirais qu'il y a une petite dizaine de choses classiques par option à savoir coder : les TP informatiques de Jussieu te permettront d'être à l'aise sachant que c'est sans doute l'option la plus difficile pour les candidats libres)

    Concernant l'épreuve du concours, la préparation de Jussieu et en particulier les oraux blancs de juin m'ont beaucoup aidé : les 4h sont évidemment passées assez vite mais j'ai pu faire à la fois des preuves mathématiques théoriques du texte et plusieurs illustrations informatiques, et j'ai eu quelques questions de clarification ainsi que des calculs de complexité auxquels j'avais pu réfléchir pendant la préparation. J'appréhendais un peu plus cette épreuve (plus d'incertitude que sur les oraux d'algèbre et d'analyse) mais finalement ça s'est bien passé, en revanche d'autres étudiants de ma prépa ont eu des textes qu'ils trouvaient difficiles et c'est une vraie épreuve de motivation de s'accrocher pendant 4h. Tu as vu les oraux cette année : les candidats négligent souvent la partie "explication générale" du texte, c'est un bon moyen selon moi de gagner des points quel que soit ton niveau en maths et en code
  • Merci beaucoup @Etienne91 pour tous ces conseils. 
    Je suis ingénieur supélec (2018) mais j'ai un peu tout oublié. Je suis à la Réunion et ne peux malheureusement pas m'inscrire en prépa agreg. Je vais m'inscrire en L3 ou M1 (j'hésite encore) de l'Université Besançon à distance.
    Effectivement le poly de J. Lamboley est excellent, je l'ai imprimé pour le coup. Pascal Boyer en algèbre ( https://www.math.univ-paris13.fr/~boyer/enseignement/enseignement.html ) n'est pas mal mais ce n'est pas aussi bien fait. 
    Merci pour la référence des livres de David Delaunay (je n'ai pas trouvé de JB Delaunay), ils sont très bien faits. 

    Je vais devoir beaucoup m'organiser car j'ai un bébé d'un an. Je n'ai plus d'emploi depuis avril en revanche (j'ai essayé deux fois en même temps que mon boulot, j'ai eu 2/20 à l'écrit ^^ )

    Peux-tu nous en dire plus sur tes développements ? Tu as utilisé agreg-maths ou d'autres compilations de développements, ou bien tu as fait tes propres développements ? Pourrais-tu nous donner quelques exemples ? 

    Si ce n'est pas indiscret, pourrais-tu nous dire tes notes ? En tous cas, dans les 100 premiers c'est tout à fait honorable ! Je pensais que c'était réservé aux normaliens.

    Bien à toi.

  • Modifié (July 2023)
    @zenial
    Si t'es un ingénieur Supélec tu dois avoir un niveau de base élevé.
    Si tu bosses à côté, pour l'externe, je crois que c'est mission impossible, le programme est trop chargé. 
    Au moins, l'interne la majorité des profs bossent à côté, donc ils sont un peu sur un pied d'égalité.
    Pourquoi ne pas commencer par les CAPES pour passer l'externe par la suite ? 
    Ou sinon faire une prépa agreg d'un an comme @Etienne91.
  • Modifié (July 2023)
    On peut voir sur ce même fil la perspicacité des prédictions d'Oshine...
    Il y a tous les ans des gens qui réussissent l'agreg externe en bossant à côté. Commencer par passer le CAPES n'a aucun intérêt de ce point de vue puisque les lauréats bosseront comme profs certifiés et ne pourront toujours pas préparer l'agreg à plein temps. L'intérêt de CAPES, c'est si on veut absolument être prof et si on envisage de passer l'agreg interne au bout de 5 ans.
  • Modifié (July 2023)
    Il y a des certifiés qui passent l'interne et l'externe en même temps. Je crois même que certains ont été admis à l'externe et pas à l'interne.
  • Zenial, l'année où je l'ai passée, je connaissais trois personnes du top 20, aucune n'était normalienne, et même un avait été refusé en sup et a donc fait la fac. Les deux normaliens que je connaissais étaient derrière, y compris l'Ulm qui l'a préparée sérieusement. Donc certes tu risques d'avoir pas mal de normaliens dans le top 100, mais il reste tout de même plein de places pour les autres.
  • Ce que dit Oshine, c'est aussi ce que disent des responsables de préparation.

  • @zenial j’ai utilisé plein de sources différentes pour mes dev : les livres 131 dev pour l’agrégation, Isenmann-Pecatte (maintenant interdit à l’oral), Gourdon, Rouviere, Rombaldi etc.

    Je pourrais te donner ma liste mais l’important c’est que tu trouves des dev à ton niveau : quand tu tombes sur un dev, si tu comprends la plupart des arguments mais que tu bloques un peu sur les calculs, ça veut dire que tu arriveras à le maîtriser avec de l’entraînement : si tu ne comprends pas un mot c’est que tu n’as pas le niveau actuellement (mais tu l’auras peut-être 9 mois plus tard !)

    Quelques exemples classiques quand même : 
    - en algèbre : Dunford, décomposition polaire, classification des groupes d’ordre p^2, théorème de Sylvester, théorème de Burnside et de Kronecker
    - en analyse : méthode de Newton, définition de 2pi via l’exponentielle complexe, équivalence des normes et applis linéaires continue en dim finie, Cauchy Lipschitz, dev asymptotique de la série harmonique. 

    Concernant mes notes :
    - en candidat libre la première année : 7,5 en MG / 4 en analyse à l’écrit, 7,75 / 10,25 / 7,75 en algèbre analyse probas
    - l’année d’après dans le même ordre : 10,5 / 10,25 à l’écrit et 18 / 13,75 / 19 à l’oral  
  • (Option A la première année, option C la deuxième)
  • @Etienne91
    T'es un surdoué à l'oral  :o 
  • Merci beaucoup @Etienne91 pour ces informations et indications. Félicitations pour cette belle réussite. C'est très encourageant pour les reconversions (qui s'augmentent avec les années j'ai l'impression). 
    Bonne continuation en tant qu'enseignant !

    @OShine c'est sûr que niveau méthode de travail on est rodés. C'est peut-être cela notre atout en tant qu'ingénieurs passés par une prépa. Mais sur le programme de l'agrégation j'ai beaucoup de connaissances nouvelles à acquérir (en plus des connaissances de prépa à renouveler). D'autant que j'ai fait PC et non MP.
  • @Etienne91 a fait ECS, le niveau en PC est supérieur à ECS. 
    Moi j'ai fait prépa mais je n'ai même pas eu CCP donc je dois travailler bien plus que vous pour progresser et je suis très lent. 
    Après tout dépend de ta rapidité d'apprentissage. Mais Supélec c'est du haut niveau ! 
  • @OShine le niveau en PC ne me semble pas supérieur à celui en ECS, il y a tellement de différences qu'ils sont difficiles à comparer (regarde un sujet HEC).
  • OShine on t'a déjà dit de t'abstenir sur ce type de sujets
  • Modifié (July 2023)
    @Etienne : afin de se donner un ordre d'idée (*), vu que tu as le Gourdon en référence, tu estimes maîtriser ces livres ? Du genre :
    - tu sais tout le cours dedans + les exos avec flèche
    - tu sais en gros "tout" i.e. plus que 80% et si à l'oral ou à l'écrit tu tombes sur un truc qui est dedans tu peux normalement le ressortir
    - tu les trouves trop durs (en particulier problèmes et sujets d'étude) hormis classiques qui sont partout ailleurs.
    Même question pour Rombaldi Algèbre et Lambolley (son poly).
    En tout cas bravo !
    (*) Même si je sais que ça ne veut pas dire grand chose, mais je trouve que c'est intéressant de voir où se situe un candidat avec un classement comme le tiens à l'agreg externe.
    PS : je trouve aussi le poly de Lambollet extrêmement bien rédigé, il est dans ma todo list ! Comme quelqu'un d'autre l'a dit précédemment, je trouve aussi particulièrement dommage qu'il n'y ait pas de poly semblable pour la partie algèbre. Je pensais que ça allait sortir cette année car Antoine Ducros est aussi préparateur de la section algèbre à la Sorbonne mais peut-être n'a-t-il pas eu le temps de rédiger un PDF. Si un jour cela sort (en mode comme le Lambolley, partir d'assez bas avec les bases et couvrir raisonnablement les différentes sections du programme), ça risque d'être une qualité encore supérieure car niveau rédaction c'est la perfection en général ses polys. S'il y en a qui ont fait la prépa Sorbonne cette année et ont des infos je suis preneur.
  • Modifié (July 2023)
    Merci !
    Je n’ai pas essayé de faire beaucoup d’exercices du Gourdon, les exos que je faisais c’était surtout les annales des écrits de l’agrégation et les Delaunay, et pour l’oral j’ai fait pas mal de questions types par leçon (questions du type celles de ce poly : https://minerve.ens-rennes.fr//images/Le%c3%a7ons_akita.pdf) ainsi que mes dev et les preuves des théorèmes importants du cours.
    J’ai vraiment consacré une grande partie de mon temps à apprendee mon cours (définitions / énoncés des théorèmes et idées de preuves) et mes développements.
  • Bonsoir et merci beaucoup pour les précieux conseils que vous avez exprimés tout au long de ce fil de discussion !
    Après trois échecs à l'interne, vos expériences me remotivent.
  • C’est la moyenne ! (Doigt mouillé, micro-trottoir…). On fait une pause. On fait un peu le point. Et c’est reparti. On peut même en temps libre rouvrir des sujets « bête noire », à partir de zéro, pour voir si c’est si difficile… ou bien continuer la pause 😀
    Courage, des futurs admis comptent sur ceux qui abandonnent. On va tout de même pas les laisser réussir en trop peu de temps, ils s’en voudraient eux-mêmes 😏
  • Modifié (July 2023)
    Bravo @Etienne91,
    Je ne comprendrais jamais ce qui fera qu'une personne réussira ce concours et une autre non. J'ai vu des docteurs (qui en plus n'ont fait aucune pause en maths depuis le bac) rater l'agrégation à plusieurs reprises...j'ai vu des personnes venant d'une autre branche que les mathématiques réussir ce concours sans avoir fait des maths pendant plusieurs années...
    🤔


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  • L'agrégation est un concours, avec ses propres exigences. Ce n'est pas le niveau dans l'absolu (si tant est qu'on puisse le définir) qui est déterminant pour la réussite, mais la capacité à se conformer aux exigences et formats des épreuves. Bien sûr le niveau général en maths est important, mais c'est une base sur laquelle travailler.
  • Merci @DeGeer
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