Profs de prépa déçus

Bonjour à tous,

En discutant avec les gens autour de moi, j'ai été étonné de trouver autant de profs de maths en CPGE qui regrettent de ne pas avoir continué dans la recherche après leur thèse ou leur dea/master.
Auriez-vous d'autres témoignages qui vont dans le même sens ? ou le contraire. Pensez-vous que ce soit un sentiment généralisé ?

Merci à ceux qui accepteront de partager leur expérience.

Réponses

  • Je suis prof de maths en CPGE, je n'ai jamais rencontré personne dans mon équipe (ni dans mon bahut, ni là où j'étais avant) qui s'en soit plaint.
    Après, j'imagine que ça doit beaucoup dépendre des endroits. Quand on demande un poste en CPGE en ayant en tête son expérience d'élève en MP* dans une grande prépa, et qu'on se retrouve finalement en ECT à Trifouillis-les-oies, j'imagine qu'on peut être déçu. Faut savoir à quoi s'attendre. De même, j'imagine que quand on demande un poste en prépa "par défaut" parce qu'on n'arrive pas à obtenir de poste dans la recherche, on doit être un peu aigri.
    Mais encore une fois, toutes les profs de prépas que j'ai pu rencontrer (moi compris) le vivent plutôt bien, et ont assez conscience d'être dans un environnement (encore un peu) épargné des problèmes du secondaire, même si ce n'est pas rose tous les jours.
  • Idem tout pareil que Guego : jamais vu de profs de prépas se plaindre... de cela. :p
  • Par contre du niveau des élèves qui arrivent du secondaire j'imagine que oui ;)
  • Merci pour vos réponses Guego et bisam ! Ça me rassure un peu même si j'imagine qu'on parle plus facilement de ce genre de frustration à des gens de l'extérieur qu'à des collègues. Les exemples que j'évoquais ne correspondent en fait pas du tout au cliché décrit par Guego : jeunes chercheurs prometteurs qui ont délibérément choisi la CPGE et se sont rapidement retrouvés dans de bonnes classes de bons lycées.

    Si ce n'est pas trop indiscret, pourriez-vous me dire si vous (ou vos collègues) avez soutenu une thèse ou si vous vous êtes arrêtés avant ? pendant ?
  • Je n'ai pas fait de thèse, m'arrêtant au milieu de mon DEA car remarquant très vite que la recherche n'était pas faite pour moi.
    Plusieurs de mes collègues, en revanche, ont fait une thèse (l'un en physique des fluides, un autre en informatique théorique, un troisième en physique des semi-conducteurs) et plusieurs autres n'ont jamais pris la voie de la recherche, gravissant petit-à-petit les échelons de l'enseignement.
  • Personnellement, je n'ai pas fait de thèse : j'ai fait un DEA et me suis arrêté là (tout simplement parce que la recherche ne me tentait pas plus que ça et que j'avais envie d'enseigner). Chez mes collègues, on trouve de tout, si je puis dire : certains sont comme moi, certains ont soutenu une thèse, j'en connais également 2 qui ont commencé une thèse et se sont arrêtés au milieu. Je connais même un ancien maître de conf qui est devenu prof en prépa après une dizaine d'année en université. Après, il y a une question de génération aussi : on trouve statistiquement nettement plus de docteurs chez les jeunes profs de prépa que chez les anciens.
  • Guego écrivait:
    >Je connais même un
    > ancien maître de conf qui est devenu prof en
    > prépa après une dizaine d'année en université.

    Dans le labo où je suis, il y a eu 2 départs de MCF pour aller enseigner en prépa dans les 5 dernières années !
  • Un prof de prépa déçu ??
    Je veux bien échanger mon poste avec lui.
    Ça confirme ce que TOUS les profs de secondaire pensent : parmi tous les salariés de l'Etat français, les profs de prépa sont les gens les plus malsains.
  • Dans le titre il est question de déception mais dans le premier message il n'est pas renseigné vraiment sur la nature de cette déception. Etre déçu et avoir des regrets n'est pas la même chose.

    Est-ce qu'il y a une spécificité parmi les profs de CPGE dans le regret de ne pas avoir continué dans la recherche? B-)-
  • Merci encore pour vos témoignages. J'ai laissé la question ouverte en espérant en recevoir d'autres, mais ça n'a visiblement attiré qu'un troll des montagnes.
  • D'après les on-dit et les écrits, le décret Peillon enlèverait une fraction des revenus aux profs de classes préparatoires.
    Dans le bahut public de l'époque alors classé au top 5 à Paris, les normaliens agrégés sans doctorat étaient de mise.
    De ma fenêtre avec le recul de quelques années, l'intérêt d'un doctorat officiellement soutenu ne sert qu'à filtrer encore.
    De facto, il ne présume en rien d'un niveau d'expérience supplémentaire en pédagogie ni ne valide l'aptitude aux acquis.
  • proff a écrit:
    Un prof de prépa déçu ??
    Je veux bien échanger mon poste avec lui.

    Moi je veux bien échanger mon poste avec celui de François Hollande.
    J'imagine en effet qu'il est un peu déçu, sinon y'a pas de morale.
  • Ah! Bah, viens plutôt oeuvrer à coeur ouvert et à corps perdu dans la création d'entreprise: l'innovation à tout va n'y manque pas. (tu)
  • Vous avez vu les propos de " proff " :

    << Un prof de prépa déçu ??
    Je veux bien échanger mon poste avec lui.
    Ça confirme ce que TOUS les profs de secondaire pensent : parmi tous les salariés de l'Etat français, les profs de prépa sont les gens les plus malsains. >>

    Tu " veux bien " devenir prof de prépa ? Fais ce qu'il faut pour ça.
    T'en es pas capable ? Alors, insulte-les, c'est plus simple.

    Je m'étonne que nos modérateurs si prompts à supprimer tout ce qui n'entre pas dans le consensus mou laissent passer ça. Notez, moi je ne demande pas de censure, je veux bien tout lire, même ces méchantes conneries d'un minus taré aigri, pourvu qu'on puisse répondre.

    Allez, bonsoir.
    R.
    17/01/2015
  • Déçu par quoi?
    Le salaire? L'avancement? La charge de travail? Les élèves? L'ambiance générale? B-)-
  • @Rouletabille : j'ai lu aussi les propos miroir d'un certain fforp qui me dérangent un peu mais je n'en fais pas une affaire d'état . Tous les enseignants sont sous-payés et sous-considérés , c'est une certitude .

    Les plus à plaindre ne sont-ils pas les ( jeunes ) profs balancés en zone sensible ?

    Domi
  • Rouletabille a écrit:
    Tu " veux bien " devenir prof de prépa ? Fais ce qu'il faut pour ça.

    De nos jours, même le couple agreg avec bon rang+thèse ne garantit pas un poste en prépa, alors il faut bien admettre que la réalité des faits est un poil plus compliquée (et plus inavouable ? Je n'en sais rien.) que "fais ce qu'il faut et tu seras prof en prépa"...
    Par contre, je suis d'accord avec le reste de ce que tu dis : il est bien connu qu'une phrase péremptoire du style "tous les membres d'une catégorie donnée ont tel comportement" est fausse et/ou invérifiable.
  • Domi a écrit:
    J'ai lu aussi les propos miroir d'un certain fforp qui me dérangent un peu.

    Sincèrement désolé. Peace. Je n'ai rien contre François Hollande. J'aurais pu citer n'importe quel chef d’État susceptible de déception.

    Qu'y a-t-il de si dérangeant à regarder dans un miroir ? :)

    Domi a écrit:
    Je n'en fais pas une affaire d'état.

    Ce serait une affaire d’État s'il acceptait mais je crois qu'il n'y a pas à s'en faire de ce côté-là.
  • Franchement, j'ignore ce qu'il faut faire pour devenir professeur de classe préparatoire aujourd'hui, ce n'est pas trop mon problème puisque je suis retraité. D'après ce que je vois autour de moi, il y a plusieurs possibilités, qui se rapportent aux qualités de la personne, agreg, rang à l'agreg, DEA, thèse, ou autre qualité. Les relations avec l'inspection générale ne sauraient se réduire au dit "piston", car ces relations peuvent aussi se nouer à l'occasion d'activités mathématiques, publications, clubs, compétitions, etc. Il y a aussi des coups de chance, des opportunités.

    Moi j'ai été professeur du secondaire à tous niveaux, de collège technique (comme on disait alors) à la Terminale, puis professeur de classe prépa dans plusieurs types de ces classes. Je ne crois pas que ce passage m'ait changé de nature et m'ait fait devenir ni meilleur ni "plus malsain".

    Dans le lycée où je colle, les relations me semblent bonnes entre professeurs du secondaire et professeurs de prépa, et je ne vois pas ce qu'il y aurait de "malsain" chez ces derniers. Les professeurs de certaines disciplines ont parfois un service qui comprend à la fois des heures dans le secondaire et des heures en prépa : sont-ils alors à demi "malsains" ?

    Non, ce genre de propos est inaceptable et il est remarquable qu'on l'ait laissé passer alors que tant d'autres sont supprimés sans autre forme de procès. En somme, il y a des catégories de personnes dont on peut dire du mal (pas seulement les blondes ;-) ) et d'autres qui sont protégées. Notez je ne suis pas pour la suppression de tels propos, puisque des gens se croient autorisés à les proférer. Il faut les lire et les réfuter fermement.

    Bonne journée de ce 18 janvier 2015.
    R.
  • Bonjour,
    Je n'ai pas l'habitude de m'exprimer sur des forums... Mais à la lecture du message de proff, je n'ai pas pu m'empêcher de vouloir répondre...!!!
    Je suis prof du secondaire, par choix et non nécessité (docteur agrégée normalienne, mais j'aime enseigner et j'aime la diversité des niveaux et des enseignements au lycée, et j'aime aider les ados paumés à s'en sortir). Beaucoup de mes amis de fac sont soit chercheurs soit prof en prépa. Donc je peux dire 2 choses :
    1) Parmi mes collègues du secondaire, pas un ne pense que les collègues de prépa soient malsains. Plusieurs travaillent avec eux en donnant des colles, je n'ai jamais entendu de propos négatifs à leur égard, la collaboration est tout à fait saine et efficace. A vrai dire, proff, vous me semblez surtout jaloux et fielleux...
    2) Pour répondre au sujet du forum : mes amis qui ont choisi d'enseigner en prépa plutôt que de continuer dans la recherche sont très heureux de leur choix. C'est un choix en général voulu et réfléchi de personnes préférant l'enseignement à la recherche. Quelques-uns avaient envisagés de continuer à collaborer de loin avec des chercheurs de la fac, mais évidemment ils ont manqué de temps pour cela, et finalement ils n'en ont plus tellement envie et sont heureux de leur choix. Les seuls regrets que je les ai entendus avoir concernait le niveau des élèves qu'ils ont... mais déjà dans le secondaire nous nous en plaignons ;-) En revanche, rien au sujet du métier proprement dit, si ce n'est une quantité de travail énorme et quelques remarques déplacées de la part d'une portion de la population qui pense qu'un prof lambda est déjà beaucoup trop payé pour 18h de travail (...) et qu'il est absolument scandaleux que certains d'entre eux n'aient qu'à travailler 12h !!... Mais apparemment, même certains collègues le pensent !!... Peut-être proff fait-il partie de ces quelques rares enseignants qui font effectivement le minimum vital pour assurer vaguement devant les élèves et profiter ensuite de leurs vacances ?? Mais là je m'égare et spécule... sans rancune proff, il faut accepter des remarques méchantes et gratuites quand on insulte ainsi les autres sans raison !
    Bonne journée,
    Bien cordialement,
    S.D.
  • Je fais remonter cette discussion pour en savoir un peu plus sur les profils de ces profs déçus et sur les raisons de cette déception.

    Si Siméon passe par là...
  • :-D moi aussi je suis pour une relance de ce sujet trollique, je lirai avec grand plaisir les futures intervention :-D
    Aide les autres comme toi-même car ils sont toi, ils sont vraiment toi
  • Cher clemclem,

    Je ne me rappelle plus si j'avais d'autres exemples, mais les deux auxquels je pense aujourd'hui ont un profil assez proche : normalien brillant qui arrête la recherche en cours de thèse ou juste après la thèse. L'un des deux doit avoir une dizaine d'année de carrière, l'autre est plutôt en fin de carrière. Les raisons de leur déception sont essentiellement personnelles, je pense. Ils se sont rendu compte trop tard qu'ils étaient en fait plus intéressés par les maths que par l'enseignement. C'est difficile de revenir vers la recherche à partir d'un certain âge.

    Les témoignages que j'ai recueillis par la suite ici-même ou de vive voix montrent que ce sont vraisemblablement des cas isolés.
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